N° 218
juillet/août

https://piednoir.fr
    carte de M. Bartolini J.P.
     Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Juillet 2021
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
https://www.seybouse.info/
Création de M. Bonemaint
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
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EDITO
Vive les vacances...

        Le temps des vacances pour nos écoliers est arrivé, une autre année scolaire qui s'achève, c'est toujours une nouvelle page tournée. Pour certains, en prime des diplômes sans valeur comme le BAC actuel car dévalorisé par la politique. La rentrée dans deux mois, pour les retrouvailles avec les anciens et la découverte des nouveaux copains et professeurs avec le but d'une nouvelle aventure commune en souhaitant pour certains de meilleurs résultats pour de futurs projets ! Quel avenir auront-il ?

        Cette dernière quinzaine de juin avec la canicule (du moins dans le sud), nous a donné un avant-goût de l'été dont on espère qu'il sera aussi beau car après le 3ème épisode " covidien ", nous sommes impatients de jouir de vacances pour faire travailler le barbecue et se régaler de bonnes grillades en famille ou entre copains. Certains choisiront la montagne et la fraîcheur d'autres le bord d'une mer turquoise ou émeraude.
        Alors vous pourrez lire tranquillement notre Seybouse qui vous nous incitera à faire de vos vacances une période de ressourcement et de rupture avec les comportements pas toujours très sains de nos " sociétés ".
        Le temps des vacances est propice pour faire un petit détour dans notre mémoire collective.

        Les élections 2021 sont terminées, la " non-démocratie " a gagné, c'est reparti comme avant avec le jeu des coalitions qui trompent les électeurs et qui fait que le seul parti qui gagne vraiment est celui des abstentionnistes, mais il ne peut être au pouvoir.
        Le délitement du pays continuera jusqu'à la prochaine révolution dont il faudra sûrement ressortir la machine à raccourcir les responsables du chaos afin de permettre qu'il n'y ait pas des millions de morts innocents.

        Profitez bien de cette relaxe car il se dessine déjà un nouveau confinement pour maintenir le peuple en soumission. Attention aux gifles…
        Je souhaite à chacun de passer un bel été sur le sable des côtes du pays ou à l'ombre de nos collines et fraîcheur des montagnes, en France ou ailleurs… Bonnes vacances, et pour les amoureux des traditions régionales, bonne régalade.

        Amicalement et sincèrement.
Jean Pierre Bartolini          
        Diobône.        
         A tchao et à la rentrée.


Le baiser au poulpe
Par M. Marc Donato

         Je terminais mon plat de pâtes à la daube de poulpe quand me sont revenus à l'esprit les souvenirs de mes aventures avec Octopus, c'est comme cela que les savants appellent le poulpe : Octopus, celui qui a huit bras. De ma jeunesse au bord de la grande bleue, je garde en mémoire les premières aventures de chasse sous-marine. Certes, je n'ai jamais été un champion en la matière, mais c'est souvent que j'ai ramené un poulpe, par-ci, un poulpe par- là, des oursins, toujours, une rascasse parfois, même que je ressens encore mentalement la douleur que m'a infligée celle qui m'a piqué. Toujours agréable à dénicher, le poulpe, avec un de ses bras replié devant son trou et laissant apparaître sa tête avec ses deux yeux vifs à qui rien n'échappait.
         Premier souvenir, celui d'une séance avec mon regretté ami Yves. Nous devions avoir quelque 17 ans. Armés d'un seul pistolet harpon d'une cinquantaine de centimètres, nous étions à la recherche de quelque proie. L'un de nous, je ne sais plus qui, avait un cordeau muni d'un hameçon auquel nous avions accroché une crevette. Tout ce futile dispositif pour faire sortir de son trou une murène que nous avions remarquée les jours précédents et que nous avons eue après plusieurs tentatives infructueuses mâtinées de la crainte que nous inspirait l'animal d'une taille respectable. Peu de temps après, l'un de nous aperçut un poulpe derrière son chapelet de cailloux caractéristique. L'animal fut rapidement sorti de la tanière et sa calotte retournée dans un geste que nous maîtrisions parfaitement. Nous avons retrouvé pied en rejoignant le bord, et sur la route en corniche qui nous surplombait, passaient deux jeunes femmes. C'était l'époque où des instructeurs étaient recrutés depuis le territoire métropolitain pour venir enseigner les jeunes dans les quartiers ou les villages. Dans un élan de vantardise dont nous étions tous capables, nous, les garçons de notre âge, Yves, étala le petit poulpe sur sa poitrine. Geste sans aucun danger, d'autant que la bête avait trépassé. Et là, les jeunes femmes, probablement venues de la France périphérique, mais très profonde assurément, et ignorant tout de la mer et de ses produits, ont manifesté leur admiration et leur dégoût en même temps et l'une d'elles s'est exclamée :
         - Oh ! Un homeeerd ! Avec un accent parisien à couper au couteau.
         C'était vraiment tout méconnaître du monde sous-marin.
         Un souvenir plus lointain, me ramène à l'époque où j'étais gamin. Avec mes parents, nous nous promenions sur une des jetées de l'avant-port. A gauche, un vieux rafiot poubelle, petit caboteur avec un équipage italien composé de marins âgés. De l'autre côté, le brise-lames offrant ses cubes de béton aux agressions de la haute mer. Devant nous, un de ces vieux matelots qui, se retournant vers moi, me dit en napolitain :
         - Guagliò, nce stà nu purpo …
         Nous, nous n'avions rien vu, mais le poulpe n'avait pas échappé à son œil de ce vieux routard de la mer. Illico, il s'est retrouvé sans pantalon, avec un caleçon à l'ancienne, très ample, de tissu rayé, qui lui arrivait jusqu'au genou. Il a ouvert un sachet sorti d'une des poches de son pantalon. C'était une blague à tabac. Il en a extrait une pincée d'herbe et il s'est mis à l'eau. D'un geste précis, il a envoyé la main avec le tabac dans le trou où il avait vu le poulpe. Ce dernier n'a pas offert de résistance et il s'est laissé prendre facilement, certainement intoxiqué par l'herbe à Petun. Je garde encore un souvenir émerveillé de cette connaissance des trucs de vieux. Et dire qu'on veut les tuer à la naissance !

         Quelques années plus tard, c'était en 1959, l'année de ma première expérience professionnelle. J'étais pion au lycée, membre d'une équipe de joyeux lurons encore insouciants à 19, 20 ans. Pour l'Ascension, nous avions décidé de passer la journée en bord de mer et de prendre notre premier bain de l'année. Détour en centre-ville pour le ravitaillement : poulet rôti, soubressade, entre autres. Et en scooter ou en moto, direction la mer vers une crique isolée et rocheuse à souhait qui devait nous fournir en complément de repas, des oursins dont nous étions tous friands. Et nous voilà avec paniers et cageots enjambant les rochers où nous devions pique-niquer. Un incident se produisit alors. Deux d'entre nous tenaient chacun par un côté le cageot qui contenait la plus grande part du repas. A un moment, un des porteurs a franchi un vide entre deux roches et l'autre porteur n'a pas suivi et voilà le cageot dans l'eau avec le poulet, la soubressade et le reste. Le tout vite récupéré et étalé au soleil. Imaginez le spectacle et la saucisse qui transpirait de plaisir… Ne restait plus qu'à " plonger les oursins ". Oui, mais à cette époque de l'année, même en Algérie, l'eau est froide et aucun de mes copains n'a eu le courage de se mettre à l'eau. C'est moi, moins frileux que les autres, qui me suis coltiné la mission de récolter deux cageots d'oursins. Cela m'a pris du temps et à un moment, la fatigue a commencé à se faire sentir. Je m'apprêtais à rapporter ma deuxième cargaison quand j'ai vu à 3 mètres de fond, à peu près, un gros poulpe dans son trou. Une fois, deux fois, trois, quatre fois, peut-être, j'ai plongé pour tenter de sortir Octopus ; en vain. J'étais épuisé. J'avais mon fameux pistolet harpon avec moi, j'ai planté la flèche dans le poulpe et j'ai appelé à la rescousse un des copains qui, lui, a sorti l'animal. Il était de belle taille puisqu'il m'arrivait à la ceinture. Un beau morceau. Mais que faire de ce poulpe ? Nous étions fiers collectivement d'avoir pu ramener la bête. Mais il n'était p
         Mais il n'était pas question de cuisiner quoi de cuisiner quoi que ce fût au lycée. Alors j'ai eu l'idée de l'apporter à mon grand-père, vieil homme de mer lui aussi. Il nous a préparé une salade à sa façon qui a fait le régal de la tablée de pions au lycée. Au passage, j'ai eu droit à une leçon d'anatomie de la part de mon ancêtre :
         - Tu vois, c'est une femelle… Ses tentacules sont arrondis au bout. Si c'était un mâle, ils seraient plus pointus…
         Encore un truc de vieux ! Vrai, pas vrai ? J'ignore. Merci, pépé, on parle encore de toi !

         Dans les dernières années où j'ai ramené des poulpes, ils n'étaient jamais très gros, mais je créais toujours mon effet devant les gens qui rôtissaient sur le sable.
         Je sortais de l'eau avec un poulpe, ensuite, je prenais un malin plaisir à présenter mes lèvres sur l'animal comme si je voulais l'embrasser ; effet assuré : dégoût dans l'assistance, puis, ostensiblement, je mordais Octopus entre les deux yeux. Le baiser de la mort en quelque sorte.
         - Beurk !!!
         Horreur générale.
         Pourtant je tuais ainsi l'animal en neutralisant ses centres nerveux situés quelque part à cet endroit de la calotte.
         Après, c'était le plaisir de la cuisine. Une fois en salade, une fois en sauce. Un délice.

         Maintenant, je continue à cuisiner le poulpe que me procure mon poissonnier. Et, comme la paresse s'installe dans mon quotidien, je vais même jusqu'à acheter la daube de poulpe sur le marché. Bien cuisinée, je dois dire. Mais ce ne sont que de tout petits pulpitos que la marchande se procure, tout congelés. Un crime de lèse Octopus ! L'ensemble est très bien préparé, il faut le reconnaître, mais il n'y a pas dans le plat le plaisir de la plongée, du cache-cache avec Octopus. Ça, c'est un goût que jamais la marchande ne pourra donner à sa daube.

Marc DONATO - 1er juin 2021


ECHO D'ORANIE - N° 287
En latin d'Afrique...
Une nouvelle chronique de Gilbert ESPINAL
Fionçailles

               La fi' a Isabelica, Tonina, elle se fionçe (1) ! Déjà vous savez qu'Isabelica, c'est la fille aînée de la grand-mère (la Golondrina c'est la cadette, qu'elle est un peu bova (2), mais des fois elle vous en sort, que vous pouvez que vous met' bovo vous aussi) et bien Tonina elle se fionçe ! Avec un flic, que c'est même pas un flic mais un C.R.S avec le pistolet et tout ! Et la matraque ! C'est que maint'nant que Sarkozy il a fait un mesclaet' (3) entre les flics, les policiers, les gendarmes, les douaniers, les C.R.S. et la P.J on sait plus qui est qui ! Comme elle a dit la grand-mère quand on l'y a annoncé la nouvelle devant toute la fami' :
               - Avec tout ça qui nous ont fait passé les C.R.S, en Algérie, que moi, quand je les voyais, de colère que j'étais, je leurs criais C.R.S - S.S, qu'un jour à la rue d'Arzew y'en a un qui m'a foutu un coup de boule en pleine fugure qu'il m'a fait sauter toutes mes dents de sagesse ; maint'nant je suis obligé de mâcher la viande avec les incisives, qu'on dirait toujours que je coupe un fil ! C'est vous dire le calvaire que je mène depuis not' départ d'Algérie ! En plus, j'en trouve un, fionçé avec ma petite fill', que c'est la chair de ma chair, le sang de mon sang !
               - No tanto y'a ! il a fait Toinou, le père à Tonina (donc le mari d'Isabelica) vot' chair et vot' sang y z'y sont peut-êt', pour quelque chose mais pas pour tout : moi aussi j'ai versé mon obole pour que Tonina, elle vienne au monde !
               - Sin berguenza ! elle a fait la grand-mère, à l'adresse de son gend' ; déjà que vous venez vous vanter devant moi, en me disant des cochonneries sans respect pour mes canes (4) ! Pour verser votre obole com' vous dites, grand dégueulasse, à vous le pompon !

               - Boh !.. II a fait Toinou, en rigolant presque, ne me dites pas aouela que vous ignorez les choses de la vie et que vous, quand vous étiez jeune avec le grand-père, vous avez pas tout mis en oeuvre pour mettre au monde vos deux fillasses !!!
               - Laissez le grand-père tranquille ! elle a sauté la grand-mère furieuse : le grand-père c'était un saint !...
               - Santo Barato ! (5) elle s'est esclamée Amparo, qu'aussi elle était là, toutes z'oreilles dehors, à s'empaper (6) de la discussion.
               - Le grand-père, elle a repris la grand-mère, dans tout ce qu'il faisait, il était d'une délicatesse estrème !Y versait son obole comme un oiseau, de discret, de léger et de retenu qu'il était ! D'ailleurs, dans ces moments-là, il m'appelait ma petite caille ! Au plus fort de sa passion, y pesait pas dix grammes ! Le matin, vers dix heures, quand y se réveillait, avant d'aller au café, y me disait d'un ton irrésistible : "ce soir, prépare toi, pasqu'il est possible que je prenne ma feuille de route !": et la nuit, y me faisait des enfants respectueusement ! Je lui disais, le pauv' quand je le sentais en disposition, et après m'être assuré qu'il était en état de développement durable : "Préparez-vous ! Un !.. Deux !.. Trois !.. Partez !" et il partait de bon coeur. Un jour, y m'a dit : "pour le départ, je vais t'acheter un sifflet à roulettes, comme ça tu te fatigueras moins encore, et j'entendrai mieux". Et là où il est, y doit se retourner dans sa tombe, de 'oir que sa petite fille, la mienne, elle va se taper une brute de C.R.S.
***

               Y faut main'nant que moi, personnellement, je vous raconte comme les choses, elles se sont passées.
               Déjà, je vous ais fait part de ce, qu'un jour, au jardin des Plantes, Monsieur et Madame Sacamuelas, y z'avaient aperçu Tonina, le dos cont' un arbre, en train de se faire bécoter labialement par Abdelkader, son moniteur de culture physique ; soit-disant qui lui apprenait la respiration artificielle ; et de la peloter sous préteste qu'il lui massait les pectoraux ; c'est en tout cas l'esplication qu'elle a fourni à ses parents quand y z'ont reçu la let' anonyme des Sacamuelas ! Toinou, il a traité sa fille de putrate (7) et Isabelica, elle l'y a foutu un de ces trompasso (8) que moins cinq sa fugure elle se retourne de l'aut' côté et qu'elle peut plus rien voir que derrière elle !Tonina, elle a juré qu'elle ne verrait plus Abdelkader en public. Tous, nous aut' du patio, on est resté sastifaits (9) de la tournure qu'elle prenait l'affaire : Tonina, c'est pas la première personne qu'elle est surprise sous un ab' avec un type !

               Tout allait bien j'qu'au jour où Isabelica et Toinou y z'ont reçu un coup de téléphone du Q.G. des C.R.S. pour leur dire de venir récupérer leur fille : elle avait été prise en flagrant délit de fumer un joint, avec Abdelkader justement, dans un squatt du 20ème arrondissement.
               Aye ! Com' elle était la fami' ! J'qu'à la grand-mère que cette après-midi à elle était venue prendre le thé chez sa fille et son gendre' !
               - C'est quoi un joint ? Elle a demandé la vieille femme plus apurée qu'une rate (10) : c'est pour raccorder les tuyaux ? - Je sais pas s'y se sont raccordé les tuyaux ! elle a sauté furieuse Isabelica, mais de la raclée que je vais lui fout', l'envie même elle va lui passer !

               Au Q.G., y z'ont rencontré un C.R.S, un grand lui, qui roulait des biscoteaux et qu'y leur a fait le récit épique des choses comme elles s'étaient déroulées.
               - Où elle est ? Où elle est ? Il a commencé à fulminer Toinou, la main déjà comme un battoir des lavandières du Portugal ! - C'est pas la peine que vous la battiez, il a fait le C.R.S avantageux, que déjà moi je l'y ai administré de la part de Sarkozy de Nagy Bosca (11) un simboumbasso (12) qu'elle a botté comme une pelot' ! C'est que main'nant y faut plus rigoler : le gouvernement il a donné des directives que, à chaque fois qu'on prend quelqu'un en train de fumer un chitt', avant même que la justice elle se prononce, on pouvait leur fout' une trempe et leur en faire voir de toutes les couleurs (avec la gégène et tout) ! Pour leur en faire passer le goût ! Et Raffarin il a renchéri !
               - D'où tu viens ? elle a gueulé Isabelica quand elle a vu Tonina sortir de la cellule où elle était enfermée à double tour, avec les menottes et tout ; ou t'y étais ?
               - J'étais avec Abdelkader elle a commencé à Ilormiquer (13) Tonina, dans l'Hôtel Particulier de ses parents, en train de faire des études comparatives entre l'herbe qu'ils font pousser sur les rebords de leurs fenêtres et celle qu'elle vient d'Afrique, leur pays d'origine ! C'était l'aspect scientifique du problème qui nous intéressait. Le beau C.R.S. il est venu et y m'a flanqué une tarte admirable et délicieuse que de ma vie, j'en ai reçue une qui m'a fait autant de plaisir !
               - Celle là, elle a ricané la grand-mère, qu'avec un cheveux on pouvait l'étrangler, elle est comme la Golondrina, sa tante : quand elle voit une autorité revêtue d'un uniforme, c'est qu'elle se dilate voluptueusement et s'extasie !
               - Plus on bat le bifteck' et plus il est tend' ! elle a philosophé Amparo.
               Le fait est que Tonina elle est tombée, sitôt reçu le gnon, amoureuse du CRS.

               Les choses, elles z'ont progressé et y se trouve que main'nant, Tonina avec le CRS elle se fionçe. Abdelkader, il est resté avec le mogno echo (14) !
               - Vous êtes sûr que le C.R.S. il est pas déjà marié par là ? elle a questionné la grand-mère, quand on est venu lui annoncer la nouvelle parce que ceux-là : c'est une femme dans chaque porc !
               - Y m'a juré que non ! elle a rétorqué Isabelica ; et Toinou l'y a fait cracher (15)
               - Gorrin ! Cochon ! Elle a commenté la grand-mère. Et Tonina elle a pas peur que cet' brute elle lui fout' des trempes tous les jours, déjà que Sarkozy y les a autorisé ?
               - Non manman, il la respecte trop ! fit Isabelica. Il est amoureux fou ! Y dit qu'elle ressemble à la belle Otero
               - C'est pas ça que j'ai entendu dire par les camarades de classe de ta fi' ! répliqua aigrement. la grand mère. Certaines l'appellent, pasqu'elle est un peu gordeta, la belle otarie, d'aut', à cause de ce pif qu'elle se paye qu'on dirait un mognato (elle le tient de ton mari : dans not' fami', nous sommes tous aquilins) la belle au tarin, ou pasqu'à l'école elle est molle qu'on la croirait vermoulue, la belle au tarets !
               - Toi manman, tu la sais toute ! fit Isabelica excédée ; que Tonina c'est ta petite fi', la chair de ta chair comme tu dis...
               - Et le C.R.S, il est beau interrogea avidement Amporo ? Vouq me dites grand-mère qu'il est grand et costaud, mais comme il est de son allure général ?
               - Tienne cara raspaque (16) ! répondit l'auëla : toujours il a une main sur la crosse de son revolver et l'aut sur la poignée de la matraque, à attend' l'occasion soit de tirer, soit d'assommer.

               - Et vous lui avez pas demandé vous, reprit Amparo d'une voix inquiète, de pas z' user de ses instruments avec vot' petite fi', qu'elle est comme un agneau de douce, et innocente com' c'ui là qui tête encore sa mère !
               - Bien sur que je l'y ait dit ! fit la grand-mère
               - Et qu'est ce qu'y vous a répondu ?
               - Qu'à l'ombre du bâton, même le bourricot y marche droit ! Et y m'a ajouté : "je me servirais de mes instruments, qu'à l'estrème estrémité, pasque je veux pas abîmer cette figure d'ange qu'elle a ! Mais si elle me force, par ses frasques, ses goûts de fric et de frocs, jj'irais jusque là ! Dans le nouveau réglement que le gouvernement y nous a distribué , y'a un chapit' qui s'intitule : "de la méthode Aussaressey", qui nous autorise de à l'appliquer en cas de récidive et de mauvais comportement du prévenu. Mais je l'aime et je serais longtemps tolérant ! Je ne la rouerais de coups qu'au cas z'ou, en tout bien tout honneur, elle ne serait pas aussi complaisante que Monica Lewinsky ! Vous voyez que mes exigences sont mesurées !

               - Ouille alors ! fit Amparo, talentueuse comme elle est, elle va le mener par le bout du nez ! Ces grandes gueules, quand on sait les prend', y deviennent doux com' des agneaux ! Y sont là, forts comme des coffres forts, mais si tu leur fais un gancho pata (17), par terre y se ramassent et tu en trouves que des miettes ! Moi, mon mari, je le tiens par la bouffe ! Y se met en colère et y me menace ? A midi, je lui fais un gachis-parmentier avec tous les restes de viande que j'ai du mois. Et il se lèche les doigts ! - Les siens et les miens ! Y se tchale (18) ! Là, je vais vous montrer sa bobine, pendant qu'y se régale de mon plat ; il a un sourire qui lui fait le tour de la tête. Tandis que Toinou vot' gend', il a un regard sérieux : toujours on dirait qu'on lui a mangé sa soupe.
               - Là, j'ai une photo de mon gend' Toinou, le père à Tonina, je vais te la faire voir, fit la grand-mère en tirant un cliché de son sac.
               - Ay qu'il est vilain ! fit Amparo en contemplant le portrait.
               - Y dit que c'est le photomaton qui lui a raté la binette ! explicita la vieille femme.
               - Si on dirait un acarien ! lança Amparo
               - Un acarien acariâtre ! renchérit la grand-mère ; l'aut' jour, Isabelica elle nous avait invité à prend' l'apéritif, moi et la Golondrina.Y avait aussi la mère à mon gend', je l'y ai dit en parlant de son fils : "il a la tête comme ces bêt' que y'a dans vot' lit : y ressemb' que c'est pas possib' !"
               - Quelles bêtes ? elle m'a interrogé la belle-mère ; si c'est des punaises que vous voulez parler, sachez que dans mon lit y'en a bien sûr, mais elles sont métalliques : elles z'ont servi à capitonner le sommier.
               - Non, les plus petites qu'on trouv' entre les matelas et les draps : au microscope, on dirait des monst' ! (je me souvenais plus que ça s'appelait des acariens...). La vieille, elle s'est vexée pasque je l'y ais dit que son fils y lui ressemblait ! Comme si ça serait pas naturel qu'un fils y ressemble à sa mère ! Elle m'a fait une de ces trombines, pendant tout le repas ! Au café, pour effacer les mauvais sentiments qu'elle nourrissait contre moi, je suis allée la trouver et je l'y ai dit : "Titine (elle s'appelle Titine) escusez moi, si je vous ai vexée, mais vous savez, moi, je suis franche ! Quand je pense quelque chose, y faut qu'ça sorte ! Moi, je suis pas dissimulée ! Toujours je crache le morceau ! Cette tonta, encore plus elle m'a fait la tête ! Au moment de partir, assez fort pour que Titine elle m'entende, j'ai dit : "ma fi' ! moi, a caballo en un burro y grognendo vas a pie" (19)." Si ta belle-mère elle est pas contente d'avoir une parente qu'elle est comme l'or de franche, je m'en lave les mains ! Moi, je sais pas faire de pamplines (20) !" La vieille elle est partie sans m'embrasser ! Moi, ça m'a fait ni fou, ni fa !

               - Qu'a même, interrogea Amparo, vous allez aller au mariage de Tonina ?
               - Bien sûr que je vais y aller ! dit la grand-mère. Y ferait bon voir que j'aille pas à la cérémonie ! Déjà chez la modiste, j'ai vu un chapeau à oualette avec une rose noire qui doit m'aller comme un gant.
               - Et qu'est-ce que vous allez lui offrir comme cadeau à Tonina ?
               - Une assurance "tous risques" pour les beignes, les gnons, les coups, les dh'tatas, les tannées, les pains, les roustes qu'elle va se recevoir dans sa vie ! Comme ça, si on l'espédie à l'hôpital, ça sera gratis. Comme y dit Churchill : gouverner c'est prévoir !

LEXIQUE
1. Fionçe : prononciation oranaise ; on disait "elle se fionçe" ou "elle a été donser"
2. Bova : idiote - Bovo : idiot
3. Mesclaet' : de mesclar (espagnol) mélanger : Sarkozy il a fait un mélange de toutes les polices
4. Canes : de canas (espagnol) cheveux blancs
5. Santo Barato : par dérision Saint Bon Marché
6. S'empaper : de empaparse (espagnol) se renseigner jusqu'au bout des choses ; s'en imprégner
7. Putrate : locution oranaise qui veut bien dire ce qu'elle veut dire
8. Trompasso : un coup en pleine tronche
9. Sastifait : de satisfecho (espagnol) ; alitération purement oranaise
10. Rate : plus apurée qu'une rate ; traduction littérale de l'expression espagnole mas apurado que una rata
11. Nagy Bosca : Sarkozy de Nagy Bosca - nom complet du ministre de l'intérieur
12. Simboumbasso : (espagnol) un coup derrière la tête
13. Llormiquer : de Ilorniquar (espagnol) pleurer, gémir
14. Resté avec le mogno echo : rester sur sa faim, en plan, expression espagnole, rester avec le chignon fait
15 Cracher : c'est pour valider un serment
16.Tiene cara de Raspaqueso : il y a une dégaine de râpe à fromage ; sous-entendre c'est dire s'il est sympathique
17. Gancho pata : (espagnol) un croche pied ; physique ou moral
18. Tchale : de tchalar (espagnol) ravi, enthousiasmé
19. "A caballo en un burro y grognendo vas a pie" : expression espagnole, signifiant "si tu n'es pas content d'être à cheval sur un bourricot, marche à pied"
20. Pamplines : de pamplinas (espagnol) compliments, mots aimables, flatteries plus ou moins franches.




LE MUTILE N° 99, 1919

Le dévouement d'un chef de gare
               Nous découpons dans l'Echo d'Alger du 22 juillet, l'entrefilet suivant :
               Pauvre Mutilé ! - Hier soir, à 10 heures, sur réquisition de M. le sous-chef de gare à la gare d'Alger, un bravé mutilé, amputé d'une jambe et d'un bras, était conduit au commissariat du 3ème arrondissement.

               Son crime était grand ! Kassali Ali, du 9ème Tirailleurs, actuellement au centre de réforme, était parti en permission ; pour revenir, sa feuille de route était périmée de 24 heures ; il fallait, en gare d'Alger, régler les frais du passage - en troisième classe - soit 4 F 90. Et le pauvre mutilé n'avait pour toute fortune que 2fr. 90. Au commissariat, les agents, écœurés du procédé, et les reporters des journaux - réformés n°1, eux aussi - ont complété la somme, même davantage. Et le tirailleur mutilé a pu redescendre à la gare, payer sa place, 4fr. 90, et ne pas coucher à la geôle.
               N'insistons pas.

               C'est beau la gloire... mais on oublie vite.
               Vraiment ? Nous lisons bien ?. . Oui, Monsieur le Chef de Gare, vous remplissez avec zèle et dévouement votre service. Votre courage s'est révélé. Peut-être pour la première fois cependant, car il est probable que si vous aviez senti l'odeur de la poudre et vu les Boches vous auriez eu plus de considération, plus de pitié pour un mutilé ? Vous ne pouvez payer toutes les places de ceux, qui voyagent " à l'œil", c'est entendu, mais, nous avons le droit d'être écœurés, comme le dit notre confrère, de ce que vous ayez cru devoir faire conduire cet homme, amputé d'une jambe et d'un bras, au commissariat, comme un voleur !

               Que beaucoup de gens restent indifférents à ces procédés, c'est leur affaire. Pour nous, mutilés de guerre, nous ne nous indignerons jamais assez, fort, chaque fois qu'on sera tenté d'oublier trop vite notre misère, notre infortune. De pareils fonctionnaires feraient, mieux comme dompteurs dans une cage de ménagerie qu'au milieu de citoyens français.
               De tels actes ne sauraient être tolérés en France, pays d'humanité. Le vôtre est indigne de vous en tant que Français et l'administration des Chemins de fer prendrait une responsabilité en laissant sans sanction votre mépris pour un de ceux qui ont sauve la France. Sauvé la France, entendez-vous ?

               Mais nous ne nous méprenons pas sur l'esprit de votre administration. Ses membres ont fait leur preuve. Si vous êtes une exception dans leurs rangs, elle ne vous gardera pas du moins trop près d'un centre où vivent des gens qui ont le sentiment de l'humanité.

R. FRANCK.               



PHOTOS DIVERSES
Envoi de Bertrand Bourret

Clairefontaine Rue de la Gare


Clairefontaine, sortie de l'école



Laverdure, extérieur de l'hôtel




Laverdure, intérieur de l'hôtel




Laverdure, le vieil hôtel




Duzerville, le café



CHRONIQUE HISTOIRE
Envoyé par M. Piedineri
BÔNE, SES JOURNAUX,
ET… LA SEYBOUSE

                  " A Bône plus qu'ailleurs, la presse, principal vecteur de communication politique, participe grandement […] de cet enchevêtrement permanent des idées et des discours politiques. Première du Constantinois à se doter d'un papier local en 1844, La Seybouse, Bône est une ville dans laquelle la presse relève de la tradition et fait partie intégrante de la vie locale. […] par rapport aux autres communes du département, celle-ci comptabilise le plus grand nombre de titres de 1870 à 1914 avec 151 publications. […] Port de commerce et d'exportation, Bône compte un nombre important de journaux à visée économique et une multitude de journaux littéraires et satiriques qui témoigne de l'effervescence culturelle que connaît la ville au tournant du siècle. " (Extrait de Hugo Vermeren, Les Italiens à Bône (1865-1940), Ecole française de Rome, 2017, p. 311-312)

DEUX ANALYSES DE JACQUES SOUSTELLE
SUR L'ALGERIE

                  Analyse de Jacques Soustelle dans le Bulletin du Comité pour l'Alliance France-Israël, février 1957 :

                  " A l'extrémité orientale de la Méditerranée, un petit Etat, aux frontières extraordinairement précaires, un peuple peu nombreux, mais d'un courage indomptable, soutient depuis des années des pressions et des menaces. Des raids terroristes ont été maintes fois lancés sur son sol avec, pour résultat, l'assassinat de civils, de femmes et d'enfants.

                  Sur les rives de la Méditerranée occidentale, en Afrique du Nord, une très grande province, qui avait accompli, malgré la pauvreté du sol et l'aridité de son climat, des progrès surprenants, où s'élèvent des villages modernes et où la France a réalisé d'immenses efforts, est en butte depuis deux ans aux horreurs sanglantes du terrorisme.

                  Certes, la situation d'Israël et celle de l'Algérie diffèrent par beaucoup d'aspects, mais elles sont encore beaucoup plus analogues. Les fédayin qui assassinent en Israël sont les dignes émules des moudjahidine qui massacrent en Algérie. Ce sont les mêmes ennemis qui, dans un cas comme dans l'autre, s'acharnent contre un peuple qu'ils voudraient anéantir et contre la culture occidentale qu'ils voudraient faire disparaître.

                  C'est la même main qui les arme, le même cerveau qui dirige leurs coups.

                  Panarabisme et communisme unissent leurs mains sanglantes contre l'Etat d'Israël et contre la France.

                  Puisque nos deux Etats sont menacés jusque dans leur existence par les mêmes adversaires, que doivent-ils faire ? Le bon sens répond : s'unir. "
(Cité par Michel Bar-Zohar dans Suez ultra-secret (Fayard, 1964, p. 257))

                  Note : La situation est la même aujourd'hui, à une différence près : du fait de la trahison de de Gaulle et de sa collaboration avec le FLN, le théâtre de la lutte s'est déplacé de l'Algérie Française vers la France Métropolitaine. Ce qu'avait d'ailleurs prévu Soustelle comme le montre cette petite affiche :
Deuxième analyse de Jacques Soustelle, en 1968 :

                  " Je considère quant à moi que Mendès, devant les conditions concrètes créées par la défaite de Diên Biên Phu, dans le cadre du régime et face au pays tel qu'il était, non seulement ne pouvait prendre un autre parti, mais encore a su limiter les pertes. Il a fait la part du feu. Partager l'Indochine, en soustraire une moitié au communisme, épargner à l'armée de nouvelles épreuves, ce n'était certes pas une issue glorieuse, mais ce n'était pas non plus un désastre. Une paix de compromis n'est jamais exaltante ; elle est préférable à une capitulation. Aussi me paraît-il étrange, je le dis sans ambages, qu'aux yeux de tant de bien-pensants, encore aujourd'hui, Pierre Mendès-France apparaisse comme couronné de la sinistre auréole de l'abandon, alors que de Gaulle est tenu pour un parangon de vertu nationale et un rempart contre le communisme après avoir livré à une secte terroriste militairement battue un vaste pays situé aux portes de la France et peuplé de plus d'un million de Français de souche. Il n'y avait pas eu, que je sache, de Diên Biên Phu en Algérie. Même l'ultime solution du partage a été écartée, pour aboutir à l'abandon pur et simple du territoire, de ses habitants, de ses bases stratégiques. Encore, pour en arriver à un pareil résultat, a-t-il fallu faire donner la police et la troupe contre la population française pour la contraindre soit à se soumettre à la domination du F.L.N. soit à s'exiler. " (Extrait de Jacques Soustelle, Vingt-huit ans de gaullisme, Editions de la Table Ronde, 1968, p. 105)

A BAS LE GAULLISME, VIVE LE BIDAULTISME

                  Les Français doivent regarder leur Histoire en face et accepter la vérité. Le temps est venu de mettre fin à cette référence perpétuelle et puérile au gaullisme, et de rendre enfin l'hommage qu'il mérite à Georges Bidault, le vrai grand Français de la seconde moitié du XXème siècle. Georges Bidault, successeur de Jean Moulin comme chef de la Résistance intérieure en 1943, avant de prendre la tête d'une seconde Résistance en faveur des Français d'Algérie, Pieds-Noirs et musulmans, livrés à leurs bourreaux par de Gaulle en 1962.
                  Georges Bidault est l'homme qui a su lutter contre tous les totalitarismes de son siècle : le nazisme, le communisme et l'islamisme. Le temps doit donc venir où un futur président de la République française, sur sa photo officielle, posera avec à ses côtés non pas le portrait de Charles de Gaulle, mais celui de GEORGES BIDAULT.
                  C'est, somme toute, pour notre pays une question d'honneur, de puissance morale et de confiance en soi indispensable pour affronter avec les armes nécessaires les nouveaux défis du XXIème siècle.

                  Qu'on en juge. En juin 1962, Georges Bidault, en tant que chef du nouveau Conseil National de la Résistance aux côtés de Jacques Soustelle, préconise une partition de l'Algérie et le maintien d'enclaves françaises sur le littoral au profit des Pieds-Noirs et des musulmans souhaitant rester Français, pour éviter à ces derniers " la valise ou le cercueil " que leur promet le FLN, et leur permettre de continuer à vivre libres sur le sol natal sous la loi de l'Occident. Mais de Gaulle ne s'engagea pas sur cette voie à laquelle il préféra la collaboration avec l'ennemi FLN contre ses propres concitoyens, les condamnant au pire. Suite tout à fait logique, aujourd'hui c'est la France qui est menacée d'une partition territoriale au profit, cette fois, de ses ennemis islamistes, indigénistes et islamo-gauchistes héritiers du FLN.
                  Le gaullisme est mort en mars 1962 ; il s'est suicidé à Alger, dans les flaques de sang de la rue d'Isly.
C'est pourquoi nous disons : A bas le gaullisme, vive le bidaultisme.



Marius Piedineri, juin 2021


ORAN
De M. Amédée MORÉNO Envoyé par M. José
A propos de la statue de Notre-Dame de Santa-Cruz
http://morenoran.free.fr/santacruz.htm

            Cette statue fut bénie par Mgr Pavie le 9 mai 1850, lors de l'inauguration officielle de la chapelle. Mais, au fil du temps, la ferveur des pèlerins finit par l'endommager tant ils la touchaient, la caressaient, la palpaient, lui baisaient mains et pieds. Elle perdit d'abord un, puis deux, puis trois doigts ; l'autorité ecclésiastique s'en émut et la fit transférer dans la crypte de l'église Saint-Louis, alors cathédrale d'ORAN.

            Puis on décida de la remplacer par une madone toute neuve et l'on fit appel à un artiste - dont j'ai cherché le nom en vain - qui proposa de réaliser une statue inspirée de "l'Immaculée" que Murillo peignit pour la cathédrale de Séville et qui connut quelques vicissitudes.

            En effet, cette œuvre fut exposée au Louvre après avoir "appartenu" au maréchal Soult qui la ramena de sa campagne napoléonienne en Espagne. Elle fut restituée aux Espagnols par le gouvernement de Vichy en 1941 et se trouve, depuis cette date par la grâce de Franco, au musée du Prado à Madrid, au grand dam des Sévillans qui ont toujours souhaité la récupérer. Il s'agit de la plus célèbre des Immaculées de Murillo. Elle représente la Vierge presque enfant avec son vêtement blanc et son voile bleu sur un piédestal de roses, au milieu d'angelots et de chérubins, dans un cadre de nuages lumineux.

            Pour les Oraniens nés après les années trente, cette statue est l'authentique représentation de la vierge de Santa-Cruz. Pour les autres - les anciens qui connurent la première et historique statue de tous les pèlerinages -, il ne s'agit que de la seconde, la remplaçante, aussi vénérée et priée, d'ailleurs, car elle est, et restera Notre-Dame de Santa-Cruz, ramenée d'Oran par les Pieds-Noirs. Il s'agit bien de celle que l'on retrouve rituellement le jour de l'Ascension, au Mas de Mingue à Nîmes, depuis le 19 juin 1965.

            Mais qu'est devenue la première statue de N.-D. du Salut, celle du miracle ?...

            Elle fut précieusement conservée, pendant de nombreuses années, dans sa niche de la crypte de l'ancienne cathédrale Saint-Louis, puis dans celle du Sacré-Cœur, place Jeanne d'Arc, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

            Elle sera alors transférée et pieusement gardée dans la cathédrale actuelle, l'église Notre-Dame d'Oran - la bien nommée -, autrement dit ma chère vieille église de Saint-Eugène.

            En dépit de plusieurs interventions en haut lieu, l'autorité religieuse a refusé de la laisser quitter sa bonne ville dont elle est et restera toujours la patronne.
            Peut-être est-ce mieux ainsi...

            La première représentation de la Vierge que connurent les Oranais, celle du miracle, datait de la fin du XVIIIème siècle, peu avant le séisme de 1790. C'était une statuette en bois d'olivier, qui provenait d'une balancelle espagnole.

            Lors d'une tempête, cette embarcation s'était fracassée sur les rochers de la côte ouest d'Oran, aux abords de Monte-Cristo. L'équipage s'en étant tiré par miracle, avait attribué ce sauvetage à la petite madone du bord, symbolisant la mère du Christ, providence des marins. Ceux-ci décidèrent donc de la récupérer dans les restes de leur bateau et de la porter dans le seul lieu de culte digne de la recevoir à l'époque, l'église espagnole Sainte-Marie, qui devint par la suite l'église Saint-Louis** au quartier de la Marine.

            Cette statuette fut donc baptisée Notre-Dame du Salut (Nuestra Señora de la Salvación) et fut à l'origine du miracle de la pluie qui sauva la ville d'Oran du choléra en 1849 (les arabes la nommèrent M'ryem oum l'mah : Marie de l'eau).

            C'est la seule représentation historique de la vierge que connurent les Oranais jusque dans les années trente, j'en témoigne (voir Santa-Cruz* dans "Le Parler d'ORAN" volume 1).
 
Amédée MORÉNO


RAPPEL DE LA FOURBERIE GAULLISTE
Envoyé par M. Jean Louis Ventura
   

Combien de compatriotes n'ont pu attendre ne serait-ce quelques semaines pour réfléchir car ils ont été soit enlevés et disparus soit massacrés sitôt l'indépendance proclamée et jours suivant, dont aucun président n'a présenté de remords sincères et faire ce qu'il fallait faire pour reconnaître ce génocide en désignant les véritables coupables ???



Fontaine fraîche (Birtraria).
Envoi de M. Christian Graille

               En fiacre ou à pieds, il est une promenade très courte, des plus agréables. A peine avez-vous franchi le pont de la porte du Sahel, à cinquante mètres environ, vous rencontrez à droite un sentier assez large.
               Suiveuse, vous contournerez deux ravins ombreux dont les villas disparaissent modestement sous les feuilles comme les violettes sous l'herbe.
               A travers les interstices des ramures comme par un treillis irrégulier, vous apercevez la mer. Elle se montre aussi à vous au-dessus des arbres qui la dentellent de leurs folioles aiguës.

               Vous êtes dans une espèce de retraite tranquille, de coin discret ; il vous semble que les habitations même ne sont pas peuplées, tellement ceux qui y logent sont paisibles.
               Sans doute, le grand calme du site influe sur leur caractère et les rend des rêveurs contemplatifs ; l'influence des milieux.

On ne s'attendait guère
à l'influence des milieux en cette affaire.

               Quel mille-pattes ! A un kilomètre environ du commencement du sentier, le chemin descend assez rapide durant quelques pas, en bordant une tour de norias. Vous y êtes ! Un très humble café-restaurant est là installé.
               Si vous êtes un buveur d'eau ou un artiste, (au reste, vous ne devez pas ignorer que les buveurs d'eau étaient des artistes, lire Murger), enfoncez-vous dans cette espèce de caveau sous les feuilles, dévalez de 4 ou 5 mètres, face à la mer, vous trouverez la fontaine qui a valu son nom à ce but de promenade.

               Elle jaillit dans une sorte de chambre basse, d'une fraîcheur et d'une pureté rares. Cette salle est humide ; les murs suintant sont couverts d'inscriptions qui n'ont rien de romain, ni même de très original ou de très poétique et qui font penser cependant.
               Que de touristes et que d'amoureux sont venus là ! Le lieu est d'une sonorité curieuse, mais ne vous attardez pas ; des rhumatismes s'y réfugient et vous y guettent en embuscade.
               On est à Birtraria dans un trou verdoyant, moins sublime qu'au Frais Vallon, mais plus intime, plus perdu, sous une ombre plus profonde et plus propice aux baisers… ou aux songes d'amour.
               Et il y fait si doux ! Pour le retour vous avez nombre de chemins différents.

               N B : Birtraria est à 3 kilomètres et demi de la place du Gouvernement par tous les détours de la route. On peut prendre la voiture d'El-Biar jusqu'aux portes du Sahel ou celle des tournants de Rovigo jusqu'au bout.
               On n'a plus alors qu'un kilomètre ou un kilomètre et demi à faire à pied.
Musis
Les Annales algériennes (01-01-1893)



Aux Oranaises.
Envoi de M. Christian Graille

                - Pan ! Pan !
                - Qui est là ?
                - C'est moi, Roger, rédacteur à la Revue Mondaine qui vient vous causer un instant des mignonnettes pages que voici.
                - Encore un journal ! ! !
                - Oui, Madame, mais un journal qui, pour la première fois à Oran, vient d'avoir la pensée d'associer à sa destinée :
                - les goûts,
                - les aptitudes et
                - les talents de nos charmantes concitoyennes.


                Voilà certes une galanterie devant laquelle doit s'effacer l'indifférence ! Et que pensez-vous faire pour intéresser les Oranaises ?
                Bien des choses, Madame, et surtout de jolies choses.
                Mais la Direction m'ayant formellement défendu de divulguer les surprises continuelles et toujours inédites qu'elle vous réserve, je ne puis que vous indiquer rapidement le but de cette Revue.

                Nous, nous efforcerons tout d'abord de susciter parmi les Oranaises une émulation générale, en ouvrant, toutes grandes, à leurs discussions féminines les colonnes de ce journal.
                De ces polémiques courtoises, naîtront :
                - un esprit plus large,
                - une inertie moins grande,
                - un provincialisme moins marqué.

                La femme :
                - y jouera plus librement le rôle que lui attribuent les temps nouveaux,
                - reculera plus à l'aise les limites de son habituelle timidité, et moins soucieuse du qu'en dira-t-on, par son talent,
                - imposera bien souvent aux sottes coutumes et aux faux préjugés :
                - le Vrai, le Beau, l'Honnête et l'Agréable.


                Nous encouragerons le sentiment du féminin de la coquetterie par la description détaillée des toilettes les plus en vue.
                - Nous n'hésiterons jamais à féliciter publiquement en même temps que les élégantes personnes qui les portent, celles qui les auront exécutées.

                Avec une impartialité assurée par le concours de personnes qui composent notre Commission des Toilettes, nous rendrons ainsi hommage aux charmes des unes et au talent des autres.

                Nous savons pertinemment que l'art doit être encouragé pour se manifester tout entier. Dans ce but :
                - nous organiserons d'agréables soirées qui permettront à notre Commission artistique d'apprécier mieux encore, le talent de nos concitoyennes et de lui donner dans cette revue la plus large publicité.
                - Nous organiserons également des concours de poésies nouvelles, A propos et - nous offrirons de jolis souvenirs à nos collaborateurs les plus méritants.
                Les amateurs de photographie trouveront aussi, l'occasion de dépenser sans compter des trésors d'adresse et d'originalité.
                La plus stricte impartialité est assurée par ces diverses Commissions, toutes composées de personnes autorisées.

                Nous n'accepterons de donner notre publicité qu'aux polémiques intéressantes et courtoises.
                Indépendants, nous conserverons notre entière liberté pour juger avec sincérité les évènements mondains, mais nos critiques même ne se départiront jamais des qualités éminemment françaises que sont la politesse et la galanterie.
                Voilà, Madame, le but que nous poursuivons, heureux si nous pouvons associer à notre œuvre les encouragements multiples de toutes nos gracieuses concitoyennes.

Roger.
La Revue mondaine oranaise (23-04-1903)


Théorie de Cicéron. La pensée du jour :
Envoyé par Mme Bouhier

          " Les finances publiques doivent être saines, Le budget doit être équilibré, La dette publique doit être réduite, L'arrogance de l'administration doit être combattue et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l'aide publique. "
          Cicéron - 55 Avant Jésus Christ

          MORALITE : La crise dure depuis 2076 ans ! C'est rassurant !

          En cette période, il est bon de rappeler la théorie politique de Cicéron
          (106 Av JC - 43 Av JC)

Théorie de Cicéron

          1 - Le pauvre :          Travaille,
          2 - Le riche :          Exploite le 1,
          3 - Le soldat :          Défend les deux,
          4 - Le contribuable :   Paye pour les trois,
          5 - Le vagabond :          Se repose pour les quatre,
          6 - Le poivrot :          Boit pour les cinq,
          7 - Le banquier :          Escroque les six,
          8 - L'avocat :          Trompe les sept,
          9 - Le médecin :          Tue les huit,
          10 - Le croque-mort :          Enterre les neuf,
          11 - Et le politique :          Vit des dix.
NDLR : Y aurait-il des vérités 2021, dans ces pensées ?


Salut de la rédaction de la " cravache ".
Envoi de M. Christian Graille
Aux Oranais et Oranaises !
Aux Bel-Abbésiens et Bel-Abbésiennes !

             - Hauts Seigneurs,
             - bourgeois,
             - manants,
             - châtelaines,
             - bourgeoises et
             - gentes croquantes,

             Je vous salue très fort du plat de ma colichemarde et vous aussi mignonnes demoiselles petites et grandes, qui êtes la grâce et la parure de nos bonnes villes.

             Laissant à mon directeur la partie politique la plus ardue et la plus ennuyeuse, je réjouirai fort vos petites oreilles de moult chroniques drôles qui me vaudront, j'en suis certain, toutes vos félicitations.
             Un journaliste est un oiseau, si vous lui coupez les ailes et si vous le mettez en cage, il ne chante plus, il lui faut :
             - l'air, la lumière et la liberté.
             Ici pas de censure, mais nous chanterons très fort puisque nous sommes libres, que le Diable fasse que nous chantions juste.
             Si notre journal est mauvais, la faute en sera à vous : qu'elle vous soit légère ; vous devez chaque semaine me fournir :
             - des évènements incroyables de grandes passions platoniques,
             - des duels,
             - des gens masqués à l'allure ténébreuse, aux grandes capes grises, se glissant le long des murs pour enlèvements nocturnes,

             - des poignards luisant dans l'ombre etc., etc.

             Et tout cela, amis lecteurs, il faudra me le dire ou me l'écrire. Je ne peux pas non plus vous guetter au coin des rues comme une amante délaissée qui attend par une pluie battante que son fidèle sorte de chez sa nouvelle maîtresse pour l'empoigner par les basques de son habit.
             Je préfère par ce vilain temps me chauffer les pieds aux bûches de la cheminée, entendant chanter le feu.

             Maintenant si vous vouliez connaître mes goûts, voilà :
             - j'aime mieux les vers que la prose,
             - la musique que les vers
             - et je ne préfère rien au monde à une peinture de Raphaël si ce n'est une jolie femme.

Le secrétaire de rédaction.
d'Artagnan.

La Cravache oranaise (21-02-1909)

             Il y a beaucoup de femmes adorables qui la première quinzaine accordent la main et à la fin du premier mois le pied, au second elles abandonnent la joue et puis la bouche et ainsi de suite …
             La pudeur de femme n'est autre chose que la crainte de n'être pas trouvé assez elle … C'est ce qui fait que les belles filles se donnent plus facilement que les laides.
             Il n'y a pas de résistance plus furieuse que celle d'une femme qui a le genou mal tourné.

Théophile Gautier.
La Cravache oranaise (21-02-1909)



L'oasis.
Envoi de M. Christian Graille

             Après mille détours je découvre le sentier qui descend à l'oasis. Il faut avoir parcouru, sous un soleil torride, d'immenses étendues pierreuses et traversé en plein midi les ruelles de ce village embrasé pour sentir le bonheur de se trouver tout à coup dans une vasque de fraîcheur et d'ombre.
             Ici plus de maisons, un dédale de petits murs de pierre sèche, des milliers de vergers secrets : on est dans la forêt des dattiers. A dix mètres au-dessus du sol, leurs palmes recourbées se joignent et forment un dais verdoyant entre le ciel en feu et la tiède humidité de la terre.
             Sous les taillis de lauriers roses, une traîne embaumée. Dans son ravin de sable rouge, la rivière presque desséchée par les canaux qui l'épuisent, glisse en minces filets de lumière parmi les masses fleuries.
             Un cavalier en burnous blanc, monté sur un cheval azuré, vole de rocher en rocher au milieu de ce bouquet, et sous les pieds de sa monture, l'eau jaillit en étincelles. Des formes blanches, jaunes ou bleues, toutes couvertes de bosses où il est vraiment malaisé de deviner une femme, descendent du village dans l'ombre verte des sentiers.

             Sitôt arrivées au bord de l'oued et débarrassées de leur :
             - fardeau,
             - battoirs,
             - linges,
             - marmites,
             - larges plats de bois,
             - enfants même,

             Elles retroussent leurs draperies et piétinent leur linge en cadence, ou bien elles le battent à deux mains, avec une crosse de palmier, d'un geste large et pareil à celui d'un exécuteur.

             Au milieu des lauriers les enfants s'ébattent dans l'eau. La rivière trop peu profonde pour qu'ils y plongent tout entier, le bain n'est plus qu'un jeu, une bataille où ils s'éclaboussent à plaisir ; le moindre bruit met en fuite ces gracieux oiseaux sauvages.

             Dans les innombrables jardins prisonniers des petits murs de terre sèche, pas de fleurs, rien que des verdures.
             Elles vous arrêtent au passage ; il faut courber la tête sous les vignes en berceau pour éviter les grappes qui vous frappent au visage ou l'énorme concombre qui se suspend au grenadier.

             Le sol disparaît sous :
             - les felfels (piments),
             - les poivrons,
             - les melons d'eau,
             - milles plantes familières ou inconnues.
             - Un puissant parfum de menthe s'exhale de la terre mouillée,
             - le vert bleu du figuier se marie au vert foncé de l'abricotier vivace,
             - l'oranger et le citronnier mêlent leurs feuilles au laurier noir,
             - et jaillissant de ce peuple pressé, les grands dattiers s'élancent et laissent retomber leurs longues palmes d'un gris bleu.


             Quels soins il a fallu pour maintenir sous un ciel implacable cette végétation luxuriante !
             A deux pas le désert, le grand pays brûlé où rien ne bouge que la lumière qui tremble, où rien ne fleurit que le thym.

             Comme on comprend sous ces verdures, le désordre passionné de la poésie arabe et son éternelle promesse de paradis verdoyants !
             Le bonheur d'une race respire au milieu de ces vergers ; on croit le toucher de la main, on croit l'entendre qui murmure dans cette eau diligemment distribuée qui s'en va répandre partout son mystère de fraîche vie.

             Elle est l'âme du bien et dans tous ces jardins que pas un souffle n'anime, la seule chose mouvante :
             - Elle entre par un trou de mur,
             - va toucher chaque plante,
             - la caresse un moment,
             - répand dans chaque enclos sa fraîcheur et son léger bruit


             Une main parcimonieuse vient de lui barrer le passage avec une motte de boue et l'eau a pris sa course du côté d'un autre verger.

             Ainsi de muraille en muraille et de jardin en jardin, elle glisse à travers l'oasis ; tantôt dans un sentier et toute brillante de lumière, tantôt sous les ombrages et ne se révélant qu'à son bruit.

             Et rien comme cette eau courante à travers ces jardins de sable ne donne une pareille idée :
             - de richesse et d'économie,
             - de stérilité et d'abondance.


             Les plaines fortunées de Beauce semblent moins riches que cette fraîche oasis ; le Limousin bruissant de sources, moins mouillé que cette terre qu'un mince filet d'eau arrose ; et nulle forêt n'est plus profonde que ce bouquet d'arbres au désert … Quand je rentrai dans le village :

             - les marchands réveillés distribuaient des denrées dont je ne précisais ni le nom ni l'usage, à de vieilles sorcières dévoilées et à des Juives au teint pâle.
             - De graves citadins accroupis dans leurs lainages, bavardaient en buvant un épais café au sucre ou du thé à la menthe,
             - d'autres jouaient aux dames,
             - au milieu de la place de petits fourneaux en plein vent répandaient dans l'air calme une odeur de graisse fondue.
             - Un grand diable immobile devant un fagot de bois sec, le couvait du regard comme si c'eût été un trésor.
             - Des chameaux habitués aux grandes étendues vides, et sans doute fâchés de se trouver entre les murs, poussaient leurs grognements atroces et rebroussaient chemin dans une indescriptible mêlée de longues pattes et de longs cous…
             - Des artisans, dans leurs échoppes, se livraient minutieusement à de menus travaux : ils travaillaient comme on rêve, comme on fume une cigarette.


             Ni mon passage ni ma curiosité ne leur faisaient lever les yeux de la babouche ou du bijou sur lesquels ils étaient penchés.

             Chacun avait près de lui un petit animal ou quelque objet charmant, celui-ci deux fleurs dans un vase, celui-là une gazelle, cet autre un beau geai bleu.

             Ils ne regardaient pas plus la fleur, la gazelle ou l'oiseau qu'ils ne s'occupaient de moi. Mais ces présences légères formaient autour d'eux un charmant dans lequel ils semblaient vivre :
             - A quoi songeraient-ils ainsi, ces ouvriers silencieux ?
             - Quel songe secret poursuivaient-ils, de religion ou d'amour ?... Echappés
             - A quoi songeraient-ils ainsi ces ouvriers silencieux ?
             - Quel songe secret poursuivraient-ils, de religion ou d'amour ?
             - Échappés du Coran et vifs comme des lézards excités par la chaleur, des enfants se bousculaient dans mes jambes, tourbillonnaient autour de moi avec des cris d'hirondelles au crépuscule, tandis que leurs petites sœurs,
             - un chiffon sur la tête,
             - une étoile bleue sur le front,
             - un bijou puéril au bras,
             - et dans les yeux déjà peints un éclat inouï de coquetterie et de malice, jouaient gravement aux osselets, accroupies dans la poussière.

Jérôme et Jean Tharaud " la fête arabe, "
Plon éditeur. Édition 1926. Texte figurant dans " lectures géographiques, tome II la France d'outre-mer "
par Mme R. Ozouf et R. Ozouf.
Édition 1938 de l'Algérie "



FRANCE : SODOME ET GOMORRHE !
De Hugues Jolivet


       Campagne financée par nos impôts

       Pour la fête des Mères, s'affichent dans nos villes
       Les sourires béats d'une minorité,
       Qui tend à imposer un nouvel "évangile"
       Et d'en faire pour tous une priorité !
       "Oui, mon pote est gay" et "Ma coloc est lesbienne"
       "Ma petite fille est trans"! La vie est ainsi faite.
       Au diable la retenue et la morale chrétienne.
       La République finance, même les causes imparfaites !

       Est-ce le nouveau vaccin de la Santé Publique ?
       Il aurait pour mission de tuer l'intolérance
       Des français ordinaires face à la République
       De groupuscules actifs qui font la différence !
       La France condamne son âme en tuant la famille,
       Exalte les plaisirs d'unions contre nature,
       Offenses à la morale, non simples peccadilles,
       Dont l'agrément nocif relève d'une dictature !

       France, depuis Clovis tu portais la lumière
       Au sein de tes régions, au-delà des frontières !
       La mondialisation a éteint tes flambeaux.
       Ta nature, ton essence se délitent en lambeaux.
       France, réveille-toi, ne subit pas le sort
       Des deux villes maudites, de Sodome et Gomorrhe !
Hugues Jolivet         
Le 30 mai 2021          




Les orphelinats.
Envoi de M. Christian Graille

                Dès la fin de 1842, le Père Brumauld ouvrait, aux environs d'Alger, un asile destiné à recueillir les pauvres garçons qui restaient sans ressources en Algérie, après la mort ou l'abandon de leurs parents.
                Cet établissement commencé à Mustapha, continué à Dély-Ibrahim, fut en 1854 complètement installé à Ben-Aknoun et au camp de Boufarik.
                La population de la colonie se composait alors de 44 maîtres, y compris 11 auxiliaires et de 390 enfants, depuis l'âge de 4 ans jusqu'à celui de 21.
                On en comptait 300 au-dessous de quinze ans.
                Eh bien, sur ces 300 cents enfants, il n'en mourut qu'un seul en trois ans !
                On ne trouverait peut-être pas, dans le monde entier, un exemple pareil.
                Il est vrai que Ben-Aknoun est l'un des lieux les plus salutaires de toute l'Algérie.
                La situation de l'ancien camp de Boufarik, concédé au P. Brumauld, est moins favorable ; elle est même, dit-on, assez malsaine.
                90 enfants y dont déjà établis ; ceux qui tombent malades sont aussitôt ramenés à Ben-Aknoun où ils se rétablissent promptement.
                Les jeunes colons de Boufarik seront particulièrement employés à l'élevage des vers à soie ; les mûriers ont été plantés par l'armée.
                L'administration donne 80 centimes par jour, pour chaque enfant, jusqu'à l'âge de 15 ans ; à partir de cet âge, le produit de leur travail couvre la dépense à une légère différence près (6 francs par an).

                Le 19 avril 1849, M. l'abbé Landman, ancien curé de Constantine, s'installait à Medjez-Amar avec 15 orphelins de 12 à 18 ans et 6 Frères pris dans la colonie de Notre-Dame-des-Vallades.
                La nouvelle colonie compta bientôt 90 orphelins et enfants trouvés dont la plupart étaient venus de la colonie des Vallades ou de celle de la Ronce, fondées toutes deux dans la Charente Inférieure par M. du Luc devenu le frère Marie-Théodore.
                Il vint rejoindre son zélé collaborateur, l'abbé Landman, en Algérie, accompagné de 8 Frères agriculteurs chargés de diriger les 90 jeunes colons de l'établissement.
                Pour aider les enfants dans leurs travaux agricoles, parfois au-dessus de leur force, il est parvenu à attacher à la colonie 6 ménages arabes, qui, en échange, reçoivent le " cinquième " de la récolte.
                La dernière colonie de jeunes garçons a été fondée à Misserghin près d'Oran par M. l'abbé Abram de Montpellier.
                Lorsque les anciens camps de Misserghin et de Boufarik ont été concédés par l'administration au Père Brumald et à l'abbé Abram certains journaux ont vivement réclamé ; il n'y avait cependant pas de meilleur parti à tirer de ces camps abandonnés dont l'entretien aurait coûté chaque année à L'État quelques dizaines de mille francs.

                Medjez-Amar était également un ancien camp devenu inutile à notre occupation militaire. En concédant gratuitement ces constructions et les terrains environnants à des hommes charitables pour les transformer en colonies d'enfants trouvés et d'orphelins, l'administration de la guerre a noblement compris son devoir.
                En 1852, la colonie de Misserghin renfermait 54 orphelins recueillis après les ravages épouvantables faits par le choléra dans les villages fondés en 1848 avec les émigrants parisiens.
                Mais le plus important de ces orphelinats aujourd'hui est celui des filles, à Mustapha ; il regroupe 400 orphelines, placées sous la direction des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul.
                Avec de pareilles institutrices, il n'est pas besoin de dire que l'enseignement moral et religieux ne laisse rien à désirer.
                Il ne s'agit plus d'orphelinat agricole à Mustapha mais on y forme d'excellents domestiques, d'habiles couturières, des femmes très capables de tenir le ménage chez les petits artisans de nos villes africaines.
Souvenirs d'Algérie par J. Rosier. Édition 1892



Lettres d'Oran.
Oran 2 juillet
Envoi de M. Christian Graille
Le chemin de fer d'Oran à Lourmel - La vigne - Le choléra Des imprudents - Le Moïse - Contre-ordre.

                C'est aujourd'hui 1er juillet qu'a lieu la livraison au public de la ligne d'Oran à Lourmel.
                Jugez si tous ces Oranais qui étaient encore hier dans l'obligation de se laisser cahoter dans la patache vermoulue qui fait le trajet d'Oran à :
                - Misserghin, Bou-Tlélis et Lourmel vont être contents.
                On craignait que le transbordement à la Sénia ne fut indispensable mais la Compagnie de l'Ouest Algérien a pris ses dispositions en conséquence et a évité cet ennui aux voyageurs.
*
* *

                De désagréables nouvelles, locales heureusement, m'arrivent des environs d'Oran.
                Des nuées de papillons de l'un des 439 genres qui composent les noctuelles, se sont abattus sur la vigne et sur les champs de patates et de tomates et y ont causé de grands ravages.
                Un brave colon qui habite non loin de Bou-Sfer a perdu tout un champ de pommes d'amour lors de l'éclosion des œufs déposés par ces féconds lépidoptères dont le mâle périt aussitôt après l'accouplement et la femelle dès que les œufs sont en lieu sûr.
                Il faudrait donc pour s'en préserver, trouver le moyen de faire suivre à la femelle une coutume de Madagascar, celle de se faire brûler lors du décès du mari.
*
* *

                Le bruit a couru à Oran qu'un ou deux cas de choléra s'étaient produits au village nègre. Cette nouvelle est heureusement complètement fausse.
                Mais on en continue pas moins de prendre toutes les mesures possibles contre le terrible fléau.
                Les steamers (paquebots) sont envoyés en quarantaine à Mer-el-Kébir, les rues sont bien propres, le nettoiement va organiser un service permanent et quelques conseillers municipaux ont mis en avant l'idée de consacrer la moitié des 20.000 Francs votés pour le 14 juillet à désinfecter la ville et surtout quelques habitations.
                C'est maintenant à la population de suivre les instructions qui lui sont données.
                Et pas de sottes frayeurs. Que les peureux lisent l'histoire que le citoyen Bézy raconte bien :
                " La peste avait promis à un certain Ali de ne faire que 15 victimes dans une ville de Turquie.
                Mais dans une seule journée 200 Turcs et 500 Juifs mouraient.
                Ali reprocha à la peste son manque de parole.
                - Cependant je n'en ai tué que 15 dit la peste : 14 Turcs et un Juif !
                - J'ai tué les autres, dit une voix caverneuse.

                Ali se retourna et reconnut la peur. "
*
* *

                Il y a quelque temps un zouave se noyait en voulant se baigner près de Mer-el-Kébir ; quelques jours après c'était le jeune fils du Commissaire central qui périssait à la plage Sainte Thérèse ; enfin hier c'est encore un zouave qui s'était mis à la mer près du fort de Lamoune.
*
* *

                Le transatlantique Le Moïse, venant de Marseille est arrivé à Mer-el-Kébir avec les 168 passagers qu'il a amenés.
                Il est question de faire débarquer ceux-ci et de les mettre provisoirement dans le fort de Mer-el-Kébir.
                M. le général Détrie, à qui l'autorisation en a été demandée, ne peut y consentir à cause des munitions qui se trouvent dans le fort mais une nouvelle démarche est faite auprès de lui et nous espérons qu'elle lui fera trouver un moyen terme.
                C'est à désirer, car autrement, le paquebot doit repartir mercredi et la Compagnie se verrait dans la nécessité d'emmener tout ce monde à Marseille. Il n'y aurait plus de raison alors pour que la navette s'arrêtât.
*
* *

                Hier, je vous annonçais que l'inauguration de la ligne d'Oran à Lourmel devait avoir lieu aujourd'hui.
                Ce matin des voyageurs avaient déjà pris leur ticket quand l'ordre fut donné de leur rendre l'argent, l'autorisation ministérielle pour l'ouverture de la ligne n'étant pas encore arrivée.
                Dix minutes après, on la recevait par dépêche, mais les voyageurs s'étaient retirés et le train partait seul.
                O triple machine et routine gouvernementale ! ! !
A.L
L'Indépendant de Mascara (03-07-1894)


El Biar.
Envoi de M. Christian Graille

         C'est sur la place Mahon que nous prenons aujourd'hui le tramway pour gravir les rampes du Sahel et visiter El-Biar, un des plus charmants villages de la banlieue.
         Plus tard nous aurons à notre disposition un chemin de fer à crémaillère ou à la ficelle.

Mais pour le moment
Pas encore ! Pas encore !

         Comme dit la chanson.

         Pendant 25 minutes pour le moins, vous ferez des tours et des détours, vous suivrez les lacets des tournants de Rovigo ; mais vous sentirez que vous montez de plus en plus vers la fraîcheur et vers l'air pur.
         Quand vous atteindrez les hauteurs, un panorama immense et merveilleux s'ouvrira soudain devant vos yeux :
         - ce sera sous vous les blanches maisons irrégulières et bizarrement enchevêtrées d'Alger, descendant en cascades jusqu'à la mer,
         - la Méditerranée infinie et bleue,
         - le golfe,
         - le cap, allongeant sa tête de crocodile tigré sur les flots et plus loin encore, si le temps est clair,
         - la pointe de Dellys.

         Vous passerez entre deux bois d'eucalyptus ; vous jetterez un regard au passage sur une batterie de canons monstrueux endormis mais menaçants ; enfin vous franchirez les portes et vous arriverez au Fort l'Empereur, dressant ses murailles sombres au milieu de ses pins d'une verdure éternelle.
         Là, vous n'apercevrez plus le golfe, ni Alger mais des ravins profonds, piqués de villas, s'abaissant jusqu'aux vagues, les toiles rouges de Bab-El-Oued découpent géométriquement l'azur marin et les flots du côté de la France ; si vous levez les yeux, vous verrez les coteaux de l'Observatoire de Bouzaréa, avec de faux airs de montagnes abruptes se détachant sur le ciel bleu.

Le panorama est grandiose.

         Un nouveau détour, vous êtes aux deux-Entêtés, vous n'allez plus voir ni Bouzaréa ni la mer, suivant un chemin plat entre des villas et des jardins poétiques :
         - à gauche la propriété Olivier où le Grand-Duc de Russie faillit loger,
         - à droite, la Dominante et la campagne Petit.

         Vous voilà à El-Biar.
         Visitez la place ; entrez dans l'église si vous aimez la dévotion ou…les dévotes qui y sont nombreuses.

         Revenez à pied jusqu'à la colonne Voirol ; vous suivrez un chemin de crêtes admirables :d'un côté :
         - tout le Sahel,
         - de rondes et puissantes vagues de terrain vert et au fond de la perspective, l'Atlas, grand noir couronné de neige.

         De l'autre :
         - des villas,
         - des jardins,
         - des fleurs,
         - des arbres,
         - la baie,
         - le cap et
         - le Djurjura d'un blanc étincelant.

Errans.
Les Annales algériennes (26-02-1893)


La Mitidja
Envoi de M. Christian Graille

         La plaine de la Mitidja célèbre par sa fertilité contourne le Sahel à l'est et au sud. Elle est elle-même limitée à l'est par les premières pentes des montagnes de la Kabylie, au sud et à l'ouest par le massif central de l'Atlas et la chaîne qui s'en détache pour rejoindre au nord, sur le bord de la mer, le djebel Chenoua. Les points culminants des montagnes qui la dominent se trouvent au sud aux environs de Blidah ou de Mouzaïa, leur élévation est de 1.608 et 1.640 mètres. Elle a environ 100 kilomètres de long ; sa largeur varie et va toujours en diminuant de l'est à l'ouest ; ainsi entre la pointe de la Kouba et l'oued Boudouaou elle est environ de 30 à 32 kilomètres ; au centre à Boufarik elle n'est plus que de 10 à 12. A l'autre extrémité, à Marengo elle se réduit à 5 ou 6.

         Plusieurs cours d'eau la traversent :
         - l'oued Reraïa qui se jette dans la Méditerranée à l'est du cap Matifou,
         - l'oued Khémis et l'oued Harrach qui ont leur embouchure dans la baie d'Alger,
         - l'oued Chiffa et l'oued Djer qui se réunissent pour former le Mazafran et coupent le Sahel en deux à quelque distance de Koléah,
         - l'oued Nador, enfin, qui, après avoir arrosé le fond de la plaine, s'ouvre un passage par la charmante vallée entre le Chenoua et la pointe occidentale du Sahel puis va tomber à la mer près du petit port et des ruines romaines de Tipasa.


         Le chemin de fer d'Alger à Oran dessert la plus grande partie de la Mitidja ; il suit la baie pendant 6 à 7 kilomètres entre Hussein-Dey et Maison Carrée, il tourne au sud-ouest, passe à Boufarik, à Blidah et enfin arrive à El Affroun sur les bords de l'oued Djer où il s'engage dans les montagnes qui séparent la Mitidja de la plaine du Chélif.

         Le parcours à partir de la station d'Hussein-Dey est de 62 kilomètres que l'on franchit en deux heures et demie. La vitesse des locomotives algériennes n'est pas encore très grande, les stations sont fréquentes et le temps qu'on y passe très long parce que tous les trains sont mixtes. Il faut décharger et embarquer partout les marchandises comme les voyageurs. Cette lenteur est du reste fort commode pour les touristes qui peuvent observer le pays à leur aise et même herboriser le long de la route. Pour les voyageurs pressés, le chemin de fer algérien laisse beaucoup à désirer ; mais il s'améliorera avec le temps et tel qu'il est, il rend déjà d'immenses services.
         Chose curieuse il n'est pas moins apprécié par les Indigènes que par les Européens. Les Arabes et les Kabyles recherchent avec empressement nos moyens de locomotion, nos bateaux à vapeur le long des côtes, nos diligences où je les ai vus quelques fois entrer par la fenêtre et par-dessus tout nos chemins de fer où ils s'entassent avec volupté. Je doute que nos paysans de basse Bretagne, si soigneusement tenus à l'écart du monde moderne par l'influence cléricale, aient accueilli avec autant de bonne humeur le premier train qui a glissé sur les rails de Rennes à Brest.

         Il y a là un point de contact entre les indigènes et nous dont il faut se réjouir. De toutes manières rien n'est plus réjouissant en effet que de voir ces Arabes, qu'on se figure toujours gravement assis sur le dos des dromadaires, pendre comme des grappes au sommet des diligences ou bien passer leurs têtes encapuchonnées par les fenêtres des wagons, causant avec animation, promenant de tous côtés leurs regards ardents, exprimant par leurs physionomies et leurs gestes, non l'embarras ni la crainte mais la curiosité et la gaieté. Aucune race n'est plus sensible que la leur au plaisir de la vitesse.
         Dans tous les pays le chemin de fer est un moyen d'accroître la richesse et d'unifier la population.

         Ici, il est encore quelque chose de plus : il est un moyen d'assainissement. Pour utiliser la petite bande de terrain qui reste libre des deux côtés de la voie, la compagnie y plante des arbres ; or les arbres n'abondent pas dans les plaines d'Afrique et il importe au point de vue de l'hygiène, comme au point de vue économique de les multiplier.
         Parmi ces arbres le plus précieux est l'eucalyptus.

         Il y a une quinzaine d'années, les colons qui voulaient se procurer de l'ombrage rapidement n'avaient guère d'autre ressource que " le bel ombra " ; le bel ombra se développe vite en hauteur et en largeur mais il est lourd et disgracieux d'aspect, son feuillage n'est ni permanent ni précoce et son bois spongieux n'est bon à rien, même pas à brûler. Aujourd'hui grâce au zèle de Monsieur Ramel et de ses disciples, les colons ont à leur disposition un arbre qui croît avec une rapidité surprenante, qui toujours est vert et donne du bois dur, propre à la charpente et à la menuiserie. Tels sont les avantages certains de l'eucalyptus.
         Beaucoup de personnes leur attribuent en outre des vertus curatives qui ne sont pas encore parfaitement établies. Originaire de Tasmanie, dans l'hémisphère austral, il s'acclimate très bien dans la région méditerranéenne et plus particulièrement sur les côtes d'Afrique pourvu qu'il trouve un sol profond et pas trop sec. Bientôt il transformera tout à fait la physionomie du tell algérien.
         Il y en a déjà des centaines de mille groupés en bouquets, alignés en avenues, dispersés isolément le long des routes, autour des maisons de campagne ou des bâtiments de fermes dans le Sahel et surtout dans la Mitidja. Ce genre de culture est devenu une véritable passion.

         La première station d'importance du chemin de fer d'Alger à Oran est Boufarik.
         Ce nom éveille des réminiscences douloureuses. Dès qu'on le prononce, l'idée de marais pestilentiel et de braves colons morts au milieu de ces marais se présente à l'esprit. L'obsession de ces souvenirs est si intense que la réalité actuelle semble un rêve. On a peine à se figurer que le présent démente d'une manière si heureuse le passé. Le fait est que la ténacité coloniale, trop méconnue en France, a remporté à Boufarik un triomphe complet.
         Après vingt ans d'efforts persévérants on a enfin réussi à assécher le marais et à rectifier le régime des eaux ; les fièvres ont disparu ; au milieu des terres d'une fécondité merveilleuse, un grand village, peuplé de 2.600 habitants sert de centre à de nombreuses et productives exploitations agricoles. Les rues du village, droites et longues, sont bordées de maisons simples, propres, commodes, d'un aspect des plus agréables ; les orangers et les citronniers se montrent dans tous les jardins et poussent jusque dans les rues ; ils forment avec quelques palmiers un charmant bosquet autour de l'église ; les fontaines ne manquent pas ; une vaste esplanade ombragée par de beaux platanes, terminée sur un des côtés par des bâtiments convenables, indique la place du marché.

         Le lundi une animation extraordinaire règne dans les rues, dans les auberges, autour des fontaines, sur les places publiques, sur l'esplanade et sur toutes les routes des alentours. C'est le jour consacré à la vente des bestiaux ; colons et indigènes arrivent de toutes parts, quelques-uns à cheval, la plupart à âne, à mulet ou à pied, plusieurs en chars à bancs et autres véhicules du même genre, beaucoup en omnibus et en chemin de fer.
         D'immenses troupeaux de bœufs et de moutons sont amenés et soulèvent des tourbillons de poussière ; quelques bêtes sont immédiatement abattues et dépouillées ; ici comme dans toute l'Algérie on remarque la petitesse des bœufs et la grosseur des moutons.

         Nos colons font bonne figure au milieu de cette foule, leurs blouses bleues et leurs paletots de velours de coton rayé tranchent crûment sur le fond blanchâtre des vêtements arabes. On sent à leurs allures que ce ne sont pas des colons de fantaisie mais des travailleurs sérieux, de vrais ruraux, ruraux républicains, bien entendu, car les ruraux de l'espèce monarchique sont à peu près inconnus en dehors de la Métropole. Ils n'ont nullement l'air d'être affaiblis par le climat ; solidement bâtis, le teint coloré, la poitrine large, les épaules fortes, ils rappellent plutôt le type du nord que le type du midi.
         A peu de distance de Boufarik se trouve un petit endroit qu'on appelle Oued el Halleug tout près des bois de frênes du Mazafran.
         Reprenant par ce détour notre excursion sur la route d'Alger à Oran nous rencontrons à une demi-heure de Boufarik la séduisante ville de Blidah.
         Le parfum des orangers l'annonce longtemps à l'avance ; la nuit surtout ce parfum est si pénétrant qu'il domine même l'âcre odeur des bouffées de la locomotive. Le perfectionnement des moyens de transport, la culture des orangers et des citronniers prend tous les jours une extension plus grande. Elle a pour elle l'agrément et le profit ; ce qui ajoute ici au charme de cette culture c'est que les jardins ne sont pas séparés par de hauts murs, comme à Sorrente, mais par des haies basses et verdoyantes composées elles-mêmes d'orangers et de citronniers.

         Au mois d'avril quand les fleurs et les fruits s'entremêlent sur les mêmes arbres, on ne saurait rien imaginer de plus délicieux à voir. Que de nuances heureusement associées, depuis le vert tour à tour sombre et lumineux du feuillage jusqu'au blanc violacé des fleurs, depuis le rouge ardent ou le jaune intense des orangers jusqu'au jaune pâle des citrons !
         Blidah n'est pas comme Boufarik une colonie française. C'est une ancienne ville arabe, prospère au temps des Turcs, à demi ruinée par la guerre, réparée et transformée depuis la paix. Elle a aujourd'hui 10.000 habitants ; située au pied de l'Atlas à 185 mètres au-dessus du niveau de la mer, elle est très recherchée pendant la saison chaude pour la fraîcheur de son air, de ses eaux et de sa végétation. Elle est arrosée au printemps par des pluies fréquentes ; la montagne dont elle occupe les premières pentes n'a rien de sauvage à cet endroit. Ses flancs ne sont ni abrupts ni dénudés ; ils présentent des mamelons arrondis où l'herbe, les arbustes et les grands arbres croissent abondamment. Des hauteurs voisines on aperçoit, au-delà de la plaine, le Sahel et le sommet du Sahel, le Kbour-er-Roumia.

         Les promenades dans la ville et hors de la ville sont nombreuses ou plutôt tout est promenade autour de la ville. On peut aller presque au hasard, sûr d'être récompensé de sa peine, de quelque côté qu'on se dirige, mais il faut avoir soin de ne pas omettre le " bois sacré " ; il y a là un groupe de superbes oliviers séculaires dont le tronc semble avoir été troué à coups de canon.
         Deux choses seulement gâtent Blida à mon avis : l'une choque les yeux, l'autre plus fâcheuse parce qu'elle vous accompagne au loin, froisse l'ouïe. La première c'est la lourde église bâtie près de la grande place ; elle semble faite tout exprès pour dégoûter les Musulmans du culte catholique ; la seconde c'est le bruit incessant des tambours et des trompettes. A quoi bon tout ce tapage militaire ? Involontairement je songeais, en l'entendant, aux Prussiens silencieux et je sentais avec amertume le ridicule des démonstrations bruyantes.

         A l'ouest de Blidah, la Chiffa coule en droite ligne du sud au nord au milieu des lauriers roses. On y va en un quart d'heure par le chemin de fer et une demi-heure par la route de terre ; la dernière partie de la route est bordée de grands aloès qui rompent par le puissant relief de leurs formes la monotonie des champs de céréales. On passe la rivière sur un pont ; on remonte le cours sur la rive gauche et l'on se trouve au bout de quelques minutes dans l'étroite gorge d'où elle sort. Malgré ses hautes parois, ses cascades, ses cascatelles, ses rocs qui surplombent, son torrent qui gronde et mugit, la gorge de la Chiffa causera peut-être un petit moment de déception au voyageur qui a parcouru les Alpes.
         L'infernal, le grandiose, le sublime ne vous saisissent pas ici comme à certains passages de la Via Mala ou du Simplon. Il ne faut pas s'attendre à l'impression que donne une symphonie de Beethoven mais plutôt à celle d'une sonate de Mozart.
         La nature se montre par ses côtés sombres, abrupts, terribles, juste assez pour vous faire jouir plus pleinement des beautés riantes et aimables qu'elle déploie autour de vous.

         Le comique a sa place même dans la gorge de la Chiffa, car les singes s'y plaisent et quelque fois s'y laissent entrevoir. On les cherche souvent en vain, mais on ne regrette pas de les avoir cherchés de l'œil, au travers de cette verdure si riche et si variée, parmi ces groupes de thuyas, d'oliviers, de micocouliers, de lauriers de toutes espèces, étagés les uns au-dessus des autres, enguirlandés et couronnés par d'immenses vignes sauvages, éclairés par les rayons directs ou les reflets d'une lumière auprès de laquelle pâlirait le soleil des Alpes.
         Au sortir des gorges de la Chiffa, du côté du sud, un chemin sur la droite conduit aux fameuses mines de cuivre de Mouzaïa. La route principale quitte peu à peu le fond des vallées et monte jusqu'à Médéah qui se vante de posséder une végétation tout européenne, grâce à son altitude (940 mètres).

         Elle traverse de part en part le massif central de l'Atlas, redescend le long du versant saharien et aboutit à l'entrée du grand désert à Laghouat. On peut juger de l'importance de cette route par ce fait que Laghouat est située presque sous le même méridien que Médéah. La distance entre les deux villes est de 366 kilomètres. Entre Alger et Laghouat elle est de 456.
         Pour achever le tour de la Mitidja il faut revenir sur ses pas et reprendre pendant une demi-heure la ligne de chemin de fer ; on la quitte à la station d'El Affroun, on traverse l'oued Djer que les chaleurs de l'été réduisent à un maigre filet d'eau et l'on suit une route fort agréable qui longe à gauche la montagne et laisse voir sur la droite au-delà de la plaine la silhouette imposante du tombeau de la chrétienne.

         On rencontre quelques hameaux français portant des noms arabes (Ameur-el-Aïn, Bourkika) et après avoir parcouru une vingtaine de kilomètres on touche au village de Marengo. Marengo est une colonie de 1848 qui a prospéré ; sa population n'est encore que de 700 habitants. L'aspect des maisons, des places, des avenues, des édifices communaux ferait croire à un chiffre plus élevé : il indique tout au moins une grande aisance. Aux environs sur le chemin de Tipasa se trouve une magnifique forêt de chênes. La plaine finit à peu de distance de Marengo.
         Pour gagner Cherchell, l'Iol des Phéniciens, la Julia Caesarea des Romains il faut franchir une petite chaîne montagneuse, tourner le Chenoua et entrer dans une région nouvelle.

IMPRESSIONS DE VOYAGE (17 mars-4 juin 1873)
Jean-Jules Clamageran


Histoire naturelle.
Envoi de M. Christian Graille

Poissons.

       On doit les diviser en poissons marins et d'eau douce. La côte de Barbarie jusqu'à Alger est très poissonneuse. On y pêche :
       - des bonites,
       - des thons et
       - des marsouins.

       On trouve aussi des poissons volants, qui font plusieurs centaines de mètres sans toucher l'eau.
       Dans la baie d'Oran la mer jette parfois des phoques à une si grande distance, qu'ils ne peuvent plus fuir.
       En général, ces espèces de poissons marins ne présentent pas de différence avec celles que l'on a trouvées dans les autres parties de la Méditerranée.

Poissons d'eau douce.

       Les rivières et les lacs de la Barbarie paraissent très peu poissonneux, et les espèces qui y vivent peu variées.
       Les grenouilles et les crapauds qui vivent sur leurs bords sont très gros et verdâtres, avec des taches brunes.

Reptiles.


       Il existe dans les murs des environs d'Alger, en très grande abondance, une petite couleuvre grise ; les serpents sont peu nombreux.
       Par contre, les tortues sont en grande quantité.

Insectes.

       Comme dans tous les pays chauds, les insectes sont extrêmement multipliés en Barbarie ; on ne se fait pas d'idée de la quantité de puces qui existent dans les environs d'Alger. Les soldats français les redoutent plus que les Bédouins, et beaucoup sont tombés malades de ne pouvoir dormir, à cause de ces insectes.
       - Les punaises sont aussi fort nombreuses,
       - les scorpions moins,
       - des sauterelles y sont énormes, des habitants les mangent après les avoir fait frire dans l'huile.

Oiseaux.

       On voit beaucoup :
       - de goélands,
       - d'hirondelles de mer,
       - de bécasseaux,
       - d'huîtriers (Échassiers vivant près des rivages.)


       Les pigeons bizet habitent le long des falaises, dans les trous des rochers, depuis Alger jusqu'au Cap Falcon, au Nord-Ouest d'Oran.
       Cette espèce est la même qui peuple nos colombiers de France.
       Presque tous les oiseaux de Provence se trouvent dans les collines qui bordent au nord la plaine de Mitidja :
       - Le rossignol des murailles,
       - la grande mésange,
       - le guêpier d'Europe,
       - les perdrix rouges.


       La plaine de la Mitidja nourrit une multitude d'oiseaux aquatiques :
       - des pluviers,
       - des vanneaux,
       - des bécassines,
       - des poules d'eau,
       - des canards,
       - des cigognes,
       - des hérons.


       Tous ces oiseaux nichent sur les bords des rivières et dans les marais.
       Ils sont si nombreux dans la plaine, qu'on ne peut pas faire un pas sans les rencontrer en troupe :
       - Les étourneaux,
       - les cailles et
       - les vautours y sont aussi très communs.

Mammifères.

       C'est la classe la plus connue :
       - les chauves-souris,
       - les rats,
       - les souris vivent dans les champs et les habitations.
       - La genette de Barbarie est assez commune dans les environs d'Alger.
       - Les lièvres ressemblent aux nôtres.

Animaux féroces.

       Les grands animaux féroces qui habitent la Barbarie sont de l'espèce la plus commune.

       En 1831, les Parisiens purent voir au Jardin de Plantes des tigres, des lions et des lionnes de l'expédition d'Afrique.
       Ces animaux ne se montrent jamais dans les montagnes du petit Atlas, où ils n'habitent que de grandes forêts, peu fréquentées par les hommes ; cependant ils viennent quelquefois jusqu'aux portes d'Oran.
       Les Arabes et les Berbères font la guerre aux bêtes féroces dont je viens de parler, pour avoir les peaux qu'ils vendent fort cher. Ils les tuent à coups de fusil et leur tendent aussi des pièges.

       Ces animaux ne sont pas cependant aussi multipliés qu'on le croit généralement en France :
       - Le loup ressemble beaucoup au nôtre.
       - Le chacal est la bête la plus ordinaire sur la côte Nord de l'Afrique.

       Cet animal est moins à redouter que les lions et les léopards, etc.; mais il est plus vorace et plus entreprenant : tous les soirs, peu après le coucher du soleil, les camps français, malgré les feux qui les illuminaient, étaient entourés par des bandes de ces animaux, qui pendant la nuit faisaient retentir les airs de leur voix glapissante.
       Ils dévoraient avec une promptitude vraiment extraordinaire les cadavres des chevaux morts, et fouillaient aussi les fosses pour en arracher les corps des soldats triés en combattant.
       Une chose remarquable, c'est que ces animaux n'attaquent jamais les bêtes vivantes, même les moutons.

       - Les sangliers sont très répandus dans toutes les parties de la Régence d'Alger, où ils peuvent se propager très facilement car les habitants, qui n'en mangent jamais, ne leur font pas la guerre.
       Lors de l'expédition de 1830, les Arabes en amenaient au marché.
       - Les porcs épics,
       - les hérissons sont aussi fort communs, ainsi que
       - les gazelles, ces charmants animaux, si doux, si faciles à apprivoiser.


       Six mois après la conquête, les Arabes et les Berbères en amenaient en grand nombre ; mais comme les officiers français en achetaient beaucoup, elles furent toujours fort chères. Les singes habitent de préférence dans les forêts du petit Atlas.

       Là se bornent les animaux féroces du nord de l'Afrique, ceux avec lesquels nos différentes expéditions ont pu nous mettre en rapport.

Animaux domestiques.

       Parmi les volatiles, ce sont :
       - les poules,
       - les chapons,
       - les canards,
       - les oies,
       - les pintades,
       - les dindons,
       - es pigeons.


       L'espèce du chat et du chien ressemble aux nôtres. Les chefs arabes en ont toujours plusieurs qui font la garde autour de leur tente. Ces animaux sont leurs seules sentinelles.
       En temps de guerre, les Arabes dorment et les chiens les éveillent en cas d'attaque.
       Les Algériens ont de très nombreux troupeaux de vaches qui paissent dans toutes les saisons.
       - Les bœufs, comme ces dernières, sont employés aux travaux d'agriculture.
       On leur fait porter des fardeaux absolument comme aux ânes et aux mulets.
       - Les ânes de Barbarie sont absolument les mêmes que les nôtres.
       - Les mulets sont aussi beaux que ceux de la Provence. Ils ont le corps bien fait, la tête élevée et les jambes fines.
       - Les Maures et les Juifs s'en servent souvent pour monture ; on les emploie aussi pour porter les fardeaux en les couvrant d'un bât. Ils ont le poil fin et sont pleins d'activité. Ces animaux ont le pied très sûr ; aussi s'en sert-on pour voyager dans les montagnes.


       Le chameau, (Il s'agit en fait du dromadaire.) qui est sans contredit le plus utile, supporte la fatigue avec une constance vraiment extraordinaire..
       Il est très sobre :
       - de l'herbe,
       - un peu d'orge,
       - des fèves
       - et quelques morceaux de pain suffisent à son existence.

       Il peut se passer de boire pendant sept ou huit jours, ce qui le rend extrêmement précieux pour voyager dans le désert, où il porte sur son dos l'eau nécessaire à toute la caravane, sans presque en diminuer la quantité pour sa consommation.
       Cet animal marche très vite et longtemps ; chargé de six à sept quintaux, il peut faire jusqu'à quinze lieues par jour sans boire ni manger.
       Les Arabes mettent quelquefois un licou au chameau ; mais la plupart du temps ils les conduisent avec une petite baguette.
       A la bataille de Staouéli plus de deux cents de ces quadrupèdes tombèrent au pouvoir des Français.

Alger et les côtes d'Afrique
Par A. de Fontaine de Resbecq. Édition 1837.
    
 


Jef Van Pipperzeel
Envoyé par M. Hugues

Le Roi des Belges va visiter les usines Volkswagen à Forest.

      Près de 3000 personnes travaillent là-dedans.
       On lui présente des Chefs de Section, les Chefs de Service, les Chefs de Bureau…
       Bref le Roi serre une trentaine de mains.

       Mais le Roi se retourne, regarde à gauche, à droite, il semble chercher quelque chose ou quelqu’un.
       * Le PDG : « Vous cherchez quelqu’un Sire ? »
       * Le Roi : « Oui, je ne vois pas Jef Van Pipperzeel »
       * Le PDG : « Jef Van… quoi ? »
       * Le Roi : « Pipperzeel »

       Le PDG interroge du regard tous ses collaborateurs mais personne ne semble connaître Jef Van Pipperzeel.

       * Le Roi : « Ecoutez, ce n’est pas grave. Maintenant je n’ai plus le temps, mon timing est très très serré. Si vous voyez Jef, passez-lui mon bonjour et dites lui qu’on se voit samedi comme d’habitude »
       * Le PDG : « Pardonnez-moi Sire, mais je ne vois vraiment pas de qui il s’agit. Etes-vous certain que ce monsieur travaille ici ? »
       * Le Roi : « J’en suis absolument certain »
       * Le PDG : « Bien Sire, nous allons faire des recherches et nous ne manquerons pas de lui transmettre votre message. »

       Le Roi s’en va et tout le monde épluche les listes du personnel, ce qui n’est pas simple.
       En effet, à la 2.896 ème place, on trouve un type qui s’appelle Jef Van Pipperzeel.
       C’est lui qui balaie le deuxième sous-sol.

       Le PDG se précipite au sous-sol évidemment et interroge :
       * Le PDG : « C’est vous Jef Van Pipperzeel ?» »
       * Jef : « Wé chef ! »
       * Le PDG (embarrassé) : « Et bien vous avez le bonjour de Sa Majesté le Roi Philippe et il dit qu’il vous attend samedi comme d’habitude »
       * Jef : « Ah Flupke est venu ici, c’est dommache que je l’ai raté, c’est mon pote »
       * Le PDG (avalant sa salive) : « Donc c’est vrai, vous êtes réellement un ami de Sa Majesté ? »
       * Jef : « Wé fieu ! »
       * Le PDG : « Et comment cela se fait-il ? »
       * Jef : « Et bien ma moumma était déjà femme de chambre chez Albert et Paola. Moi je jouais tout le temps avec Flupke, on faisait des bêtises et on se cachait dans toutes les pièces du palais. On était tous les deux comme deux frères inséparables. Maintenant il a grandit newo et je vais seulement le voir le samedi. On joue à la belote… enfin quand il est pas en voyache naturellement. »
       * Le PDG (sur le cul !) : « Mais avec sa position, ne pouvait-il pas vous trouver un emploi plus intéressant que ce poste de balayeur ? »
       * Jef : « Wé, il aurait pu mais c’est moi qui voulait pas. J’ai pas une tête pour faire des études tu sais Chef, et ici je suis tranquille, je balaye et on me fiche la paix »

       * Le PDG : « Oui, évidemment. Mais dites-moi Jef, vous connaissez encore d’autres célébrités ? »
       * Jef : « Wé chef, je connais aussi bien Betteke »
       * Le PDG : « Betteke ? »
       * Jef : « Wé alleï, Elisabeth, la reine en Angleterre »
       * Le PDG dont la couleur vire au bleu-vert : « Et depuis combien longtemps connaissez-vous la reine Elisabeth ? »
       * Jef : « Ouille ça je sais plus tu sais. Il y a des années et des années Albert et Paola avaient rendu visite à Elisabeth. Ils avaient amenés ma moumma ossi car son rêve ça était de visiter Londres. Et bien sûr je suis allé avec. Je sais pas pourquoi, mais Betteke m’a eu à la bonne et on est toujours resté en contact. Maintenant je vais la voir environ une fois par mois – car le train ça coûte cher tu sais chef »
       * Le PDG (sur le point d’avaler sa moustache) : « Et, sans indiscrétion, que faites-vous chez la Reine ? »
       * Jef : « Tu sais chef qu’elle parle très bien le français ? Enfin, souvent on classe sa collection de timbres. Elle dit que j’ai beaucoup de patience pour ça. Quand elle va à son château de Balmoral, elle me prête un costume noir, je m’installe à côté du chauffeur et on fait semblant que je suis son garde du corps… On rigole bien ! »

       * Le PDG (qui vacille sur ses bases) : « Vous connaissez-vous encore d’autres gens célèbres ? »
       * Jef : « Wé chef, je connais bien le Pape, c’est un chouette copain. Quand je vais le voir, il me loge au Vatican ; c’est moins cher que l’hotel hein ! »
       * Le PDG : « Je ne vous crois pas c’est impossible… »
       * Jef : « Mais c’est vrai tu sais chef. Pourquoi je mentirais ? Moi je m’en fous de tout ça. Quand je vais voir le Pape, il s’habille parfois en civil, il met des lunettes noires et il me fait visiter Rome incognito. »
       * Le PDG (au bord de la syncope) : « Je ne vous crois pas… »
       * Jef : « Et bien chef, la semaine prochaine je suis justement en congé ; j’ai déjà réservé mon billet de train pour mercredi. C’est le jour où le Pape ira sur le balcon pour bénir la foule. Tu verras, chef, que je suis sur le balcon avec lui »
       * Le PDG : « Soit, j’irais aussi à Rome mercredi prochain. Mais gare à vous ! Si vous avez menti, je vous flanque à la porte »
       * Jef : « Ya pas de risques, chef ! »

       Ce fameux mercredi, la place St Pierre est noire de monde.
       Le PDG est parmi la foule et tout le monde lève le nez vers le balcon du Vatican, là où le pape va apparaître.
       La porte du balcon s’ouvre et deux personnes s’avancent ensemble en faisant des signes de la main à la foule.
       Le PDG est pétrifié : il s’agit effectivement du pape et de Jef Van Pipperzeel.

       * Le PDG : «C’est pas possible, c’est pas possible, c’est pas possible… »
       * Un quidam : « Monsieur ? monsieur ? vous ne vous sentez pas bien ? »
       * Le PDG : « Si si, ça va… mais c’est pas possible, c’est pas possible… »
       * Le quidam : « Monsieur, puisque j’entends que vous parlez français, pourriez-vous me dire qui est ce type en blanc à côté de Jef Van Pieperzeel ? »



Fort de l'Eau et son avenir
comme station balnéaire maritime d'été.  
Envoi de M. Christian Graille

               La vogue dont jouissent les bains de mer est de plus en plus grande ; la mode, d'accord en cela avec les prescriptions salutaires de l'hygiène leur ayant donné la consécration suprême.
               A notre époque de suractivité, la surexcitation causée par la vie tumultueuse des grandes villes, occupée sans relâche des intérêts de toute sorte finit par engendrer une anémie particulière qu'il devient urgent de combattre.
               C'est au bord de la mer, en respirant l'air marin, en s'assimilant ses fortifiantes effluves, que l'on arrive à vaincre cet énervement produit par la fièvre de la vie moderne.

               Cependant, alors que dans tous les pays civilisés on se jette dans les flots à propos de rien, l'usage des bains de mer n'est pas entré dans les habitudes de la population algérienne où les individus débilités par le climat ou la fièvre paludéenne sont pourtant si nombreux.
               Ici, en effet, plus que partout ailleurs, l'usage bienfaisant des bains de mer aurait sa raison d'être, tous les médecins reconnaissant qu'il n'est pas de médication reconstituante plus énergique, possédant autant d'éléments propres à relever les forces.
               A quoi cela tient-il ? Très certainement à ce qu'il n'existe sur aucun point de notre littoral, de localité organisée en station balnéaire, où l'on trouve, avec le confort et les agréments de la vie matérielle dans les grandes villes, tous les avantages hygiéniques d'un séjour à la campagne et le bain marin dans toute sa pureté : le plaisir et la santé réunis.

               Les habitants du littoral peuvent seuls jouir des bienfaits d'une saison maritime. Quant à ceux de l'intérieur, à moins de se résigner à périr d'ennui ou d'inanition dans quelque grossière auberge de village ils n'y doivent point songer.
               Considérable cependant est dans nos trois provinces algériennes le nombre des personnes anémiées par les fortes chaleurs ou la cachexie paludéenne auxquelles un traitement hydrothérapique, au bord de la mer, rendrait la santé et la vie, et qui n'y peuvent recourir, un voyage en France étant pour eux une trop lourde charge.
               Bien plus nombreux encore sont ceux qui, sans y être contraints pour une raison de santé, prendraient volontiers quelques mois d'une villégiature agréable au bord de la mer et qui s'en privent, faute d'une station balnéaire en Algérie, pour raison d'économie ou parce qu'ils ne peuvent, pendant aussi longtemps, abandonner complètement leurs affaires.

               Pour les uns comme pour les autres, la création d'une station balnéaire à proximité d'Alger serait un véritable bienfait. Cette création s'impose :
               - Par sa situation topographique au milieu de la baie d'Alger, à quelques kilomètres de cette ville, par la fraîcheur relative qui y règne pendant l'été, Fort-de-l'Eau était tout désigné pour combler cette lacune.
               - Exposé au soleil et au vent de mer, tout en étant abrité en partie par le Cap- Matifou contre la trop grande violence de ceux du Nord-Est et par une chaîne de collines contre le siroco et ceux du Sud,
               - abondamment pourvu d'une eau excellente,
               - bâti sur un sol rocheux et toujours sec,
               - percé de rues larges de vingt mètres,
               - aux maisons blanches d'une propreté méticuleuse,
               - doté d'une plage magnifique,
               - formée d'un sable fin et moelleux comme un tapis,
               - en pente doucement inclinée, permettant au baigneur de prendre ses ébats fort loin, en toute sécurité, dans une eau propre et limpide, Fort-de-l'Eau jouit d'une réputation méritée de salubrité exceptionnelle.


               La brise de mer qui souffle régulièrement de huit heures du matin à six heures du soir, purifie et rafraîchit l'atmosphère.
               Aussi la température qui dépasse rarement 28° est toujours inférieure de 4 à 5 degrés à celle d'Alger et pendant les journées les plus pénibles de l'été la chaleur n'y est jamais intolérable et le corps y est toujours sec.
               Ces particularités sont bien connues dans les environs et chaque année, au moment des fortes chaleurs, des valétudinaires, de plus en plus nombreux viennent y retremper leur constitution épuisée par la fièvre et y chercher à la fois l'appétit et les forces.

               Fort-de-l'Eau étant déjà visité spontanément par de nombreux baigneurs et réunissant toutes les conditions naturelles propres à la création d'une station balnéaire, la municipalité s'est imposé la tâche d'en activer le développement :
               - la multiplicité des moyens de locomotion,
               - la plantation de promenades et de jardins publics,
               - un casino en construction en rendront bientôt aux baigneurs le séjour aussi agréable que dans les stations de France.


               Quant aux environs de 1840 Alphonse Karr et le peintre Mozin s'éprirent d'admiration pour la plage de Trouville, ce n'était qu'un village de pêcheurs ignoré de tous ; en 1860 on y comptait déjà pendant la saison plus de 30.000 baigneurs. Sans prédire à Fort-de-l'Eau une pareille fortune, Alger n'étant pas Paris, ce grand approvisionneur d'anémique et de désœuvrés, toujours en quête de distractions nouvelles, on peut affirmer avec certitude qu'un brillant avenir lui est réservé.
               Par sa proximité d'Alger, par son climat tempéré et sa réputation bien établie de salubrité, il attirera de plus en plus tous ceux à qui leur aisance ou leur fortune permet un repos agréable après les agitations de la vie des affaires.
               Quand les hôtels élégants et des habitations confortables auront remplacé nos modestes et trop petites auberges, les familles qui ont déjà pris l'habitude d'amener, pendant les vacances, leurs enfants, débilités par l'air vicié de la ville, reprendre des forces en courant sans danger sur le sable et respirant l'air vivifiant de la mer y reviendront de plus en plus nombreuses.
               Déjà de coquettes habitations se construisent sur les côtes qui ont vue sur la mer. Toute une petite ville, couvrant une surface de plus de six hectares, va s'élever le long de la plage, sur des terrains que possèdent la commune et qu'elle va mettre en vente sous peu.

               Les nombreuses demandes que reçoit tous les jours la mairie sont un indice certain de la réussite de cette opération, qui va tripler l'importance numérique de ce centre et en faire fuir le rendez-vous, non seulement des valétudinaires, mais des amateurs de villégiature et des disponibilités en recherche de plaisirs nouveaux.
               Tous les éléments de succès étant réunis par l'Administration du casino multipliant les attractions de toute espèce ; la plage de Fort-de-l'Eau deviendra très certainement, dans quelques années, aussi fréquentée que celles de France et retiendra sur le sol de l'Algérie bon nombre de ceux de ses enfants qui, chaque année, le désertent pendant l'été pour aller chercher au-delà des mers ce que, dorénavant ils trouveront ici ; les plaisirs et la santé.

Les terrains à vendre

               La commune possède le long de la plage un lot de terrains de 7 hectares dont elle a demandé l'aliénation pour la création d'une station balnéaire.
               Aussitôt que le décret l'autorisant sera signé par l'Administration supérieure, une parcelle comprenant 69 lots de 300 à 500 mètres carrés sera vendue directement au public par voie d'enchères.
               Sur trois hectares concédés un étant spécialement affecté et à ses dépendances, les deux autres seront vendus directement par le concessionnaires et il y aura de ce fait une soixantaine de lots au moins de mise à la disposition du public ; de plus les propriétaires limitant les terrains communaux, pourront vendre encore un même lot à bâtir.

               C'est au total près de 200 maisons dont va se composer la nouvelle agglomération. Il y a là pour la population d'Alger et des environs, une occasion unique de se procurer, à peu de frais, des habitations d'été.
               En comptant :
               - 500 francs d'achat de terrains,
               - 500 francs pour l'installation du jardin et
               - 2.500 pour la construction d'une petite maison de quatre pièces, on voit que pour une somme de 3.500 francs on peut se procurer une habitation d'été dans une situation exceptionnellement agréable, où les commerçants et les gens d'administration pâlissant toute l'année sur leurs comptes et leur grimoire (écrit indéchiffrable) pourront envoyer leurs femmes et leurs enfants humer l'air salin et venir eux-mêmes du samedi au lundi retrouver les joies de la famille et se retremper dans le flot réparateur sans négliger leurs affaires.

               1° Les lots seront vendus aux enchères sur la mise à prix de 1 franc le mètre.
               2° les acquéreurs devront bâtir sur chaque lot et dans un délai minimum de 18 mois, une maison d'habitation avec murs extérieurs (sauf autorisation spéciale) en maçonnerie de moellons ou briques (exception sera faite pour les élégants chalets en bois dits chalets suisses.)
               3° on pourra réunir plus de 2 lots pour une seule construction.
               4° en exécution des engagements pris par la municipalité envers les concessionnaires de la station balnéaire l'acquéreur d'un lot communal ne pourra y exercer aucune industrie de nature à faire concurrence aux concessionnaires tels que :
               - café,
               - restaurant,
               - établissement de bains,
               - renseignements généraux,
               - moyens de communication.

               Fort de l'Eau qui était comme au bout du monde et totalement inconnu de la population d'Alger en est aujourd'hui à quelques pas grâce à la subvention accordée par la municipalité à l'administration des tramways Maison-Carrée à Alger.
               Un service régulier d'omnibus-tramways met Fort de l'Eau en communication permanente avec Maison-Carrée, correspondance avec les trains du chemin de fer et les omnibus tramways de Maison-Carré à Alger ; le trajet se fait en 25 à 30 minutes au prix de 0,40 centimes.

               On trouve à Fort de l'Eau à peu près tout ce qui est nécessaire aux besoins de la vie matérielle :
               - les épiceries bien tenues sont assez complètement fournies et vendent sensiblement au même prix qu'à Alger,
               - les bouchers de Maison-Carrée et de Rouïba viennent tous les matins offrir leurs marchandises à la porte même des clients,
               - les boulangers en font autant,
               - les légumes se trouvent chez tous les jardiniers ainsi que les fruits,
               - les pêcheurs de Jean-Bart fournissent du poisson frais en abondance.

               Enfin grâce aux nombreuses voitures qui circulent entre Fort de l'Eau et Alger, on peut très rapidement faire venir de cette ville ce dont on peut avoir besoin.
               Les maisons n'ont pas été jusqu'à présent distribuées de façon à recevoir des étrangers, aussi cette année, comme les précédentes, un petit nombre de famille seulement pourront-elles trouver à se loger.
               Il y a cependant quelques maisons et appartements garnis, notamment au café restaurant de la Méditerranée tenu par Séguy Bernard, qui dispose de plusieurs chambres meublées donnant sur la mer, parfaitement tenues et à des prix très modérés.

               Le café-restaurant du Progrès de M. Cursach est également très proprement tenu. Les amateurs du grand air pourront bientôt déguster ses bouillabaisses dans le chalet qu'il va installer sur un coin de la plage à proximité du boulevard de l'Est. Nous citerons encore :
               - le café des bienvenus (Pérez),
               - le café de Fort de l'Eau (Salor) et
               - le café des messageries (Sintès).

Fort de l'Eau et son avenir comme station balnéaire maritime d'été. Édition 1893

Espagnols.
Envoi de M. Christian Graille

             
Connaissez-vous dans Barcelone une Andalouse au teint bruni ?
(Alfred de Musset)

             Au milieu de cette foule algérienne si bigarrée, l'étranger reconnaîtra facilement l'Espagnol. Outre le tempérament qu'on lui connaît, il a le costume qui le distingue. Il est presque toujours vêtu :
             - d'un petit chapeau rond,
             - de la veste courte et porte
             - une ceinture en laine autour des reins.


             C'est près de la mer, dans la ville basse, qu'il habite mêlé :
             - aux Napolitains,
             - aux Génois
             - et à tous les émigrés venus des bords méditerranéens.


             Le quartier a nom quartier de la Marine ; c'est qu'en effet la plupart de ses habitants sont :
             - pêcheurs, marins ou vendeurs au marché des poissons.
             Ce quartier espagnol, à côté de quelques rues magnifiquement ensoleillées et fort agréable à habiter en hiver, compte bien des rues étroites où le soleil n'a jamais pénétré et où une population très dense pullule à qui mieux-mieux.

             C'est dans ces rues bruyantes et tapageuses où abondent les marchands de vin, que le soir il n'est pas rare d'entendre les chansons obscènes chantées à tue-tête et d'assister à des rixes semblables à celle de la Casbah ; le cuchillo (couteau) va son train.
             Là on peut surprendre ce peuple dans toute sa pittoresque naïveté.
             Dans quelques-unes de ces rues on se croirait à Naples :
             - Ce sont les mêmes voix,
             - les mêmes chants,
             - les mêmes guitares
             - le même langage résonnant de l'accent méridional.


             Les acteurs :
             - portent à peu près le même costume,
             - ont le même entrain,
             - la même démarche vive et alerte,
             - les gestes saccadés,
             - un type fort ressemblant et enfin toujours
             - le même négligé


             Ces gens-là aiment passionnément la musique ; ils s'entassent le soir dans les cafés où un artiste ambulant épuise son répertoire, ou bien, au coin d'une rue, un amateur les attroupe et les retient charmés par les sons de son accordéon qui joue d'interminables danses.
             Ainsi, par une belle nuit, quand on entend du haut de sa terrasse ces bruits qui partent d'en bas et qu'on voit ce beau ciel, cette mer, on se croirait en Italie, en Espagne, si du haut du minaret de la mosquée, à côté de la petite lampe qui veille, le muezzin ne venait à heure fixe, de sa voix vibrante et passionnée rappeler aux croyants que c'est l'heure de la prière, en jetant aux quatre vents les noms d'Allah et de Mahomet.
             A l'époque de Noël ce peuple espagnol fait ripaille ; les boutiques de fruitiers, pour satisfaire à la demande, mettent toutes voiles dehors.
             Quand le carnaval est venu, alors c'est l'orgie générale : des masques sordides au-delà de toute expression parcourent la ville pendant qu'à la maison une veilleuse brûle fidèlement au pied de la sainte Madone, à qui du reste on fera des excuses en rentrant.

             L'Espagnole, elle, est aussi facile à distinguer dans la foule ; cette femme qui passe, la tête entourée d'un simple mouchoir triangulaire de fil ou de soie et noué sous le menton, portant le caraco (corsage de femme cintré) et la jupe entourée de rubans qui tranche avec la robe, c'est une Mahonnaise, peut-être une Andalouse, à coup sûr une Espagnole :
             - visage d'un ovale admirable,
             - d'une symétrie parfaite,
             - teint olivâtre,
             - nez droit presque diaphane,
             - narines minces et dilatées, signe de l'ardeur et de la finesse de la race,
             - sourcils noirs,
             - œil noir et brillant,
             - bouche qui à volonté se pare du sourire, aux dents blanches.


             Voilà pour le visage.
             La taille est souple et fine, surtout pendant l'adolescence :
             - la hanche est toujours un peu forte, comme chez toute Espagnole,
             - la gorge est haute et belle,
             - le pied cambré et petit,
             - la main, c'est quelquefois une main de Madone de Murillo : c'est la femme qui fait dire à ce grand poète qui fut, dit-on, fort amateur :
" L'Espagnole est la première des femmes "

             Le tout, il faut le dire est souvent d'une toilette peu soignée.
             Ces femmes passent de plus pour être d'un commerce bien moins agréable que celui des femmes françaises notamment.
             L'élégance, avec elles, trouverait parfois peu son compte, mais l'artiste saura reconnaître le bon grain de l'ivraie et distinguer ces femmes, dont neuf sur dix sont jolies sinon belles, qui étaient nées, peut-être mieux que d'autres, pour goûter les douceurs d'un rang élevé mais que le sort a fait aller et venir sous les arcades de Bab-Azoun et de Bab-Oued.
             Cette femme mince et élancée lorsqu'elle est jeune fille, une fois mariée, devient forte et prend souvent peu à peu l'embonpoint d'une matrone ; femme fidèle, dit-on, et à coup sûr féconde, comme le sont presque toutes les femmes des bords de la Méditerranée.
             Elles se marient volontiers aux Français ; les Espagnols, eux, de leur côté, recherchent la naturalisation française, et cette race, qui a sur les autres émigrés l'avantage d'être tout acclimatée, fournit à la colonie des gens travailleurs et énergiques, qui forment à Oran la majorité de la population européenne et à Alger un appoint fort considérable.

Alger ville d'hiver d'Henri Dumont.
Notes de voyages. Édition 1878.


Le mezouar
Envoi de M. Christian Graille

             C'était l'agent spécial préposé à la surveillance des femmes qui faisaient métier de la prostitution. On lui donnait le droit de percevoir sur chacune d'elles une taxe mensuelle de deux douros d'Alger et de faire, un certain nombre de fois par année, une sorte d'exhibition de ses administrées dans les bals publics dont tout le profit était pour lui.
             Il achetait ces avantages au prix d'une redevance annuelle ; il versait dans les caisses de l'ancien gouvernement turc une somme dont la quotité variait puisqu'elle dépendait à chaque renouvellement de la ferme passée au plus offrant du nombre des malheureuses soumises à la taxe.

             Dans les idées musulmanes, cette bizarre institution n'avait rien de choquant. La loi, outre quatre femmes légitimes, permettant un nombre indéterminé de concubines, c'était le plus souvent parmi les femmes inscrites au livre du mezouar que les Algériens allaient chercher les dernières.
             Cette magistrature étrange avait encore un privilège singulier. Le prix de ferme à payer demeurant fixé et la redevance exigible augmentant avec le nombre des assujetties, le mezouar avait intérêt à voir ce nombre s'accroître. En conséquence il recherchait et faisait rechercher par ses agents celles des femmes réputées honnêtes dont la conduite était suspecte ; et s'il pouvait prouver devant le cadi qu'elles étaient tombées en faute, libres ou mariées, elles étaient, comme femmes perdues, inscrites au livre du mezouar et soumises au payement de la taxe. De ce jour aussi le déshonneur avait rompu les liens du mariage ou retranché la fille de la famille.

             L'Administration éprouva une répugnance bien naturelle à conserver l'institution du mezouar. Plusieurs fois elle essaya d'organiser sur une autre base la police de la prostitution ; mais au mois de juillet 1831 elle se crut obligée de revenir à l'ancien moyen de surveillance modifié par l'adjonction d'un dispensaire.
             La ferme fut consentie à un Maure d'Alger au prix de 1,860 francs par mois. Mais le mezouar ayant commis des abus, le marché fut résilié et passé à un nouvel adjudicataire moyennant une redevance mensuelle de 2,046 francs.
             Cet état de chose s'est prolongé avec quelques variations dans le fermage jusqu'au 28 septembre 1835, époque à laquelle la ferme fut supprimée et la surveillance du commissaire central de police substituée à celle de mezouar.

L'ALGERIE par MM les capitaines du génie Rozet et Carette
Edition 1850



Frais hospitaliers
Envoyé par Annie


      Suite à une crise cardiaque, un homme subit une chirurgie à cœur ouvert.
      Il se réveille après l'opération et se trouve soigné par des religieuses dans un hôpital catholique.
      Comme il retrouvait ses esprits, une religieuse lui demande comment il allait payer ses soins.
      Avez-vous une assurance maladie ?
      Il répond d'une petite voix encore faible : "pas d'assurance maladie".

       Elle lui demande : Avez-vous de l'argent à la banque ?
      Il répond : "Pas d'argent à la banque".
      Elle poursuit " Avez-vous un membre de votre famille qui peut vous aider" ?
      Il dit : "je n'ai qu'une sœur, vieille-fille, qui est religieuse dans un couvent".
      La sœur se fâche et lui dit : "Les religieuses ne sont pas des vieilles-filles, elles sont mariées à Dieu"!!

       Et le patient de conclure : "Alors envoyez la facture à mon beau-frère" .
         




Notices biographiques.
Envoi de M. Christian Graille

Hussein Pacha.

             Hussein Pacha, dernier Dey d'Alger, né à Andrinople, vers 1761, fils d'un officier d'artillerie y avait reçu quelque éducation dans l'école spéciale fondée par le célèbre baron de Tott (issu d'une famille de gentilshommes hongrois, fut secrétaire de l'Ambassadeur français à Istanbul).
             Son zèle et son intelligence l'avaient élevé rapidement au rang d'oda-bachi (nom d'un officier du grand seigneur ; c'est le grand chambellan qui commande tous les officiers de la chambre où couche le Sultan ; son nom vient de chas-oda qui signifie en turc chambre particulière et bachi qui veut dire chef dans le corps des topschis ou canonniers ; mais son caractère irascible et opiniâtre l'avait exposé un jour à un châtiment sévère, il s'était enrôlé dans la milice d'Alger.
             Plus instruit que ses camarades, il sut bientôt se faire remarquer et obtenir de l'avancement.
             Attaché à son prédécesseur, Ali-Khodgea, il contribua à l'élever à la dignité de Dey, en 1817, et partagea son autorité comme premier ministre ; après son règne de quatre mois, il devint son successeur d'une manière inouïe dans Alger :
             - sans élection,
             - sans résistance,
             - sans effusion de sang.

             C'était lui qui avait conseillé Ali-Khodgea de s'enfermer dans la Kasbah avec le trésor et de s'y entourer d'une garde indigène étrangère au corps des janissaires.
             Plus modéré dans l'emploi des moyens tyranniques dont les Deys d'Alger faisaient usage pour satisfaire leur avidité dévorante, il avait régné sans trouble et sans réaction pendant douze ans, et peut-être fût-il mort sur le trône sans sa querelle avec la France.
             Il disait à quelques Français qui allèrent le voir avant son départ " qu'il avait commis une grande faute en s'attirant la colère d'une puissance comme la France, mais que, naturellement irascible et obstiné, il se reconnaissait ces deux défauts ".

             Du reste, Hussein-Dey était un vieillard honnête homme, doué de beaucoup d'esprit naturel et d'une capacité remarquable.
             Son gouvernement se distingua par l'ordre, la douceur et la probité ; mais il avait de l'entêtement ; comme Charles X, une fatalité irrésistible l'a entraîné à sa ruine.
             Il ne paraît pas, s'il faut en croire son récit, que, dans sa discussion avec le Consul, dont la France a dû embrasser la querelle, tous les torts aient été de son côté. Voici comment il l'a racontée lui-même à M. Jal, qui, dans un écrit fort intéressant, nous en a transmis les détails :
             " Deval s'était bien mis dans mon esprit ; il était adroit, insinuant, je ne me défiais point de lui. Il était gai et me plaisait pour cela ; je crus à la sincérité de son affection pour moi.
             Il devint très familier, parce que je le traitais en ami, et j'ai su depuis, par quelques-uns de mes officiers, qu'on disait généralement au sérail qu'une pareille intimité avec un homme de son espèce ne pouvait manquer d'avoir une mauvaise conclusion.
             Vers la fin du Ramadan, Deval, que je commençais à aimer moins parce qu'il me parlait souvent mal de son souverain, et que je pouvais craindre qu'il ne lui parlât mal aussi de moi, Deval vint me faire la visite officielle d'usage.
             Je me plaignais à lui de n'avoir pas de réponse à quatre lettres écrites par moi au roi de France. Il me répondit, (le croiriez-vous ?) : Le Roi a bien autre chose à faire que d'écrire à un homme comme toi ! "
             Cette réponse grossière me surprit. L'amitié ne donne pas le droit d'être impoli. J'étais un vieillard qu'on devait respecter, et puis j'étais Dey.
             Je fis observer à Deval qu'il s'oubliait étrangement ; il continua à me tenir des propos durs. Je voulus lui imposer le silence ; il persista.
             - Sortez malheureux !
             Deval ne bougea pas ; il me brava en restant, et ce fut au point que, hors de moi, je lui donnai, en signe de mépris, de mon chasse-mouches au visage. Voici l'exacte vérité. "

             Hussein vivait retiré à Livourne ; il eût été plus généreux et plus prudent de la part du Gouvernement français de lui accorder l'autorisation qu'il demandait de se fixer en France.
             Avant de parvenir à la suprême dignité, nous avons vu que Hussein-Pacha avait passé par tous les grades ; il avait commencé par être simple janissaire. Il avait une éloquence vive, originale, abondante en figures.

             Voulant peindre la haine qui sépare les habitants de Tunis et d'Alger :
             - haine instinctive,
             - profonde,
             - enracinée,
             - pareille à celle des Portugais pour les Espagnols, et que l'imprévoyance impolitique de l'administration française ne respecte pas assez, il s'exprimait ainsi à Paris en 1831 :
             " Faites bouillir dans une chaudière un Algérien et un Tunisien ; laissez reposer, et ils se sépareront ".
             Un moraliste du dix-septième siècle et un chimiste du dix-neuvième n'aurait pas dit mieux.


*
* *
Bacri (Jacob-Coën)

             Le nom se rattache à cette liquidation qui devint l'une des causes de notre expédition, exerça longtemps, sous l'administration du Dey, l'influence que donne partout une immense fortune ; mais, de graves discussions s'étant plus tard élevées entre lui et ses associés, son étoile pâlit tout à coup, et une prison fut pendant plusieurs années son triste séjour.
             Si l'on en croit ses adversaires, cette catastrophe n'aurait été que la conséquence de folles prodigalités.
             Suivant Bacri, au contraire, de prétendus créanciers, d'accord avec ses neveux, l'auraient rendu victime des plus odieuses machinations.
             Quoi qu'il en soit, il était depuis quatre ans privé de sa liberté au moment où s'entama cette négociation financière qui fit tant de bruit ; et aujourd'hui, à l'âge de soixante-dix ans, il est à peu près sans fortune.
             D'après Bacri, les dettes de l'Espagne envers lui s'élevaient à la somme de trente-cinq millions.

             Un homme qui est parvenu à réunir de pareils capitaux n'a pas eu que les dés pour lui. La fortune peut lui avoir beaucoup souri, mais il est impossible qu'il n'ait point montré :
             - de l'audace,
             - de hautes vues,
             - quelquefois même une rare capacité.
             Ces qualités, Bacri les a possédées en partie. Entre autres exemples de la perspicacité qu'il a souvent mise à traiter les affaires, nous ne citerons que le suivant :

             Pendant notre occupation d'Egypte, M. de Talleyrand lui fit demander, au nom du gouvernement, s'il voulait se charger à la fois d'une fourniture de blé pour l'armée française et de la faire transporter sous pavillon algérien pour la soustraire aux croisières anglaises.
             Bacri accepta sans hésiter ; il n'y mit qu'une condition : celle de pouvoir exporter sous le même pavillon une quantité égale des ports de la Normandie et de la Bretagne pour l'Angleterre.
             M. de Talleyrand ayant voulu connaître les raisons, il répondit qu'avec les bénéfices énormes qu'il retirerait de l'opération il aurait de quoi sauver sa tête du péril qu'il courrait infailliblement lorsque le Dey viendrait à savoir qu'il avait concouru à alimenter une armée de chrétiens, au préjudice des musulmans.
             La faculté qu'il avait demandée lui fut accordée.
             Plus d'une tête bien organisée s'est affaiblie sous les verrous. Bacri est resté plusieurs années dans les cachots d'un tyran.
             Les prisons du despotisme gardent encore plus longtemps leurs victoires que celles de la civilisation. (De l'établissement des Français dans la régence d'Alger par M. Genty de Bussy).
             L'Algérie française

Arsène Berteuil, ancien pharmacien en chef des hôpitaux militaires
de l'armée d'Afrique . Tome premier. Édition 1856



Le jardin d'essai du Hamma
Envoi de M. Christian Graille

             Entre Mustapha et la Kouba, à 5 kilomètres d'Alger, se trouve le jardin d'essai du Hamma, une merveille qui à elle seule vaut le voyage.

             Commencée par le gouvernement français en 1832 sur un terrain marécageux, ce jardin qui comprend 80 hectares a été cédé en décembre 1867 à la Compagnie générale algérienne ; c'est à la fois une promenade, une pépinière, un jardin d'acclimatation et un jardin botanique.

             Monsieur Rivière, le Directeur actuel, tout en le rendant plus productif ne l'a pas laissé dégénérer au point de vue scientifique et pittoresque. Il a vraiment perfectionné l'œuvre glorieuse du fondateur, l'honorable M Hardy. Des collaborateurs jeunes et vieux l'aident avec un zèle infatigable. Nous avons vu au travail sur ces lieux, non sans émotion, les représentants des trois générations d'employés : le grand-père, le père et le fils. J'ai visité plusieurs fois le jardin du Hamma en mars, avril et mai ; chaque fois je lui ai trouvé un charme nouveau ; quelques-unes de ces visites m'ont été particulièrement agréables et fructueuses : ce sont celles que j'ai eu le bonheur de faire avec M Durando, bibliothécaire à l'Ecole de médecine qui, pour répandre le goût de la science, met au service des étrangers et souvent même du public dans ses moments de loisirs les ressources d'une érudition de bon aloi et d'un esprit ingénieux. De grands eucalyptus, arbres d'Australie sur lesquels nous aurons à revenir, annoncent l'entrée du jardin. On s'arrête sur une petite place pleine d'arbres et de fraîcheur ; à droite on remarque un café maure et un café français avec une fontaine au fond, puis un chemin qui monte et conduit à une annexe du jardin, annexe moitié sauvage, moitié cultivée, convenant aux plantes qui aiment les hauteurs ; à gauche s'étend la partie plane du jardin, le Hamma proprement dit, l'ancien marais transformé par 40 années d'études et de travail.

             On entre et on fait d'abord quelques pas sous une voûte de magnifiques platanes qu'on admirerait davantage si l'on n'était pas impatient de voir les arbres des régions tropicales. Un léger bruissement se fait entendre. On dresse l'oreille, on regarde autour de soi, on se trouve dans une grande allée de bambous qui croise l'avenue des Platanes ; on s'y engage ; au bout de quelques minutes on pourrait se croire dans la Chine méridionale ou dans l'Inde. Les tiges de ces vigoureuses graminées s'élèvent jusqu'à une hauteur de 15 ou 20 mètres ; elles se pressent drues et serrées l'une contre l'autre ; elles vous isolent entre leurs rangs ; la moindre brise agite leurs longues feuilles et fait résonner le creux qui se forme chez elles aux dépens de la moelle intérieure ; le sol est jonché de leurs larges écailles vernissées ; leur couleur, tantôt ambrée ou bleuâtre, tantôt d'un vert tendre, parfois d'un noir ébène caresse l'œil ; leur contact n'est pas moins doux que leur aspect. Après avoir suivi quelques temps l'allée des bambous, on traverse une avenue parallèle à celle des platanes. Elle se prolonge jusqu'à la mer dont le bleu se montre au bout, et se compose de palmiers-dattiers alternant avec des lataniers et des dragonniers (dracæna draco).

             Ceux-ci ont une physionomie sauvage qui fait ressortir d'autant plus les formes élégantes et majestueuses des palmiers. Leur tronc est trapu ; les feuilles se tordent autour de leur tête comme des serpents ; au mois de mai d'énormes grappes de fleurs blanchâtres poussent sous les feuilles ; une sève sanguinolente transperce l'écorce et se fige à la surface.

             Si l'on poursuit la promenade sur la droite, dans la direction sud-est, on peut prendre l'allée des chamærops excelsa qui coupe le jardin en deux parties à peu près égales ; le chamærops excelsa ressemble au palmier nain (chamærops humilis) par son feuillage en éventail mais il en diffère par la force et la hauteur de sa tige ; puis on rencontre l'allée des ficus parmi lesquels on remarque le ficus elastica (l'arbre à caoutchouc) non pas faible et délicat comme dans nos serres mais plein de vigueur, déployant à l'aise ses branches fermes et saines d'un vert si riche ; parmi ces figuiers d'espèces diverses, plusieurs ont des racines adventives qui pendent en l'air, s'inclinent vers le sol et s'y enfoncent.

             Un peu plus loin, à l'extrême limite du Hamma se trouve un lac où le splendide nelumbium brille à côté des papyrus qui secouent sur les bords les touffes de leur chevelure. En hiver et jusqu'à la fin de mars la surface du lac est couverte d'une petite fleur blanche très gracieuse et très odorante qu'on appelle d'un nom un peu rébarbatif pour elle l'aponogeton dystachium.

             Entre les allées de platanes, de bambous, de dattiers, de chamærops et de figuiers, comme autour du lac, des centaines d'arbres ou de plantes arborescentes arrêtent à chaque pas le voyageur européen surpris de leur forme étrange ou les retrouvant avec joie dans son souvenir s'il a eu la bonne fortune de visiter l'Égypte, l'Inde, la Chine, l'Océanie, l'Afrique australe et l'Amérique. Le jacaranda mimosaefolia montre ses fleurs bleues à côté des fleurs rouge vermillon des érythrèmes du Brésil. L'acacia coccinea dresse ses aigrettes roses tout près des aigrettes blanches et plumeuses du calliandra quadrangulaire.

             Les strelitzia d'Australie accumulés en bordure exhibent au milieu de leurs larges feuilles des fleurs bizarres capricieusement découpées avec des ailes couleur d'orange et un grand éperon bleu. Derrière les strelitzia on aperçoit l'arbre du voyageur qui donne un fruit crémeux et renferme dans ses bractées un petit réservoir d'eau. L'avocatier (laurus persea) mûrit dans une pénombre tiède ses fruits en forme de poires si recherchés de nos Créoles aux Antilles et à l'île de la Réunion.

             Plus loin on ramasse les petites graines brunes de l'arbre à suif (croton sebiferum) et celles de l'arbre à savon (sapindus) fournissant, les unes une matière grasse, les autres une substance mousseuse propre au blanchissage.

             Des yuccas gigantesques semblent, par l'exubérance de leur végétation, avoir retrouvé leur sol naturel. Des cycas bien développés font l'effet d'amples corbeilles finement dessinées, remplies à l'intérieur d'une pulpe jaunâtre où s'enchevêtre une multitude de grains rouges. Le cocos flexuosité se balance gracieusement dans le voisinage du churisia dont le tronc roide et conique se hérisse de pointes comme le collier d'un dogue.

             J'allongerais indéfiniment cette liste si je voulais la rendre complète mais je ne peux passer sous silence un arbre originaire de La Havane que les botanistes appellent oreodoxa régia, la gloire des montagnes. Le jardin d'essai en possède plusieurs exemplaires qui forment un groupe admirable ; c'est le type d'une beauté achevée. Le tronc lisse, nuance gris perle, sensiblement renflé au milieu ressemble à une colonne mauresque taillée dans le plus fin des granits d'Égypte ; il est surmonté d'une colonnette d'un vert tendre haute de deux ou trois mètres qui se gonfle aussi au milieu et d'où s'échappe comme d'une gaine un superbe panache de feuilles. L'oreodoxa appartient à la famille des palmiers ; son bourgeon terminal est comestible ; on le désigne sous le nom de chou-palmiste.

             Les parties les plus découvertes du jardin sont spécialement consacrées à la culture des plantes alimentaires. Entretenus avec soins les goyaviers des Antilles et les cherimoliers du Pérou donnent des fruits savoureux. Les bananiers occupent un espace considérable. On peut faire une véritable étude de leurs espèces diverses ; l'espèce ordinaire (musa paradisiaca) introduite en Algérie par l'ancien directeur du Hamma s'est répandue peu à peu dans les trois provinces.

             Au commencement du printemps on voit entre ses longues feuilles déchirées pendre à la fois le long du tronc des régimes de bananes jaunies qui achèvent de mûrir et les grosses fleurs d'un grenat foncé qui préparent pour le mois de mai une nouvelle récolte. Les autres espèces sont pour la plupart ornementales ; parmi elles je ne puis m'empêcher de citer le musa rosacea, plante délicate dont les fleurs sont entourées d'une spathe rose et le musa ensete découvert par Bruce en Abyssinie qui prend au contraire des proportions énormes ; ses feuilles ont trois ou quatre mètres de long ; les vents d'hiver ne les entament pas ; soutenues par de fortes nervures rouges elles résistent fièrement aux intempéries des saisons.

             Un exemplaire du musa ensete a été envoyé aux Açores en 1866 sur la demande de M. José de Canto.

             Il me reste à signaler au bas du jardin, tout près de la mer, l'allée des grenailler robusta, arbres australiens très élégants de port et de feuillage, qui se couvrent au mois de mai de grappes de fleurs d'un jaune orangé, pourvues d'un pistil curieusement infléchi au milieu des étamines ; non loin des grenailler les nopals cochenille ; au bout de l'allée des chamærops, à l'extrémité sud-ouest, un parc d'autruches mâles et femelles, nés dans le jardin ; à divers endroits, les norias et puits d'arrosement, les abris ingénieux imaginés pour les jeunes plantes.

             Enfin près de l'entrée principale, autour de la maison du Directeur, les serres, les collections de petites plantes en pots, les salles où l'on prépare les exemplaires vendus qu'on expédie non seulement en Algérie mais en Europe et d'autres pays encore pour l'ornement des jardins publics ou privés.

             La partie montagneuse du Hamma n'est pas non plus à dédaigner ; les araucarias et les pins des Canaries y sont surtout remarquables. De l'autre côté de la colline, sur le versant méridional, les amateurs de botanique trouveront à l'état sauvage et naturel des plantes dignes d'intérêt quoique non artificiellement acclimatées ; ils pourront ajouter à leurs herbiers quelques beaux exemples d'orchidées ; nous y avons recueilli des bulbes d'ophrys que M Planchon, le savant professeur de Montpellier, a bien voulu accepter.

IMPRESSIONS DE VOYAGE (17 mars-4 juin 1873)
Jean-Jules Clamageran Edition 1874



 L'hôtel de ville de Bel-Abbès devient une maison de tolérance
Un maire complice des proxénètes
Envoi de M. Christian Graille

Bel-Abbès, le 19 septembre 1909
A nos lecteurs.

             Nous apprenions samedi dernier, au moment de mettre sous presse qu'une instruction était ouverte par le parquet, contre le juif Mouchy Ben Soussan, afficheur public, intime de Lisbonne et de Roidot.

             Je demande à mes lecteurs pardon d'abandonner mes sujets de polémique habituelle, pour aborder un terrain aussi scabreux, et ce n'est pas sans un certain écœurement que je le fais ; j'ai même hésité pendant quelques jours, mais comme l'intérêt public était en jeu, comme l'hygiène publique était en péril, j'ai pris mon courage à deux mains et, j'ai juré de faire autour de cette histoire un vacarme épouvantable, et toute la lumière possible.
             Il y a là un abcès purulent, comme le médecin, je porterai brutalement le fer rouge dans la plaie.

Les souteneurs de Bel-Abbès.

             C'est avec regret que les habitants et les gens de passage à Bel-Abbès ont constaté que la ville est mise sous coupe réglée par une certaine catégorie d'individus qui tiennent le haut du pavé.

             Depuis les élections municipales de 1908, sortant de leurs quartiers excentriques, les souteneurs juifs et autres se sont installés un peu partout. On les rencontre avec leur clientèle spéciale et leurs jeux :
             - au faubourg Saint Marceau,
             - au pont d'Oran,
             - au faubourg Bugeaud et
             - dans la rue des bains.

             On se demandait depuis longtemps les causes de cet envahissement et de cette insolence, les voici :

Une pétition ! !

             L'année passée, au mois d'octobre, des habitants très honorablement connus et très estimés du faubourg Saint Marceau, parmi lesquels MM. Jover, Abdon et toutes les familles bien, habitant de ce côté, avaient fait une pétition demandant à la Municipalité de fermer tous les bureaux de tabac se trouvant au commencement de l'avenue Kléber et près de l'usine à gaz.
             Ces bureaux de tabacs sous couvert de vendre des cigarettes se livraient à un commerce d'un ordre tout différent.

             Les faits signalés par les honorables pétitionnaires étaient très précis.
             On avait fait de ces bureaux de tabac des maisons de prostitution clandestine, les pensionnaires de ces établissements entamaient leurs négociations et racolaient dans la rue, sous l'œil bienveillant de la police.

             C'était et c'est un spectacle très moral pour les jeunes filles allant à l'atelier, pour les enfants se rendant à l'école et qui sont obligés de passer à ce point central à toute heure du jour.
             Au grand étonnement des habitants du quartier, la pétition fut mise au panier, l'on n'y donna pas de suite et le trafic continua.

Les influences.

             La population du faubourg se demanda à quelle influence la Municipalité ou le Parquet avait obéi en n'instruisant pas l'affaire.

             Quelques-uns uns allèrent aux renseignements et apprirent avec stupeur que certains clients de ces maisons étaient des fonctionnaires très connus et tout puissants à Bel-Abbès et que la police avait reçu l'ordre de fermer les yeux.
             Ces noms courent les rues, nous ne voulons pas les livrer à la publicité pour l'instant.

            Mais il est certain que si la situation existante de ces maisons, situation immorale et illégale au dernier chef continuait quelques jours encore, nous mettrions quoiqu'il arrive les points sur les i et nous adresserions en même temps que le journal, une plainte au Procureur de la République à Bel-Abbès et une autre au Procureur Général à Alger, pour remettre les choses au point.
             Maintenant si la Municipalité n'a pas pris l'affaire en main malgré la présence parmi les pétitionnaires d'un conseiller municipal, c'est que le maire et délégué financier Lisbonne a étouffé l'affaire.

Où Mouchy entre en danse.

             Mouchy aurait trinqué dans l'histoire, qui ne connaît Mouchy :
             - à l'éternelle blouse noire,
             - courtier électoral,
             - bras droit de Lisbonne chez qui, il est toujours fourré et
             - employé de Roidot.


            Mouchy n'est pas intéressant par lui-même mais il le devient par la puissance et le nombre de ses relations.
             Mouchy afficheur public employé dans une imprimerie, courtier… par occasion, joint à tous ces petits bénéfices un métier un peu plus lucratif que les autres ! ! !
             Comme je ne voudrais pas que l'on me croît de parti pris parce que je parle de l'intime de Lisbonne, je m'abstiendrai de toutes réflexions blessantes sur ce " môssieu ".
             Je m'en tiendrai aux renseignements obtenus par le Parquet, qui ne pourra lui, être taxé de partialité. Voici ce que relève l'instruction.

Comment Mouchy le bras droit de Lisbonne opère.

             Mouchy va dans les maisons de tolérance clandestine et impose, se targuant de ses relations avec le maire Lisbonne, au bras duquel il se promène le soir. " Les habitants de Bel-Abbès ont pu le constater avec une légitime fierté " ; il impose, dis-je, sa protection contre quelques pièces de cent sous, bien blanches et bien sonnantes ; si la dame est récalcitrante et montre les dents Mouchy la menace de la police des mœurs et la fait immédiatement carter.

            Mes lecteurs se demandent peut-être avec surprise quelle autorité Mouchy peut avoir sur ces malheureuses filles.
             Il n'ignore pas que dans toutes les villes la prostitution clandestine en cachée est réprimée de la plus sévère et de la plus énergique façon.
             Il existe pour les maisons dites de tolérance une surveillance et des lois spéciales, sous le contrôle des agents des mœurs.
             Les femmes cartées sont soumises deux fois par semaine aux visites médicales passées par le médecin chargé du dispensaire.

            Ces lois d'hygiène et de salubrité publiques sont, je le répète appliquées partout avec une dureté extrême. Malheur à qui tente d'y échapper.

             Mais ici à Bel-Abbès, quand il s'agit de proxénètes et de souteneurs, la loi devient douce presque maternelle ; les causes nous les avons données plus haut.
             Pourquoi se gêner, tout le monde est complice, tout le monde en profite, la prostitution clandestine se pratique au grand jour.
             Pour expliquer un tel laisse aller, on est en droit de se demander, si Lisbonne lui-même, n'est pas directement intéressé dans ces petites affaires et s'il ne touche pas quelques-uns uns des bénéfices récoltés de cette façon, de ci et là il ne faut s'étonner de rien en ce pays.

Un service bien fait.

             Des agents spéciaux, dits agents de la police des mœurs, sont chargés du contrôle : visites médicales, détournement de mineure etc.
             Ce service fonctionne à Bel-Abès d'une façon…fantastique.
             Je mettrai de côté les malheureuses femmes vivant dans le quartier spécial du village Nègre et qui vont à la visite.
             Je ne veux parler que des autres, or, sur 300 courtisanes vivant à Bel-Abbès de prostitution au vu et au su de tous soit en ville, soit dans les faubourgs.
             En ce moment sur 300, savez-vous combien il y en a qui passent la visite ? Une !
             Une seule, la nommée Madeleine Marquez du village Perrin ; je n'avance rien qui ne puisse être prouvé ; nous avons contrôlé sur place ; les registres du dispensaire feront foi de nos affirmations, je mets au défi la municipalité et la police de me donner un démenti.

            J'invoquerai même s'il le faut le témoignage du médecin communal chargé de la visite du dispensaire.
             Je suis absolument certain, preuve en main que cette semaine 299 femmes sur 300 ont échappé, avec l'assentiment des agents des mœurs, à la visite.
             Ces combinaisons louches et ces chantages entre agents des mœurs et souteneurs de Lisbonne après nous avoir singulièrement écœuré commencent à nous dégoûter.

            Nous sommes décidés à poursuivre l'affaire jusqu'au bout. Nous demandons :
             1e Que le service des mœurs soit complètement transformé et que les agents qui y sont attachés soient tous remplacés ;
             2e Une punition sévère pour le sieur Mouchy, qui s'autorisant de sa liaison avec le maire Lisbonne en a profité pour faire du chantage auprès de ces malheureuses ;
             3e Que toutes les maisons qui ne demanderont pas dans les 8 jours l'autorisation soient immédiatement fermées ;
             4e Que toutes les courtisanes ou prostituées vivant à Bel-Abbès de ce métier soient, ainsi que la loi l'exige soumises à la visite.

            La conclusion nous ne la tirons pas mais si vous rencontrez, un soir, Mouchy en train de tenir la lévite de Lisbonne, vous pourrez penser comme moi que notre maire fréquente de singuliers gens.
             Lisbonne nous avait habitué jusqu'ici dans les affaires de la ville au gâchis et au pillage, au vol se joint maintenant la prostitution, c'est complet. Pauvre Bel-Abbès!

Maurice Bernard.
La cravache oranaise (19-09-1909)



PHOTOS DIVERSES
Envoi de Bertrand Bourret

Bône, le Miramar


Bône, restaurant Patalano




Bugeaud, café-restaurand



Laverdure, hôtel Beauséjour




Guelma, café des Amis




Guelma, Ecole d'Agriculture




TIMGAD
Brochure de 1951
À LA MEMOIRE DE TOUS CEUX À QUI NOUS DEVONS TIMGAD
RESSUSCITEE ET PARTICULIEREMENT Â CELLE DE
CHARLES GODET QUI LUI CONSACRA SA VIE

TIMGAD
Antique THAMUGADI

Christian COURTOIS Chargé d'enseignement à la Faculté des Lettres d'Alger 

VII
LES FAUBOURGS DU NORD

                 La partie septentrionale de la ville antique - celle à la lisière de laquelle s'est établie l'agglomération moderne - semble avoir été moins développée que les autres faubourgs. On a trouvé à l'Est de la porte de Cirta, collées extérieurement à la ville de Trajan, des constructions de basse époque, parmi lesquelles on a voulu reconnaître deux chapelles. Mais les monuments à abside sont de ceux qui sollicitent souvent un peu trop les imaginations fertiles (50). En fait, deux édifices méritent seuls, de retenir l'attention : les thermes des Filadelfes et les Grands Thermes du Nord, situés presque côte à côte.

                 Les THERMES DES FILADELFES sont ainsi nommés à cause d'une mosaïque qui en décorait le caldarium et qui est aujourd'hui au Musée, mosaïque qui porte l'inscription Filadelfis vita. C'est un important bâtiment, dont l'entrée située au Sud, ouvre sur une cour, bordée par un portique et ornée d'un bassin. Deux portes donnent sur un étroit couloir qui conduit à la grande salle des thermes, à l'Ouest de laquelle on voit encore une piscine. Les différentes pièces sont disposées au Nord de cette grande salle suivant l'agencement classique.

                 Beaucoup plus importants et intéressants sont les GRANDS THERMES DU NORD qui valent par leur ampleur (80 m. X 65) et par la régularité de leur plan, symétrique par rapport à un axe Nord-Sud. On en voit commodément la disposition du haut des escaliers ménagés dans les piliers Sud de la grande salle. Cette symétrie est d'autant plus notable qu'elle n'existe dans aucun des autres établissements thermaux de Timgad. Mais elle se retrouve ailleurs, dans les Grands Thermes de Djemila, ou à Rome, aux Thermes de Caracalla par exemple.



                 L'entrée de l'édifice, bâtie en briques et blocage, est située à l'Est. L'escalier monumental par lequel on y accédait n'a pas son pendant du côté Ouest, où il semble cependant qu'il faille reconnaître une porte. La première salle est un vestibule. A droite et à gauche, une porte conduit à un vestibule annexe. Par l'un ou l'autre, on rejoint une grande salle jadis pavée de mosaïque, sur laquelle s'ouvrait, au Nord, par trois baies, une pièce de moindres dimensions. Du côté Sud, deux portes permettaient l'accès, l'une aux salles chaudes, l'autre aux latrines (?). Vers l'Ouest, deux baies donnaient sur la salle centrale, la plus vaste de toutes (30 mètres X 14) d'où l'on pouvait gagner également les salles chaudes. Ce hall est bordé au Nord par une vaste piscine et au Sud par deux autres. La même disposition se retrouve identiquement dans la moitié Ouest de l'édifice.

                 Tels quels, les Grands Thermes du Nord ne frappent guère que par leurs dimensions. Mais il faut restituer en esprit les pavements de mosaïque et les revêtements de marbre ou de stuc sur lesquels les baigneurs n'avaient point scrupule de laisser le souvenir de leur passage par des graffiti dont la décence - inscriptions ou dessins - n'étaient pas, semble-t-il, la qualité majeure. Les fouilles n'ont livré aucune statue. Mais les niches qui subsistent en attestent la présence. Faut-il penser que l'édifice a été pillé ? Ce n'est pas impossible. On a cru, par ailleurs, au cours des fouilles, y noter des traces d'incendie.

                 A 400 mètres au Nord des Thermes de Filadelfes et à 100 mètres à l'Ouest de la route actuelle de Batna, on a retrouvé un SANCTUAIRE qui est peut-être le temple de Saturne, dont l'épigraphie atteste l'existence à Timgad. Identification possible, non certaine. Aujourd'hui, il n'en subsiste que les substructions. Mais le plan d'ensemble se distingue nettement. Une vaste cour rectangulaire, probablement bordée de portiques sur trois côtés, et à l'ouest de laquelle se trouvait la cella. De l'escalier qui y conduisait, il ne reste que les trois premières marches.


VUE GENERALE PRISE DES GRANDS THERMES DU NORD


VIII

LE MUSEE

                 Le Musée a recueilli - à quelques exceptions près au profit du Musée du Louvre et du Musée d'Alger - l'ensemble des objets qu'ont livrés les fouilles. Il ne faut pas s'attendre à y trouver les oeuvres maîtresses qui, originaux ou copies, font la gloire du Musée du Bardo, à Tunis, comme de ceux de Cherchell et de Volubilis. Mais les pièces qu'on a pu réunir donnent une idée juste sinon très favorable de l'art provincial et permettent de mesurer l'opulence qui régnait dans les édifices tant publics que privés.

                 La moisson la plus importante est celle des mosaïques qu'on a du enlever à leur destination primitive, sous peine de les voir disparaître. Elles décoraient pour la plupart les salles des thermes ou des maisons et on ne manquera pas d'en considérer la diversité. Parfois, on se contentait de demander à de petits cubes noirs et blancs ou de trois ou quatre couleurs seulement d'offrir à l'œil un dessin d'une géométrie plus ou moins complexe et répété autant que le nécessitait la surface à couvrir. Mais, à côté de ces mosaïques en quelque sorte élémentaires, se trouvent de véritables tapis, dans lesquels les thèmes s'animent et se développent en un décor de feuilles et de fleurs stylisées, mais dont le recommencement trahit encore l'origine géométrique. La mosaïque qui ornait le tablinum de la maison de Sertius offre un excellent exemple de ce type. On franchit un pas encore, avec une mosaïque trouvée dans une maison du decumanus maximus, face à la maison aux jardinières où la représentation d'oiseaux s'insère dans le décor, procédé qui s'amplifie dans la mosaïque de salle à manger qu'on voit en face de la porte d'entrée. La mosaïque se transforme ainsi par degrés en un véritable tableau où les éléments décoratifs se réduisent à une simple bordure périphérique, telle celle' fui représente Hermaphrodite à sa toilette et dont la scène est enfermée dans le double cadre de rinceaux et de motifs géométriques.
Dans la mosaïque qui ornait les Thermes des Filadelfes - où il faut probablement reconnaître Jupiter et Antiope - et plus encore dans celle qui représente Vénus Anadyomène, ce cadre conserve son ampleur, mais s'épanouit avec une luxuriance somptueuse.
Parfois, comme dans les mosaïques où l'on voit Actéon surprenant Diane au Bain, ou la Néréide emportée par un Centaure marin, c'est le tableau lui-même qui finit par envahir l'espace auquel il est assigné.

Sans doute les plus belles de ces mosaïques étaient-elles destinées aux pièces principales des maisons, au tablinum en particulier, mais d'autres moins soignées ont été trouvées jusque dans les entrées, tant d'ailleurs des édifices privés que des thermes. Pour décorer celles-ci, on choisissait volontiers des motifs prophylactiques qui, à l'occasion, ne reculent pas devant l'obscénité.
Il n'est pas surprenant que l'on ait également découvert de nombreux fragments sculpturaux. Le forum était, on l'a dit, envahi de statues. Elles peuplaient les édifices publics : thermes, temples, marchés, etc... et les maisons les plus riches. Statues de toutes sortes, d'ailleurs, depuis celles qu'on révérait, jusqu'aux sujets de fontaines, tel le charmant Mannekenpis qu'on voit aujourd'hui dans la cour du Musée.


                 L'hommage d'une statue était une libéralité moins onéreuse que celle d'un monument. Celui qui la faisait n'en confiait pas moins son nom à la pierre fidèle et le plus souvent il n'en demandait pas davantage. Qu'il s'agisse des représentations de divinités, de celles de personnages de la famille impériale ou de simples particuliers, la médiocrité artistique s'affirme avec une remarquable autorité. C'est de l'art provincial, dans toute sa gaucherie. L'inspiration est dépourvue d'originalité. On se contente de reprendre les thèmes traditionnels, hérités de l'art hellénique ou hellénistique, ou ceux qu'a élevés au niveau d'un pauvre classicisme l'art officiel romain. On a seulement copié ou imité. Encore la maladresse des sculpteurs s'est-elle donné libre cours. Elle atteint d'emblée ou par efforts à la banalité des visages. Les plis des vêtements tombent mal. Toute cette statuaire est comme alourdie par l'ennui qu'elle semble tirer d'une juste conscience de soi.

                 Après ce qu'on vient de dire des statues, on imagine qu'il ne faudra pas aller chercher du grand art dans les monuments funéraires ni dans les stèles, dont celles à Saturne, le vieux Baal punique naturalisé romain, sont les plus nombreuses et sur lesquelles on voit, suivant l'usage, le ou les dédicants occuper le registre central, tandis que le dieu est représenté au-dessus, souvent entre le soleil et la lune, et que la partie inférieure est réservée à la victime. On verra la plus belle d'entre elles dans la cour du Musée (côté gauche). La sculpture ornementale n'est pas davantage de grande qualité. Les fragments de chapiteaux, les plaques ornementées qui proviennent du Capitole ou du Théâtre ne traduisent pas un art plus sûr que la statuaire proprement dite. Le décor de certains éléments laisse apercevoir, sinon une influence orientale du moins une conception orientale du décor, mais les torsades sont aussi distantes de l'arabesque que les statues de leur modèle grec.


                 Parmi les objets de bronze, beaucoup. Sont d'un intérêt technique non négligeable : objets ménagers, miroirs, fibules, etc... Mais, mis à part le beau candélabre de bronze trouvé à la cathédrale donatiste, ils sont à peu près dépourvus de valeur esthétique. On n'éprouvera que plus de surprise et de plaisir devant la jolie tête de jeune fille qui est peut-être une Korè. Les cheveux sont séparés au milieu du front et vont se rejoindre sur la nuque. Les lèvres sont à peine marquées par le dédain, le regard tout juste perdu dans un rêve qui s'attarde au bord de la réalité. On dirait qu'elle est triste de se trouver là.



                 La céramique est essentiellement de fabrication locale. Plats et vases de toutes formes nous aident à évoquer la vie à laquelle ils servaient, à en reconstituer les gestes. C'est à vrai dire leur seul mérite. Tel vase a transporté l'eau des fontaines à présent taries ; telle lampe éclairée de son humble clarté les maisons sur lesquelles - riches ou pauvres - la nuit pesait tant. Ce sont d'ailleurs les lampes qui constituent la partie la plus intéressante de la section de céramique. On se plaisait à les décorer de motifs divers , comme si une sorte d'attention devait s'attarder à la lumière. Le christianisme garda la tradition. Les scènes ou les symboles de la foi nouvelle remplacèrent sur les lampes les aventures mémorables ou quotidiennes des hommes et des dieux.
                 Un mot pour finir sur les inscriptions. La plus remarquable d'entre elles est l'album municipal trouvé à la curie et dont les fragments sont malheureusement dispersés (Timgad-Alger). Mais les textes épigraphiques découverts à Timgad se comptent par centaines et c'est par eux qu'on a pu connaître le peu qu'on sait de la cité. Ils n'ont d'ailleurs pas été tous réunis au Musée. La plupart ont été laissé en place c'est-à-dire à l'endroit où ils ont été trouvés, ou tout auprès, ce qui ne veut pas dire que ce soit celui qu'ils occupaient primitivement. Les curieux n'auront pas manqué d'admirer çà et là, dans les ruines, la belle gravure des inscriptions. Peut-être auront-ils assez rapidement constaté que l'épigraphie est une science parfois décourageante.




                  Certains s'étonneront peut-être qu'on ait tout au long de ce petit livre parlé souvent sans indulgence des objets ou des monuments.

                 On l'a fait à bon escient, avec le souci d'éviter la confusion trop fréquente des valeurs archéologiques et des valeurs esthétiques et parce qu'une chose peut être précieuse sans être belle.

                 Les monuments ruinés ont une grâce qui leur est propre et qu'ils n'avaient pas toujours au moment où ils furent construits.

                 En quittant Timgad, il ne faut pas imaginer qu'on vient de voir une capitale, ni même une très grande ville.

                 Comme elle, il y en avait des dizaines en Afrique et c'est précisément cette banalité qui nous conduit au cœur de la vie romaine.

                 Quand, au départ on se retournera vers le spectacle des ruines, il ne faudra pas glisser de l'éblouissement des yeux à l'illusion d'un âge d'or.


FIN


COMMENT C'ETAIT
Par M. Bernard Donville
   
            Bonjour à tous,

            Comme promis on attaque une nouvelle série. "Comment qu'c'était, comment qu'c'était devenu"
            Mais pour que le changement ne soit pas trop brutal j'ai sollicité les écrits de P.J.Vaillard (vous connaissez je pense?) pour justifier ce que certains (dont vous n'êtes pas je crois ) appellent "la repentance" et d'autres comme moi " me prendre pour un imbécile !"(aujourd'hui je me trouve très poli?".

            Donc avant les écrits sérieux et justificatifs détendez vous, je l'espère, de ces écrits plein d'humour.

            Pour des raisons de commodité personnelle j'avance mon envoi sur la défense de nos aieux.
            Exceptionnellement en prime c'est deux thèmes que vous pourrez consulter à la suite.
            - La naissance et croissance de notre Alger
            - Le dur travail des premiers colons sur l'exemple de la Trappe de Staoueli.


            Ce n'est qu'une simple mise en bouche (...à oreille) que je vous livre en préalable.
            Meilleur souvenir et bonne lecture
            Amitiés, Bernard

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Repentance

1-Alger

2 Colons

A SUIVRE



MÉRIDIENNE
De Jacques Grieu

      
      Du latin meridies, le midi nous fascine :
       C'est l'heure de lumière où le soleil s'échine.
       On peut douter de tout, crier aux utopies :
       Nul ne disputera s'il fait jour à midi.
       Midi, c'est le milieu coupant le jour en deux,
       L'ennemi de minuit, opposé ténébreux.

       C'est le cardinal sud ; l'ombre n'est pas son fort,
       Mais les gens du midi n'ont pas perdu le nord.
       Qui a peur de son ombre, après midi se lève
       Et laisse ainsi passer des occasions de rêve.
       Les langages du nord, c'est l'excès de consonnes :
       Les parlers du midi, en voyelles chantonnent…

       Si l'homme du midi, c'est notoire, exaspère,
       C'est le soleil, lui seul, qui, sans cesse, exagère…
       Il ment de bonne foi sans jamais se cacher,
       Car il croit, chaque fois, dire la vérité.
       Voir midi à sa porte est ignorer autrui
       Mais pour docteur Schweitzer, il est toujours minuit.

       Le démon de midi arrive au nord aussi
       À midi, à minuit, à toute heure, il sévit.
       Et de ce démon-là on devrait se méfier :
       On dit qu'aux femmes aussi il pourrait s'attaquer…
       Est-ce un harcèlement qu'il faudrait dénoncer ?
       Pour museler ce diable, il faut légiférer !

       Ne cherchons pas midi, alors qu'il est douze heures,
       A dit un philosophe, horloger raisonneur :
       À treize, on peut encore espérer le trouver,
       À quatorze, c'est cuit, il sera envolé.
       Midi à quatorze heures est donc une utopie,
       Mais certains, c'est à vie, qu'ils cherchent leur midi…

Jacques Grieu                  



La traite négrière arabo-musulmane
Envoyé par M. Bernard Antony
  Un génocide par castration !
L’escroquerie de son occultation.      

               Il semble que l’on doive encore supporter quelques temps le salmigondis des nouvelles idéologies révolutionnaires concomitantes :
               •de la racialisation et de la pensée décoloniale en Europe,
               •du mouvement « woke » et de la « cancel culture » en Amérique.


               Leur fusion transatlantique n’est pourtant rendue possible que par une insigne escroquerie mémorielle qui devrait soulever l’indignation des populations noires en Afrique et en Europe.

               L’esclavagisme qui a été dans le passé le fait de tous les peuples a certes été notamment pratiqué par les nations européennes après la découverte de l’Amérique selon le triste système dit de « la traite négrière » consistant à acheter aux roitelets africains de la main d’œuvre servile pour les colonies d’Amérique. C’est ce qui a été désigné par le terme de « traite occidentale ».

               Cet abominable commerce, qui a duré près de trois siècles, a transplanté dans les Amériques une population d’environ 12 à 15 millions d’esclaves. Par les mariages, toujours autorisés et par la démographie qui en a résulté, cette population afro-américaine de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud dépasse largement aujourd’hui le chiffre de cent millions.

               Elle a sécrété ses traditions culturelles, ses formes de chant et de musique, (jazz, etc…), ses littératures, fait émerger des élites et même un président des États-Unis, exemple emblématique des rencontres d’un fréquent métissage.

               En regard du phénomène de cette traite « occidentale » et des sociétés qui en ont résulté, il faut considérer la traite dite « orientale », c’est-à-dire les traites, pas seulement négrières, pratiquées par les esclavagistes arabo-musulmans dès la naissance de l’islam et quasiment jusqu’à nos jours, soit sur plus de douze siècles !

               Car des millions d’hommes, de femmes, d’enfants européens ont été également enlevés et vendus sur tous les marchés islamiques. Et d’ailleurs on sait bien l’étymologie du mot « esclavage » : « ex slaves », les populations slaves étant très recherchées par les caravaniers du prophète…

               Mais pour nous en tenir au seul esclavage islamique des africains, portant sur un chiffre également estimé à quelque quinze millions de personnes, qu’en résulte-t-il aujourd’hui ? Un simple chiffre : un million environ, un million à peine de noirs dans les populations arabo-islamiques. Soit beaucoup moins d’un pour cent de celle des noirs afro-américains !

               Et ce, sans aucune émergence de quelque jazz, de quelque musique originale, de quelque littérature nouvelle…

               Alors pourquoi cette infime population ? Pourquoi cette éradication culturelle ? Cela tient en un mot : « castration » !

               Les hommes en effet achetés aux esclavagistes africains étaient systématiquement castrés. Les maîtres arabo-musulmans ne voulaient que des eunuques. Et les eunuques n’ont pas de progéniture ! Voilà pourquoi il n’y a guère de descendants des esclaves noirs dans les nations arabes, turques ou iraniennes !

               Et c’est ainsi que la castration systématique des esclaves noirs ne peut être qualifiée que de génocidaire !

               Ce dont madame Houria Bouteldja, admiratrice inconditionnelle de l’Algérie des barbaresques, ne parle guère.

               Ce dont ne parle pas non plus madame Assa Traoré, issue de la plus grande tribu de chasseurs et vendeurs d’esclaves du Sahel : les Soninké.

               Voilà pourquoi madame Houria Bouteldja n’a pas accepté le débat que nous lui avons proposé sur Radio-Courtoisie. Car la vérité, c’est que son idéologie dite « décoloniale » est une escroquerie !

               Voilà pourquoi l’AGRIF dénonce le négationnisme raciste de la castration génocidaire des esclaves noirs dans l’islam. Il faut que cela soit enseigné dans les écoles !

        


LA VAGUE.
Par M. Robert Charles PUIG


       Je ne sais pas si nous sommes nombreux à avoir lu ce livre de Todd Stresser : La Vague.

       Une fiction intéressante que j'ai l'impression de revivre au travers des événements actuels et de ce tohu-bohu politico-médiatique qui précède les élections régionales. Une sorte de guerre où tous les moyens sont bons pour déstabiliser l'adversaire, jouer avec des médias aux ordres pour le matraquer de fake news, le détruire, l'éliminer.
       Le thème de la vague est prémonitoire de cette impression qui m'habite et que je rappelle ci- après en quelques lignes :

       Pour faire comprendre le mécanisme du nazisme, un professeur tente un mouvement expérimental avec ses élèves. Mettre en scène la force par la discipline et par l'action et la propagande du groupe contre l'individu et la liberté d'expression. Le professeur va vite se rendre compte que son expérience se transforme en une véritable dictature du groupe qui rejette ceux qui ne sont pas d'accord avec les décisions du leader désigné.

       Je retrouve de nos jours l'idée autocrate de celui qui commande et qui par tous les moyens essaie d'éliminer ceux qui ne sont pas dans son camp ou n'ont pas ses idées. Une façon, grâce à un matraquage médiatique de rendre les opposants inaptes au pouvoir.
       Il y a dans cette façon d'agir comme l'idée de tromper le peuple, de l'attirer dans le piège où tombe actuellement la plus grande partie des LR qui ne se sentent plus capables d'inventer, de créer et s'assujettissent au piège tendu par le LREM imposant une pensée dictatoriale.
       Il me semble retrouver dans ce monde actuel les manières d'un autre temps ou il fallait par tous les moyens que le peuple n'entende qu'une seule voix, celle du pouvoir qui en devient tyran et le mènera au pire excès d'une obéissance effrayée et à la catastrophe.
       Dans le livre c'est ce qui se passe, mais ce n'est qu'une fiction.

       Dans la réalité des jours que nous vivons, il y a une identité d'action répondant à la main-mise du pouvoir macroniste pour ne pas laisser la place à une autre voie que celle qu'il espère imposer au peuple. Détruire l'adversaire avec les armes de la propagande. Rendre ce qui ne sont pas les " marcheurs ", factieux et comploteurs donc coupables, en hypnotisant la population par des messages subliminaux où par exemple, la " guerre " contre la Covid-19 est une victoire de l'Élysée et où les nouveaux voyages du président sont présentés sous leurs meilleurs aspects pour d'imposer un style, un système et " préparer " 2021. C'est un système lourd, une artillerie imposante avec des ministres sur le terrain, abandonnant leur fonction à la justice ou à l'intérieur pour un jeu politicien qui ne convainc pas.

       Cette attitude ne touche pas que la politique. Il y a comme un désir de profiter des circonstances pour nous faire admettre la mixité que l'on retrouve dans toutes les publicités télévisées ou depuis peu l'euro du football, cet engouement subite pour ce joueur madrilène, absent de l'équipe de France depuis cinq ans et qui semble faire l'unanimité des milieux sportifs et des élus du gouvernement. Pendant cinq ans la France a brillé dans l'euro et le monde du sport sans Benzema mais tout à coup, il est nécessaire. La FFF avec son président, Noël Le Graët, lui donnent carte blanche pour intégrer l'équipe et font plus, ils imposent le chant d'un rappeur qui a montré ses distances avec le pays à travers des propos malsains. Mais ce personnage est dans l'air du temps. Il représente ce que la politique politicienne des marcheurs et de ses acolytes souhaitent inculquer au peuple, le doute d'être français et la soumission au mondialisme.

       La Vague nous submerge et il est difficile de tenir la tête hors de l'eau, mais c'est notre seule façon de résister, de remonter sur un bateau ivre et de le mener cap vers le bon sens et l'honneur, loin de ces gens qui marchent en boitant et sont aveuglés par l'esprit " woke " des américains reniant le monde d'avant ou cet Orient qui ne nous veut pas du bien

       Il n'y a rien de pire que de se soumettre à des méthodes qui imposent par le verbe, les mensonges, les mirages et la propagande une vision déformée de la France. Jusqu'à quand ?

Robert Charles PUIG / mai 2021       
      


LES FRANÇAIS ET LE VACCIN
De J.P.F.


Non mais… des fois !!!!?

       On dit à l' Anglais :
       - C'est par ici votre vaccin, s'il vous plaît.
       - Je ne veux pas!
       - Allez ! Un gentleman se ferait vacciner.
       Et l'Anglais se fait vacciner.

       On s'adresse à l' Allemand :
       - Maintenant c'est votre tour.
       - Non merci !
       - C'est un ordre !
       Et l'allemand se fait vacciner.

       On s'adresse à l’ Américain :
       - Maintenant, c'est à votre tour.
       - En aucun cas !
       - Mais vous savez, votre voisin s'est fait vacciner.
       Et l’américain se fait vacciner.

       Vient le tour du Français :
       - A vous maintenant !
       - Je ne me ferai pas vacciner ! Pas question.
       - Allez, un gentleman se ferait vacciner.
       - En aucune façon ! Je ne suis pas gentleman, je suis cégétiste contre tout.
       - C'est un ordre !
       - Non ! Qui êtes-vous pour me donner un ordre ?
       - Vous savez, votre voisin s'est fait vacciner...
       - Je m'en fous ! Mon voisin je l'emm..de .
       - Écoutez... Qui êtes-vous exactement ?
       - Un Français.
       - Ah, un Français ! Ah, j'oubliais , vous n'avez pas droit au vaccin.
       - COMMENT ÇA, JE N'Y AI PAS DROIT ???
       !!!, Non mais ça va pas la tête ? j'exige d'avoir les mêmes droits que les autres, bande d'enfoirés !
       ... et le Français se fait vacciner.

         




«Où va la France?»
Envoyé par Mme A. Bouhier

Boualem Sansal s’interroge sur les racines du déclin

        TRIBUNE - On sait que l’œuvre de l’écrivain algérien, réputé pour son indépendance d’esprit, qui vit en Algérie envers et contre tout, rencontre un très vif succès dans plusieurs pays européens, en particulier en France et en Allemagne. Selon lui, notre pays souffre de ne plus se reconnaître. Pour faire face à nos maux, Boualem Sansal nous invite à redécouvrir la pensée d’Ibn Khaldoun, historien arabe qui a médité sur la naissance et sur la mort des empires.

        Par Boualem Sansal Publié le 25/05/2021 à 19:23, mis à jour le 26/05/2021 à 12:48 Auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages, Boualem Sansal a notamment publié «Le Serment des barbares» (Gallimard, 1999), «Le Village de l’Allemand ou Le Journal des frères Schiller» (Gallimard, 2008), couronné par quatre prix, «2084. La Fin du monde» (Gallimard, 2015), grand prix du roman de l’Académie française, et «Le Train d’Erligen ou La Métamorphose de Dieu» (Gallimard, 2019). Dernier roman paru: «Abraham ou La Cinquième alliance» (Gallimard, coll. «Blanche», 2020, 288 p., 21 €).

        La réponse est en grande partie dans la question. Si on se demande ce qu’on va devenir c’est qu’on se sait malade, condamné, perdu, et de plus, implicitement dit, incapable de nous en sortir par nous-même. Il y a aussi, sous-jacent, comme un appel au secours. On espère, on attend, on gémit pour inspirer la pitié, sachant bien cependant que nos amis et nos ennemis de par le monde ont leur propre vision des choses.

        Il y a toujours beaucoup de réponses dans les questions. Il faut juste les trouver. Ce que, en l’occurrence, la question ne dit pas, c’est le nomde la maladie. C’est essentiel, il paraît qu’on souffre moins quand on sait de quoi on va mourir.

        Les Français sont connus pour ne jamais manquer de mots pour parler. Ils ont donné mille noms au mal qui ronge leur pays, et continuent de croire qu’en les répétant à l’infini comme des mantras ou des sourates ils avanceraient dans la vérité. Multiplier les noms ne fait, à mon avis, rien d’autre qu’ajouter au malheur du monde.

        Que faire de tous ces mots qui font la une des journaux, les titres des livres et les thèmes de toutes les campagnes: déclin, décadence, faillite, éviction, déclassement, colonisation, identitaire, repli, mosquée, remplacement, islam, imam, prison, civilisation, voile, djihad, agression, islamophobie, banlieues, territoires, incompétence, amateurisme, franchouillardise, féminisation, rebeu, LGBT, Gafam, racisme, woke, anti-Blancs, antisémitisme, antisémite, antisioniste, Allah, juifs, haine, chrétiens, musulmans, terrorisme, attentat, blasphème, minorités, victimes, église, sourates, tags, incivilité, égorger, repères, autorité, souveraineté, coran, hadiths, halal, haram, harem, matérialisme, spiritualité, endettement, Europe, Mahomet, Mohamed, messager, inch’Allah, mondialisation, président, pacotille, ministres, rabais, bureaucratie, corruption, émigration, statistiques, démographie, délinquance, experts, télés, presse, subventions, libération, Cassandre, lanceurs d’alerte, rap, indigène, patriote, bobo, islamo-gauchiste, communication, langue de bois, gilets jaunes, dissidence, guerre civile, cheval de Troie, repentance, victimisation, Algérie, Afrique, Allemagne, Bruxelles, Maastricht, Brexit, frexit, Qatar, La Mecque,Chine, Poutine, Erdogan, députés, pantouflard, Daech, génocide, etc.,la liste est longue.

        La profusion ne dit rien de fondamental, elle saoule. La vérité est que la France souffre d’elle-même, elle ne se connaît plus, ne se reconnaît plus, ce qui est bien la pire des maladies. J’ai parfois l’impression qu’elle se prend pour un pays musulman qui se voit menacé dans son existence par des hordes d’infidèles.

        Je m’étonne que personne n’ait prononcé ce mot: muqaddima. Il dit tout pourtant, le mal dont souffre la France, le remède et la façon de l’administrer. Muqaddima est le titre d’un texte dans lequel son auteur - rien moins que l’immense Ibn Khaldoun - explique comment naissent et meurent les empires. Il devrait être le livre de chevet de tout Français qui craint pour l’avenir de ses enfants et de son pays.

        Ce génie, chez qui le lecteur attentif trouvera un peu de Montaigne, un peu de Montesquieu, de Tocqueville et de Machiavel, qui a vécu au XIVe siècle et qui fut conseiller ou ministre de moult rois et roitelets de l’Empire musulman, jusqu’à l’immense et terrible Tamerlan, nous apprend dans sa monumentale œuvre, Le Livre des exemples, que les empires se construisent en désarmant leur population, en brisant les solidarités traditionnelles qui assurent sa cohésion sociale (il inventa un mot pour les désigner: asabiyya), en la livrant aux agissements de services publics poussifs et arrogants afin de la rendre dépendante du centre omnipotent, et la terroriser même pour prélever toujours plus d’impôts. Ce faisant, ils se condamnent car fatalement ils versent dans la dictature et lèvent les tempêtes de colère qui viendront les balayer. Il nous apprend que pour mater les révoltés ils se verront obligés d’enrôler les tribus guerrières des confins ou des mercenaires étrangers, puis de solliciter les États voisins pour mater les tribus et les mercenaires qui, profitant de leur faiblesse, leur disputent le pouvoir (syndrome des janissaires dans l’Empire ottoman et des mamelouks en Égypte). S’ils ne peuvent d’aucune manière s’en débarrasser, ils leur ouvrent une voie pour acquérir une place dans le cercle du pouvoir, avec l’espoir de les voir se civiliser et s’intégrer.

        C’est cela qu’a fait la France. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, elle a appelé la main-d’œuvre maghrébine et africaine pour reconstruire son économie puis, ne pouvant la renvoyer après service rendu, lui a ouvert la voie de l’installation/assimilation/intégration pour faire ses membresdes citoyens scrupuleux. Devant l’échec de la démarche, elle a sous-traité ses pouvoirs de police et de gouvernement aux islamistes afin de rétablir l’ordre dans les territoires perdus de la république gangrenés par la délinquance, le séparatisme et le satanisme [L’auteur fait référence aux pratiques qui ont cours en matière médicale dans les milieux salafistes, NDLR]. Cercle vicieux. Après avoir enrôlé les islamistes pour sauver les banlieues de la grande délinquance, et attribué reconnaissance et titres de noblesse à leurs représentants encravatés, la France et l’Europe en appelèrent aux États d’où sont originaires les envahissants islamistes (Algérie, Maroc, Tunisie, Libye, Turquie, Tchétchénie…) pour garder leurs frontières extérieures et faire que leur religion cesse de se répandre partout dans le monde.

        Les reconstructeurs de l’histoire de France applaudissent, la puissance d’entraînement de l’expansion islamique accélère formidablement l’avènement de la mondialisation bienheureuse et l’« open society » promise

        La France en est là, sonnée, groggy, pieds et poings liés, enrôlée à son insu dans le djihad planétaire. Les reconstructeurs de l’histoire de France applaudissent, la puissance d’entraînement de l’expansion islamique accélère formidablement l’avènement de la mondialisation bienheureuse et l’open society promise.

        Ce qu’Ibn Khaldoun nous apprend, au fond, c’est que c’est toujours le plus intelligent, le plus fort, le plus rapide, le plus cruel, qui l’emporte. Les Français seraient, selon les reconstructeurs, trop bêtes, trop irrémédiablement ramollis pour comprendre qu’il faut d’abord perdre pour ensuite gagner.

        Comment sortir du piège? Le génial Ibn Khaldoun le dit: il faut au plus vite se doter d’une économie productive qui sache créer de la richesse, des savoirs, des compétences, des métiers d’avenir, et qui sache diffuser dans la société l’esprit de conquête. Les chevaliers d’un pays sont ses entrepreneurs, pas ses soldats, pas ses princes et leurs dandys. Dans un pays prospère indépendant et inventif, l’État dispose de toutes les ressources nécessaires, financières, humaines et techniques pour administrer le pays, sans attenter aux libertés, sans avoir à terroriserla population pour prélever toujours plus d’impôts en recourant aux services de cogneurs locaux et étrangers. Les protections se paient cher. La mondialisation n’est pas l’auberge espagnole, il faut payer pour y entrer et profiter de ses mécanismes protecteurs. Le prix en est le démantèlement des forces nationales et la soumission des élites aux maîtres du monde. Au bout, l’État national disparaît et le pays devient étranger pour sa population.

        Islam, immigration, identité: «Il faut trouver quelqu'un qui incarne ces idées» pour 2022, martèle Robert Ménard - Regarder sur Figaro Live

        La déconstruction est fort avancée. La France a déjà beaucoup perdu, son génie, sa culture, sa langue, ses valeurs, ses compétences, ses métiers d’avenir, ses territoires, son armée et son audience internationale. Mais il lui reste un peu de vie, elle peut rebondir.

        Je sens que la publication de ce modeste articulet va déclencher une véritable passion pour Ibn Khaldoun. Ses connaisseurs seront lourdement sollicités. Le retour du maître fera très vite que beaucoup de penseurs, d’experts et autres beaux parleurs vont se rhabiller et disparaître. Personne ne les rappellera.

        Un dernier mot, super essentiel. J’aurais dû commencer par là. Ibn Khaldoun recommande de tout soumettre au jugement de l’histoire. C’est par elle que nous sommes, c’est par elle que nous devenons et c’est en elle que nous serons. Hors d’elle, il n’y a que du vide et des choses éparses sans signification. L’histoire est un champ de forces orienté une fois pour toutes, on ne peut ni modifier, ni retrancher. Les pays d’islam n’aiment guère Ibn Khaldoun, pour eux la religion est la mesure de toute chose, il n’y a rien à discuter.

        Il est des pays qui ont fait du khaldounisme, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, il faut y regarder, il n’y a pas de honte à apprendre des autres: de la Russie de Poutine, du Japon des samouraïs, de la Corée des chaebols, d’Israël des kibboutzim et des start-up, de la Chine des murailles et des routes de la soie, et de cet étonnant Royaume-Uni qui a toujours su retomber sur ses pieds et ravir la vedette.
Boualem Sansal, le 25/05/2021



Jean-Pierre Lledo.

Envoyé par M. JP Lledo

https://www.tribunejuive.info/2021/05/16/jean-pierre-lledo-chassez-le-naturel-il-revient-au-galop/
Chassez le naturel, il revient au galop…

         – 1 – L’incendie

        Les attaques d’Arabes contre les Juifs, parties de Jérusalem, se sont généralisées à toutes les grandes villes d’Israël dites ‘’mixtes’’. Elles ont été le fait de ‘’jeunes’’ (20 à 35 ans), mais des hommes moins jeunes y ont aussi participé, pareillement pour des étudiants. Ces attaques avaient pour but de tuer[1] : presque tous les Juifs agressés ont subi de graves traumatismes crâniens. Aucune discrimination, c’était le Juif en tant que Juif qui était visé. Et pour qu’il n’y ait aucun doute, on lui brûlait sa synagogue. Les slogans, peu créatifs, ont été puisés dans le répertoire de la longue tradition pogromiste arabo-musulmane : “Morts aux Juifs’”, ‘”Tuons les Juifs”, “Egorgeons les Juifs”, “Khaybar, Khaybar, Ô Juifs, l’armée de Mohammed va revenir”. Ce qui a fait remonter une mémoire nauséeuse chez tous les Juifs issus du monde arabe, à commencer par ceux du Yichouv, de Jérusalem, à Hevron, en passant par Sfat, de 1921, à 1929, de l’assassinat à bout portant de 70 médecins et infirmiers juifs dans la partie arabe de Jérusalem, a ces 200 Kibboutznikim de Kfar Etsion, etc… Tout cela sans la moindre condamnation des autorités politiques ou religieuses arabes.

        Pour ce qui est de l’Algérie, c’est avec ces mêmes cris que des hordes tuèrent des Juifs, du 3 au 6 Août 1934 à Constantine, le 8-9-10 Mai 1945 dans la région de Sétif, puis le 20 Août 1955 de Philippeville à Constantine, enfin le 5 Juillet 1962 à Oran avec plus d’une centaine de Juifs assassinés et disparus. Sans parler de tous ces Juifs assassinés, le plus souvent le samedi, durant toutes les années de la guerre d’Algérie. Sans parler de l’attaque et de la profanation de la Grande Synagogue d’Alger le 12 décembre 1960.[2]

        Ici et là, hier et aujourd’hui, les instincts meurtriers s’abreuvent au même imaginaire islamique, et plus précisément à la même scène primitive : le massacre des tribus juives de Yatrib (qui deviendra Médine), auquel le prophète Mohammed mit lui-même la main à la pâte, main prolongée par un couteau[3]… Et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps, à moins que le monde musulman ne soit en mesure de générer la même révolution culturelle qu’entreprit très tardivement, au 20ème siècle, le monde chrétien en renonçant à l’idée que les Juifs étaient le peuple déicide.

        Comment alors ne pas sourire (jaune) d’entendre Netanyaou parler “d’anarchie” et Rivlin d’en appeler aux bons sentiments des uns et des autres, même si on peut leur concéder d’avoir la charge, dans un premier temps, d’éteindre l’incendie. A condition cependant, dans un second, d’en désigner les responsables, d’analyser en profondeur le message que nous envoient les pogromistes et leurs tuteurs, et d’en tirer les conséquences.

        – 2 – Les hordes et leurs tuteurs

        Alors que dans le monde démocratique, l’action est clairement assumée par des partis, mouvements, leaders, dans le monde arabo-musulman, pris entre les deux totalitarismes de l’islam et/où de l’armée, les révoltes apparaissent comme ‘’spontanées’’ tout simplement parce que les dirigeants qui, mutiques, restant dans l’ombre, préfèrent lancer au casse-pipe les “jeunes”, “le peuple”. Il en fut ainsi en Algérie, pour les évènements dits d’Octobre 88, quand plus de 600 jeunes se firent tuer, mais déjà durant la guerre d’Algérie, tous les massacres plus haut cités, l’ont été selon ce mode opératoire, quand les dirigeants planqués, poussaient “le peuple” à l’assaut.

        Le mutisme des partis de “la liste arabe unie” les désignent évidemment comme les responsables. Rappelons que présidée par le communiste Odeh, elle rassemble plusieurs partis où le nationalisme est la feuille de vigne de l’islamisme. Ils ne sont pas les seuls bien sûr. Car le Hamas qui est en train de supplanter le Fatah en Judée-Samarie, après l’avoir bouté hors de Gaza, et fort du soutien turc et chiite (Iran + Hizbollah), a la prétention de ravir le leadership non seulement dans les territoires falestiniens, mais aussi en Israël au sein de la population arabo-musulmane. Tel était probablement l’enjeu politique de ces “émeutes”, couplé avec l’attaque d’Israël par le Hamas : Pogroms + 2500 missiles déjà lancés contre les Juifs, une manière de conquérir le leadership sur le terrain.

        Naturellement, si le Hamas a choisi ce moment, c’est qu’il l’a considéré propice. Sur le plan national, avec les difficultés à former un gouvernement en Israël, puisque la ‘’droite’’ largement majoritaire semble vouloir se faire hara-kiri. Et sur le plan international, avec un Biden qui a l’intention de revenir à la stratégie permissive d’Obama vis-à-vis des Frères musulmans, qui déjà ouvert les robinets vers ‘’l’autorité palestinienne’’ et s’apprête à le faire vers l’Iran. Trump président, jamais le Hamas n’aurait osé déclencher sa double action. Les Juifs de “gauche” ou de “droite” qui de par le monde n’ont cessé de combattre Trump tout en sachant quelles allaient être les conséquences pour Israël, y ont aussi une grande part de responsabilité.

        Ceci n’exonère en rien “l’Autorité palestinienne” de Mahmoud Abbas qui même affaiblie, a encouragé par son silence les hordes, et n’a pas condamné le Hamas. D’une part pour ne pas accentuer sa perte de popularité, et d’autre part pour faire passer la pilule d’élections une nouvelle fois reportée. Sans parler du fait que dans le fond rien ne distingue Abbas du Hamas : même haine des Juifs (qui “souillent” le Haram ech-Chérif), et même refus d’une présence souveraine des Juifs en cet endroit du globe, c’est-à-dire sur “la terre de leurs ancêtres” tel que pourtant le Coran y appelait : “Ô mon peuple, entre dans le pays sacré que Dieu t’a donné et ne retourne pas d’où tu viens, vers les perdants“. (sourate 5:21). “Nous dîmes ensuite aux enfants d’Israël : habitez cette terre et lorsque le terme de la vie future sera arrivé, nous vous réunirons tous ensemble…” Coran (sourate 17-104)

        – 3 – Israël face à son destin

        “2 Etats pour 2 peuples: tel est le mantra de ceux qui se disent animés par un un désir de paix, sincère pour certains, mais aussi pour d’autres aux Etats Unis et en Europe, avec beaucoup d’arrière-pensées qui décryptées donnerait ceci : les Arabes pourraient ainsi finir le travail entamé par Hitler. Depuis le grand Mufti de Jérusalem, beaucoup d’émules ne se sont pas gêné pour le clamer. En effet, cela enfermerait Israël entre trois territoires hostiles : Gaza, Judée-Samarie, et Sud-Liban, avec un Hamas à quelques kilomètres de Jérusalem et de Tel Aviv, qui planifierait aussitôt une attaque d’Israël concertée avec le Hizbollah.

        Cela n’est pas de la science-fiction, et ce qui se passe aujourd’hui alors que le Hamas n’est maître que de Gaza, en donne déjà idée. Plus vite les gens dits “de gauche” le comprendront, mieux cela vaudra pour tous. Mais Israël ne peut attendre leur prise de conscience. Le Hamas doit être mis hors de combat durablement, et pas seulement à Gaza.

        Quant à l’entité falestininienne, elle ne pourra voir le jour que si toutes ses parties sont complètement démilitarisées, et que si Israël est reconnu comme l’Etat du peuple juif par toutes les forces politiques falestiniennes : autant dire aux temps messianiques.

        Mais le refus d’Israël comme Etat du peuple juif n’est pas le fait que des mouvements falestiniens extérieurs à Israël. Ce qui se passe aujourd’hui à l’intérieur d’Israël, montre que ce refus est aussi partagé par ceux qui s’identifient comme des “falestiniens” vivant en Israël : les hordes de “jeunes”, les partis politiques qui les manipulent, mais aussi la grande masse des citoyens arabes qui se disent “neutres” mais qui considèrent que les Juifs ne sont pas légitimes en cet endroit du Moyen Orient. Ces derniers certes seront les derniers à se rallier à un mouvement insurrectionnel, non par amour d’Israël, mais parce que réalistes, ils savent qu’ils auraient plus à perdre qu’à gagner et donc ce que seraient les conséquences : comme en 48 combattre par les armes Israël, expose à en être rejeté. Ils préfèrent donc jouer sur les deux tableaux : le bien-être social et la liberté avec Israël, mais sans le reconnaitre avec des mots, la solidarité au moins du cœur, sinon plus, avec les ennemis d’Israël, même s’ils préféreraient que ces derniers n’arrivent jamais à leurs fins…

        Il y a bien sûr des Arabes et des Bédouins loyaux, sans parler des Druzes. Is ne se disent pas “falestiniens” mais “Arabes ou Druzes israéliens“. Ils se portent volontaires pour le service militaire au nom d’un crédo : “si je veux avoir des droits, je dois accomplir mes devoirs“. Courageux, ils sont très minoritaires, car considérés comme des traîtres, ils sont exclus du corps social arabe, la liberté d’expression n’existant pas dans le corps social falestinien, et donc doivent s’éloigner de leurs familles et villages, pour éviter d’être assassinés. Après l’armée, certains jeunes arabes préfèrent même se convertir au judaïsme, afin de fuir la solitude promise pour l’éternité.

        Le tableau n’est pas très réjouissant, si l’on veut bien garder les yeux ouverts et ne pas se couler dans le syndrome du déni exprimé de divers manières par des ‘’spécialistes’’ expliquant les attaques actuelles de la population arabe contre les Juifs, avec les poncifs habituels : frustrations, malvie, drogue, mafias, tribalisme, etc… Tout sauf ce qui est évident : la haine du Juif que l’on aimerait ramener à son antique condition de dhimmi.

        Le tableau l’est encore moins lorsque l’on constate que les plus grands experts ès dénis sont des Juifs, qu’ils soient Israéliens ou non, mus semble-t-il par une unique impulsion : s’excuser d’être un Juif. Comme s’ils ne s’apercevaient pas que crier plus fort que les autres, en faisaient des sujets de risée sous cape, vu que leur exhibitionnisme ne trompe personne, et surtout pas leurs “amis”.

        – 4 – Israël est aussi responsable…

        Si dans ce qui se passe aujourd’hui en Israël, la responsabilité des Falestiniens, des Européens, des Américains, et de certains Juifs est évidente pour nous, il reste que celle d’Israël est énorme, même si elle a droit, largement, aux circonstances atténuantes…

        Il est difficile de vivre, il est vrai, en pensant que nous vivons entourés d’ennemis qui ne rêvent que d’une chose : nous exterminer et anéantir l’Etat juif. Qui ne se contentent pas de rêver d’ailleurs, mais qui enseignent à leurs enfants que “la Falestine va du Jourdain à la mer“, et même plus, comment tuer un Juif, avec deux couteaux bien aiguisés, du chaque côté du cou[4]. Et qui à la moindre occasion passent à l’acte : couteau, voiture-bélier, kalachnikov ou missiles.

        Et pourtant si Israël a réussi à devenir une puissance intellectuelle, technologique, agricole, et militaire, c’est indéniablement parce qu’aux moments-clés de son existence, elle a su agir comme il le fallait :

        – revenir là d’où les Juifs avaient été chassés, en cette terre où depuis leur écrasement par les Romains, aucun Etat ne s’était jamais constitué ;
        – se doter d’un mouvement de libération démocratique pour arriver à cette fin : le sionisme et son prolongement économico-défensif, le Kibboutz.
        – décider de la recréation de l’Etat d’Israël en 1948, ce qui voulait dire être en mesure d’affronter durablement l’hostilité du monde arabo-musulman, n’ayant pas d’autre alternative que de remporter toutes les guerres qu’on lui ferait.

        Autant de défis grandioses qui ont été relevés. Et pourtant, la victoire d’Israël restera aléatoire et fragile tant qu’elle sera incapable de faire respecter pleinement sa légitimité et sa souveraineté, toutes deux bafouées avec de plus en plus d’insolence par des leaders arabes soutenus par quelques-uns de leurs acolytes juifs :
        – Refus des partis arabes de considérer qu’Israël est l’Etat du peuple juif, décrit comme un Etat d’apartheid !
        – Refus des députés arabes de prêter allégeance aux symboles de l’Etat israélien au sein même de la Knesset.
        – Refus de ces élus de condamner le terrorisme, les missiles du Hamas, etc.
        – Encouragement de toutes les velléités insurrectionnelles.
        – Revendication de remplacer l’Etat du peuple juif par un “Etat de tous ses citoyens“, une manière “pacifique” d’exproprier les Juifs, avant de reconstituer la grande Falestine “de la rivière à la mer“…
        – Commémoration de la “Naqba”, étendards déployés, dans toutes les villes arabes d’Israel, mais aussi au sein même d’universités et de cinémathèques israéliennes, notamment à Tel Aviv.
        – Reprise du narratif falestinien sur l’épopée de 1948 par quantités de journalistes et d’universitaires israéliens, arabes et juifs. Encore aujourd’hui on peut entendre sur la chaîne I24 que la Naqba a été provoquée par la création de l’Etat juif (et non par le soulèvement décidé par le grand mufti nazi de Jérusalem, suivi d’une guerre décidée par 5 pays arabes environnants, vaincus par Israël en état de légitime défense).

        Cette chaine qui diffuse en français, en arabe et en anglais, adopte en grande partie le vocabulaire européen : lorsqu’il s’agit d’un acte de violence commis, on dira “un Arabe” a fait ceci ou cela… Mais s’il s’agit d’un Juif, on dira “un Juif d’extrême-droite“. Un arabe qui tue n’est jamais “d’extrême-droite”.

        – 5 – Israël, face à son plus grand défi…

        Israël est en guerre depuis 100 ans. Et continuera de l’être tant que le monde arabe n’admettra pas formellement la légitimité d’Israël comme Etat du peuple juif. Israël n’a pu relever les nombreux défis évoqués plus haut que parce qu’à tous les moments où le pronostic vital était engagé, elle a su prendre et appliquer avec la plus grande rigueur les décisions qui s’imposaient.

        S’il est vrai que les “réseaux sociaux” facilitent la circulation de l’information, ou plutôt de la fausse information (celle classique de l’attaque d’El Aqsa par les Juifs), et des consignes appelant au meurtre des Juifs, qui pour l’instant restent anonymes, la simultanéité dans toutes les villes dites ‘’mixtes’’ des émeutes actuelles visant les civils juifs au faciès, montre bien qu’il y a un centre qui orchestre. Ce centre devra être identifié, et mis hors d’état de nuire le plus rapidement possible, et pour commencer par être privé de la nationalité israélienne.

        En effet, reconquérir toute sa souveraineté pour Israël signifie clairement qu’elle ne devrait plus tolérer nulle part sur son territoire l’expression ennemie (discours, “commémoration” et drapeaux), cad d’une falestinité politique, que ce soit le fait d’Arabes ou de Juifs. Continuer d’entretenir à ses frais une cinquième colonne relève pour le moins d’un masochisme suicidaire, et le peuple d’Israël a donné mille preuves qu’il n’était ni maso ni suicidaire. Ce luxe existentiel il le laisse à ceux qui se disent “progressistes” ou “de gauche” dont l’influence s’amenuisant chaque année plus, ne perdure que parce qu’ils se sont accaparé les médias, les universités, et la Cour Suprême.

        Les émeutes actuelles sont un test. Si Israël ne réagit pas avec la plus grande vigueur, il faudra s’attendre à d’autres épisodes bien plus graves qui nous feront comprendre qu’elles n’étaient qu’une mise en bouche.

        Mais réagir ne signifie pas dans ce cas, mettre en prison quelques lampistes, ni même quelques personnalités, mais d’abord appliquer vraiment des lois qui existent, notamment à l’endroit des députés arabes qui démonstrativement bafouent la souveraineté israélienne.

        Mais au-delà de la répression, il est plus que temps de se poser des questions plus principielles.

        Si l’on pourrait imaginer que le peuple juif d’Israël puisse cohabiter avec un très fort pourcentage de non-juifs pacifiques, est-il raisonnable de croire cela possible avec une population de près de 20% hostile aux Juifs, de par sa culture islamique, et de par les conflits de l’histoire, et qui n’attend qu’une chose : que la Falestine redevienne entièrement et uniquement arabe ?

        De fait Israël est devenu un Etat binational et la souveraineté juive continuera d’être rognée jusqu’au moment où nos ennemis considèreront qu’ils peuvent rompre le statu-quo. Cette dualité est dangereuse. En attendant les temps messianiques de l’heureuse cohabitation entre musulmans et juifs, il devient urgent de faire en sorte que le droit à la nationalité israélienne ne serve pas à détruire Israël, et se mérite par l’adhésion aux valeurs israéliennes et par son travail pacifique, en un mot par son patriotisme.

        Toute hésitation, tout atermoiement, au nom de bons sentiments, coûteront demain infiniment plus chers qu’aujourd’hui.

        Ce qui vient d’être dit devrait mieux se comprendre aujourd’hui qu’hier, en Israël mais aussi dans le monde européen qui est en train de faire l’expérience de la perte de sa souveraineté, tant sur le plan territorial que symbolique, et même politique, puisque les puissances accueillantes sont désormais attaquées et délégitimées par les accueillis musulmans comme des pays d’apartheid, et de tyrannie blanche !

        Ce qui se passe en France, en Belgique, en Grande Bretagne, et en Allemagne marque l’échec de l’idéologie de “la fin des nations”. Or les nations restent encore le dernier bastion des peuples, et le lieu idéal où ils peuvent se confronter à eux-mêmes et à l’échec, conquérir la liberté d’expression et la démocratie, sans avoir la facilité de se défouler sur le bouc émissaire, l’autre en religion ou en ethnie.

        Partisan d’une Algérie multi-ethnique, il m’a fallu plus d’un demi-siècle pour comprendre qu’elle n’avait pu l’être, parce qu’en Algérie, comme dans l’ensemble du monde arabe, les musulmans ne voulaient pas de cette “mixité” – le rêve musulman étant d’être hégémonique – et que pour arriver à cette fin, on n’avait pas hésité à recourir à la violence contre les civils non-musulmans, sans retenue. Les chrétiens et les juifs d’Algérie, d’Irak, d’Egypte, etc… en savent quelque chose… Si seulement les médias préféraient se préoccuper plutôt des victimes que des bourreaux…

        En conséquence de ce qui s’est passé hier dans le monde arabo-musulman et aujourd’hui en Europe, j’en suis venu à penser que la seule solution pacifique pour Israël est que ceux qui se réclament “falestiniens” doivent partager la fraternité falestinienne soit à Gaza, soit dans le territoires gérés par “l’autorité falestinienne”, soit en Jordanie qui est en fait la vraie Falestine où vivent 95% de falestiniens, et qui pourrait même changer de nom, puisque la “Transjordanie” devenue “Jordanie” n’est qu’une invention anglaise.

        Et pour ceux qui tout en se considérant “falestiniens” souhaiteraient rester en Israël (bien-être social + libertés), ils le pourraient bien sûr, en tant que Falestinien, et à condition de ne remettre en cause d’aucune manière la souveraineté juive…

        Pour arriver à cela, il faut un gouvernement fort soutenu par une grande majorité qu’elle soit “de droite”, du “centre” ou de “gauche” : ces catégories n’ayant plus grand sens pour moi, je préfèrerais parler d’une grande majorité patriotique qu’elles que soient les opinions des uns et des autres.

        Le peuple d’Israël réclame de ses dirigeants qu’ils reviennent aux grandes questions fondamentales, et à la principale : comment sauvegarder la souveraineté juive en Israël, question rendue d’autant plus actuelle, par les hordes tueuses en Israël, que par la montée de l’antisémitisme en Europe et aux USA, face à quoi les pouvoirs se montrent impuissants.

        Plus que jamais les Juifs ont besoin d’un pays à eux (un seul, alors qu’il y a 57 pays musulmans !) où ils peuvent vivre en sécurité et dans la liberté, cette liberté qui leur a permis de faire d’Israël un miracle en seulement 70 ans, alors que les Falestiniens, embourbé dans le totalitarisme, l’intolérance, la corruption, la violence clanique, la violence contre les femmes et toutes les minorités religieuses ou sexuelles, ont lamentablement stagné, devenant le plus grand mendiant de la terre…

        Dirigeants politiques d’Israël, revenez-vite aux questions vitales !
        Ou alors changez de métier !
16 mai 2021
Jean-Pierre Lledo


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1] « Il y a eu certains groupes juifs et des individus juifs qui ont dit ‘’si nécessaire, nous nous protégerons’’. Il y a eu un certain nombre de cas où ils ont fait justice eux-mêmes… mais c’est très différent de ces milliers de personnes qui ont cherché à tuer autant de gens que possible », a déclaré le porte-parole de la police israélienne, Mickey Rosenfeld.
[2] https://www.europe-israel.org/2014/04/lalgerie-et-la-disparition-des-juifs-par-jean-pierre-lledo/
[3] Ce récit est consigné avec force détail, dans un des livres du canon islamique : la Sira, ou biographie du Prophète ?
[4] Visiter en urgence le site ‘’PALWATCH’’ qui a le mérite de nous servir en hébreu et en anglais les propos des Falestiniens tenus en arabe dans l’entre-soi de leurs médias…
Cinéaste, Jean-Pierre Lledo a vécu en Algérie qu’il abandonne en 1993. Il est l’auteur de Le Monde arabe face à ses démons : Nationalisme, Islam, Juifs. Après son alya en 2011, il réalise un film en quatre parties: Israël, le voyage interdit.
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Quelle compilation !!!
Par M. Jérôme SERRI
Envoyé par M. A. Bouhier
Que signifie l'Honneur pour le président de la République ?

         Messieurs,

         J’ai lu avec attention la lettre que vous avez adressée au président de la République, aux membres du gouvernement et aux parlementaires.

         Dénonçant « le délitement qui frappe notre patrie », vous expliquez que celui-ci a pris la forme de trois graves dangers : la haine racialiste qui gangrène la France et dissout sa culture, ses traditions, son histoire ; la soumission qui laisse les islamistes chasser la loi de la République de nombre de nos quartiers ; l’instrumentalisation des forces de l’ordre et de groupuscules cagoulés afin d’étouffer dans la violence le désespoir des gilets jaunes.
         Tenant « ceux qui dirigent notre pays » pour responsables de ce délitement, vous les appelez à « trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers » en « appliquant sans faiblesse les lois qui existent déjà ».

         C’est la défense de votre « honneur », écrivez-vous, qui a motivé votre appel. Si une large majorité de Français entendent encore ce mot que, collégiens, ils découvrirent en lisant le théâtre de Corneille, pensez- vous qu’il fasse encore partie de l’imaginaire de nos responsables politiques, notamment du premier d’entre eux ?

         Que signifie, en effet, l’honneur pour un candidat à la présidence de la République qui prétend qu’il n’y a pas de culture française ?
         Que signifie l’honneur pour un candidat qui, depuis le sol algérien, accuse la France de crimes contre l’humanité ?
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, en Martinique, se laisse enlacer par un jeune homme torse nu tandis qu’un autre, sur la photo, fait un doigt d’honneur qui fera le tour du monde ?
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, la veille du 14 Juillet, humilie publiquement, devant des représentations étrangères et des familles de soldats morts au combat dans l’année, son chef d’état-major des armées en lui rappelant, avec une morgue déplacée, que c’est lui le chef ?
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, le soir de la fête de la Musique, livre la cour de l’Élysée à un groupe de musiciens dont l’un d’eux arbore, sur son T-shirt, le slogan« fils d’immigrés, noir et pédé» ?
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, sur les marches de la Maison de l’Amérique latine, entouré d’un gouvernement riant à chacun de ses mots, déclare aux députés de sa majorité : « Alexandre Benalla, lui non plus, n’a jamais été mon amant » ?
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui accorde sa confiance à un ministre qui, après avoir fait la promotion de l’écriture inclusive, envisage de mettre un genou à terre devant des manifestants vociférant leur haine de la France ?
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, tout sourire, se fait photographier au festival de la BD d’Angoulême avec, dans les mains, un T-shirt montrant un chat à l’œil crevé sous lequel sont imprimées les lettres « LBD » ?
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, en pleine crise des gilets jaunes, laisse son administration inaugurer, à l’intérieur de l’Opéra Garnier, des pneus de tracteur en or réalisés par un plasticien qui sera poursuivi, un an plus tard, pour pédophilie ?
         Que signifie l’honneur pour un chef des armées qui, dans la « guerre » qu’il entend conduire contre le coronavirus, montre aux Français qu’il est effectivement le chef ? Et quel chef !
         Que signifie l’honneur pour un président de la République qui, six mois après la décapitation du professeur d’histoire Samuel Paty devant son collège, et quelques jours avant l’assassinat d’une fonctionnaire de police au commissariat de Rambouillet, déclare en anglais, depuis l’Élysée, sur la chaîne CBS, que « nous devons déconstruire notre propre histoire » ?

         Saluant, Messieurs, votre décision de sortir de dessous le boisseau la question de l’honneur, je vous laisse prendre la mesure, à travers toutes ces interrogations, du difficile « travail sur soi » que vous demandez à nos gouvernants et à nos politiques.

         Ne serait-il pas plus sûr, pour la France, de ne pas les renouveler en 2022 ?
Jérôme SERRI, Le 26 Avril 2021.
– Ancien collaborateur parlementaire, journaliste littéraire.
https://www.bvoltaire.fr/lettre-a-nos-militaires-sur-lhonneur-des-gouvernants-et-des-politiques/


MACRON EST-IL FRANCAIS ?
Envoyé Par J.P. Ferrer
Général Roland Dubois
22 AVRIL 2021
PUBLIÉ PAR MARC LE STAHLER


        Il y a trois jours le président Macron a, une fois de plus, montré qu’il n’aimait pas la France. Dans une interview à la chaine américaine CBS, il a déclaré :
         « We have in a certain way to deconstruct our own history ».
         Même si on ne parle pas anglais, on arrive à comprendre que nous devons déconstruire notre histoire.

         Il a expliqué que la France souffrait de racisme lié à son passé colonial et a justifié ce projet de « déconstruction de notre histoire ». Pour lui, et en cela il est en phase avec la « cancel culture » venue d’Amérique, le cœur des problèmes existentiels français est notre culpabilité supposée vis-à-vis de minorités passées et présentes.

         Rappelons que le chef que les Français se sont imprudemment donné a déjà prouvé dans le passé qu’il était étranger au roman national, que son âme n’était pas française. Du « je ne connais pas de culture française », à « la France est coupable de crimes contre l’humanité, de vraies barbaries », sentence prononcée à l’étranger dans un pays qui se définit lui-même comme notre ennemi éternel, en passant par l’autocritique de son propre pays à la tribune de l’ONU, son parcours est jalonné de déclarations et d’actions qui sont indignes de la France et des Français.

         On pourrait les citer jusqu’à l’écœurement : signature, sans consultation de l’assemblée nationale, du Pacte de Marrakech qui appelle à des migrations « sûres, ordonnées et régulières » ; la poursuite de l’invasion migratoire, très majoritairement musulmane, l’histoire récente revisitée au travers du filtre d’historiens engagés, qu’il a lui-même choisis précisément pour cela, (guerre d’Algérie, massacres du Rwanda), les visites de repentance à des familles de traîtres suppôts du FLN qui était notre ennemi et qui ont donc du sang français sur les mains, la volonté de rebaptiser des rues et places du nom de gens dont l’origine raciale, ethnique ou religieuse tiendra lieu de faire-valoir ; et bientôt peut-être Gisèle Halimi, autre complice des tueurs, au Panthéon.

         De plus en plus de Français en ont assez de LE voir NOUS flageller en permanence, chez nous et à l’extérieur et ne retenir de notre histoire que les pages sombres.

         L’attention est une fois de plus portée sur l’esclavage africain ; esclavage que l’on juge avec nos yeux de maintenant, que l’on condamne chez nous en oubliant les Musulmans qui l’ont pratiqué cinq siècles avant nous, et les peuples d’Afrique sans la complicité desquels il aurait été impossible.

         Ah on est loin de Churchill disant de la Grande-Bretagne : « qu’il ait eu tort ou raison, c’est mon pays » !

         J’ai une suggestion à faire. M. Macron, si un « racisé » vous fait le reproche d’appartenir à une nation qui a pratiqué l’esclavage, vous pouvez lui répondre: que vous n’en êtes vous-même pas personnellement responsable, que lui n’en a pas personnellement souffert ; et demandez-lui s’il ne préfère pas être descendant d’esclave et vivre en Occident que descendant d’ « hommes libres » et vivre en Afrique Noire ; où il peut d’ailleurs librement repartir si cela lui semble plus supportable qu’ici.

         Nous avons un prince immature post-soixante-huitard, qui mène la France au tombeau et dont il faut se débarrasser au plus vite. J’espère que l’an prochain la priorité de la campagne présidentielle sera l’identité, la sécurité et donc l’immigration. Tout le reste est secondaire.

         Toute ma vie active j’ai servi mon pays. Sur nos drapeaux sont inscrits les mots « Honneur et Patrie ». L’Honneur » a déjà pris quelques coups de canif lorsque notre pays, en la personne du général de Gaulle, a abandonné aux tueurs ceux qui s’étaient battus avec nous. Quant au mot « Patrie », M. Macron ne sait pas ce que c’est.

         Français, dormez en paix ! Comme vous le constatez chaque nuit dans tant de nos villes jadis tranquilles, votre président se bat pour vous assurer « le droit à une vie paisible » (le Figaro 18/4/2021).

         Aujourd’hui, 185ème jour depuis le martyr de notre compatriote Samuel Paty, plus de 220.000 migrants sont arrivés en France…
Général (2S) Roland Dubois
VPF Ile de France
22 avril 2021

LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS

Par J.C. Stella et J.P. Bartolini


                            Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.
             Jean Claude a effectué toutes les recherches et il continu. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous et je viens de faire des mises à jour et d'ajouter Oued-Zenati, des pages qui seront complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir.
             Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.

             De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.
             Ce travail fait pour Bône, Aïn-Mokra, Bugeaud, Clauzel, Duvivier, Duzerville, Guelaat-Bou-Sba, Guelma, Helliopolis, Herbillon, Kellermann, Millesimo, Mondovi, Morris, Nechmeya, Oued-Zenati, Penthièvre, Petit et Randon, va être fait pour d'autres communes de la région de Bône.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et ceux des villages alentours :

 LA VILLE DE BÔNE A SUBI UNE MISE A JOUR TRES IMPORTANTE
AU MOIS D'AOUT 2020   

CLIQUER sur ces adresses : Pour Bône:
http://www.livredor-bonois.net

             Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
                         J.C. Stella et J.P.Bartolini.
 


NOUVELLES de LÁ-BAS
Envois divers


Plage Oued-Borat

Envoyé par Raoul
http://www.lestrepublicain.com/index.php/annaba/item/9028550-destination-preferee-des-vacanciers


Par El Watan - l Par B. Salah-Eddine 16 Juin 2021

Destination préférée des vacanciers

         Première destination des habitants et aussi des touristes, le littoral de la wilaya d’Annaba, est pris d’assaut depuis le début des journées caniculaires que connait la région de l’extrême Nord-est du pays. Les Annabis ont déjà mis le cap sur le littoral, a-t-on constaté sur les lieux. À quelques jours de l’ouverture de la saison estivale, les différentes plages de la Coquette, attirent, depuis le week-end dernier des centaines d’estivants. En effet, depuis les rochers d’El-Katara, légendaires pour leur source d’eau pure et inépuisable et qui, selon la légende, possède des vertus de guérison, à Ras-El-Hamra, un site balnéaire par excellence, en passant par les plages au sable doré (Ain-Achir, belvédère, Saint-Cloud, la Caroube, Chapuis et Toche, une ambiance peu ordinaire caractérise cette partie la ville. Cependant, la plage Djenane El-Bey de Seraïdi, appelée communément la grande plage, ou encore Oued-Bokrat, située dans la zone forestière prolongeant le mont de l’Edough, de surcroît loin des regards des autorités, demeure le nouveau temple des vacanciers. Réputée pour son sable fin et doré, cette plage connaît une grande affluence. Encouragées par la sécurisation des lieux, les familles reviennent chaque jour. A noter que, le wali d ‘Annaba a accordé un intérêt particulier à cette partie du littoral annabi, longue de 80 km et une course contre la montre avait été engagée par les pouvoirs publics afin que toutes les plages, au nombre de 23 qui seront autorisées à la baignade, soient fin prêtes pour l’été.
B. Salah-Eddine           


Libye - Algérie

Envoyé par Juliette
https://www.tsa-algerie.com/haftar-declare-comme-zone-militaire-un-poste-frontalier-avec-lalgerie/

Par TSA-Algérie - Par: Ryad Hamadi —19 Juin 2021

Haftar déclare comme zone militaire un poste frontalier avec l’Algérie

           Alors que l’Algérie tente d’avancer ses pions en Libye où le nouveau gouvernement de transition prépare les élections prévues en décembre, le général Khalifa Haftar s’est distingué par un geste belliqueux entre son voisin de l’ouest.

           Selon le média Al-Jazzera, les troupes de l’homme fort de l’est libyen se sont emparées d’un poste frontalier avec l’Algérie et l’ont déclaré comme zone militaire où tout déplacement est interdit.

           Des camions militaires, des blindés et des pickups dotés de défense aérienne ont été déployés dans cette zone. Les forces de Haftar ont expliqué que ce déploiement faisait partie de leurs opérations d’extension stratégique dans le sud-ouest de la Libye, selon le même média.
           Vendredi, les forces du général Haftar ont annoncé le début d’une opération militaire contre des « terroristes takfiristes » dans le sud de la Libye, en indiquant que des unités étaient en route pour libérer le sud libyen, toujours selon la même source.
           Le Conseil présidentiel libyen exprime son opposition
           En réaction, le Conseil présidentiel libyen, en sa qualité de commandant suprême de l’armée, a annoncé ce samedi 19 juin « l’interdiction de tout mouvement militaire dans le pays sans son approbation ».
           « Il est absolument interdit de repositionner des unités militaires, quelle que soit la nature de leur mission, ou d’opérer tout mouvement de convois militaires à quelque fin que ce soit, ou pour transférer du personnel, des armes ou des munitions », a déclaré le commandant suprême de l’armée libyenne dans un communiqué, toujours selon Al-Jazeera.

           La décision du général Haftar d’envoyer ses troupes près de la frontière algérienne survient alors que l’Algérie tente de se repositionner en Libye. Une délégation de Sonelgaz conduite par le PDG du groupe, Chaher Boulakhras, s’est rendue jeudi à Tripoli dans le cadre d’une visite de travail pour examiner les moyens d’approvisionner la Libye en énergie électrique durant l’été 2021.
           Dans un entretien accordé au magazine Le Point publié mardi 7 juin, le président Abdelmadjid Tebboune a rappelé que l’Algérie a refusé que Tripoli « tombe aux mains des mercenaires« , allusion aux forces du maréchal Haftar. Il a ajouté que l’Algérie « était prête à intervenir d’une façon ou d’une autre pour empêcher sa chute« .
           « Quand nous avons dit que Tripoli était une ligne rouge, nous l’avons fait sciemment et les concernés ont saisi le message« , a-t-il affirmé, rappelant la position de l’Algérie qui a appelé, à la Conférence de Berlin, à la tenue d’élections générales en Libye sous l’égide des Nations Unies.
Ryad Hamadi                     


           NDLR :


Hirak

Envoyé par Julien
https://www.tsa-algerie.com/hirak-des-manifestations-a-bejaia-tizi-ouzou-et-bouira/

Par TSA-Algérie - Par: Rédaction —18 Juin 2021

des manifestations à Bejaia, Tizi Ouzou et Bouira

          Deux manifestations populaires se sont déroulées ce vendredi à Béjaïa et Tizi Ouzou. A Bouira, une marche a eu lieu à Haizer et El Asnam pour réclamer la libération des détenus du Hirak dont le nombre dépasse les 200, selon le décompte du Comité national pour la libération des détenus.

           A Bejaia et Tizi Ouzou, les manifestants ont brandi les drapeaux nationaux et l’emblème berbère. Ils ont scandé les slogans habituels du Hirak, dénoncé les élections législatives du 12 juin, et réclamé l’instauration d’un Etat de droit.

           Des manifestations à El Asnam et Haizer

           Ils ont réitéré leur soutien aux détenus d’opinion qui croupissent dans les prisons algériennes, et réitéré leur détermination à poursuivre les manifestations pacifiques.

           A Bouira, dans le centre-ville, la marche du vendredi a été interdite par les forces de l’ordre pour le 5e vendredi consécutif, mais des manifestations ont eu lieu à Haizer et El Asnam où les manifestants ont réclamé la libération des détenus du Hirak, selon le quotidien El Watan.

           A Alger, et depuis l’annonce dimanche 9 mai du ministère de l’Intérieur d’exiger une autorisation pour les marches, les manifestations hebdomadaires du Hirak ont été empêchées par les forces de sécurité.

           Dans un entretien à RFI publié mardi 15 juin, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement Ammar Belhimer a indiqué que depuis la décision du Haut conseil de sécurité (HCS) de classer Rachad et le MAK comme organisations terroristes, « il n’y a plus de manifestations et le néo-Hirak est condamné à disparaître à ce titre. »

           Pour lui, le Hirak a « terminé sa mission avec les élections présidentielles » du 12 décembre 2019. « Ce qui se produit après les élections présidentielles, c’est ce que j’appelle le « néo-Hirak », une excroissance du Hirak initial qui est complètement investi par les mouvements terroristes. Soyons clairs, Rachad, d’une part, et avec l’association des mouvements séparatistes qui est le MAK », a-t-il expliqué.
RédactionRédaction                   



ALGER ET LES MOUSTIQUES !

Envoyé par Thierry
https://www.tsa-algerie.com/linquietante-proliferation-des-moustiques-a-alger/


 TSA-Algérie - Par Kenza Adil —13 Juin 2021

L’inquiétante prolifération des moustiques à Alger

           L’été s’installe en Algérie et annonce déjà la couleur : températures torrides, rationnement d’eau potable et prolifération à grande échelle d’une armada de moustiques, marqueur indélébile de la détérioration de la qualité de vie des citoyens.

           À Alger, aucun quartier n’est épargné par ces « frappes » aériennes « chirurgicales » menées par ces indésirables. Dans le contexte sanitaire actuel, cette prolifération inquiète les Algériens.

           Ces derniers sont de plus en plus sujets à des piqûres, des démangeaisons et des irritations cutanées qui les conduisent parfois même jusqu’à l’hôpital.
           Eaux stagnantes à proximité des habitations, amoncellement d’ordures ménagères, insalubrité des caves dans les cités, autant de facteurs qui favorisent la prolifération de ces insectes volants.
           D’autres relèvent l’absence des agents des services d’hygiène des communes qui n’assurent plus les opérations de démoustication. Quant aux entreprises professionnelles de lutte contre ces nuisibles, elles confirment la prolifération de ces détestables moustiques qui nous empoisonnent la vie.

           À l’attaque !
           Les envahisseurs sont de retour. Ni le pot de basilic placé au bord de la fenêtre, ni les pastilles anti-moustiques n’arrivent à les mettre KO. Ces nuisibles semblent narguer la population avec aplomb.
           Dès que la nuit tombe, ils passent à l’attaque, organisant des raids en bonne et due forme. Malika habite Place du 1er Mai dans le centre d’Alger.
           Elle raconte : « En ce début de l’été, les moustiques multiplient leurs assauts. Nous sommes envahis par ces insectes. Pas deux ou trois, dont on peut se débarrasser avec un répulsif, mais des armées entières qui bourdonnent à vos oreilles toute la nuit et vous sucent votre sang ».

           Récemment, son petit garçon s’est réveillé le matin avec des plaques, des boutons et des rougeurs sur la peau. « Par endroit, sa peau était carrément enflée. J’ai dû l’emmener à l’hôpital où le médecin lui a prescrit des antibiotiques. Le docteur a dit qu’il s’agissait de moustiques tigres, plus virulents encore que leurs congénères. Il m’a expliqué que chaque femelle moustique de cette espèce pond environ 200 œufs. Moi je veux juste poser une question : l’été dernier, les services communaux passaient régulièrement pour des virées de démoustication. Cela fait plus d’une année qu’on ne les a pas vus. Il serait temps de revenir sur le terrain pour nous débarrasser de ces envahisseurs ».

           Caves insalubres
           Même constat de cet habitant de Bir Mourad Raïs : « Si on veut voler quelques heures de sommeil, il faut dormir fenêtres fermées afin de faire barrage à ces bestioles. Mais avec la chaleur, on étouffe. Il n’y a aucune opération de désinsectisation. Dans de nombreuses cités, les caves sont insalubres. Elles grouillent d’insectes rampants, volants, sans parler de la prolifération des rats. Cela pose un véritable problème de santé publique. Les services d’hygiène communaux doivent impérativement se redéployer sur le terrain. Au plus fort de la crise sanitaire au printemps 2020, ils multipliaient les opérations de désinsectisation. Plus maintenant ».

           Entreprise de démoustication
           Top Hygiène est une société privée spécialisée dans la désinfection, la désinsectisation et la dératisation. Les techniciens de cet établissement interviennent essentiellement dans les hôtels, les entreprises et certains hôpitaux publics avec lesquels ils ont signé un contrat, comme nous le dit Zohir Belaoui, l’un des gérants de cette entreprise familiale, située à Chéraga dans l’Ouest d’Alger.
           « Cela fait 21 ans que nous proposons nos prestations dans ce domaine. Nos équipes interviennent quotidiennement, du 1 er juin au 30 septembre de chaque année, au niveau de certains hôtels internationaux, à Alger et dans d’autres grandes villes du pays. Ces établissements sont soucieux du bien-être de leurs clientèles et entendent leur éviter les désagréments de ces envahisseurs nocturnes. Ce sont des opérations de fumigations ou de démoustication que nos équipes effectuent très tôt le matin ou après le coucher du soleil ».

           Pourquoi tant de nuisibles ?
           Interrogé sur la prolifération des moustiques en ce début d’été, Zohir Belaoui, confirme cette tendance : « En effet, la capitale pullule de ces insectes. En cause : les nombreuses fuites d’eau, les eaux stagnantes dans les caves des cités, les poubelles non ramassées à temps par les services de la voirie et les coupures d’eau récurrentes qui induisent une baisse d’hygiène chez les citoyens. Tous ces facteurs entraînent la prolifération de ces nuisibles. Nous avons aussi observé l’absence des opérations de démoustication par les communes. J’habite Hydra, et j’ai pu observer que ces tournées ont complètement disparu dans tous les quartiers limitrophes, tels que Paradou, Said Hamdine, Sidi Yahia, la Concorde, Birmandreis… »
           Le moustique tigre, reconnaissable à sa silhouette noire et à ses rayures blanches sur l’abdomen et les pattes, est présent en force dans nos villes. Non content de nous infliger son bourdonnement agaçant, il passe à l’attaque dès que nous éteignons notre lampe de chevet.
           Si les répulsives et autres pastilles anti-moustiques n’ont pas eu raison de ces envahisseurs volants, essayez les plantes. Il paraît que l’odeur du basilic, de la menthe poivrée, du géranium et de la citronnelle, les incommodent au plus haut point et leur font prendre leurs ailes à leurs cous ! Mais aucune recette n’est efficace à 100 %. Les services d’hygiène doivent reprendre rapidement les opérations de démoustication et de dératisation
Kenza Adil                      


Qui ose parler du mirage de l’arabisation ?

Envoyé par Monique
https://www.algeriepatriotique.com/2021/06/21/qui-ose-encore-parler-du-mirage-de-larabisation/


  - Par Algérie patriotique - par Rédaction - juin 21, 2021

Langue arabe

           Contribution de Yazid Sadat(*) – Les gouvernants ont cru que la langue arabe était capable de moderniser le pays et de le développer. A ce jour, ils ne se rendent pas encore compte du fait que cette Algérie est incapable de réussir son arabisation, d’abord faute de moyens et d’environnement approprié. Le personnel demeure toujours insuffisant en nombre mais surtout en qualité.
           Il a été fait appel aux vrais pays arabes mais eux-mêmes souffrent d’un manque de qualification. Les livres et revues en langue arabe sont palliatifs, on réalise des traductions mais cela est très onéreux.

           Notre Algérie avait la chance de posséder une élite francophone ; de très nombreux algériens ont vécu et travaillé en France ; la langue française est la plus répandue dans le pays et bien dans de nombreux domaines d’activités : santé publique, industrie, commerce, finances, banque… à tel point que, même sur les documents d’Etat, le nom et le prénom doivent figurer aussi en caractères latins.

           Autre handicap, la langue d’enseignement est en arabe littéraire, une langue tout à fait étrangère aux Algériens : dans la rue, les familles, elle n’est nullement utilisée, ce n’est guère une langue de communication courante, même entre arabophones. En outre, la langue arabe ne permet pas de former des esprits précis, aptes à raisonner avec rigueur ainsi que l’exigent les disciplines scientifiques.

           L’Algérie s’est enfermée dans une situation paradoxale : toutes les activités économiques financières, sociales utilisent la langue française. Par conséquent, de nombreux diplômés en langue arabe ne trouvent pas d’emploi. Ce qui a été dépensé pour les arabiser est un énorme gaspillage. Les bacheliers qui poursuivent leurs études en langue française ont toutes les difficultés à suivre. Ils éprouvent aussi un légitime sentiment de frustration.
           L’arabisation de l’enseignement s’est traduite par une baisse générale du niveau des travailleurs, quel que soit leur secteur d’activité, car ils n’ont été formés dans aucune des deux langues. Ne parlons pas des Kabyles qui rejettent d’autant plus la langue arabe que les gouvernants ont projeté d’éliminer cette belle langue maternelle.

           Les insuffisances découlant de l’arabisation expliquent en grande partie ce désir intense des diplômés d’aller particulièrement poursuivre leurs études en France, mais c’est pour ne plus revenir en Algérie.

           La langue arabe n’y est parvenue dans aucun pays. Les élites des pays arabes sont formées en langue anglaise au niveau supérieur. En Afrique du Nord, elles le sont en langue française et pour y prétendre, la qualité de rejeton d’untel ou d’untel est bien requise.

           Tout le monde reconnaît que l’école algérienne est sinistrée, tout le monde ne peut ignorer que des milliers de diplômés ne trouvent pas d’emploi mais personne n’ose reconnaître publiquement que cela est dû à l’arabisation. Les familles riches se permettent naturellement de scolariser leurs enfants en Europe. Dans certaines villes d’Algérie, des écoles privées payantes fonctionnent en langue française. La solution de fond consiste à renoncer d’urgence à l’arabisation.

           Il faut nécessairement garder à l’esprit la relation dialectique qui existe entre le niveau de développement d’un pays et la qualité de son enseignement. Si cette qualité est bonne, le pays est en mesure de se développer, il est évident qu’il ne le peut pas dans le cas contraire.

           Combien de familles algériennes ont-elles quitté le pays dans le seul but de scolariser leurs enfants dans des pays francophones ?

           Le problème est bien urgent. A condition de commencer dès à présent, une trentaine d’années seront nécessaires pour hisser notre Algérie au niveau des pays développés.

           (*) Initiateur du mouvement Nous Immigrés de France
Y. S.                     

MESSAGES
S.V.P., Lorsqu'une réponse aux messages ci-dessous peut, être susceptible de profiter à la Communauté, n'hésitez pas à informer le site. Merci d'avance, J.P. Bartolini

Notre Ami Jean Louis Ventura créateur d'un autre site de Bône a créé une rubrique d'ANNONCES et d'AVIS de RECHERCHE qui est liée avec les numéros de la Seybouse.
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M.

         Mon adresse est, (cliquez sur) :

De M. Pierre Jarrige

Chers Amis
Voici les derniers Diaporamas sur les Aéronefs d'Algérie. A vous de les faire connaître.
    PDF 147                                                  N° 148
    PDF 148                                                  N° 149
    N° 150                                                N° 151
    PDF 149                                           N° 152
    PDF 150 Pierre Jarrige - Site Web:http://www.aviation-algerie.com/
Mon adresse : jarrige31@orange.fr


Conte soufi
Envoyé par Fabien
La cithare du bonheur

     Un homme était à la recherche du bonheur. On lui dit qu’un vénérable maître soufi pouvait l’aider dans sa quête. Il alla le visiter. Il fut accueilli aimablement. Après avoir servi le thé, le maître soufi lui révéla l’itinéraire tant attendu :
     – C’est loin d’ici, mais tu ne peux te tromper, au cœur du village que je t’ai décrit, tu trouveras trois petits commerces. Là, te sera révélé le secret du bonheur.
     La route fut longue. Le chercheur du bonheur passa maints cols et rivières, jusqu’à ce qu’il arrive enfin au village en question. Hélas ! Dans chacun des trois commerces, il ne trouva comme marchandises que des rouleaux de fil de fer dans l’une, des morceaux de bois dans l’autre et de petites pièces de métal dans le troisième. Fatigué et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.
     La nuit venue, la lune remplissait la clairière d’une douce lumière. Tout à coup se fit entendre une mélodie sublime. De quel instrument provenait-elle donc ? Il se leva et marcha en direction de la musique. Lorsque, stupéfait, il découvrit que l’instrument si mélodieux était une cithare faite de morceaux de bois, de petites pièces de métal et de fils d’acier, c’est-à-dire exactement ce qu’il venait de voir en vente dans les trois bazars du village.

     À cet instant, il connut l’éveil :
     Il comprit que le bonheur est fait de la synthèse de tout ce qui nous est déjà donné. Et notre tâche consiste à assembler tous ces éléments harmonieusement.



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Notre liberté de penser, de diffuser et d’informer est grandement menacée, et c’est pourquoi je suis obligé de suivre l’exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d’information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d’expression, tel qu’il est reconnu par la Résolution 59 de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d’expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».
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