N° 203
Mars

http://piednoir.fr
    carte de M. Bartolini J.P.
     Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Mars 2020
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
http://www.seybouse.info/
Création de M. Bonemaint
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
Écusson de Bône généreusement offert au site de Bône par M. Bonemaint
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EDITO
  Bientôt le printemps !    

         Nous venons de passer le Mardi Gras, les Cendres et nous sommes entrés dans le carême qui durera 46 jours (40 jours + 6 jours remplaçant des dimanches). Dans le carême 2020, se trouvent le début du printemps, les élections municipales et pour nous Pieds-Noirs le souvenir du 26 mars 1962 à Alger avec sa tuerie ordonnée par le mentor de la " double France ", De Gaulle.

         L'année dernière, on pensait qu'on aurait un printemps révolutionnaire avec les Gilets Jaunes, cela s'est éteint. Cette année, on pourrait penser qu'on aurait un printemps contestataire pour les retraites, cela s'éteindra aussi. Pourquoi, parce que les Français s'enflamment avec une allumette mais les vents de veaux, comme le mentor aimait à les appeler, souffleront les braises encore tièdes. Et le Micron du " haut de sa stature " peut citer Mulan : " Le vent peut hurler tant qu'il voudra, jamais la montagne ne ploiera devant lui. "
         Hélas, les épidémies des désinformations organisées sont omniprésentes et sont devenues le pire risque épidermique du 21ème siècle.
         On a eu, par les médias et réseaux sociaux, les informations/désinformations sur les vaccins, sur les ondes, sur les centrales nucléaires, les OGM, les gilets jaunes, les retraites, les élections, etc…
         Tout cela est alimenté et amplifié par la croyance, la crédulité, la bêtise et la méchanceté des humains.

         Heureusement que les journées printanières seront là pour calmer le nouveau coronavirus que le Président Chirac aurait enrayé avec sa " Corona ".
         En attendant, le 26 mars, ayons une pensée fraternelle pour nos Victimes d'Alger.
Jean Pierre Bartolini          
        Diobône,         A tchao.


Un nord-africain exceptionnel
Publié par Abbé Alain Arbez le 27 février 2020
Envoyé par Mme E. Saurel


         Conquérants, les Arabes appelaient l'Afrique du Nord " Djezirat-el-Maghreb ", " l'Île de l'Occident ". On n'imagine mal aujourd'hui à quel point cette région a été christianisée dès les premiers siècles.
         Carthage était devenue la capitale rayonnante d'un espace de chrétienté prospère. Au 3ème siècle un concile parvenait à réunir une centaine d'évêques. Trois noms célèbres rendent témoignage de cette gloire du passé : Tertullien, Cyprien et Augustin.

         Tertullien est né en 155, mort en 225. Son nom est Quintus Septimus Florens Tertullianus. Il naît dans une famille romaine et païenne, avec un père militaire qui lui donne une formation intellectuelle de pointe, en particulier dans le droit.
         Sa jeunesse est agitée, il fréquente des lieux de plaisir mais se pose des questions sur le sens de son existence. Son niveau d'éducation et sa curiosité intellectuelle font contrepoids à ses passions. Parfaitement bilingue, il écrit le grec et le latin, et il rencontre des chrétiens dont la sérénité au milieu des épreuves lui donne à réfléchir. Il prend connaissance des saintes Ecritures, et se sent appelé au baptême. La morale de l'évangile et le mystère de la foi chrétienne l'attirent vers une vie nouvelle.
         Il entre dans la jeune Eglise, très bien organisée autour de sa hiérarchie, solidement implantée et dispensatrice d'une culture attractive. Face aux persécutions de chrétiens, le juriste qu'il est s'adresse courageusement aux autorités. Provocateur, il écrit l'Apologeticum, qui est une sorte de " j'accuse " dénonçant la brutalité de l'Empire. " Allez, bons gouverneurs, encore plus estimés des foules lorsque vous leur immolez des chrétiens, allez-y, tourmentez-nous, torturez-nous, condamnez-nous, écrasez-nous ! votre iniquité est la preuve de votre inconscience. Le sang des chrétiens est une semence ! "

         Tertullien a forgé tout un vocabulaire pour exprimer les vérités libératrices de la foi. Polémiste déterminé, il utilise toutes les ressources de la rhétorique. A une période de croissance de l'Eglise, les assauts sectaires ont lieu de toutes parts. C'est ainsi que Tertullien se lance dans la bagarre et s'attaque à des courants hérétiques, en particulier celui de Marcion qui prétend scinder la Bible en deux, en rejetant les Ecritures du Premier Testament dans un antijudaïsme primaire.
         Sa dialectique confine parfois à l'outrance, mais son style passionné a pour objectif de défendre la justice et la tolérance, la noblesse de la foi judéo-chrétienne. Il démonte minutieusement les prétentions infondées des hérésiarques. Comme prêtre, Tertullien est chargé de la préparation au baptême des nombreux catéchumènes issus comme lui du paganisme. Il est particulièrement sensible aux séductions du mode de vie païen et idolâtre. Il en devient porteur d'une austérité stricte : il interdit les spectacles, le cirque, le théâtre et le stade. Son rigorisme le pousse vers le courant montaniste, ce qui l'amène à condamner toute carrière militaire qu'il juge incompatible avec la vie chrétienne. Il recommande aux jeunes filles de porter un voile dans les assemblées liturgiques et de se vêtir avec modestie.
         Il semble prescrire à tous, le chemin du Royaume par la porte étroite. Conscient de son caractère exigeant, il écrit : " malheureux, je suis toujours dominé par la fièvre de l'impatience ". C'est avec ferveur qu'il rend hommage à deux femmes martyres de Carthage, Félicité et Perpétue.

         On sait que Tertullien eut une vieillesse solitaire. Mais il faut relever le fait qu'il eut une influence décisive sur Augustin, évêque d'Hippone, qui exprima son admiration envers ce maître spirituel qui l'avait pour une part inspiré.
         Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Abbé Alain René Arbez, prêtre catholique, commission judéo-catholique de la conférence des évêques suisses et de la fédération suisse des communautés israélites, pour Dreuz.info.
         https://www.dreuz.info/2020/02/27/un-nord-africain-exceptionnel/

Abbé Alain René Arbez




Hommage aux Marins de Kébir
ECHO D'ORANIE - N°287

I
Etant au bord du précipice
Et sur le point de succomber,
La France demande l'Armistice
Qui en peu de temps fut signée.
Le parlement anglais ne fut pas satisfait.
Un beau jour, écumant de rage,
Churchill, ce vieux politicien,
Fait subir un dernier outrage
A notre France, à nos marins.

II
Le trente juin quittant l'Angleterre,
Après avoir prémédité
L'assassinat qu'ils allaient faire
Sur nos plus belles unités,
Dans un ordre parfait
Les vaisseaux anglais
Contournent le golfe de Gascogne
Pour venir en Méditerranée
Bombarder sans trêve ni vergogne
Notre flotte dans un port ancrée.

III
Nos plus belles unités réunies
Préparaient le désarmement
Dans un port des côtes d'Algérie
Mers-E1-Kébir, tout près d'Oran
Quand le trois juillet
Messieurs les Anglais
Leur ordonnèrent de se rendre
Ou bien vite se saborder.
Vers dix-huit heures sans plus attendre
Ils se mirent à canonner

IV
Nos braves marins héroïques
Victimes de cette lâche agressi
on En vrai fils de la République
Ripostèrent sans hésitation
Hélas nombre d'entre eux
Furent tués ou furent naufragés
Engloutis avec leur bateau
Tandis que 1'agresseur sauvage
S'éloignait derrière un rideau.

V
Par une manœuvre pleine d'audace
Bravant les mines et les dangers
Le Strasbourg, franchissant la passe
Réussit à se dégager,
Tout en canonnant l'ennemi qui fuyait.
Le commandant et l'équipage
Méritent notre admiration
D'avoir par leur cran, leur courage,
Sauvé l'honneur du pavillon.

VI
Pour terminer rendons hommage
A ceux qui furent assassinés
Aux commandants, aux équipages,
Qui firent leur devoir de Français,
Préférant la mort
A un autre sort.
Vive les gars de la flotte Française !
Ils sont dignes de la Nation.
Pour ceux de la marine Anglaise :
Crions tous, notre indignation !

Sur l'air de la Paimpolaise


LE MUTILE N° 67, 1918

PEUT-ON LE DIRE ?

        Peut-on dire que le séjour prolongé à Marseille des permissionnaires pour l'Algérie est un véritable calvaire ?

       Peut-on dire qu'après avoir été dépouillés par des commerçants sans scrupules nos malheureux poilus sont parqués au camp Mirabeau à plusieurs kilomètres de là ville, dans des baraques en planches et qu'ils couchent sur la terre sans paille de couchage et sans couverture ?

       Peut-on dire qu'on les oblige à faire de forte dépenses dans les hôtels où on les écorche tout vifs, quand ils possèdent de l'argent et que dans le cas contraire ils sont obligés de coucher à la belle étoile par tous les temps ?

       Peut-on dire que nos grand, soldats méritent un meilleur traitement et s'étonnent avec juste raison que déjà on oublie les immenses services qu'ils ont rendus à la patrie ?

       Peut-on dire que certains poilus qui avaient eu à connaître des sévérités de la justice pour des pécadilles de jeunesse avant la guerre se sont conduits en véritables héros au feu et se sont ainsi réhabilités ?

       Peut-on dire que c'est à tort qu'on les tracasse dans certains cas alors qu'il y a lieu de passer l'éponge ?

              


LA RÉGION DE GUELMA
ACEP-Ensemble N° 256 - Février 2007
PENTHIEVRE (VERS 1900)
par M. PATAT (Instituteur en 1900)

       Ce village, le deuxième après Duzerville, que l'on rencontre sur la route départementale de Bône à Guelma, se trouve à 33 kilomètres de la première de ces villes. Il s'étend en longueur sur les deux côtés de la route et forme à peu près un trapèze, dont les quatre angles sont encore marqués par de petits bastions de défense, presque en ruines, mais qui, néanmoins, suffisent à déceler l'origine militaire de ce bourg destiné tout d'abord à servir de centre de ravitaillement aux troupes d'occupation.


       C'est vers 1852, en effet, que l'autorité militaire procéda à l'installation du village. On lui donna le nom d'un des petits-fils de Louis-Philippe, le duc de Penthièvre (Louis de Bourbon) pour rappeler aux générations la part prise, aux premiers rangs, par la famille royale, à la conquête de l'Algérie.

       Enfoncé qu'il est dans une sorte de large gorge, où viennent se réunir les oueds Dardara, à l'ouest, et Moya-Berda à l'est, on aperçoit à peine le clocher carré de l'église, coiffé drôlement d'un nid de cigognes, que l'on est bientôt rendu dans le village. C'est assez indiquer les bornes étroites de l'horizon de montagnes et de collines qui l'entourent de toutes parts et le dissimulent presque entièrement aux yeux. Son altitude atteint cependant 90 mètres.
       Les rives de l'oued Moya-Berda, en contrebas du village et tout au plus à 500 mètres des dernières maisons, jettent avec leurs fouillis de verdure, d'où s'élancent de magnifiques frênes atteignant près de 10 mètres de hauteur, une note fraîche et pittoresque du plus agréable effet.

       De même les beaux frênes et ormeaux qui bordent la route départementale à travers le village, les jardins qui accompagnent les principales habitations, la vigne grimpante, qui fait à la plupart des maisons une verte parure originale et gracieuse, flattent l'œil et communiquent à toute la localité une joyeuse physionomie rustique, non dénuée de fraîcheur et d'élégance. Ces maisons semblent s'être ornées le front de pampres vermeils, les autres de verts rameaux pour, par ce brin de toilette non sans charme, captiver l'attention du voyageur comme de coquettes filles des champs savent, avec quelques bleuets et coquelicots dans les cheveux, plaire à tous les yeux.




       Au centre même du village, l'église avec son perron de plusieurs marches, a un certain air de grandeur que ne dément pas du reste, vis-à-vis, la place avec l'ombrage touffu de ses frênes sous lesquels, aux jours de fête, retentissent les éclats de bruyante gaieté des colons en liesse. Plus bas sont le lavoir et l'abreuvoir, tandis qu'à quelques pas seulement le ruisseau de l'oued Moya-Berda bruit doucement sous le frais berceau de verdure de ses rives. Ce petit cours d'eau, qui serpente ainsi tout le long du village, est encore connu dans la contrée sous le nom de Ruisseau-d'Or, parce qu'un officier, jadis, enchanté d'y avoir, en plein été, trouvé un peu d'eau pour ses hommes, l'avait estimé son pesant d'or. Il en faut bien peu, comme on le voit, pour faire naître une légende.

       Aujourd'hui ce précieux oued ne suffit plus à la consommation locale en eau potable. Depuis 1887, une conduite en fonte de six kilomètres amène dans le village les eaux de l'oued Glabeck, dont la source d'un débit de 30 à 40 litres à la minute se trouve sur la propriété de M. Gros. C'est plus qu'il en faut pour assurer, en été, l'alimentation du village qui fut pendant longtemps défectueuse.

       L'oued Dardara (rivière des frênes), dont l'oued Moya-Berda est un affluent, est le second cours d'eau de quelque importance arrosant la commune de Nechmeya. Ce ruisseau, après sa jonction avec son affluent, prend le nom d'Oued Raçoul. Voilà encore un exemple de la bizarrerie des appellations indigènes, qui jettent une certaine confusion dans l'esprit en donnant aux même cours d'eau des noms différents suivant les régions traversées. On s'explique ainsi l'incertitude où l'on se trouve pour fixer d'une façon complète et détaillée l'hydrographie de ce pays.


       Les eaux de pluie descendues tout d'un coup en grande quantité des montagnes, forment, en hiver, quelques marais vite desséchés, aussitôt l'été venu. Des marais périodiques de ce genre existent tous les ans à Magran ainsi qu'au Bou-Hammam, deux régions voisines du village, l'une au nord-est, l'autre à l'est. Seuls, les miasmes du lac Fetzara, encore très éloigné, puisqu'il se trouve à 15 kilomètres au nord de Penthièvre, font sentir leur mauvaise influence ; mais les vents du nord et du nord-est qui, en revanche, visitent souvent la région, servent aussi à l'assainir et rendent son climat très supportable, la température moyenne dépassant rarement 28°.

       La commune, dont la superficie est de 13,173 hectares, est comprise entre les communes de Duzerville, au nord, Mondovi, à l'est, Zerizer-mixte, au sud et sud-est, Nechmeya, à l'ouest, et Aïn-Mokra, à l'ouest et au nord-ouest.

       Le pays est mamelonné de hautes collines atteignant parfois les proportions de petites montagnes comme le Djebel-Ouest (500 mètres), à droite de la route qui conduit de Mondovi au Bou-Hammam.

       Des hauteurs avoisinant le village, et entre lesquelles il est encaissé, on découvre d'un côté, vers le nord, tout le développement du mont Edough avec quelques minces échappées sur la mer, lorsque la clarté du temps le permet, la plaine des Karézas entre l'Edough et les collines de Beleliéta, tandis que, d'autre part, le commencement de l'Aouara et le Fedjouz ferment l'horizon vers le sud. Le panorama de cette succession de hautes collines et de montagnes, coupées de plaines, où les moissons et les prairies jettent des frissonnements moirés d'émeraude et de topaze, n'est pas sans grandeur.

       Les céréales, une des principales sources de revenus du pays avec les oliviers et l'élevage, occupent une superficie de 4.978 hectares. Il y a dans la commune 6.850 greffés, dont 5.500 aux colons et 1.350 aux indigènes. Le pays a dû être de tout temps très favorable à cette dernière culture, car il n'est pas rare d'y rencontrer, parmi les ruines éparses, vestiges de l'occupation romaine, des débris d'antiques moulins à huile.

       Les déboisements imprévoyants, auxquels de tout temps se sont livrés les Arabes, avaient amené peu à peu la disparition de cet élément de richesse ; mais, fort heureusement, colons et indigènes, depuis quelques années, se sont mis à greffer les sujets échappés à la dévastation.

       Penthièvre, comme tous les centres avoisinants, a suivi l'engouement de l'Algérie pour les plantations de vignes. On y compte 87 hectares répartis entre quelques cultivateurs. La vigne, généralement plantée en coteau, produit un vin estimé vendu jusqu'à 30 et 40 francs l'hectolitre. Un propriétaire de la contrée, M. Gros, produit une eau-de-vie de marc très appréciée.


       Parmi les fermes importantes, en assez grand nombre, situées sur le territoire de la commune de Penthièvre, on doit signaler celle de Magran (4.000 hectares), la plus vaste et celles de MM. Albrieux, André, Ben Yacoub (400 hectares), Chais-Brian (400 hectares), Ferry (100 hectares), veuve Gillet, Gros (père et fils), Groean, Guyot, Mayer (père et fils), Métrai, Rougon, Salah Bey (500 hectares), Sampayo (1.000 hectares), Taupiac (350 hectares), Verlet, Vidal.

       Les blés sont justement réputés. Le dur pèse 81 kilogrammes l'hectolitre et le tendre 78. Le premier se vend de 28 à 35 francs la charge de 8 doubles décalitres, suivant année.

       A sa création, 1861, la commune avait comme annexe Nechmeya, séparé d'elle depuis 1870. Les premiers colons furent des Allemands ; presque tous se sont naturalisés et ont formé souche de bons colons français.

       A l'ouverture de la voie ferrée de Bône à Constantine, Nechmeya perdit le charroi et les transports de Bône à Guelma, importante source de revenus pour ses habitants. Depuis, ils ont reporté vers l'agriculture tous leurs efforts et ils n'ont pas lieu de s'en plaindre, car beaucoup d'entre eux y ont réussi.

       La population de la commune, longtemps stationnaire, est aujourd'hui de 274 Européens et de 1670 indigènes. Ces derniers sont répartis entre trois douars importants : Bou-Hammam, Magran et Bou-Affra. Les marabouts de Magran et de Sidi-Bou-Diaf sont très vénérés. Les indigènes y accourent de plusieurs kilomètres à la ronde pour y faire leurs dévotions et tous redoutent de se parjurer sur la tombe du vénéré Bou-Diaf, dont la kouba s'aperçoit de la route de Guelma, pittoresquement enfouie dans un bouquet d'arbres. Ce marabout est légendaire parmi les Arabes de Penthièvre et on raconte de lui des actions qui tiennent du miracle et du prodige.



       Le pays est très giboyeux. Les chasseurs y accourent de tous les environs. Lièvres, perdrix, cailles et bécasses y font leurs délices. Les grands fauves, lions et panthères, n'ont pas complètement disparu, bien qu'une chasse active leur ait été faite ; mais ce sont surtout les petits fauves : ratons, chacals, hyènes et sangliers qui abondent.

       PENTHIEVRE : créé en 1847 - NECHMEYA en 1853.
       Population : 1847 …..? - 1861: 211 Français + 216 Etrangers.
       1866: 146 Français + 274 Etrangers + 265 Musulmans.
       1872: 124 Français + 181 Etrangers + 305 Musulmans.
       1876: 138 Français + 86 Etrangers + 281 Musulmans.

Document fourni
par Mme Madeleine ODDOU
(Puteaux)-
 



Le casse-croûte
Envoyé par Annie

           Une vieille religieuse qui vivait dans un couvent à côté d'un chantier de construction et elle a remarqué le langage grossier des travailleurs et a décidé de passer du temps avec eux pour corriger leur façon de parler.
           Elle a décidé qu'elle prendrait son déjeuner assise avec les travailleurs pour parler avec eux.
           Elle mit son sandwich dans un sac brun et marcha vers l'endroit où les hommes mangeaient.

           Elle s’approcha du groupe et, avec un grand sourire dit :
           "Eh, les hommes, savez-vous qui est Jésus-Christ ?"

           Ils secouèrent la tête et se regardèrent les uns et les autres d’une manière très confuse.
           Un des travailleurs cria : «Y a ti quéqu’un qui connaît Jésus-Christ ?»
           Un autre demanda : «Pourquoi ?»

           Le premier répondit :
           « Parce que sa femme est ici avec son casse-croûte !»



VACANCES AU PETIT TROT
Par M. Bernard Donville
UNE MATINÉE SUR LA PLANÈTE CAROUBIER
Texte de Marie ELBE et Dessins de BROUTY

1- Surprises au bout de la nouvelle piste
           
            -- Mais dites, au fait ? Les chevaux du Caroubier, qu'est-ce qu'ils peuvent bien fabriquer en ce moment ?
            Brouty me glisse ça, mezzo voce, le chapeau sur l'œil et l'oeil en alerte ! Jouons le jeu. Je lui réponds aussi sec, mezzo voce et le regard tranquille.

            - Les chevaux du Caroubier En ce moment ? La bonne blague, mais " ils vont à Sabi en Paro, traduisez à Paris en sabot, et excusez-mol si je parle cheval ".
            Ce futile dialogue allait nous mener, deux jours plus tard devant les portes d'un hippodrome en vole de réfection et d'un monde qui parle cheval, passionnément, obstinément, pendant que la terre tourne pour d'autres. Un monde avec ses lois, ses codes, ses annales, ses règles du jeu, ses traditions, ses superstitions, ses combines, ses héros... A arpenter une matinée durant des stalles et un champ de course, à écouter des mots qui nous passent sous le nez - entrave que pouic - nous pouvons tout de même tirer de ces heures cavalières une conclusion majeure : la plus noble conquête du cheval, c'est le turfiste.

La vie de château

            Le dernier dimanche de juin, les grilles de l'hippodrome se referment sur les derniers " fanas ", les dernières capelines, les derniers paris. La saison est terminée. Commence pour les chevaux l'ère du dolce farniente. Trois mols en famille. Trois mols pépères baignades, trotting et sieste. Le soir venu, ces princes de haras s'endorment, bercés par l'orchestre du " Santa-Lucia ". Les couleurs de leurs rêves pourraient bleu être celles de leur propriétaire. Rose et grise pour l'écurie Galiero. Une plaque de cuivre sur un portail noir, et derrière ce portail, la passion de tous les hommes d'une famille vouée d'abord à la course Aux anneaux et à la diligence, aujourd'hui aux trotteurs et aux cars routiers.
            - Mon père ne s'arrête jamais devant une belle voiture ! Mais montrez-lui un beau cheval...
            Et ce même père, nous confie-t-on, ne vient plus au Caroubier.
            - Trop ripé maintenant ?
            - Pensez donc ! Il a 83 ans ! Mais nous n'avons pas voulu qu'il fasse une course de propriétaire. Il avait alors 78 ans ! Ca l'a vexé...
            Brouty m'avait bien déclaré qu'on n'entrait pas facilement chez les chevaux. Ici il n'y a eu qu'à tourner le loquet pour pénétrer dans une odeur de cuir, de paille, de pelage. Des sulkys lèvent les bras au ciel, des guides pendent au mur et des bottes, une casaque, des fers rouillés, d'étranges coiffures, en boites grises, housses pour tête de cheval, prêtes à entrer dans la lice...
            Nous arrivons devant les boxes, où des coups sourds, intermittents, et le froissement de la paille révèlent d'augustes présences !
            Car pour l'instant nous n'avons vu qu'un chat, une pimbêche de poule, et, un apprenti lad.
            Mais soudain, silencieux, contemplatif et superbe, un cheval tend le cou et hume notre visite.

            Jour de Gloire ! M. Galiero nous présente. Quelle bête ! Nonchalance et dédain. On a envie de lui parler en anglais... à la troisième personne !
            Des sauvages ont comparé Fernandel à un cheval ! Quelle injure pour le cheval !
            Tête fine, naseaux de velours, la crinière abandonnée d'un seul côté.
            " Jour de Gloire " nous observe ! Entre deux oreilles à l'écoute, sur des yeux qui n'en finissent pas, la frange de Juliette Greco !
            M. Galiero nous parle de rations, de trotting, d'entraînement, de ferrures, du dernier Grand Prix de 2.000.000 gagné par la pouliche Imerina... La voilà... Une fringante alezane, qui écoute son panégyrique et qui se laisse natter, sans fausse modestie.
            - Nous, nous avons un faible pour les pouliches. Imerina est la fille de Petitjean III et de Poulaine (enchantés de l'apprendre).
            - Quel âge a-t-elle ?
            Cette question étonne M. Galiero.
            - Quatre ans ! Quatre ans. Vous savez, l'âne marche avec les lettres !
            Hélas, nous ne savons rien du tout ! Et nous n'avons pas fini de sourire. Brouty et moi, perdus entre l'ignorance et le souci de n'en rien laisser voir. Ainsi quand M. Galiero nous fait part des surprises que réservera la nouvelle piste aux trotteurs :
            - Pourquoi ?
            - Pour les ferrures, pardi ! Ca va peut-être complètement changer pour les ferrures !
            (Autant de détails qui nous seront révélés. car nous ne sommes pas au bout de nos découvertes)

II. Où il est bien sûr question d'Ali Khan

            " Du rapport des ferrures avec les conditions de parcours de la nouvelle piste ". Beau titre pour un traité destiné à éclairer le journaliste ignorant tout du sport hippique en général et des pistes en particulier.
            Au seul mot de ferrures, prononcé dans une cour d'écurie, portes closes, la voix de l'entraîneur baisse d'un ton, ses gestes se mesurent et dans son oeil pointe l'étincelle du complot. Ferrures ? Arme secrète de chaque écurie, providence du maréchal-ferrant (et l'on déplore qu'à Alger les ferrures soient travaillées par une unique forge).
            Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus long, la face du monde aurait changé. Mais au Caroubier, les fers " d'Imerina " ou le mors de quel autre champion, nous changent la face d'une course, car on a tout fait pour.
            Ecuries Daflon, Galiero. Tendero, sous leurs tonnelles de vigne ou de bougainvillée, les commentaires vont leur train, et les pronostics valent leur pesant de P.M.U. ; avec la nouvelle piste, il faut s'attendre à des surprises-ferrures !

La nouvelle piste

            Depuis le lundi qui suivit le dernier dimanche de juin, prés de deux dizaines de millions ont été converties par le comité des courses, pour doter l'hippodrome de 1.400 mètre de piste de trot (courses de sulky) Aussi, dans I'assouplissement de ces vacances, un sujet brûlant fait les frais de maintes conversations. Entre gens qui savent parler cheval devant un verre d'anisette, ou pendant les séances de trotting. Piste neuve, tournant surélevé, nouvelles perspectives pour la reprise sérieuse d'entraînement Les chevaux qui vont au pas de promenade, de long en large devant le Santa Lucia, ou qui trempent leur sabot dans la Méditerranée qui moutonne à deux pas, ne savent pas encore à quels soucis ils vouent entraîneurs et propriétaires. A cela, M. Lafarge, président du comité des courses, hausse les épaules, et Fernand Tendero, (écurie de pur-sang) nous répond :
            - Ça ne va pas changer grand chose, allez ! Quand un cheval a un style. toutes les ferrures du monde...

Ceux qui ne croient pas aux ferrures

            Dès que vous demandez au premier passant rencontré alentour du Caroubler. " Où est M. Tendero ? " Et qu'il vous est répondu : " Fernand ? Oh ! Il doit être à entraînement ", vous vous sentez l'étranger des lieux.
            Et, dés que l'on ajoute : " Il ne faut pas le déranger, parce qu'Il n'aime pas ça quand il est à l'entraînement ! ", vous vous demandez, bien sûr, comment vous accueillera un tatillon comme " Fernand ".
            Mais tant pis, " Alea jacta est ! ". La chance brille pour les audacieux. puisque, passé les grilles, Brouty renoue de sympathie avec M. Lafarge, déjà sur le turf, à 9 heures, dont les fringants 14 lustres attendent un cheval pour le petit galop d'entretien ! M. Lafarge surveille les travaux de la nouvelle piste. Brouty fier de ses connaissances " dernière minute " :
            - Il y aura des surprises pour les ferrures, non ? ".
            Leitmotiv qui ne tracasse nullement le président. Il connaît son monde, les inquiétudes du moment. A cela Il oppose un sourire paisible en mordillant son fume-cigarette.
            - Allons donc !
            Je me hasarde...
            - Volts n'avez pas vu Fernand ? Bien sur qu'on a vu Fernand. Il discute à deux pas.
            - Fernand !..

Où il est question d'Ali Khan

            Voilà Fernand. Il était en train de " casser la graine ". Fernand, toison noire pupille verte, le mot pour rire, et la philosophie décontractée. Il ne croit ni aux surprises de la nouvelle piste, ni au mauvais œil, ni aux porte-bonheur, ni au doping !
            - Ça, la chance, c'est par passe ! Quand ça va, ça va. Quand ça démarre mal, ça finit mal. Et puis vous savez, un cheval, ça nait avec le style. Vous pourrez lui mettre toutes les ferrures que vous voudrez ! Enfin moi, hein !.
            Le geste appuie la conviction. main sur la poitrine. Mais chez lui, la passion du cheval et des haras entraîna des vacances en Normandie, à l'élevage d'Ali Khan. Il nous parle d'abord des " pouliches " d'Ali.
            - Avant, c'était Rita, après, l'autre. là... Gene Tierney, maintenant la Bettina. Enfin quoi !..
            Et Il conclut :
            - Brave type, hein. Ali Khan ? Simple, gentil, très gentil... Si vous voyez ses haras ! Il en a partout, en Irlande, en Normandie, c'est sa vie, quoi !
            Et nous apprenons encore beaucoup de choses avec " Fernand ", entre autres que la terre de Normandie est le berceau des meilleurs pur-sang.
            - Ali Khan ? Il fait revenir ses fowl d'Irlande et ils arrivent rabougris... Après deux mois en Normandie, il faut les voir, tiens ! Superbes...
            Nous voilà, pris à rêver, nous pour qui la Normandie restait jusque la province du pommier, des pluvieuses vacances.. des vaches lourdes et du " P'tét ben qu'oui ! " Maintenant, quand nous l'évoquerons, puisque cheval il y a dans nos esprits, une nouvelle image viendra galoper sur les autres : Ali Khan, Bettina, et pourquoi pas Fernand, dans de verts pâturages, traversés de crinières, martelés de galops. Qui sait ? Peut-être, qu'au terme d'un mois d'août latin, Brouty me demandera soudain :
            - Mais dites... et les chevaux de Normandie ? Qu'est-ce qu'ils peuvent bien fabriquer en ce moment ?
            Alors... nous écrirons et dessinerons une suite à cette variation sur le thème cheval. Mais ceci est une autre histoire. Et revenons chez les bipèdes.
Marie ELBE
(Voir " Echo "



HOMMAGE A ROGER HOLEINDRE
(1929-2020)
Envoyé par M. Piedineri
" D'après l'historien Nicolas Lebourg, Roger Holeindre n'était " ni antisémite, ni fasciste mais national populiste, anticommuniste, défenseur de l'Algérie française et d'une certaine idée de l'empire français ". " (Le Parisien)

                  Un vaillant défenseur de la Patrie française, du peuple Pied-Noir, des Harkis, et de l'Occident, vient de nous quitter : Roger Holeindre. Lui rendre hommage, c'est aussi citer ses écrits de jeunesse tirés de son livre " Honneur ou décadence " (1965) :

                - " Par dizaines (en Algérie), des petites chapelles ont été pillées et des monuments chrétiens souillés... Sans parler des cimetières chrétiens et israélites !

                  Mais il paraît que les racistes, c'étaient nous... Pour l'Afrique " Indépendante "... les choses sont pires encore. Expulsions de missionnaires un peu partout... massacres de chrétiens noirs... prédominance évidente et prévisible de l'islamisme ".

                 " Des gens qui n'ont de leçon de patriotisme à recevoir de personne, se trouvent journellement avilis, salis, traqués. Éduquer des jeunes comme ils devraient l'être, c'est, prétend-on, du nazisme, du fascisme. (...) Un homme qui, en 1965, aime son pays, crie " Vive la France ", désire se battre pour l'intégrité du territoire, ne peut être, d'après la légende, qu'un réactionnaire, un salaud de droite, un arriéré mental, un vendu à la bourgeoisie, un ancien collabo, un pétainiste... "

                 " Que des gens, dits de droite ou d'extrême-droite, aient fait des erreurs avant-guerre ; que certains même aient trahis, cela ne nous intéresse pas ! Nous n'avons aucune raison de nous fourvoyer dans ces " salades ", car elles ne nous concernent en rien ! Nous ne sommes pas les héritiers de ces gens-là ! Nous n'avons rien à voir avec eux ! Nous voulons sauver la France des périls qui la guettent de nos jours, un point c'est tout. "

                 - " Presque tous les combattants gaullistes, les vrais, ceux de 40, sont devenus anti-gaullistes (voir les prisons !...) ".

                 " Chaque jour des gens comme France Binard, agent de liaison F.L.N. en France, porteuse de valises contenant l'argent servant aux opérations rebelles, sont libérés, pendant que les patriotes pourrissent en prison. "

                 - " L'aventure algérienne (était) le dernier combat pour la " défense de la chrétienté et de l'Occident ". Je sais bien qu'il est de bon ton de rire de tout cela aujourd'hui. On en reparlera pourtant avant peu. "

                 " Demain, soyez-en sûr, (les Algériens) demanderont Poitiers, et de bonnes âmes en France, qui bien sûr n'habiteront pas cette ville, trouveront encore qu'ils ont raison. "

                 - " Quand des gens sains de corps et d'esprit parlent de défense de l'Occident, Témoignage chrétien leur répond : " Surtout ne pas compromettre l'Eglise avec la défense d'une pseudo-civilisation chrétienne ".

                 " Pour l'Eglise de France, l'heure doit sonner aussi. Le temps des reniements, la bénédiction donnée aux " Infidèles " ! L'appui moral donné aux ennemis, tout cela doit cesser. "

                 - " L'Armée, à travers notre histoire, a toujours symbolisé l'honneur, l'intégrité du territoire et, dans notre Empire, la justice et la paix. L'Armée a rempli notre histoire de France de pages inoubliables de grandeurs et de servitudes, souvent d'héroïsme, plus souvent encore de peines obscures au service de ses rois, sous les aigles de l'Empire, sous les étendards de toutes les républiques. Et pourtant... aucun autre corps de l'Etat n'a été aussi malmené, aussi insulté, aussi vilipendé. "

                 - " Si quelques jeunes réussissent malgré tout à garder l'espoir, les moyens d'information sont bien vite là pour les ramener sur terre. Jours après jours, ils n'entendent que jérémiades, regrets, les sales guerre coloniales, les ventrus colonialistes, les abus des mauvais Blancs sur les bons Noirs, les méfaits de l'Européen.

                 Depuis 1945, c'est le mea culpa et, attention, pas un petit " mea culpa " bien gentil, intime, discret. Non, c'est le grand mea culpa général, avec accompagnement musical, dégradation publique, les grands orgues, reniements collectifs, frappement de poitrine en cadence et tout le tra la la... "



Les productions algériennes
Envoyé par M. Christian Graille
Les céréales

                  De toutes les productions algériennes les céréales sont la plus importante. Elles constituent la base même de l'alimentation des populations tant européennes qu'indigènes ; sans peser très sérieusement sur le marché mondial l'appoint n'est pas négligeable et apporte son contingent au commerce d'exportation.

                  A ce titre les céréales ont joué un grand rôle dans le développement de la prospérité économique du pays. Leur aire de culture s'étend depuis le littoral jusqu'à la limite des Hauts-Plateaux.
                  Limitée autrefois à une étroite bande de terre proche de la côte, elle a reculé peu à peu devant l'extension des cultures plus riches, plus appropriées à la douceur du climat : primeurs, orangeries etc…

                  En s'éloignant de la mer, la céréaliculture a trouvé, dans des régions plus élevées, au climat plus rude, un milieu plus en rapport avec ses besoins. C'est là, dans la dépression médiane de l'Atlas Tellien, depuis Tlemcen jusqu'à Souk-Ahras, en passant par les régions :
                  - de Sidi-Bel-Abbès,
                  - de Médéa,
                  - d'Aumale,
                  - de Bordj-Bou-Arréridj et
                  - de Sétif que se rencontrent les plus belles terres à céréales qui constituent une des plus grandes richesses de l'Algérie.
                  Ces terres débordent jusque sur les Hauts-Plateaux où le milieu est encore favorable :
                  - le Sersou,
                  - Boghari, au Nord des Hauts-Plateaux algérois,
                  - la région de Batna,
                  - sur ceux de Constantine donnent encore de belles récoltes.

                  Les céréales occupent plus de 3 millions d'hectares :
                  - 1.400.000 dans le département de Constantine,
                  - 900.000 dans celui d'Alger,
                  - 700.000 en Oranie.

                  Les emblavures y pourraient certainement être plus importantes mais bien des terres sont encore en friche et, de plus, la faible pluviométrie obligent les cultivateurs à pratiquer la jachère une année sur deux ou deux années sur trois, c'est-à-dire à laisser improductifs la moitié ou les deux-tiers de leurs terres, pour leur permettre d'emmagasiner l'eau nécessaire à la vie de la plante.

Le blé

                  Il couvre une superficie voisine de un million et demi d'hectares. C'est la plus importante des céréales d'Algérie. La production atteint en moyenne 7 à 8 millions de quintaux mais peut varier dans les mauvaises années à 5 millions et les bonnes approcher les 10 millions.
                  Deux catégories sont cultivées : Le blé dur, qui domine et le blé tendre. Le blé dur estimé à 1.200.000 hectares, est par excellence une culture indigène car il est particulièrement adapté :
                  - au milieu,
                  - à la chaleur et
                  - au manque d'humidité.

                  La production annuelle moyenne atteint 6 millions de quintaux. Les semoules de blé dur et particulièrement celles de la région de Médéa, des plateaux de Sétif et de la plaine du Chéliff sont de toute première qualité. Les fabriques de pâtes alimentaires du monde entier les recherchent et les exportations sous forme de grains ou de semoules approchent 1 million et demi de quintaux.
                  Sa culture a fait naître une importante industrie, celle des pâtes alimentaires ; c'est une branche très prospère de l'économie qui non seulement suffit aux besoins de la consommation locale mais encore fournit à l'exportation un contingent de 15 à 20.000 quintaux valant plus de 6 millions de francs.

                  Le blé tendre est surtout une culture européenne ; les superficies sont faibles et oscillent autour de 300.000 hectares mais les rendements sont plus élevés et la production est supérieure à 2 millions de quintaux.
                  Compte tenu de leur précocité ces blés sont très demandés sur les marchés de consommation. Ce sont les blés de primeurs que les minoteries recherchent dès leur apparition car ils sont un précieux appoint au moment où s'épuisent les stocks provenant de la dernière récolte et où n'ont pas encore été récoltés les blés en terre. Leur qualité est excellente car ils sont très riches en gluten mais c'est leur précocité qui en fait la réelle valeur économique. Bon an, mal an on en exporte 2 à 300.000 quintaux mais la production étant insuffisante pour satisfaire les besoins locaux on doit en importer 4 à 500.000 quintaux.

Orge

                  L'orge occupe 1.300.000 à1.400.000 hectares, soit à peu près autant que blé dur et tendre réunis.
                  La production, pour la raison que la culture est presque exclusivement entre les mains des indigènes est extrêmement variable ; elle peut passer de 4 à 11 millions de quintaux mais en année normale elle est de 7 millions de quintaux. Le motif de la faveur dont jouit l'orge auprès des cultivateurs indigènes réside dans sa grande rusticité et son aptitude à s'adapter à des milieux trop arides pour le blé. Elle est employée en grande partie dans l'alimentation des autochtones et dans celle de leurs animaux. Mais un important débouché lui est réservé pour la fabrication de la bière à laquelle elle convient tout particulièrement.
                  Un million de quintaux sont exportés pour cette utilisation.

L'avoine

                  Sa culture ne couvre que 250.000 hectares dont plus des deux tiers sont ensemencés par des colons européens ; elle tend d'ailleurs à prendre de l'extension car ses débouchés s'accroissent chaque année tant dans la colonie, qu'en France et à l'étranger.
                  En année moyenne la production atteint 2 millions de quintaux et le sixième de cette production est exporté.

La vigne et le vin

                  On ne saurait nier la répercussion qu'a eue, dans le développement de l'Algérie, la constitution du vignoble consécutive à la crise phylloxérique de 1880. Cette culture rémunératrice surtout au moment où le vignoble métropolitain voyait, par les attaques du phylloxéra, diminuer sa superficie et sa production ne pouvait que s'étendre en Algérie où elle trouvait un milieu favorable. La superficie du vignoble passa de 23.000 hectares en 1880 à 123.000 en 1896. C'était un attrait nouveau pour la colonie : hommes et capitaux séduits par cette industrie agricole rémunératrice affluèrent à cette époque.
                  " C'est elle, a-t-on dit, qui a déclenché en quelques sorte la prospérité de la colonie, après avoir longtemps végété, jouit depuis une trentaine d'années. " Mais bientôt le phylloxéra faisait là aussi des ravages : en 1917, 94 % du vignoble était contaminé.

                  Sa reconstruction toutefois s'opéra rapidement au moyen de porte-greffes américains et l'essor de la vigne, un instant arrêté, reprenait de plus belle.
                  On compte actuellement 250.000 hectares de vignes dont 226.000 seulement en production : la différence représente les vignes phylloxérées non encore reconstituées et les jeunes plants qui ne sont pas entrés en production. Il semble que la superficie du vignoble ne doive guère dépasser maintenant 250.000 hectares car les terres à vignes sont plutôt limitées. La culture s'étend :
                  - dans le département d'Alger sur 85.000 hectares,
                  - dans la Mitidja,
                  - dans le Sahel et dans les régions
                  - de Miliana,
                  - de Médéa et
                  - d'Aïn-Bessem.

                  La production atteint en année moyenne 5 millions d'hectolitres de vin.
                  En Oranie on compte un peu moins de 125.000 hectares répartis dans :
                  - le Sahel,
                  - la plaine d'Oran,
                  - de Tlemcen,
                  - de Sidi-Bel-Abbès et
                  - de Mascara.
                  Ils fournissent 5 à 6 millions d'hectolitres.

                  Dans le département de Constantine, la superficie dépasse à peine 17.000 hectares dans :
                  - les régions de Bougie,
                  - de Djidjelli,
                  - les plaines de Bône,
                  - de Philippeville.
                  - La production moyenne s'établit autour d'un million d'hectolitres.

                  Les vins algériens au point de vue de leurs qualités peuvent être classés en trois catégories :
                  - Les vins de plaine titrant 9 à 12° d'alcool qui peuvent être utilisés comme vins de table mais que le commerce métropolitain emploie en grande quantité pour le coupage des vins des vignes à grand rendement du Midi de la France,
                  - Les vins de coteaux dont le degré alcoolique est de 11 à 13° et qui sont d'excellents vins de table d'une bonne conservation.
                  - Les vins de montagne contenant 12 à 15° d'alcool ; ce sont des produits parfaitement constitués, de bonne conservation qui peuvent acquérir après plusieurs années de bouteilles, des qualités remarquables de finesse et de bouquet.

                  Certains de ces vins bien que n'étant pas classés parmi les grands vins, ont su, grâce à leur finesse et à leur bouquet acquérir une place appréciable sur la table des connaisseurs : tels sont, pour n'en citer quelques-uns :
                  - les Médéa,
                  - les Mansourah,
                  - les Mascara etc.

                  Mais ce n'est pas à ce titre que les produits d'Algérie ont une importance considérable dans le marché des vins ; ils la tirent surtout :
                  - de leur richesse alcoolique,
                  - de leur robustesse,
                  - de leur couleur qui en font des vins de coupage recherchés pour améliorer certains vins métropolitains.

                  Le marché de Bercy en fait une consommation considérable, trois à quatre millions d'hectolitres si l'on s'en rapporte aux seules importations par le port de Rouen. Le marché français absorbe 7 à 8 millions d'hectolitres de vins d'Algérie, le surplus est expédié vers l'étranger (Suisse, Allemagne etc.) et les colonies.
                  Quant à la consommation locale elle ne dépasse guère 1 million et demi à 2 d'hectolitres.
                  Mais le vin n'est pas le seul produit commercial de la vigne. Il faut citer les mistelles qui font l'objet, surtout dans le département d'Oran d'une importante fabrication. Ce sont les moûts dont la fermentation a été arrêtée par addition d'alcool ; ces vins, d'un degré alcoolique très faible sont employés dans la préparation des vins de liqueur et de certains vins médicinaux. Une partie est utilisée sur place et sert à fabriquer des vins de liqueurs, le reste est exporté.
                  On retiendra également que la distillation des vins et des marcs fournit des quantités variables d'alcool dont l'importance est proportionnelle à la production des vins. La distillerie joue, pour la viticulture algérienne, le rôle de soupape de sûreté, en permettant, après une récolte pléthorique d'utiliser les vins mal constitués qui ne trouveraient pas de débouchés dans l'exportation.

L'olivier, les olives et l'huile d'olive

                  L'oléiculture n'est pas une des moindres richesses. C'est la plus ancienne peut-être. Elle fut introduite par les Carthaginois bien avant l'ère chrétienne.
                  Les Romains la développèrent à un tel point qu'il semble que c'est plutôt par ses huiles que par ses céréales que l'Afrique romain mérita son nom de grenier de Rome.
                  Pendant la période barbaresque, l'Algérie exportait de grandes quantités d'huile ; enfin dès les premières années de la conquête la colonisation française contribua largement à son amélioration et à son extension.

                  L'olivier est d'ailleurs dans tout le bassin méditerranéen une plante spontanée. L'oléastre, qui est sa forme sauvage, se rencontre à l'état d'essence dominante, ou en mélange avec d'autres essences sur de vastes territoires forestiers. Son greffage qui se fait couramment permet la mise en valeur des forêts ou de broussailles à peine productives.
                  Cet arbre, dans le bassin méditerranéen, se complait dans les climats à hiver doux et pluvieux et à étés chauds et secs. Aussi peut-on considérer que le Tell algérien, dans toutes les altitudes comprises entre 50 à 700 mètres, constitue son aire de végétation.
                  En Kabylie il se rencontre jusqu'à mille mètres d'altitude sur quelques versants montagneux tournés vers la mer. Dans la partie de la colonie, l'aire de l'olivier se prolonge sur les Hauts-Plateaux, depuis Constantine jusqu'à Batna, les basses vallées de l'Aurès et Biskra.

                  On ne compte pas moins, dans toute l'Algérie, de 14 à 15 millions d'oliviers dont plus des deux tiers sont cultivés.
                  Plus de la moitié des peuplements se trouvent dans le département de Constantine, répartis dans :
                  - les vallées de la Soummam,
                  - de la Seybouse,
                  - d'EL-Kantara,
                  - à Philippeville,
                  - à Gastu,
                  - à Jemmapes et dans les régions de
                  - La Calle,
                  - Batna,
                  - Guelma et
                  - Tébessa.

                  Le département d'Alger compte seulement 4 millions et demi d'arbres répandus dans toute la Kabylie.
                  En Oranie on n'atteint même pas 2.400.000 arbres.
                  On les rencontre en particulier à :
                  - Mostaganem,
                  - Saint-Denis-du-Sig,
                  - Mascara,
                  - Relizane et surtout
                  - Tlemcen où ils constituent une véritable forêt.

                  L'effort de mise en valeur des oléastres a été moins considérable car on ne compte qu'un million d'oliviers cultivés.
                  Grâce aux bénéfices que procure l'olivier, grâce aussi à l'aide de l'Administration qui encourage par des primes les greffages et les plantations, l'essor de l'oléiculture est remarquable ; tout permet de croire qu'il n'est pas prêt de s'arrêter : depuis 1913 le nombre d'oliviers s'en accru de plus d'un million d'unités et cela malgré la guerre ; en une année de 1928 à 1929 cent mille arbres étaient greffés, cinquante mille étaient plantés.
                  Bien qu'elle ait été à l'origine une culture indigène l'oléiculture tente de plus en plus les agriculteurs européens qui possèdent maintenant les deux cinquième des arbres, 5 à 6 millions d'oliviers dont 4 millions sont cultivés ; la proportion est importante, elle s'accroîtra encore. L'augmentation est beaucoup plus lente dans les peuplements appartenant à des indigènes les trois cinquième seulement des arbres (5 millions et demi) sont susceptibles de produire.

                  L'olive est employée à deux usages dont le plus important est la fabrication d'huile, l'autre la conserve. C'est surtout vers la production d'huile qu'est orientée l'oléiculture algérienne : 90% de la récolte sert à cette industrie très active qui compte plusieurs centaines de moulins dont plus de cent sont de véritables usines dotées des appareils les plus perfectionnés.
                  La production d'huile qui est très variable, puisque dans ces quinze dernières années on l'a vu osciller entre 150 et 500.000 hectolitres, s'établit en moyenne autour de 300.000 hectolitres.

                  La majeure partie de cette production est employée dans la consommation locale ; les indigènes ne connaissent pas d'autre aliment gras ; quant à la population européenne, originaire en grande partie du Midi de la France, d'Italie ou d'Espagne elle en absorbe une grande quantité. Le surplus est exporté :
                  - les deux tiers vont en France.
                  - L'Italie,
                  - l'Angleterre,
                  - les États-Unis,
                  - le Maroc,
                  - la Tunisie,
                  Se partagent le reste avec :
                  - l'Allemagne,
                  - la Hollande,
                  - la Bulgarie,
                  - la Grèce,
                  - l'Extrême Orient et
                  - l'Amérique du Sud.

                  Mais la production algérienne ne serait pas suffisante pour satisfaire aux besoins de la consommation d'une part, à ceux de l'exportation d'autre part, car on évalue la consommation annuelle d'un Kabyle à 15 litres, celle d'un Européen à 12, celle d'un Arabe à 2,5 ; aussi l'Algérie doit-elle importer chaque année 150 à 200.000 quintaux d'huile de graines.
                  Elle réalise à cette opération un beau bénéfice car les huiles de graines sont moins chères que les huiles d'olives, bénéfice qu'on peut évaluer de 80 à 100 millions par an.
                  L'industrie de la conserverie présente aussi un sérieux intérêt, bien qu'elle soit loin d'avoir l'importance de l'huilerie.

                  Elle utilise environ 150.000 quintaux d'olives par an. Une centaine de mille (près du tiers de la récolte totale d'huile du département) sont produites en Oranie où existent de nombreuses fabriques de conserves ; les terres irriguées :
                  - de Relizane,
                  - du Sig,
                  - de Perrégaux et
                  - de Tlemcen sont les régions d production de ces olives.

                  Dans le département d'Alger on récolte 40.000 quintaux, dans celui de Constantine un peu plus de 10.000. Les populations algériennes, et notamment les Espagnols et les Italiens font une importante consommation d'olives conservées ; il reste néanmoins 20 à 30.000 quintaux libres pour l'exportation et qu'achète surtout la France. Les exportations algériennes d'huiles et de conserves d'olives ont atteint en 1928, 176 millions.

Les fruits, les légumes, les primeurs

                  Les hivers doux et humides des régions voisines du littoral sont éminemment favorables à la production hâtive des fruits et des légumes qui, arrivés les premiers sur les marchés de consommation, prennent de ce fait le nom de primeurs. Culture rémunératrice, car les primeurs se vendent chers, elle ne pouvait que tenter les colons algériens.

                  Deux facteurs président à l'établissement des cultures de primeurs :
                  Le climat qui doit être tiède et humide en hiver ; l'écoulement facile des produits, par le moyen de transports rapides vers les centres de consommation.
                  Le climat dans toute la région du littoral est nettement favorable. Pour que la culture soit rémunératrice il importe que les produits puissent parvenir rapidement, en quelques jours seulement, sur les lieux de consommation.
                  Les lieux de vente sont :
                  - toute l'Europe du Nord, depuis l'Angleterre jusqu'à la Pologne en passant par
                  - la France,
                  - la Belgique,
                  - la Hollande,
                  - l'Allemagne.

                  Arriver avant les produits de Provence, d'Espagne ou d'Italie, tout est là, sans quoi les primeurs perdraient la moitié de leur valeur.
                  Il faut donc :
                  - que les cultures se trouvent à proximité d'un port d'embarquement,
                  - que de ce port partent fréquemment à destination de l'Europe, des paquebots rapides,
                  - que depuis le port européen de débarquement l'acheminement vers les centres de consommation soit effectué aussi rapidement que possible.

                  Voici, en somme, qui réduit sérieusement les zones où la culture des primeurs est économiquement possible. Les conditions ne sont entièrement remplies qu'aux abords immédiats des grands ports ; Alger, que des services rapides presque quotidiens relient à la France ; Oran, puis Philippeville et Bône.
                  C'est à proximité de ces villes que nous trouverons les cultures les plus importantes et en particulier les cultures de légumes ; plus loin se rencontreront les cultures fruitières dont les produits moins fragiles peuvent supporter des transports plus longs. Au nombre des légumes produits en Algérie il faut citer par ordre d'importance :
                  - les pommes de terre nouvelles,
                  - les tomates,
                  - les artichauts,
                  - les haricots verts,
                  - les carottes,
                  - les petits pois,
                  - les fèves,
                  - les courgettes,
                  - le fenouil etc….

Parmi les fruits, les agrumes :

                  - les oranges,
                  - les mandarines,
                  - les citrons,
                  - les cédrats,
                  - les figues,
                  - les raisins de table,
                  - les prunes,
                  - les abricots ,
                  - les amandes etc…

                  Bien que les dattes soient classées au nombre des fruits, c'est à dessein que nous ne les mentionnons pas dans cette liste : D'abord parce qu'elles ne proviennent pas du Tell mais sont une production saharienne, ensuite parce qu'elles ne sont pas des fruits de primeur et que leur valeur intrinsèque est indépendante de l'époque de leur production.

Les agrumes

                  On donne généralement le nom d'agrumes aux arbres appartenant au genre botanique des citrus. Cette appellation commode, d'origine italienne, permet de dénommer, sans confusion possible, toute une catégorie d'arbres et au surplus leurs fruits. A cette catégorie appartiennent :
                  - les orangers,
                  - les mandariniers,
                  - les citronniers,
                  - les cédrats,
                  - les pamplemousses etc…

                  La culture des agrumes est délicate car elle exige une température moyenne élevée et des sols frais ou facilement irrigables, mais s'accommode mal du voisinage immédiat de la mer. C'est donc dans les vallées abritées et dans les plaines où le sol est humide ou qui présentent des possibilités d'irrigations que nous rencontrerons les principales plantations :
                  - les plaines d'Oran,
                  - du Sig,
                  - de l'Habra,
                  - la vallée de ma Mina dans le département d'Oran,
                  - la plaine du Chéliff aux environs d'Orléansville et
                  - la Mitidja dans le département d'Alger,
                  - les plaines de Bône et de
                  - Philippeville dans le département de Constantine.
                  - Culture d'importation très ancienne, elle s'est vite implantée en Algérie.
                  Limitée toutefois, avant l'occupation française, à quelques vergers, elle a pris un essor remarquable du fait de la colonisation.

                  Les plantations couvrent 8.000 hectares dont plus de la moitié se trouve dans le département d'Alger et plus particulièrement dans toute la bordure méridionale de la Mitidja. C'est là que se trouvent les plus anciennes orangeries de la colonie. Les agrumes y sont à tel point répandues que les rues de Blida sont bordées d'orangers comme à Paris on orne les boulevards de marronniers ou de platanes.
                  Les cultures plus récentes des départements d'Oran et de Constantine occupent, chacune 2.000 hectares et sont en progression constante.
                  En moins de dix ans elles se sont accrues de 5 à 600 hectares. La production moyenne des agrumes peut être évaluée à 800.000 quintaux de fruits ; assez variable elle oscille entre 600.000 et 1 million de quintaux.

                  La plus forte production moyenne est celle du département d'Alger dont les plantations anciennes donnent 500.000 quintaux ; dans le reste de la colonie, les plantations plus récentes dont une partie n'est pas encore en pleine production fournissent un rendement moindre. 125.000 en Oranie, 140.000 dans le département de Constantine.

L'oranger

                  Il est de toutes les agrumes le plus répandu ; plus de 4.000 hectares lui sont consacrés et produisent, bon an, mal an, 350.000 quintaux de fruits rigoureusement sélectionnés et fort appréciés sur les marchés de France et de l'étranger ; les oranges algériennes, dont les variétés sont nombreuses, sont souvent classées parmi les qualités de luxe, et celles de Blida ou de Bougie font prime sur le marché londonien.

Le mandarinier

                  Plus de 3.000 hectares ont une production voisine de 400.000 quintaux. La mandarine d'Algérie est goûtée du consommateur européen ; la première venue sur les marchés extérieurs, où elle fut longtemps la seule, elle a su y conserver, par sa qualité, sa saveur, son bel aspect une part prépondérante malgré la concurrence des mandarines espagnoles. Une mention spéciale, parmi les mandarines doit être faite à la clémentine. Très précoce elle apparaît avant les autres agrumes et, de ce fait, se vend à des prix élevés ; bien qu'elle soit d'introduction récente, elle a été aussitôt adoptée par le consommateur de Paris ou de la province ; un bel avenir lui est réservée. Une place moins importante est donnée aux autres agrumes :
                  -cédrats,
                  - Kumquats chinois (petits fruits de saveur acide),
                  - pamplemousses etc.

                  700 hectares à peine produisent 50.000 quintaux de fruits consommés en grande partie sur place. Cette consommation locale est importante ; ces fruits de choix trouvent facilement preneurs dans le pays. Il ne reste libre, pour l'exportation, que le quart environ de la récolte. Cela représente un peu plus de 200.000 quintaux de fruits.

                  Les mandarines et les clémentines constituent la majeure partie des exportations, 150.000 quintaux ; les expéditions d'oranges portent sur 50.000 quintaux ; les envois de citrons sont négligeables (3.000 quintaux). C'est la Métropole qui en absorbe la plus grande quantité mais l'Algérie trouve à l'étranger d'intéressants débouchés, notamment pour ses mandarines :
                  - Angleterre,
                  - Suisse,
                  - Hollande,
                  - Belgique,
                  - Allemagne,
                  - Danemark etc. sont autant de clients de plus en plus importants.

Les raisins de table

                  L'Algérie produisait avant la conquête des raisins de table pour la consommation locale ; Ceux de Kabylie étaient fort appréciés. Mais la production en était assez peu importance et n'avait aucun rapport avec celle d'aujourd'hui. C'est vers la production de fruits précoces, et principalement du chasselas de Fontainebleau introduit en 1860 que s'est nettement tournée la culture du raisin de table.
                  En certains points du littoral particulièrement bien exposés on rencontre de ces cultures, petites parcelles entourées de haies artificielles, de roseaux ou de lentisques qui protègent les vignes contre le siroco et les vents marins : le chasselas de Guyotville près d'Alger est renommé ; tout le littoral algérois se prête à cette culture ; celui de Mostaganem et d'Arzew, de Bône et de Philippeville aussi.
                  La date précoce à laquelle mûrit le chasselas en Algérie (dès les premiers jours de juillet) et son excellente qualité permettent de l'écouler facilement, longtemps avant celui du Midi de la France, sur les marchés de consommation.
                  Aussi fait-il l'objet d'une importante exportation : 50.000 quintaux valant une dizaine de millions sont chaque année expédiés en France (d'où ils sont souvent réexportés) à l'étranger.

Les prunes

                  Aux premiers jours de mai, on voit apparaître sur les marchés de Paris et de Londres les premières prunes algériennes. Elles arrivent :
                  - de la Mitidja,
                  - des plaines du Sig et de l'Habra,
                  - des environs de Bône et de Philippeville,
                  - de la région de Miliana.

                  Les arrivages se succèdent de plus en plus importants et jusqu'à la fin de l'été les marchés reçoivent les prunes d'Algérie. Plus d'un million de kilos sont ainsi expédiés de la colonie qui consacre à cette culture des superficies croissantes. On compte que, dans peu d'années, lorsque les nouvelles plantations seront en plein rapport le chiffre des exportations sera décuplé.
                  La culture de la prune est surtout destinée au commerce d'exportation. Les variétés cultivées sont en effet spécialement choisies pour répondre au goût de la clientèle extérieure ; il faut mentionner tout spécialement la prune japonaise qui prend une réelle importance parmi les primeurs ; c'est un beau fruit de choix fort goûté du consommateur anglais ; sa précocité, il mûrit dès le début de juin, lui donne une grande valeur et sa maturité qui se prolonge jusqu'en août lui permet d'alimenter longtemps les marchés.
                  On fonde beaucoup d'espoirs sur cette culture.

Les figues sèches

                  La figue ne devrait pas être classée parmi les primeurs d'Algérie car ce n'est pas en tant que primeur qu'elle occupe sa véritable place dans l'économie algérienne, à part un très petit commerce de figues fraîches qui trouvent surtout des débouchés dans la consommation locale ; c'est en effet le fruit séché qui intéresse l'exportation. Mais le figuier est un arbre du Tell ; à ce titre il semble nécessaire de le citer avec les cultures arbustives de cette région.
                  Ce n'est pas un arbre d'introduction récente ; de tout temps l'indigène l'a cultivé avec soin et a tiré de la figue sèche un des principaux éléments de son alimentation.

                  C'est en Kabylie surtout que le figuier est l'objet des préoccupations du cultivateur car on estime à 700 kilos la quantité de figues sèches consommées annuellement par une famille kabyle de six personnes. On compte actuellement 5 à 6 millions de figuiers. L'exportation absorbe plus de cent mille quintaux, expédiés par les ports d'Alger et de Bougie.
                  Une certaine quantité est destinée à des usages industriels dont l'un des plus curieux est la fabrication du café de figues.
                  La consommation de ce succédané du café est importante en Europe Centrale et surtout en Autriche et en Tchécoslovaquie où existent plusieurs usines qui se livrent à la torréfaction des figues de qualité inférieure. C'est un débouché sérieux pour quelques produits d'Algérie. On utilise aussi les figues pour la fabrication de l'alcool.

                  Il y aurait beaucoup à faire, semble-t-il, pour améliorer les procédés de séchage des figues. L'indigène, en effet se contente d'étaler les fruits au soleil pendant quelques jours. Survienne un été pluvieux, c'est toute la récolte qui, faute de séchage, se trouve compromise.
                  Peut-être serait-il avantageux d'installer dans les premiers centres de production des fours spéciaux : le supplément de dépense serait facilement compensé, et au-delà, par l'augmentation certaine du prix de vente.

Autres fruits

                  D'autres cultures fruitières existent en Algérie mais dans de moindres proportions :
                  - Pêches,
                  - brugnons,
                  - abricots,
                  - nèfles,
                  - amandes,
                  Murissent quinze jours avant leurs similaires de la Métropole. Ces fruits s'écoulent facilement, tant sur place que sur les marchés français.
                  La fraise qui paraît dès le mois de février, trouverait certainement une vente facile à l'extérieur mais sa fragilité en interdit presque entièrement l'exportation.
                  Certains de ces fruits, après séchage, alimente un certain commerce d'exportation ; c'est le cas des amandes, produites principalement dans les régions :
                  - de Miliana,
                  - de Médéa,
                  - de Cherchell et
                  - d'Aïn-Bessem et
                  - de l'abricot dont les vergers de l'Aurès fournissent de grandes quantités.

Les pommes de terre nouvelles

                  La pomme de terre nouvelle est des cultures de primeur la plus importante peut-être. Les hivers exceptionnellement doux du littoral sont en effet éminemment favorables à son extension qui est remarquable. Aussi couvre-t-elle, chaque année, dans les environs immédiats des grands ports d'exportation, une superficie moyenne de 10.000 hectares, dont plus de la moitié à proximité d'Alger, dans le Sahel algérois et la Mitidja.
                  Les premières expéditions peuvent se faire dès novembre ; elles arrivent sur les marchés européens bien avant les envois d'Espagne, longtemps avant ceux de Bretagne. Mais cette culture à contre-saison (les semis ont lieu en août et septembre) ne donnent que de très faibles rendements : il faut un quintal de semence pour récolter 2, 3 plus rarement 4 ou 5 quintaux.
                  La pomme de terre nouvelle n'acquiert sa réelle valeur que dans sa précocité.

                  La production moyenne atteint 400.000 quintaux exportés en grande partie et rapportant de ce fait une cinquantaine de millions. Les semences toutefois dégénèrent ; il faut les renouveler souvent et acheter :
                  - en Bretagne,
                  - en Angleterre,
                  - en Hollande,
                  - des pommes de terre destinées à la plantation.

Les tomates

                  On distingue trois périodes d'exportation :
                  - la première va de novembre à janvier,
                  - la seconde a lieu au printemps,
                  - la troisième s'étend de mai à juillet et août.

                  Plus de 100.000 quintaux sont expédiés chaque année dans différents pays mais la consommation locale absorbe de grandes quantités. D'importantes usines, établies dans les centres de production, et principalement à Bône, utilisent les fruits tardifs pour la fabrication de purées et de concentrés ; c'est là une industrie prospère qui est assurée de trouver des débouchés étendus.

Autres légumes

                  Sont cultivés également comme primeurs :
                  - les artichauts (70 à 80.000 quintaux),
                  - les haricots verts (40.000),
                  - les petits pois (15 à 20.000),
                  - les carottes (30.000),
                  - les courgettes,
                  - le fenouil,
                  - les navets,
                  - les patates,
                  - l'ail etc…

Les dattes

                  A un double point de vue la datte joue en Algérie un rôle considérable :
                  - rôle intérieur parce qu'elle est presque l'unique ressource du Sahara et qu'elle constitue l'aliment principal de ses habitants,
                  - rôle extérieur car elle fournit à l'exportation un contingent d'une soixantaine de millions de francs.

                  Arbre d'importation très lointaine, le palmier dattier représente pour le Sahara une richesse inestimable que l'on pourrait chiffrer par milliards de francs.
                  Grâce à sa grande résistance aux écarts de température du désert il est par excellence l'arbre du Sahara qu'il a permis de vivifier en bien des points. " La tête dans le feu et les pieds dans l'eau " dit le proverbe arabe ; ce dicton énumère en quelques mots ses exigences :
                  - de la chaleur,
                  - du soleil, et
                  - beaucoup d'humidité.

                  De la chaleur on en trouve partout mais de l'eau cela est plus rare. Il existe toutefois à des profondeurs variables dans le sous-sol, des nappes d'eau plus ou moins importantes. Ce sont quelquefois, comme dans le M'zab, de véritables rivières souterraines coulant à quelques mètres de profondeur : il suffit, pour arroser les palmiers, de creuser des puits et de puiser l'eau.
                  Ou bien comme dans le Souf, l'eau affleure ; en établissement les jardins à quelques mètres plus bas que le niveau du sol, dans des sortes de cuvettes, le palmier trempe ses racines dans un terrain gorgé d'eau. Mais le plus souvent la nappe d'eau se trouve à cent ou plusieurs centaines de mètres de profondeur et le puits à creuser devient une œuvre de géant ; l'eau, sous pression, jaillit à gros débit.

                  Si l'eau est rare et n'est pas assemblée en une nappe unique il faut, une fois le puits foncé, creuser des galeries souterraines longues souvent de plusieurs kilomètres qui captent l'eau éparse dans le sous-sol.
                  Grâce à ces pénibles travaux, effectués souvent à mains d'hommes, les populations sédentaires des oasis peuvent arroser leurs palmiers et les cultures qu'ils abritent.

                  Mais de plus en plus le travail humain fait place à la sonde moderne : Dans le Sud, plusieurs ateliers militaires munis d'instruments perfectionnés foncent à de grandes profondeurs, en quelques semaines, parfois en quelques jours des puits artésiens qui donnent aux indigènes la possibilité de revivifier des palmeraies dépérissant et d'étendre leurs plantations. Les bienfaits de la colonisation ont également perfectionné la culture du dattier et faire connaître à l'indigène des méthodes de plantation, d'entretien, de cueillette plus modernes et plus rémunératrices.
                  Actuellement les palmeraies, non seulement procurent une abondante nourriture aux populations sahariennes et à leurs animaux (on alimente en partie les chameaux avec des noyaux de dattes) mais donnent lieu à un commerce d'échanges très importants entre l'Algérie du Nord (Tell et Hauts-Plateaux) et fournissent à l'exportation des quantités appréciables de dattes.

                  On estime à 6 à700.000 quintaux la quantité utilisée pour l'alimentation des Sahariens. 2 à 300.000 sont expédiés dans le Nord, le plus souvent par l'intermédiaire des tribus nomades qui vont estiver dans les régions moins arides et qui, au retour, rapportent des céréales du Tell.
                  Quant à l'exportation elle représente jusqu'à cent mille quintaux. Depuis 1913, le nombre de palmiers s'est accru de plus de 2 millions d'unités ; on compte actuellement près de 7 millions de dattiers. Les huit-dixièmes environ sont en plein rapport et produisent 14 million et demi de quintaux de dattes ; le reste est constitué par des arbres nouvellement plantés qui ne produiront que dans quelques années.

                  On distingue trois variétés de dattes :
                  - Les deglet-nour, les meilleures et les plus fines, très sucrées ; leur transparence leur a fait donner ce nom de deglet-nour ou deglet-en-nour qui signifie doigt de la lumière. On ne compte qu'un million à peine de dattiers deglet-nour. La production atteint actuellement 300.000 quintaux.
                  - Les ghars, très molles, à chair très sucrée gorgée d'un sirop très fluide. On place les fruits en tas ; on recueille le sirop ou miel des dattes ; les fruits dégorgés sont ensuite entassés dans des sacs en polis de chameaux ou des peaux de chèvres pour former le pain de dattes, aliment principal des caravanes, qui se conserve très longtemps.

                  3 millions et demi de palmiers ghars produisent 600.000 quintaux de fruits. Le mot ghars signifie robuste ; il vient de la rusticité du palmier appartenant à cette variété.
                  - Les degla-beïda sont des dattes sèches, ne contenant pas, comme les précédentes un sirop sirupeux. Leur couleur blanchâtre leur fait donner le nom de de deglat-beïda qui signifie doigt blanc.
                  - 2 millions et demi d'arbres fournissent 600.000 quintaux de fruits.
                  Commercialement on distingue deux sortes de dattes :
                  - les dattes fines, qui sont le deglet-nour et
                  - les dattes communes qui sont les ghars et les degla-beïda.

                  Ces dernières n'intéressent pas l'exportation ; quelques milliers de quintaux sont expédiés au Sénégal pour la consommation des indigènes, et en Espagne qui les utilise pour la fabrication de l'alcool. Cent kilos de dattes fournissent 25 litres d'une très bonne eau de vie. Bien plus intéressantes sont les dattes fines.
                  L'Algérie est à peu près le seul pays à en produire de grandes quantités. Cent à cent cinquante mille quintaux sont exportés chaque année à destination de Marseille principalement.
                  Les exportations vers l'étranger qui étaient de 3.000 quintaux en 1913 sont passées en 1928 à plus de 11.000 : la Tunisie, le Maroc, l'Angleterre achètent à l'Algérie des quantités croissantes de dattes.
Conserves de fruits et de légumes. Confitures

                  On ne saurait parler de la culture des fruits et des légumes sans dire quelques mots d'une industrie qui en est la conséquence et qui utilise une partie de la production : la confiture et la fabrication de conserves. Une telle extension des cultures fruitières et maraîchères et une aussi grande variété de produits devrait avoir en effet pour corollaire immédiat la création, dans les grands centres de production, de cette industrie de transformation.
                  Tout en permettant d'accroître la récolte en lui assurant une vente constante, elle a l'avantage d'utiliser des fruits ou des légumes qui, sans être de mauvaise qualité, sont impropres à la vente pour l'exportation, soit parce qu'ils sont trop mûrs ou qu'ils n'ont pas un bel aspect ou qu'ils sont d'une maturité trop tardive ; en cas de mévente enfin ou de récolte trop abondante, elle procure un débouché presque 'illimité pour les produits dont on ne trouve pas le placement. Les usines sont nombreuses. Il en existe à :
                  - Alger,
                  - Oran,
                  - Orléansville,
                  - Pérregaux,
                  - Relizane,
                  - Bône,
                  - Bougie,
                  - Constantine,
                  - Boufarik.

                  Elles produisent toutes sortes :
                  - de confitures de fruits,
                  - de fruits confis,
                  - de conserves de légumes (petits pois, haricots, artichauts etc…),
                  - de purées,
                  - de concentrés de tomates.

                  Les exportations s'élèvent à :
                  - 10 à 15.000 quintaux de conserves de légumes,
                  - 2 à 3.000 de confitures,
                  - 2 à 300 de fruits confis pour une valeur d'une dizaine de millions.

Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes par
M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie.


Les autres produits d'élevage
Envoyé par M. Christian Graille

               Si le mouton est le principal élément de l'élevage algérien on ne saurait négliger les autres productions animales de la colonie. Bien moins importantes, elles rendent aux populations algériennes d'éminents services, tant par les produits qu'on en tire que par le travail fourni par les animaux. La chèvre est après le mouton l'animal le plus répandu. Comme lui, elle fait partie du cheptel de l'indigène qu'elle suit dans tous ses déplacements. Mais elle est répandue à peu près également sur tout le territoire proportionnellement à l'importance des populations indigènes, plus dense dans le département de Constantine que dans ceux d'Alger et d'Oran.

               On a surnommé la chèvre en France " la vache du pauvre ". Chaque famille d'agriculteurs indigènes en possède une ou plusieurs ; dans le département d'Alger on compte une chèvre pour 3 indigènes ; dans ceux d'Oran et de Constantine pour 2 ou 3 indigènes.
               Elle fournit en abondance son lait au petit cultivateur qui se nourrit encore de la viande des chevreaux ; la peau et les poils sont recherchés et se vendent facilement. Rustique, peu exigeante sous le rapport de la nourriture, elle ne coûte presque rien à son propriétaire et lui fournit un complément de ressources. Là où le mouton se nourrit d'herbes, la chèvre recherche les feuilles et les jeunes pousses d'arbres ; l'un et l'autre peuvent paître au même endroit sans se gêner.

               La chèvre est malheureusement l'ennemie des forêts et l'on peut, au même titre que les incendies, la considérer comme la dévastatrice des massifs forestiers qui couvraient autrefois les régions montagneuses de l'Algérie. On en compte 3 à 4 millions presque entièrement propriété des indigènes, les Européens n'en possédant guère que 2 à 3%.
               Peu d'animaux vivants sont fournis à l'exportation (3.000 têtes en moyenne) mais les peaux et les poils sont très demandés et une moyenne de 20.000 quintaux des unes et de 2 à 3.000 des autres sont, chaque année, expédiés vers différentes destinations.
               La valeur de ces envois atteint une quarantaine de millions de francs.

               Les bovidés sont au nombre de 900.000 à un million. Plus exigeants que le mouton et la chèvre leur aire de dispersion est surtout le Tell où l'on rencontre la presque totalité de l'effectif.
               Le bœuf d'Algérie est petit mais sa rusticité est remarquable et il rend de grands services, par son travail à l'agriculteur du pays. Il est, de plus, d'un assez bon rendement en boucherie, surtout lorsqu'il a été amélioré dans les élevages européens ce qui est le cas de la race sélectionnée de Guelma. Des essais de croisements avec le zébu de Madagascar et avec certaines races bovines particulièrement rustiques de la métropole ont donné de bons résultats à tous points de vue mais n'ont pas été généralisés.

               La race algérienne fournit assez peu de lait, aussi a-t-on dû introduire, pour l'alimentation des villes, des vaches laitières de France qui exigent des soins tout particuliers. La production des produits laitiers est cependant insuffisante et nécessite l'importation de 50 à 60.000 quintaux de beurre et de fromages pour une valeur d'une soixantaine de millions. En contre-partie le troupeau bovin fournit à l'exportation un contingent :
               - de 20.000 quintaux de peaux de bœufs,
               - de 1.000 à 2.000 quintaux de peaux de veaux et
               - 2 à 3.000 animaux vivants représentant une vingtaine de millions.

               Autre animal emblématique, le chameau ; il est la bête de somme du Sahara et des Hauts-Plateaux comme le bœuf est celle du Tell.
               On l'a surnommé avec juste raison " le vaisseau du désert ".
               - D'une sobriété remarquable
               - d'une grande endurance à la fatigue,
               - Pouvant, lorsqu'il a été spécialement dressé, atteindre de grandes vitesses, il rend de grands services à l'indigène du Sud. C'est la monture du guerrier du désert rapide et endurante et par excellence, l'animal de bât de la caravane.
               - On en compte actuellement 175 à 200.000. C'est un animal presque exclusivement élevé par l'indigène, les Européens en possédant 5 à 600.

               Son rôle économique réduit au transport perd de son importance et le développement de l'automobile et des chemins de fer n'est pas pour peu de chose dans la régression de l'élevage camelin. On utilise son poil pour la fabrication :
               - de sacs,
               - de burnous,
               - de bandes de tentes ou de cordes,
               - la confection des tapis recherchés, mélangé à de la laine, fabriqués en grande quantité à Tlemcen.
               Les coloris de ces tapis variant du blanc au brun foncé sont très agréables à l'œil.

               Plus intéressants pour l'agriculture européenne sont les chevaux et les mulets. On en compte 165 à 170.000 de l'un et de l'autre répartis pour la plupart dans le Tell.
               Le cheval fait l'objet de la part de l'indigène de plus de soins que tous les autres animaux car il fut longtemps pour les Arabes l'animal de guerre par excellence. Le barbe qui est un cheval algérien est une bête assez rustique, très employée dans l'armée d'Afrique où il constitue la monture de la cavalerie.
               Il peut être amélioré par des croisements judicieux avec des chevaux arabes ou des animaux de races métropolitaines comme par exemple, les bretons : Les demi-sang bretons-bardes sont d'excellents animaux de trait utilisés dans bon nombre d'exploitations agricoles européennes.

               On leur préfère toutefois le mulet plus rustique et plus sobre, et dont l'élevage tend à l'emporter sur celui du cheval. Le mulet du pays est petit, mais on emploie de plus en plus, dans cet élevage, le baudet du Poitou ou des Pyrénées qui donnent des animaux de belle taille remplaçant avantageusement le cheval pour le transport ou les travaux agricoles.
               L'énumération ne serait pas complète si l'on ne disait quelques mots sur le porc. L'interdiction dont est frappée par le Coran la viande de cet animal dans l'alimentation fait qu'il n'est pas élevé par les indigènes. Les 90 à 100.000 porcs existant en Algérie sont la propriété des Européens. L'exportation est assez importante et certaines années elles dépassent 20.000 têtes. Mais le développement de l'industrie frigorifique a eu pour conséquence de diminuer les exportations d'animaux sur pied et d'accroître proportionnellement les envois de viande de porc.

               Les cuirs et les peaux
               Les 11 à 14 millions d'animaux qui constituent le cheptel sont en mesure de fournir, chaque année :
               - 1.200.000 peaux de mouton,
               - 1 million de peaux de chèvres
               - 200.000 peaux de bovidés,
               - 25.000 peaux de chevaux et de mulets.

               Une partie seulement est utilisée par la tannerie locale :
               - 7.000 peaux de bovidés,
               - 55.000 de moutons et de chèvres, d'un poids total de 2.000 quintaux.
               Il reste libre à l'exportation :
               - 21 à 22.000 quintaux de peaux de bovidés,
               - 600 de chevaux et de mulets,
               - 15 à 20.000 de moutons,
               - 15 à 20.000 de chèvres.

               La France absorbe les ¾ de ces exportations, 45 à 50.000 quintaux.
               - Les Etats-Unis 4.000,
               - l'Allemagne 3.000,
               - l'Italie 1.500 à 2.000,
               - la Hollande 1.500,
               - l'Angleterre,
               - la Grèce,
               - l'Espagne,
               - la Bulgarie,
               - la Turquie,
               - le Portugal etc.

               Ces exportations rapportent plus de 80 millions de francs. L'industrie de La tannerie compte plus de 50 fabriques et occupent 500 ouvriers.
               La production peut être évaluée à 1.200.000 kilos par an dont 700.000 sont constitués par des cuirs de bonne qualité. Cette industrie a donné naissance à d'autres industries annexes comme celle :
               - de la chaussure (400 ateliers, 1.400 ouvriers, 400.000 paires par an),
               - de la sellerie et de la bourrellerie (300 ateliers, 500 ouvriers),
               - de l'article de voyage,
               - de la maroquinerie indigène et européenne.

               L'industrie du cuir livre à l'exportation, chaque année :
               - 2 à 3.000 quintaux de peaux préparées,
               - une centaine de millier de paires de chaussures,
               - un millier de quintaux d'ouvrage divers en peau, représentant une valeur totale de 15 à 20 millions.
               Si l'industrie du cuir était en mesure de mettre en œuvre toute la production algérienne, ce qui ne tardera pas, il est vraisemblable que la colonie tout en satisfaisant ses besoins, serait en état d'occuper dans le commerce mondial du cuir une part importante.
Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché Commercial à l'Office de l'Algérie


Le mouton et la laine
Envoyé par M. Christian Graille

                 Grâce à la grande étendue de ses régions de steppes l'Algérie est éminemment favorable à l'élevage du mouton. Seule une espèce aussi peu difficile peut convenir aux maigres pâturages, qui sont en majorité sur les Hauts-Plateaux, qui forment la règle dans le Sahara, que l'on rencontre trop souvent dans le Tell. Il constitue, en bien des contrées, l'unique richesse, richesse inappréciable pour les habitants qui en vivent : Lait, viande, peau, laine, tout leur est utile.
                 Le mouton pourvoit : à leur nourriture, à leur habillement, à leur logement.

                 Il est par lui-même et par ses dépouilles une monnaie d'échange qui leur permet de se procurer les objets qui leur sont nécessaires.
                 A lui seul le troupeau ovin représente un capital voisin de 1 milliard de francs. Cette particularité a fait souvent dénommer la colonie " pays du mouton ". Sans le mouton des millions d'indigènes seraient sans ressources, d'immenses espaces seraient improductifs.
                 Ce troupeau est variable. La mortalité est souvent considérable, causée par les intempéries ou les épizooties : sans soin d'aucune sorte, laissés à leur seul destin, les animaux meurent par milliers, par centaine de mille.

                 Surviennent plusieurs bonnes années, la reconstitution est aussi rapide car les brebis très prolifiques font fréquemment deux portées par an. Aussi, voit-on en un an ou deux, l'effectif diminuer d'un million de têtes pour regagner presque aussi rapidement les pertes subies.
                 On assiste cependant depuis quelques années et notamment depuis la guerre à une diminution progressive du cheptel ovin ; de 8 à 10 millions de têtes avant la guerre il n'est plus actuellement que d'un peu plus de six millions. Faut-il voir là une régression de l'industrie pastorale ou simplement une diminution passagère due à une série d'années calamiteuses ? Il est assez difficile de se prononcer.

                 Quoi qu'il en soit, il est évident que, dans la période qui a suivi la guerre, une série de mauvaises années ont été néfastes pour le troupeau :
                 - 1920, 1922, 1926 furent particulièrement défavorables.
                 - De 1919 à 1921 le troupeau perdait 2.200.000 bêtes,
                 - De 1921 à 1923, près d'un million, soit au total en quatre années de plus de 3 millions de têtes.

                 Pour se rendre compte toutefois de la rapidité avec laquelle le troupeau se reconstitue, on dira que de 1923 à 1925 on enregistrait un gain de plus de 1.100.000 animaux.
                 Il est assez difficile de donner la répartition de ce troupeau : On ne peut, en raison des différents mouvements migrateurs très importants, qui le font passer d'un département dans un autre, des Territoires du Sud, dans les départements du Nord, donner une idée exacte de sa situation générale. Il est possible toutefois d'indiquer cette répartition pendant l'hivernage époque pendant laquelle sont effectués les recensements. On compte actuellement :
                 - 1 million d'animaux dans le département d'Alger,
                 - 1.500.000 à 1.600.000 dans le département d'Oran,
                 - 1.700.000 dans celui de Constantine,
                 - près de 2 millions dans les Territoires du Sud.

                 On arrivait, au dernier recensement, à un total de 6.200.000 moutons.
                 Ce chiffre est bas, mais le troupeau très éprouvé à la fin de 1926 ne se reconstitue que lentement, à raison de 7 à 800.000 têtes par an ; nul doute que si les conditions sont encore favorables pendant plusieurs années, on arrivera en peu de temps, trois ou quatre ans, peut-être, au chiffre de 8 millions qui constituait la moyenne avant la guerre.
                 N'a-t-on pas vu, de 1881 à 1891 le troupeau passer de 6 à 11 millions de têtes ?

                 L'élevage du mouton, comme d'ailleurs les autres élevages, n'intéresse guère le cultivateur européen. C'est à tort peut-être qu'il néglige cette source de revenus si précieuse dans l'agriculture française : le mouton, et surtout le mouton algérien est en effet d'un entretien peu difficile :
                 - il se contente d'une nourriture précaire et vit très bien dans les chaumes et les maigres pacages,
                 - il donne, au surplus, un fumier abondant et ce n'est pas peu de chose dans une exploitation agricole,
                 - enfin sans être un gros supplément de dépense, il fournit une masse de produits d'une vente rémunératrice :
                 - lait,
                 - viande,
                 - peau,
                 - lait,

                 Tout cela trouve un débouché illimité à une époque surtout où le troupeau ovin diminue en France et ne s'accroît pas dans le monde dans la même proportion que les besoins.
                 Cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas d'élevages européens. Il y en a au contraire de fort bien tenus, mais ils sont rares. Les sept centièmes du troupeau sont entre les mains des Européens.
                 Sur ces 4 à 500.000 animaux quelques-uns appartiennent à des races importées de France, d'autres sont les produits de croisements de ces races avec les races indigènes. Ces croisements ont donné de bons résultats sans doute mais les animaux se montrent, en général, moins résistants que leurs congénères du pays. Il leur faut, en hiver, vivre à l'étable ; quant à leur faire endurer les mêmes fatigues, il n'y faut pas songer.

                 Aussi n'est-ce pas l'élevage complet que pratique, dans la majorité des cas, le colon. Il se contente d'acheter, à la fin de l'hiver, sur les marchés indigènes, des animaux maigres qu'il engraisse pendant le printemps ou sur ses chaumes au début de l'été ; puis il se livre à la boucherie ou à l'exportation.
                 Parfois il achète des brebis pleines et se livre à la production d'agneaux de lait. Mais dans un cas comme dans l'autre son rôle se borne à celui d'intermédiaire entre l'éleveur indigène et la consommation : ce n'est pas de l'élevage, c'est en quelque sorte une industrie.

                 Le mouton indigène se prête admirablement à l'engraissement ; il n'a pas, évidemment , les qualités bouchères de certaines races européennes, son rendement en viande n'est pas élevé, mais, accoutumé à vivre de peu, il profite rapidement d'une alimentation abondante : il suffit de quelques mois, de quelques semaines pour faire d'un animal efflanqué, exténué par des marches de centaines de kilomètres, un animal bien en chair, apprécié par la boucherie métropolitaine. Car le mouton trouve en France un très important débouché. L'Algérie exporte en France, d'avril à octobre, le dixième environ de son troupeau ovin plus de 600.000 têtes actuellement, certaines années le double.

                 C'est pour la Métropole un sérieux appoint car son cheptel ovin qui comptait autrefois 15 millions de têtes n'en compte plus qu'une dizaine de millions ; c'est pour l'Algérie un énorme profit : 100 à 200 millions par an. 10 à 15 millions de kilos de viande sont ainsi exportées en France où ils sont consommés sur les principaux marchés de Marseille, de Lyon, de Paris, et jusque dans le Nord et l'Est.
                 La consommation locale est elle-même considérable. La viande de mouton est en effet, pour de nombreuses régions, la seule viande de boucherie. Rien ne permet de l'évaluer à coup sûr mais elle atteint certainement plusieurs millions de têtes.
                 L'Algérie n'importe jamais de moutons pour les besoins de sa boucherie. Les 100.000 ovins que l'on relève dans les statistiques d'importation viennent du Maroc oriental et ne font que traverser l'Algérie pour être embarqués à destination de la France dans les ports oranais.
                 Mais si, au pont de vue de la boucherie le mouton joue un rôle de premier plan, il ne faut pas négliger ses produits qui, au compte de l'exportation, s'inscrivent pour une somme au moins égale à celle des expéditions d'animaux vivants.

                 Aujourd'hui que la France, outillée pour mettre en œuvre de grandes quantités de laine doit faire appel à l'importation pour le tonnage que ne produit plus son troupeau amoindri, le développement de l'élevage ovin en Algérie est au premier plan des préoccupations des milieux économiques métropolitains.
                 Les moutons fournissent une laine de bonne qualité qui trouve facilement des débouchés sur les marchés lainiers de Mazamet et du Nord de la France. La tonte produit annuellement entre 150 et 200.000 quintaux de laine, dont un peu moins de la moitié est utilisé sur place. La fabrication indigène :
                 - des tapis,
                 - des tentures,
                 - des vêtements en absorbe une bonne partie.
                 Les industries européennes du tapis et de la literie prennent le reste.

                 Quant aux quantités disponibles, une centaine de mille de quintaux elles sont livrées à l'exportation ; leur valeur oscille autour de la centaine de millions.
                 Il faut ajouter aux produits de la tonte les peaux en toison provenant de l'abatage des animaux ; il en est exporté, bon an, mal an, une trentaine de mille de quintaux d'une valeur de 30 à 40 millions. Reste la peau délainée. Elle ne fait pas à l'extérieur l'objet d'un commerce important car elle est en majeure partie utilisée sur place et transformée en cuir par les nombreuses tanneries indigènes et européennes. Les exportations de peaux représentent en moyenne 250 quintaux par an.

                 Les tapis
                 Il n'est pas possible, lorsque l'on parle de mouton et de laine d'Algérie, de ne pas dire quelques mots d'une très ancienne industrie, aujourd'hui florissante, qui est la conséquence de la présence dans le pays d'un important troupeau ovin : C'est l'industrie du tapis. Longtemps familiale, destinée à une faible consommation locale, la fabrication du tapis est entrée maintenant dans une phase industrielle. En dehors de la fabrication indigène qui est considérable mais que rien, jusqu'à présent n'a permis d'évaluer, la valeur des ventes effectuées par les manufactures de quelque importance s'élève annuellement à 30 ou 40 millions de francs.
                 Cette industrie ne semble pas d'une implantation récente ; il est vraisemblable que de tout temps le Berbère a fabriqué des tissus à destination de tapis dont les dessins et les couleurs nous ont été transmis par une longue tradition. Mais l'on doit, à l'invasion arabe, l'introduction du tapis à points noués, d'origine asiatique relativement récente. Les conquérants arabes enseignèrent cet art aux tribus berbères soumises ; il y eut pénétration des deux inspirations, l'une berbère, l'autre orientale et des dessins et des coloris nouveaux naquirent de cette fusion.

                 Cette fabrication confiée aux femmes et aux fillettes qui utilisaient à cet effet des laines de troupeau familial, teintes avec des plantes spontanées, fut d'abord limitée aux seuls besoins de la famille ou de la tribu.
                 Mais bientôt il y eut surproduction et le tapis devint une monnaie d'échange de plus haute valeur que la laine ou la peau.
                 La production de certaines tribus était renommée, recherchée dans toute l'Afrique du Nord et la réputation du tissu de laine algérien s'étendait, dès le IXe siècle dans le monde méditerranéen.

                 Aux XIIIe, XIVe et XVe siècles la France importait déjà des tapis du Maghreb. D'importants marchés existaient dans le pays et, au moment de l'occupation française, la foire annuelle d'Alger était largement approvisionnée en tapis de toutes sortes et de toutes provenances. Mais :
                 - non guidée,
                 - non renouvelée,
                 - laissée à l'inspiration maladroite de femmes ignorantes et sans goût, cette fabrication était au point de vue artistique en pleine décadence au début du siècle dernier.

                 Néanmoins, grâce à l'habile main-d'œuvre indigène, grâce aussi à l'existence de certaines traditions relatives à la fabrication et à la teinture, il était facile de faire renaître l'industrie algérienne du tapis, de lui infuser un sang nouveau.

                 En même temps que s'ouvraient de vastes ateliers groupant des centaines d'ouvrières indigènes, des écoles spéciales étaient créées pour enseigner aux fillettes du pays la technique de cette fabrication.
                 La renaissance du tapis algérien est maintenant chose faite. Il existe une importante industrie répartie sur tout le territoire.

                 Plus de 300 ateliers occupent actuellement un personnel évalué à 3.000 ouvriers et ouvrières, c'est dire sa valeur sociale et l'appoint considérable de travail et de salaire qu'elle distribue à la main-d'œuvre indigène.
                 Les manufactures possédant 100, 200 métiers sont courantes ; il en est une à Alger qui occupent 700 ouvrières.
                 L'industrie familiale indigène, sous cette impulsion, connaît un nouvel essor.
                 Il n'est pas possible de connaître le nombre de métiers qu'elle utilise, mais on peut indiquer pour donner une idée de son importance, qu'une enquête privée a révélé l'existence, à Kalaâ seulement, de plusieurs centaines de métiers fabriquant plus de 40.000 mètres de tapis.

                 Dans le commerce des tapis, la production algérienne a acquis une place de choix qu'elle doit :
                 - à l'excellence de sa fabrication,
                 - à sa valeur artistique,
                 - à sa variété et
                 - à son prix peu élevé relativement à ses concurrents de Perse et de Turquie, qui la met à la portée des bourses moyennes.

                 Aussi, les exportations sont chaque année plus importantes : de 1200 quintaux à peine au début du siècle, elle quadruplaient en 1910 ; elles dépassent maintenant 2.000 quintaux valant une quinzaine de millions.
                 La France en prend la plus forte quantité mais les débouchés se font de plus en plus importants à l'étranger :
                 - L'Angleterre,
                 - l'Amérique du Nord,
                 - La Belgique,
                 - la Hollande,
                 - la Scandinavie peuvent être cités parmi les meilleurs cents de l'Algérie.
Cahiers du centenaire de l'Algérie IX
Les productions agricoles
par M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché Commercial à l'Office de l'Algérie.


Alfa
Envoyé par M. Christian Graille

         Cette plante de la steppe nous conduit sur les Hauts-Plateaux.
        A perte de vue des espaces plats ou à peine vallonnés s'étendent couverts d'une herbe verte au printemps, grisâtre en été, qui ondule sans arrêt sous les rafales de vent. On dirait une mer agitée par la brise : c'est la mer d'alfa.
        - Elle couvre 4 millions d'hectares de la frontière marocaine à la frontière tunisienne, - à l'Ouest elle déborde jusque dans le Tell atteignant le littoral,
        - au centre elle couvre quelques milliers d'hectares dans le Sahara.

        L'alfa exige une faible pluviométrie (moins de 50 centimètres de pluie par an) et des terrains perméables et secs : à cet égard, tout le département d'Oran, du Nord au Sud lui convient :
        - il y occupe près de treize cent mille hectares, plus du double si on y ajoute les peuplements des annexes de Méchéria et de Géryville appartenant administrativement aux Territoires du Sud mais géographiquement aux Hauts-Plateaux oranais.
        - La pluviométrie est déjà plus élevée dans le département d'Alger ; les peuplements d'alfa ne s'étendent que sur 6 à 700.000 hectares.
        - Sur les Hauts Plateaux constantinois, mieux arrosés encore, plus étroits aussi, on ne trouve plus que 600.000 hectares. La densité alfatière va donc en diminuant de l'Ouest à l'Est.

        L'emploi de l'alfa dans la fabrication du papier remonte au milieu du siècle dernier ; il est dû aux recherches d'un papetier écossais. Un centre de manipulation et d'embarquement de l'alfa fut créé à Arzew par cet industriel en 1870.
        42.000 tonnes étaient déjà expédiées en Ecosse.
        Dix ans plus tard les exportations atteignaient 80.000 tonnes
        Elles s'établissaient, dans les années qui précédèrent la guerre autour de 110.000 tonnes. Elles dépassent actuellement 200.000 tonnes. Progression rapide qui est la preuve de l'activité croissante des chantiers d'exploitation.

        L'alfa est une graminée vivace ; la feuille contient une fibre très fine et très résistante. Elle se détache facilement de la souche et il suffit d'une traction très légère pour l'en séparer.
        Il lui faut aussi des étés chauds mais il s'accommode très bien en hiver de basses températures. Sa rusticité, ses exigences très faibles en font une plante de la steppe ; il en est presque l'unique ressource, il en est en même temps la richesse. Il faut en effet pour sa cueillette une nombreuse main-d'œuvre, quelque peu expérimentée.

        On la trouvait autrefois parmi les immigrés espagnols de l'Oranie car l'Espagne, elle aussi, possède des peuplements d'alfa exploités avant ceux d'Algérie.
        Maintenant les tribus indigènes nomades qui viennent à l'époque de la récolte camper à proximité des chantiers la fournissent en abondance : hommes, femmes, enfants, des plus jeunes aux plus vieux tous sont occupés à l'arrachage.
        Ils apportent leur cueillette au chantier de pesage ; l'alfa, pesé, est payé aussitôt. Autre source de revenus pour les nomades ; avec leurs chameaux ils transportent à la gare d'embarquement l'alfa mis en balles. Tout est donc profit pour eux :
        - cueillette,
        - manipulation et
        - transport.

        Mais il n'y a pas de profit que pour les travailleurs indigènes. Sur 4 millions d'hectares en effet 50 à 60.000 seulement appartiennent à des particuliers ; le reste est la propriété des communes ou de l'État.
        Les peuplements sont concédés à des négociants qui versent une redevance au propriétaire :
        - concessionnaires,
        - communes,
        - État,
        - travailleurs indigènes trouvent donc leur profit dans l'exploitation de l'alfa.

        Et l'on doit également compter, parmi les bénéficiaires, les chemins de fer qui acheminent jusqu'à la côte l'alfa récolté, les dockers qui le charge sur les navires : toute un partie de la population se partage les 85 millions que représentent les exportations. Les peuplements d'alfa cependant, ne sont pas entièrement exploités. De vastes espaces trop éloignés des chemins de fer n'ont pu encore être mis en valeur. Ce n'est qu'à proximité des lignes de pénétration :
        - d'Oran à Crampel,
        - d'Arzew à Colomb-Béchar,
        - d'Alger à Djelfa et
        - de Constantine à Biskra,
        Qu'existent les principaux chantiers de récoltes ; hors ces contrées, de vastes régions sont inexploitables.

        Quoiqu'il en soit, les peuplements exploités fournissent à l'exportation plus de 200.000 tonnes de produits. La consommation locale est quasiment nulle.
        Tout au plus se réduit-elle à quelques milliers de tonnes employées par l'industrie familiale indigène pour la fabrication :
        - de nattes,
        - de chapeaux,
        - de sandales,
        - de couffins et
        - d'objets divers de vannerie, par quelques usines européennes pour la production de cordages, de tapis ou de tissus grossiers. Son emploi le plus répandu est la fabrication de pâte à papier ; c'est une industrie qui fait la véritable valeur de l'alfa d'Algérie.

        Le papier est : souple, soyeux, résistant, très léger, très bouffant ; il prend bien les caractères d'imprimerie. Mélangée en proportions variables avec les pâtes de chiffons, de paille ou de bois, cette pâte peut donner lieu à des milliers de combinaisons d'une grande valeur et d'une excellente qualité.

        Longtemps le monopole du papier d'alfa fut détenu par l'Angleterre qui achetait à l'Algérie la majeure partie de sa production ; bénéficiant de tarifs de transport par mer excessivement bas, elle avait sur l'industrie française un sérieux avantage car marchandise pauvre, pouvait supporter des frets coûteux.
        L'industrie anglaise nous revendait les papiers qu'elle produisait, à des prix élevés, car le papier d'alfa fut longtemps considéré comme papier de luxe.
        Des essais de fabrication furent tentés dès 1906 ; repris après la guerre ils durent être abandonnés. On se heurtait à deux obstacles :
        - le manque d'eau et surtout d'eau pure car la fabrication de la pâte en exige de grandes quantités et,
        - le prix de revient trop élevé, sur les lieux de production, du combustible et des produits chimiques.
        - Cependant l'industrie papetière française était tentée d'utiliser l'alfa produit de tout premier ordre que l'Algérie, la Tunisie et le Maroc lui offrait en abondance.

        Dès 1920, l'idée séduisait un groupement de papetiers et de fabricants de produits chimiques de la Métropole. Une société était créée à qui d'importants gisements alfatiers étaient concédés dans la région de Djelfa.
        La fabrication de pâte commençait en 1924 dans une ancienne poudrerie de la vallée du Rhône. L'industrie du papier d'alfa devenait une industrie française.
        Actuellement la société met en œuvre 20 à 30.000 tonnes par an d'alfa algérien et tunisien et produit une quinzaine de mille tonnes de pâte.
        Les exportations vers la Métropole passaient de 900 tonnes avant la guerre à 9.000 en 1924 ; elle dépasse aujourd'hui 22.000 tonnes.
        Il faut enfin noter que les pâtes d'alfa ont non seulement conquis le marché français mais qu'elles s'imposent de plus en plus, par leur qualité et par leur prix relativement faible, sur les marchés étranger allemand, suisse et même anglais.

Cahiers du Centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie



Crin végétal
Envoyé par M. Christian Graille

                  Le palmier-nain est la matière première du crin végétal. Tandis que l'alfa se plait :
                 - dans les régions pauvres,
                 - sous un climat sec,
                 - dans des sols arides,
                 - C'est dans les terres les plus riches du Tell que nous rencontrons le palmier-nain.
                 Seul représentant spontané de la famille des palmiers, il constitue des bouquets ou plus exactement des touffes très épaisses qui allongent et enchevêtrent leurs racines jusqu'à une très grande profondeur dans le sol. Il atteint un à deux mètres de hauteur, sept à huit mètres lorsqu'il n'a pas été coupé.

                 Comme il occupe les meilleurs sols il est un obstacle pour la mise en œuvre du pays, le grand ennemi de la colonisation. Il faut l'arracher, extraire à grand peine les souches.
                 L'indigène ne s'embarrasse pas ; lorsque dans son champ existe une touffe, il la respecte soigneusement et tourne autour avec sa charrue primitive.
                 L'Européen, plus exigeant, ne veut pas perdre un pouce de terrain ; il lui faut, dans ses labours, des raies bien droites : impitoyablement il se débarrasse du palmier-nain, dont les peuplements reculent devant la colonisation.

                 L'idée d'utiliser le palmier-nain revient à un colon M. Averseng qui s'aperçut que la fibre extraite mécaniquement de la feuille, après avoir été cordée gardait bien la frisure et pouvait avantageusement remplacer le crin animal dans presque tous les usages.
                 Il installa à Toulouse une première usine assez rudimentaire qui en 1848 produisait 2.000 tonnes de crin végétal. Peu d'années après il entreprenait la fabrication en Algérie.
                 Il eut naturellement de nombreux imitateurs et la fabrication prit rapidement un grand développement. La production atteignait avant la guerre 45 à 50.000 tonnes ; elle dépasse actuellement les 60.000 tonnes.

                 Une centaine d'usines et d'ateliers employant 3.000 ouvriers sont en mesure de produire annuellement 150.000 tonnes.
                 La fabrication du crin végétal est assez simple mais nécessite pour être économique un outillage perfectionné qui permet d'effectuer toutes les opérations dans le minimum de temps.
                 La feuille est d'abord défibrée, puis les fibres après triage et séchage sont parfois teintes en noir ; la dernière opération est le cordage en cordes de deux mètres.

                 Le produit obtenu est un succédané très employé du crin animal. Beaucoup moins cher, il a sur lui l'avantage d'être inattaquable à la vermine. Teint en noir il lui ressemble à presque s'y méprendre. Son utilisation principale est :
                 - la literie (il remplace la laine dans la fabrication des matelas bon marché),
                 - la sellerie,
                 - la bourrellerie,
                 - la tapisserie où il donne de très bons rembourrages.

                 On peut également avec la fibre fabriquer des cordes grossières.
                 Le crin végétal ou plus exactement le palmier nain, pourrait, prétend-t-on servir à la production de pâte à papier.
                 Il est de plus en plus demandé dans le monde entier et chaque année s'allonge la liste des pays clients. On citera :
                 - la France qui achète 5.000 tonnes par an,
                 - l'Allemagne qui prend plus de 20.000 tonnes pour ses besoins et ceux de l'Europe centrale,
                 - l'Italie qui demande 15 à 20.000 tonnes,
                 - la Belgique,
                 - la Hollande,
                 - l'Angleterre,
                 - les États-Unis etc.

                 On peut se demander si, comme l'alfa, le crin végétal est appelé à un grand avenir en Algérie. Au point de vue des débouchés qui s'étendent de plus en plus, on ne peut que s'attendre au développement de son industrie mais :
                 - l'approvisionnement en matière première se fait de plus en plus difficile,
                 - les zones de dispersion du palmier nain se réduisant au fur et à mesure des défrichements et de
                 - la mise en cultures des terres fertiles du Tell.

                 C'est un fait que cette industrie recule devant les progrès de la colonisation, que les ateliers localisés autrefois autour d'Alger ont dû être reportés vers l'intérieur, en Oranie en particulier jusqu'à proximité de la frontière marocaine où la colonisation est encore peu importante.
                 Mais il reste, particulièrement dans les terres indigènes des peuplements importants qui alimenteront longtemps encore les ateliers de la colonie.
                 Quoi qu'il en soit, même si un jour cette industrie disparaît, elle aura joué son rôle en apportant aux indigènes qui récoltent les feuilles et aux colons dans les premiers temps de la colonisation un considérable surcroît de ressources.
Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie



Ah les hommes !
Envoyé par Hugues

           Un couple de retraités retourne chez le concessionnaire Mercedes et constate que le vendeur avec qui il avait fait affaire venait de vendre la voiture qui l'intéressait à une belle jeune femme blonde en mini-jupe et à la poitrine invitante!

           Le vieil homme était visiblement choqué. Il s’est adressé au vendeur brusquement : «Jeune homme, je pensais que vous m’aviez dit que vous pouviez me réserver cette voiture à 95,000 € mais je viens d'entendre que vous venez de la vendre 75 000 € à la charmante jeune femme là-bas.
           Si je me souviens bien, vous m'aviez clairement indiqué qu’il vous était impossible de m’offrir ce modèle à moins de 95,000 €.

           Le vendeur prit une profonde inspiration, s'éclaircit la gorge et saisit son café.
           Eh bien, que puis-je vous dire? Elle avait l'argent comptant, n’avait pas besoin de financement et, Monsieur, regardez-la, comment pouvais-je résister? » Répondit timidement le vendeur très mal à l’aise.

           Juste à ce moment, la jeune femme s'approche du couple et donne les clés de la voiture au vieil homme.
           «Voilà!» dit-elle. "Je t'avais dit que je pourrais faire baisser le prix à cet idiot.
           A bientôt, Papa, et Bonne Fête des Pères !!! »
          


Liège
Envoyé par M. Christian Graille

               C'est une ressource précieuse du Tell qui peut, dans un avenir, très prochain, mettre l'Algérie en mesure de contrôler le marché mondial.
               Il provient de l'écorçage d'un chêne à feuilles persistantes, le chêne-liège qui couvre 450.000 hectares, 150.000 de plus que les forêts espagnoles.
               La France détient plus d'un million d'hectares de chêne-liège c'est-à-dire plus de la moitié des peuplements dans le monde.

               Le liège, dont les applications se font de plus en plus nombreuses, qui trouve dans quantités d'industries et surtout depuis que se développe l'industrie frigorifique, des débouchés croissants est actuellement l'objet des appétits de puissants groupements économiques étrangers qui s'efforcent d'obtenir la maîtrise du marché. Y parviendront-ils ? L'Algérie, dans cette bataille du liège, saura-t-elle conserver son hégémonie ? La chose est à souhaiter car il serait déplorable que des puissances qui ne produisent pas de liège pussent, par des combinaisons financières, par des trusts, dicter aux pays producteurs les prix de vente, leur imposer un rythme de production.

               La répartition du chêne-liège est fonction de l'importance de la pluviométrie. Il exige en effet de l'humidité, des pluies plutôt abondantes. On concevra donc que l'étendue et la densité des peuplements soient plus grandes à l'Est qu'à l'Ouest, sur le littoral, qu'à l'intérieur.
               Sur les 450.000 hectares près de 400.000 sont en effet contenus dans le seul département de Constantine où ils couvrent les versants de la chaîne du littoral : Grande Kabylie, Kabylie de Babors, massif de l'Edough.
               Dans le département d'Alger on ne compte plus que 40.000 hectares en Kabylie, en Oranie moins de 10.000 hectares sont répartis dans le Sahel d'Oran et les régions de Mascara et de Tlemcen.

               Pour mettre en valeur une forêt de chênes liège, il ne suffit pas d'écorcer l'arbre. L'écorçage, pour être fait sans nuire à l'avenir de la forêt :
               - exige un nombreux personnel de surveillance,
               - pour évacuer le liège, il faut construire des routes et des chemins,
               - enfin la première récolte ne donne qu'un liège de peu de valeur le liège vierge ou mâle et l'on doit attendre une dizaine d'années avant de récolter un liège propre à la vente ou marchand, appelé encore liège de reproduction.

               La mise en valeur d'une forêt de 450.000 hectares aurait donc nécessité une mise de fonds que l'Administration algérienne, ne disposant au début de l'occupation que de faibles ressources, ne pouvait effectuer. Elle dut donc en aliéner une bonne partie. Il reste actuellement 275.000 hectares gérés par l'État qui sont presque complètement exploités et dont la production annuelle atteint 12 à 13.000 tonnes. Si on ajoute à cette production celle des forêts privées qui est de 20 à 30.000 tonnes on arrive à un minimum d'une quarantaine de mille de tonnes représentant le total des ressources de l'Algérie.

               L'existence de ces richesses, la production rapidement accrue des forêts ne pouvaient qu'encourager l'industrialisation sur place d'un partie au moins du liège récolté. La moitié de la production est mise en œuvre par l'industrie locale qui compte plus de 80 ateliers situés à proximité des forêts et emploie 4.000 ouvriers.
               Certains de ces établissements ont une proportion de véritables usines :
               - un d'eux, à Bône occupe 850 à 1.000 personne,
               - un autre, à Alger en emploie plus de 300,
               - Un troisième à Azazga, en Kabylie en compte 281.
               L'industrie du liège fabrique les plus généralement les objets les plus divers :
               - bouchons, carrés, disques, ustensiles de pêche, tapis de bains etc.

               Mais il est des établissements qui sont spécialisés la préparation du liège pour la vente, préparation indispensable avant toute utilisation : le produit obtenu après raclage, bouillage et pressage du liège marchand, puis découpage et triage suivant la qualité et l'épaisseur prend le nom de liège en planches régulières. L'industrie en livre à l'exportation 15n à 20.000 tonnes.
               Les produits qui n'ont pas été utilisés par l'industrie sont exportés : 15 à 20.000 tonnes de liège vierge et 3.000 tonnes de liège marchand non préparé.
               Voici quelques utilisations du liège qui ont pris de l'importance depuis quelques années : Le linoléum, mélange de poudre de liège, d'huile, de lin et de siccatif (adjuvant qui active le séchage.) qu'on étend sur une toile ou sur du papier.

               Celles de briques ou des panneaux isolants fabriqués en comprimant du liège granulé additionné d'un liant (chaux, plâtre, goudron) qui utilisent la double propriété du liège d'être mauvais conducteur de la chaleur et d'amortir les sons et dont on se sert pour le revêtement intérieurs des appartements et des chambres frigorifiques. Ces produits permettent d'employer bon nombre de lièges autrefois réputés de rebut : lièges mâles, débris et déchets provenant des autres industries. Enfin les produits trop minces trouvent leur utilisation dans la fabrication des rondelles qu'on applique au fond des capsules métalliques servant au bouchage des bouteilles.

Cahiers du centenaire de l'Algérie IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie


Cultures industrielles.
Productions végétales naturelles
Envoyé par M. Christian Graille

Le tabac

               C'est de toutes les cultures industrielles la plus importante en Algérie. Les autres :
               - Coton, lin, ricin, plantes aromatiques, n'occupent guère qu'une surface égale au tiers de celle qui lui est consacrée.

               A ce titre seulement, le tabac mériterait une mention spéciale. Mais il joue, dans la colonie, un rôle économique de premier plan.
               C'est en effet par vingtaine de mille, par trentaine de mille que l'on peut estimer le nombre de personnes qu'il fait vivre, tant du fait de sa culture que de son industrialisation.
               Et la valeur seule des exportations du tabac brut et fabriqué approche les deux cent millions de francs soit environ le vingtième des exportations totales de l'Algérie. La liberté de culture et de fabrication dont le tabac bénéficie, n'a pas été pour peu de chose dans le développement qu'il a pris depuis une trentaine d'années et particulièrement depuis la guerre.

               Aucune entrave n'est apportée par l'Administration ; quiconque veut utiliser du tabac ou se livrer à son industrialisation est autorisé à le faire ; il lui suffit de faire une déclaration et de laisser contrôler par des agents de l'État sa culture et sa fabrication. Il résulte de cette liberté une concurrence intense dans la vente de produits fabriqués, par voie de conséquence des prix excessivement bas qui ne peuvent qu'être favorables au développement de la consommation qui peut être estimée à près de 100.000 quintaux par an.
               Une autre cause de l'extension de la culture du tabac réside dans les hauts cours pratiqués dès le début de la guerre qui ne pouvaient qu'inciter les agriculteurs à consacrer à cette plante, dans toutes les régions où cela était possible des surfaces de plus en plus grandes qui ont doublé depuis 1913 (25 à 30.000 hectares actuellement).

               Il ne serait pas exact de dire que le tabac est une plante d'introduction française. Longtemps avant la conquête, plus de cent ans avant, on signalait en Afrique du Nord des cultures de grand tabac ou tabac à fumer et de petit tabac ou tabac à priser. Peut-être doit-on aux Turcs l'introduction de cette plante américaine. C'est à la bonne venue et à l'excellente qualité des tabacs provenant des cultures indigènes qu'il faut attribuer, en grande partie, l'établissement de plantations par les premiers colons français.

               Une aide précieuse leur fut apportée par la Régie Française qui leur acheta la récolte à un bon prix. Ils cultivaient 169 hectares en 1869, plus de 2.000 quatre ans plus tard. En même temps que l'on continuait à cultiver les variétés indigènes, d'autres, à plus grand rendement étaient introduites.
               La culture se développait, 6.000 hectares en 1872 qui, produisaient 50.000 quintaux de feuilles. On comptait, avant la guerre, une dizaine de milliers d'hectares cultivés par 12.000 planteurs.
               Actuellement c'est sur 25 à 30.000 hectares que se fait la culture ; plus de 15.000 agriculteurs s'y livrent chaque année et récoltent en moyenne 250.000 quintaux de feuilles. Les régions de production sont principalement :
               - la Kabylie, la plaine des Issers, la Mitidja, le versant Sud du Sahel d'Alger, la plaine et les environs de Bône.

               Dans le département de Constantine on compte 10 à 15.000 hectares qui produisent 100.000 quintaux de tabac à fumer et 2 à 3.000 de tabac à priser. Les cultures oranaises sont peu étendues : 50 à 100 hectares produisant un millier de quintaux.
               Les tabacs sont de diverses qualités, dont beaucoup répondent aux besoins des manufactures : tabacs bruns, tabacs blonds, toute une gamme très variée se rencontre dans les cultures qui d'ailleurs sont spécialisées suivant les régions. Et l'on parle d'entreprendre la culture des tabacs fins d'Orient. Pour cette production de 250.000 quintaux on trouvait facilement des débouchés dans l'industrie locale d'abord. L'extension de l'industrie du tabac est la conséquence, d'une part, du développement de la culture, d'autre part, de la liberté de fabrication. On compte actuellement cinquante manufactures situées la plupart à :
               - Alger, Oran, Blida, Constantine et Bône et qui occupent un personnel de 5.000 ouvriers.

               Leur production de tabac manufacturé peut être évaluée à 150.000 quintaux par an. Elles sont dotées d'un matériel très perfectionné qui fait de quelques-unes des établissements de premier ordre. Elles ne se contentent pas de mettre en œuvre les tabacs du pays.
               Pour les produits très variés qu'elle fabrique, produits qui peuvent répondre à tous les goûts de la clientèle du monde entier, il lui est nécessaire de faire venir d'Orient, d'Extrême-Orient, d'Amérique, 450 à 50.000 quintaux de tabac en feuilles. Elle satisfait ainsi presque entièrement aux besoins de la consommation locale et peut même exporter des quantités importantes de tabacs de toutes sortes :
               - 10 à 20 millions de cigares,
               - 30 à 40.000 quintaux de cigarettes
               - 10.000 quintaux de tabac fabriqués autres.

               Elle expédie une partie de sa production en France ; quelques pays lui en achètent une proportion assez considérable comme le Maroc et l'Indochine. Dans les principales régions productrices, les planteurs se sont groupés pour la création de magasins qui reçoivent leur production, procèdent au triage et au séchage et assurent l'écoulement aux meilleurs prix.

Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière, Ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie.


Produits forestiers divers
Envoyé par M. Christian Graille

Types Algériens

                 Nous ne quitterons pas les forêts algériennes sans passer une revue rapide des richesses, autres que le liège qu'elles recèlent.
                  Richesses peu importantes d'ailleurs qui sont encore loin d'avoir la valeur du liège mais dont l'exploitation rationnelle ne peut être profitable. On compte en effet un peu plus de 3 millions d'hectares de forêts. Mais encore faut-il ajouter que la forêt algérienne n'a souvent rien de comparable avec la forêt française, avec la forêt européenne, d'une façon générale.
                  Quelques peuplements, il est vrai, rappellent les hautes futaies de nos pays, mais ils sont rares. La plupart du temps ce ne sont, au milieu d'un taillis plus ou moins épais ou de simples broussailles, que quelques bouquets d'arbres, ou des arbres isolés ; certains sont vigoureux, d'autres malingres.
                  Un simple maquis est parfois réputé forêt. Bien plus qu'une formation végétale, la forêt est, en Algérie, une entité administrative.
                  Il n'en reste pas moins que, mise en valeur dans ses peuplements les plus denses et les plus accessibles, cette forêt peut fournir une variété de produits assez considérable. Les essences qui la constituent sont nombreuses ; on y trouve :
                  - outre le chêne-liège,
                  - plusieurs autres variétés de chênes (zéens, afarès, kermès, chêne vert, des pins,
                  - des cèdres,
                  - des thuyas.

                  Mise en coupe, on assure que ces peuplements pourraient fournir 350.000 tonnes de bois d'œuvre et 100.000 tonnes de charbon de bois. L'Algérie qui importe 200.000 tonnes de bois d'œuvre, pourrait non seulement satisfaire à ses besoins, mais encore peut-être devenir exportatrice.
                  La mise en valeur des forêts est loin d'avoir atteint ce degré de perfection : l'évacuation des produits est en effet difficile, faute de chemins suffisants, et les frais de transport grèvent souvent les marchandises de charges trop élevées.
                  En présence des dépenses qu'auraient entraînées cette mise en valeur l'État a dû aliéner une partie des forêts. Ce qui lui reste a été en grande partie mis en exploitation. Les coupes de bois sont amodiées à des particuliers qui en extraient :
                  - 30.000 mètres cubes de bois d'industrie,
                  - 150.000 stères de bois de chauffage,
                  - 125.000 traverses de chemin de fer,
                  - 125.000 perches,
                  - 2.000 tonnes d'écorces à tan,
                  - 20.000 tonnes de charbon.

                  Si l'on y ajoute les produits des forêts privées, pour lesquelles les chiffres sont inconnus, on se rend compte cependant que le pays est en mesure de trouver sur place une partie des produits forestiers qui lui sont nécessaires.
                  Exception faite du liège un des produits les plus intéressants qui alimente un commerce d'exportation de 4 à 5 millions de francs est l'écorce à tan.
                  De nombreuses essences sont en mesure de la fournir :
                  - le chêne liège dont la partie interne de l'écorce contient du tanin (la partie externe étant constitué par le liège),
                  - le chêne vert,
                  - le chêne kermès dont la racine fournit l'écorce amère,
                  - le chêne zéen,
                  - le pin d'Alep.
                  L'exploitation des écorces à tan fut longtemps, faute d'une législation forestière suffisamment sévère, cause que bon nombres d'arbres furent abattus et que les peuplements non reboisés, diminuèrent progressivement.
                  On comptait que, de 1870 à 1877, les seuls ports de Bône, de Philippeville et de Collo avait embarqué surtout à destination de l'Italie et de l'Angleterre plus de 50.000 tonnes d'écorces à tan de chêne-liège.
                  Plus d'un million d'arbres avaient été détruits durant le même temps. Cette exploitation ruineuse a heureusement pris fin depuis longtemps. Grâce à une réglementation sévère des coupes de bois et de colportage des produits forestiers, la production des écorces à tan est devenue plus rationnelle ; elle est également moins élevée. Les exportations annuelles atteignent 7.000 tonnes environ.

                  C'est surtout l'Italie qui profite de cette production ; c'est elle, il faut le dire, qui l'a fait naître ; elle achète en Algérie chaque année 5.000 tonnes. La France vient ensuite avec 500 à 1.000 tonnes.
                  Les expéditions en Belgique, bien que faibles, (3 à 400 tonnes) sont régulières ; bien moins constantes mais souvent plus considérables, sont celles à destination du Portugal et de l'Angleterre.
                  Il est à prévoir que la demande en écorces à tan sera de plus en plus importante. La production algérienne sera-t-elle en mesure d'y satisfaire ? En dehors des écorces à tan, d'autres produits contiennent du tanin en forte proportion ; il suffirait de les exploiter rationnellement, voire de multiplier les plantes qui les fournissent ; tels sont :
                  - le tezera,
                  - le retam, arbustes assez répandus,
                  - le takaout, galle produite par un insecte sur un tamarix (ou tamaris) du Sahara ;
                  Les tanneurs indigènes emploient ces produits ; les tanneries européennes pourraient les utiliser en grande quantité.

                  Une autre production intéressante est celles des souches de bruyère. Les forêts algériennes et principalement celles de la Kabylie, contiennent de nombreux pieds d'une bruyère arborescente qui peut atteindre jusqu'à six mètres de hauteur. Les souches sont formées d'un bois très serré, très dur, employé dans la fabrication des pipes.
                  On estime à 4 ou 5.000 le nombre d'indigènes occupés à leur extraction. Des scieries situées en pleines régions de production débitent les souches en planches puis découpent des ébauches ayant le profil de pipes : ces ébauches portent le nom d'ébauchons.
                  On compte dans la colonie plus de 30 ateliers, souvent fort importants, qui emploient un total de 1.200 ouvriers.
                  Le finissage de la pipe ne s'effectue pas en Algérie ; c'est dans le Jura, à Saint-Claude, et aux États-Unis que les ébauchons sont tournés et transformés en pipes.
                  Les exportations atteignent 4 à 5.000 tonnes pour une valeur de 10 à 15 millions de francs.

Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière ingénieur agronome
Attaché commercial à l'office de l'Algérie


Le coton 
Envoyé par M. Christian Graille
Les plantes à parfum, le ricin.

                 L'essor du coton, depuis la guerre, a été remarquable ; mais ramené à son plan véritable, il ne parait pas devoir, en l'état actuel des choses, se développer beaucoup plus.

                Peut-être, lorsque les travaux hydrauliques actuellement en cours d'exécution seront achevés et permettront l'irrigation de vastes espaces, assisterons-nous à une nouvelle extension de sa culture.
                C'est une plante exigeante qui trouve sa place beaucoup plus dans les régions tropicales car elle demande :
                - un printemps chaud, exempt de gelées tardives (malheureusement fréquentes en Algérie),
                - beaucoup d'eau et de chaleur en été et
                - Un automne sec au moment de la récolte.

                Le coton trouve ces conditions réalisées en grande partie dans certaines régions bien abritées et dans quelques plaines et vallées :
                - Oran, - Sig, - Habra, - Chélif, - Mitidja, - Philippeville, - Bône.

                Depuis longtemps le coton était cultivé en Algérie mais au moment de la prise d'Alger la culture était en régression très sérieuse et se trouvait cantonnée dans quelques oasis sahariennes.
                Des essais furent effectués par des colons français ; on assista vers 1860, au moment de la guerre de sécession des États-Unis, par suite de la hausse des cours, à une véritable fièvre du coton, qu'encourageait un système de prime à la culture mal appliqué.

                En 1866 on récoltait 9.000 quintaux. Dès 1875 les primes étaient supprimées, la culture était abandonnée. Elle reprenait seulement au début de ce siècle sur 300 hectares situés autour d'Orléansville. Les prix élevés d'après-guerre eurent pour conséquence de lui donner un nouvel essor.
                Actuellement 5 à 6.000 hectares lui sont consacrés. La production est d'environ 50.000 quintaux de coton brut qui donnent à l'égrenage une quinzaine de mille quintaux de fibres. Le coton est d'excellente qualité ; il est très comparable à celui d'Égypte qu'il peut remplacer dans tous ses usages. Les planteurs ont créé, dans les centres de production, des coopératives qui effectuent le triage et l'égrenage de la récolte et livrent la fibre et la graine à l'exportation.

                La France et particulièrement l'industrie textile de l'Est est la principale cliente pour les fibres de coton. Par contre, les exportations de graines (25 à 30.000 quintaux) sont dirigées en presque totalité sur l'Angleterre. La valeur des exportations dépasse 25 millions de francs.

                Au moins aussi importante, au point de vue des exportations, est la culture des plantes à parfum : c'est en effet 25 à 30 millions que leur vente à l'extérieur rapporte à l'Algérie. Au premier rang le géranium-rosat qui couvre environ 4.000 hectares.
                Cette culture d'origine française a été implantée par les colons originaires de Grasse. La plante est de la famille du géranium cultivée dans les jardins pour l'ornement a ceci de particulier que sa feuille contient une huile essentielle le géraniol dont l'odeur rappelle celle de la rose.

                Il suffit donc de distiller la plante pour obtenir cette essence très recherchée par la parfumerie qui l'utilise non seulement pour fabriquer des essences de roses à bon marché mais encore des parfums de fleurs très variés (violette œillet etc.).
                L'emploi de l'essence de géranium est de plus en plus répandu et la demande de la parfumerie est active.
                La culture du géranium est localisée dans la Mitidja ; on ne rencontre dans le département de Constantine que 2 à 300 hectares. La production dépasse en année moyenne 60.000 kilos d'essence qui sont exportés pour près de la moitié en France, le reste à destination de l'étranger et plus particulièrement les États-Unis qui en font une forte consommation.

                On cultive aussi le ricin qui permet d'obtenir une huile très employée dans le graissage des moteurs à explosion, ceux de l'aviation en particulier. On a beaucoup préconisé sa culture en Algérie dans les dernières années car la France est tributaire de l'Extrême-Orient.
                A la fin de la guerre, à la demande de l'Administration, des superficies importantes furent consacrées au ricin ; mais faute de débouchés, la culture fut abandonnée. Elle a été reprise l'année dernière dans le département d'Oran.
                Actuellement le service des poudres achète la production. Les résultats obtenus ont été très satisfaisants et ne pourront qu'encourager le développement de cette culture intéressante au plus haut chef pour la défense nationale.

Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie



Minerai de fer
Envoyé par M. Christian Graille

                 C'est le minerai métallique le plus répandu en Algérie. C'est lui qui fournit, à l'exploitation, le plus fort tonnage. Dans un inventaire dressé au début du siècle par le Service des Mines, l'Algérie compte plus de 150 gisements répartis assez inégalement sur le territoire et dont la densité va en croissant de l'Ouest à l'Est :
                 - le département de Constantine en contient 93,
                 - celui d'Alger n'en a plus que 30,
                 - et on n'en signale que 28 dans le département d'Oran.

                 Ajoutons, d'ailleurs, que bon nombre de ces gisements peuvent être groupés en quelques formations seulement, ce qui réduit sensiblement les gîtes existants.
                 Il n'en reste pas moins que cette quantité considérable d'affleurements est l'indice de la grande richesse du sous-sol.
                 Tous ces gisements ne contiennent pas une quantité de minerai suffisante pour justifier une exploitation lucrative ; aussi n'en est-il encore qu'un petit nombre qui aient jusqu'à présent été mis en valeur.

                 Le minerai de fer se présente sous des formes diverses et à une plus ou moins grande profondeur. Suivant la profondeur et la direction des filons, l'extraction est souterraine (mines) ou à ciel ouvert (minières).
                 Si les deux tiers des exploitations sont souterraines les difficultés d'abatage ont pour effet de réduire la production des mines qui ne fournissent que le tiers de la production totale.
                 Les minières, par contre, moins nombreuses mais d'une exploitation plus facile produisent deux fois plus.
                 L'exploitation remonte à une soixantaine d'années mais la découverte des vestiges d'exploitations antérieures datant de l'occupation romaine permet d'établir qu'une extraction d'une certaine importance existait déjà à cette époque.

                 La production subit un rapide accroissement : de 5 à 600.000 tonnes au début du siècle, elle dépassait 1.300.000 tonnes en 1913 ; depuis deux ans elle s'établit au-dessus de 2 millions de tonnes ; en 30 ans, elle s'est trouvée quadruplée.
                 - Le département de Constantine qui abrite la moitié des gisements exploités fournit la plus grande production, presque la moitié du total : 950.000 à 1 million de tonnes sont extraites chaque année provenant au moins pour les ¾ de l'Ouenza territoire situé entre Souk-Ahras et Tébessa près de la frontière tunisienne en pleine région montagneuse. Sa mise en valeur a nécessité la construction d'un chemin de fer le reliant à la ligne de Bône à Tébessa.
                 - L'exploitation en est des plus actives ; commencée en 1921, elle fournissait déjà en 1924 une production de 600.000 tonnes ; l'extraction actuelle approche les 800.000 tonnes.

                 L'Oranie est au second rang de la production avec plus de 600.000 tonnes, extraites de six gisements seulement situés au Sud-Ouest d'Oran et plus particulièrement dans la région de Béni-Saf. Ce dernier groupe fournit les 9/10 du minerai oranais.

                 Les exploitations du département d'Alger se trouvent toutes à l'Ouest de la capitale dans un quadrilatère formé de :
                 - Ténès, - Orléansville, - Médéa et - Alger.
                 La production est d'environ 400.000 dont près de la moitié est fournie par le gisement du Zaccar.

                 Tout le minerai extrait des gisements est exporté. La métallurgie française, déjà abondamment pourvue pour la production métropolitaine qui est d'environ de quarante millions de tonnes n'absorbe qu'une faible partie du minerai algérien, 25 à 30.000 tonnes environ. La presque totalité de la production est expédiée à l'étranger :
                 - 1 million de tonnes en Angleterre,
                 - 6 à 700.000 en Hollande,
                 - 2 à 300.000 aux États-Unis,
                 - 70.000 en Allemagne,
                 - 40.000 en Italie,
                 - 15.000 en Belgique.

                 Les autres acheteurs plus ou moins réguliers sont :
                 - l'Autriche,
                 - la Norvège,
                 - le Canada.

                 On pourrait, avec quelque raison, se demander pourquoi cette présence, en grande quantité, de minerai de fer dans le sous-sol algérien et cette puissante industrie extractive n'ont pas donné naissance à une importante industrie métallurgique, à la création de hauts fourneaux.
                 Nous avons vu en effet :
                 - la production des phosphates provoquer la création d'usines de superphosphates,
                 - l'existence du troupeau faire naître l'industrie de la tannerie,
                 - la culture du tabac avoir pour conséquence l'installation de nombreuses manufactures etc…

                 Rien ne semble s'opposer à l'industrie sidérurgique en Algérie puisque d'autres industries ont pu naître.
                 - En fait, il a existé près de Bône, il y a un peu moins de quatre-vingt ans un haut fourneau qui produisait annuellement 2.000 à 2.500 tonnes de fonte aciéreuse d'excellente qualité.
                 - La production eût pu être doublée mais la fabrication exigeait chaque jour 120 quintaux de charbon de bois provenant des forêts de l'Edough et des Béni-Salah et l'on ne put mettre à feu, faute de combustible, le second haut fourneau qui venait d'être terminé ; le premier dut même être éteint pour lac même raison.

                 Le manque de charbon est en effet, en Algérie l'obstacle principal de la sidérurgie. L'économie de cette industrie est telle qu'il est préférable, en l'état actuel des choses, de transporter le minerai de fer à proximité des charbonnages que d'amener le charbon sur les lieux de production du minerai.
                 Mais un jour viendra à coup sûr où le minerai sera transformé en Algérie.
                 Il n'est pas d'exemple en effet que les pays producteurs ne s'outillent pour mettre en œuvre leur propre production.
                 Le cas se présente, bien typique, pour les États-Unis qui tendent à utiliser tout le coton qu'ils récoltent, pour l'Australie qui voit naître une industrie lainière.
                 Rien n'empêche qu'un jour l'Algérie ne construise aussi des hauts-fourneaux principalement lorsque le sous-sol de la colonie, qui n'a pas encore livré tous ses secrets, sera en mesure de fournir le charbon nécessaire.
Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie
C. Graille


La vie peut basculer très vite ...
Envoyé par Annie
Ce matin j'étais assis sur un banc à côté d'un clochard.

         Il me dit :
         - La semaine passée, j'avais encore tout ! Un cuisinier faisait mes repas, ma chambre était nettoyée, mes vêtements étaient lavés et repassés,
         J'avais un toit, la TV-HD, l'internet, j'allais à la salle de sport, à la piscine, à la bibliothèque, je pouvais faire encore des études du foot ...

         Je lui demande :
         - Que s'est-il passé ? Drogue ? Alcool ? Femmes ? Jeux ?

         Il me répondit :
         - Non, non ! Je suis sorti de prison...


PHOTOS DE BÔNE
Envoyée par divers internautes

    LA GARE et L'AVENUE DE LA MARNE        




SAINT AUGUSTIN




BATEAUX DE PÊCHEURS





BONE, VU DE LA ROUTE DE BUGEAUD





CHARGEMENT BÂTEAU DE VIN




LA GRENOUILLERE




COURS BERTAGNA



BONE EN 1880



LES BENI RAMASSES



CIMETIERE MUSULMAN SUR LA CORNICHE



Les phosphates
Envoyé par M. Christian Graille

           Avec une production annuelle de 5 millions de tonnes, la France et les trois pays d'Afrique du Nord, fournissent à elles seules plus de la moitié de la production mondiale (9 à 10 millions de tonnes). Leur principal concurrent les États-Unis n'extraient annuellement que 3 millions et demi de tonnes. Les besoins de l'agriculture sont de plus en plus grands car le phosphate constitue un engrais de premier ordre et son emploi se généralise.
           L'essor de son exploitation a été d'autant plus remarquable que ses débuts ne remontent qu'à quarante ans.

           La production de 6.000 tonnes en 1893 dépassait 100.000 deux ans plus tard, 200.000 quatre ans après ; elle atteignait et même dépassait, avant la guerre 400.000 ; actuellement la moyenne est de 800.000 tonnes.
           Il y a d'ailleurs corrélation étroite entre le développement de la production et la consommation en France et dans le monde. En Europe elle était de :
           - 1.400.000 tonnes en 1895 (dont 100.000 provenant d'Algérie),
           - dépassait les 2 millions et demi en 1905,
           - approchait les 4.400.000 en 1913,
           - plus de 5 millions désormais .

           La production Nord- africaine :
           - 112.000 tonnes en 1895,
           - 872.000 en 1905,
           - 2.452.000 en 1913,
           - 5 millions aujourd'hui
           Et, partant, la production algérienne :
           - 112.000, tonnes en 1895,
           - 347.000, en 1905,
           - 461.000, en 1913,
           - 800.000, n'ont pas été étrangères à cette augmentation de la consommation.

           C'est dans le département de Constantine que se rencontrent les gisements.
           Le premier groupe est situé au Sud des Hauts Plateaux, près de la frontière tunisienne, à proximité de Tébessa. Ce sont les gisements :
           - du Djebel-Kouif,
           - du Djebel Onk,
           - du Djebel Dyr.
           Le second groupe se trouve au Nord des Hauts Plateaux, de Bordj-Bou-Arreridj à l'Ouest, à Souk-Ahras à l'Est en passant par Sétif :
           - Tocqueville,
           - Bordj-R'dir,
           - M'zaïta
           - Djebel Dekna.

           Quatre seulement de ces gisements sont en exploitation.
           - Celui du Djebel Dekna qui fut le premier exploité fut vite abandonné car la teneur du phosphore en acide était trop faible.
           - Ceux du Djebel Dyr ont cessé leur exploitation depuis 1912.
           - Le Djebel Onk n'est pas encore exploité malgré son importance ; on se heurte à de grosses difficultés d'évacuation qui retardent sa mise en valeur.

           Restent les gisements :
           - de M'zaïta, de Tocqueville, de Bordj-R'dir, du Kouif.

           Le dernier est le plus important : il occupe 3.000 ouvriers et pour loger dans cette région désertique où il est situé, tout le personnel qu'il emploie, on a dû édifier une véritable ville avec magasins, écoles etc… Sa production qui atteint et parfois dépasse 700.000 tonnes par an est, en grande partie, exportée par le port de Bône.
           Le gisement de M'zaïta a une production annuelle d'environ 100.000 tonnes et occupe 500 salariés.

           Moins importants sont les gisements de Bordj-R'dir et de Tocqueville dans lesquels l'extraction annuelle est respectivement de 20.000 et de 5 à 10.000 tonnes accusant même une certaine diminution.
           Les phosphates algériens, sans être aussi riches que ceux du Maroc et des États-Unis ont néanmoins la même valeur que ceux de Tunisie. Leurs usages principaux sont l'agriculture qui les emploie sous forme de superphosphates ou à l'état naturel.

           Trois usines emploient 200 ouvriers. Leur production dépasse 70.000 tonnes dont 40.000 sont consommées par l'agriculture algérienne, le reste étant exporté. La consommation de phosphates n'est pas très importante dans le pays. Il faut s'attendre à ce que l'agriculture de la colonie emploie dans les années qui viennent des quantités plus élevées car les terres ne contiennent que des quantités minimes d'acide phosphorique, et cette substance est indispensable au développement de la plante, de la graine en particulier.
           La presque totalité des phosphates reste disponible pour l'exportation :
           - France 200.000,
           - Italie 100.000,
           - Angleterre 90.000
           - Hollande 90.000,
           - Espagne 60.000,
           - Pologne 40.000 mais également Yougoslavie, Belgique Lettonie, Suède, Irlande, Roumanie, Norvège.
           Ces exportations rapportent une soixantaine de millions par an.

Cahiers du centenaire IX
Les productions algériennes
par M. Jean Bottière, ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'office de l'Algérie




La pêche maritime
Envoyé par M. Christian Graille

                 L'Algérie possède sur la Méditerranée une façade longue de 1.100 kilomètres en ligne droite dont l'étendue, compte tenu des sinuosités du rivage, atteint 1.300 kilomètres. Elle était donc prédisposée de ce fait au développement de la pêche maritime.
                 La Méditerranée est de plus une mer chaude, peu agitée de courants, qui entretient d'un bout de l'année à l'autre, tous les éléments animaux et végétaux nécessaires à l'alimentation de quantités innombrables de poissons.
                 Les poissons migratoires entraînés par le courant qui, passant par le détroit de Gibraltar, déverse sans arrêt les eaux de l'Atlantique y arrivent en bans serrés entraînant à leur suite des squales ou des cétacés parfois même des phoques.

                 Les pêches sont souvent miraculeuses et les barques rentrent au port, pleines à craquer de poissons, les filets rompus par l'abondance de la prise. On peut donc s'étonner à bon droit que, lors de l'occupation française, la pêche en mer ait été à peu près inconnue sur les côtes algériennes. Il y a à cela plusieurs raisons :
                 - L'aversion qu'éprouvait l'indigène pour la mer, aversion qui, heureusement, disparaît aujourd'hui.
                 - Et puis la côte peu découpée n'offre pas d'abris naturels.
                 - Il a fallu l'intervention de la France pour que des ports soient construits à grands frais ; comment des pêcheurs auraient-ils pu auparavant abriter leurs frêles embarcations dans des baies ouvertes à tous les vents et à toutes les tempêtes ?
                 - Enfin la dernière cause tient au caractère même de la Méditerranée : c'est une mer à brusques tempêtes, des tempêtes désordonnées, rapides, qui s'arrêtent aussi vite qu'elles ont commencé, prenant au dépourvu le marin.
                 - On les prévoit difficilement, aussi le pêcheur n'aime pas prendre la mer lorsque le temps est tant soit peu menaçant, s'il dispose surtout de barques mal amarinées.

                 On conçoit donc que la pêche ait autrefois peu tenté l'indigène. Il fallait l'occupation française pour amener, assez lentement d'ailleurs, la création de cette industrie. Tout d'abord le développement fut peu important ; les premiers pêcheurs européens qui vinrent les premiers s'installer provenaient pour la plupart des plus mauvaises populations maritimes d'Espagne ou d'Italie.

                 Réfractaires à tout progrès ils se contentèrent de pêcher à quelques centaines de mètres du rivage les poissons des hauts fonds qui rapidement s'épuisèrent.
                 Car la côte algérienne est ainsi faite qu'après un seuil de profondeur qui s'éloigne du rivage d'au plus de 200 ou 300 mètres, la sonde révèle aussitôt des bas-fonds considérables. Le poisson blanc qui vit sur les fonds est donc peu abondant ; le raclage continuel de ce seuil de faible épaisseur ne pouvait donc qu'en amener la destruction.
                 Aussi tentera-t-on une colonisation maritime comme on avait effectué une colonisation agricole : des villages, des centres de pêche furent crées et peuplés ; mais ce n'est que depuis une vingtaine d'années, depuis la création d'une inspection des pêches maritimes que cette industrie a pris un réel développement.
                 Outre que les pêcheurs ont été éduqués, les capitaux métropolitains se sont vivement intéressés à une production pleine d'avenir.

                 La Méditerranée, dans ses zones de grandes profondeurs, contient d'inépuisables richesses en poissons de surface ou poissons bleus :
                 - sardine, - anchois, - thon, - maquereau, - bonite etc…
                 Pour les pêches il suffit de s'éloigner du rivage mais l'emploi de navires solides et d'équipages expérimentés est nécessaire. Le développement a été rapide : actuellement plus de 1.0000 bateaux dont une centaine à vapeur et de nombreuses embarcations à moteur, emploient un équipage total de 4 à 5.000 hommes dont une bonne partie est indigène.
                 La pêche au chalut, à un ou deux bateaux, est fort pratiquée, surtout par les navires de fort tonnage ; c'est elle qui fournit les plus forts rendements, les trois-quarts environ du produit total.

                 Les résultats, sans atteindre encore aux chiffres qu'on serait en droit d'espérer sont néanmoins intéressants. Plus de 20.000 tommes de poissons de toutes sortes sont débarqués annuellement par les pêcheurs algériens :
                 - 8.000 à 9.000 tonnes de sardines,
                 - 2.000 à 3.000 d'anchois,
                 - 1.000 à 1.200 de maquereaux,
                 - 500 à 600 de bonites,
                 - 100 à 200 de thons,
                 - 500 à 600 de crevettes,
                 - 20 à 30 de langoustes,
                 - 20 à 30 de moules et de coquillages,
                 - 7.000 à 8.000 de poissons et crustacés divers.

                 Le rendement est encore faible.
                 Quoi qu'il en soit, il permet d'alimenter l'Algérie en poissons frais durant toute l'année ; le développement des chemins de fer et des communications automobiles, en reliant rapidement le littoral aux points les plus éloignés de l'intérieur, ouvre chaque jour à la pêche des marchés nouveaux.
                 Mais là ne sont pas les seuls débouchés de cette industrie. Les services maritimes rapides qui relient l'Algérie avec les pays de l'extérieur lui permettent encore d'alimenter un commerce d'exportation intéressant : un millier de tonnes de poissons frais conservés dans la glace sont expédiées annuellement à destination de la France. Il existe enfin à proximité des centres de pêche, une importante industrie de transformation du poisson. 2.000 personnes environ sont employées dans près de 150 usines à la fabrication des salaisons et des conserves.
                 La production atteint 4.000 tonnes d'anchois et de sardines salées et 1.000 tonnes de conserves de sardines à l'huile ou à la tomate, de thon, de maquereau, d'anchois.

                 La production très soignée a acquis rapidement une excellente réputation sur le marché. Aussi l'exportation des poissons conservés est-elle importante : 20 millions de francs de salaisons, 10 à 12 millions de conserves (de sardines en particulier.)
                 Le poisson n'est pas la seule production intéressante de la côte algérienne ; il faut aussi citer les mollusques et les crustacés qui pourraient faire l'objet d'une très sérieuse exportation.
                 Quant à la pêche du corail, pratiquée sur la côte orientale, qui fut de tous temps très importante, elle est actuellement en régression marquée car la mode n'est plus au bijou de corail ; Elle rapporte tout au plus maintenant 1 million de francs.

                 La pêche rapporte à l'Algérie, du seul fait des exportations, une quarantaine de millions par an. C'est encore peu de choses quand on envisage les immenses possibilités qui lui sont offertes par une mer généreuse, riche en produits variés ; mais il ne faut pas oublier qu'elle était inexistante il y a cent ans, que la côte algérienne ne possédait pas et n'avait jamais possédé, comme les côtes des autres pays, une population maritime aimant la mer et habituée à la pêche.
                 Cette population il a fallu :
                 - la créer de toute pièce,
                 - l'éduquer,
                 - L'équiper.

                 Les résultats obtenus en quelques années sont remarquables :
                 - 4 à 5.000 pêcheurs,
                 - 2.000 ouvriers employés dans les industries de transformation,
                 - l'approvisionnement de l'Algérie assuré en poisson et
                 - Une exportation de 40 millions de francs.
                 Ils sont le plus sûr garant de l'avenir.

Cahiers du centenaire de l'Algérie IX
Les productions algériennes
par M. Jean Blottière, ingénieur agronome,
Attaché commercial à l'Office de l'Algérie


La chasse
Envoyé par M. Christian Graille

                 Je n'infligerai pas au lecteur de récit de chasse à la façon de nos jours ; mais pour donner à ce recueil un petit parfum de centenaire romantique et tenter un " à la manière de … Delacroix ! ", je prendrai, dans les souvenirs si vivants de Léon Roches, ( Léon Roches. Dix ans en Islam. (1834 - 1844.)) le tableau d'une chasse au lion où il assista les premiers temps de son séjour auprès d'Abd El Kader.
                 Il n'y a plus guère hélas de lions en Algérie. Il en reste encore quelques-uns dans l'Atlas. Dernièrement un avion en photographiait un dans une gorge sauvage où il avançait magnifiquement, comme un grand seigneur qui foule la terre dont il sait qu'il sera dépossédé :
                 " Dès que le jour commença à poindre, nous montâmes à cheval. Je comptai environ deux cents cavaliers qui étaient précédés par un nombre égal de fantassins, la plupart armés de fusils ; les autres tenant des chiens en laisse.

                 Le chef de la chasse était l'agha de Djendal, El Hadj Bou Aalêm ben Cherifa, le cavalier et le chasseur le plus renommé du Chélif.
                 Il ordonna aux traqueurs de lâcher les chiens de piste qui sont d'une race très petite et qui, seuls de tous les animaux, n'ont pas peur du lion, sans doute parce que celui-ci les méprise à cause de leur taille exiguë.
                 Ils ne donnent jamais de la voix en suivant la piste, mais dès qu'ils aperçoivent le lion, ils poussent un petit aboiement aigu auquel les traqueurs ne se trompent pas.

                 La tradition dit qu'ils doivent alors prononcer d'une voix tranquille :
                 " Le lion n'est pas là ". Le lion qui comprend, disent les Arabes, qu'il n'a pas été aperçu et que pourtant une attaque est dirigée contre lui quitte sa tanière et cherche à se cacher, en se faufilant derrière les massifs de lentisques. Car il ne faut pas l'oublier le lion a peur de l'homme.
                 Au bout d'une heure de quête par les traqueurs et leurs roquets, pendant laquelle le plus grand silence régnait parmi les chasseurs, nous entendîmes deux petits cris aigus, poussés à quelque distance l'un de l'autre.
                 Deux animaux étaient donc signalés.
                 La tanière du lion était creusée dans un rocher abrupt. Les cavaliers, sur l'ordre de l'agha, formèrent un grand arc de cercle dont les deux extrémités aboutissaient à la base de la colline à laquelle était adossée la tanière du lion.
                 Le terrain compris entre elle et la ligne de cavaliers était légèrement incliné vers la plaine. Les fantassins armés formèrent en même temps un cercle plus étroit parallèle à celui des cavaliers.
                 J'étais placé au centre à côté de Sidi Lantseri.

                 Nous pûmes apercevoir distinctement le lion qui se dérobait entre les maquis. Le cercle se resserrait. Deux ou trois coups de feu retentirent, nous vîmes alors le noble animal s'élancer en quelques bonds sur une large clairière, se coucher à plat ventre, appuyer son énorme tête sur ses deux pattes de devant et se frapper les flancs de sa queue avec une telle force, que nous entendîmes résonner les coups.
                 La fusillade crépita ; les chasseurs étaient ou bien émotionnés ou bien maladroits car le lion se contentait de secouer les oreilles, tandis que les balles soulevaient la terre autour de lui, le cercle se rétrécissait de plus en plus, le lion fit d'un coup trois énormes bonds et deux hommes tombèrent.

                 Il se coucha de nouveau, fit encore trois bonds et trois hommes furent renversés ; puis il força le cercle des fantassins, arriva aux cavaliers qui prirent la fuite à son approche et s'élança dans la plaine ; mais il était blessé et ne tarda pas à être achevé par des cavaliers plus hardis qui le poursuivirent.
                 A peu près en même temps, la lionne forçait le cercle des fantassins dans notre direction. Je voulais suivre les cavaliers qui se mirent à sa poursuite, mais Sidi Lantseri saisit les rênes de mon cheval et me retint auprès de lui.
                 Un des cavaliers fut renversé ainsi que son cheval par la lionne qui atteignit les maquis voisins et disparut. Les deux lionceaux âgés de quatre mois avaient été tués ".

                 Avec beaucoup moins de monde, il est possible d'organiser au Sahara une chasse fort palpitante. Il suffit, comme le raconte Maupassant (Maupassant. (1850-1893). Au soleil) d'enfermer dans une caisse à savon un ourane (lézard) et une léfaa (vipère des sables) :
                 " Le combat de ces deux animaux est d'ailleurs plein d'intérêt. Il a lieu généralement dans une vieille caisse à savon. On y dépose le lézard qui se met à courir avec une singulière vitesse, cherchant à fuir ; mais dès qu'on a vidé dans la boîte le petit sac contenant la vipère, il devient immobile. Son œil seul remue très vite. Puis il fait quelques pas rapides, comme s'il glissait, pour se rapprocher de l'ennemi, et il attend.

                 La léfaa, de son côté, considère le lézard, sent le danger et se prépare à la bataille ; puis, d'une détente elle se jette sur lui. Mais il est déjà loin, filant comme une flèche, à peine visible dans sa course.
                 Il attaque à son tour, revenu d'une lancée avec une surprenante rapidité. La léfaa s'est retournée et tend vers lui sa petite gueule ouverte, prête à mordre de sa morsure foudroyante. Mais il a passé, frôlant le reptile qu'il regarde de nouveau, hors d'atteinte, de l'autre bout de la caisse.

                 Et cela dure un quart d'heure, vingt minutes, parfois davantage. La léfaa, exaspérée, se fâche, rampe vers l'ourane qui fuit sans cesse, plus souple que le regard, revient, tourne, s'arrête, repart, épuise et affole son redoutable adversaire.

                 Puis soudain, ayant choisi l'instant, il file dessus si vite qu'on aperçoit seulement la vipère convulsée, étranglée par la forte mâchoire triangulaire du lézard qui l'a saisie par le cou, derrière les oreilles, juste à la place où la prennent les Arabes. "

Cahiers du Centenaire de l'Algérie.
La vie et les mœurs en Algérie par M. Pierre Deloncle.
Ancien élève Diplômé de l'Ecole des Chartes.
Membre du Comité National du Centenaire.



Une chasse à la panthère
Envoyé par M. Christian Graille

                  Tout dernièrement au village de Bou-Mansour, près de la Réunion (environ de Bougie), un indigène nommé Areski installa un piège pour détruire une panthère qui, depuis quelque temps déjà, prélevait une trop forte dîme sur les troupeaux du pays.

                 A cet effet, il plaça sur deux perches un fusil à deux coups chargé avec des balles refondues. Au bout du canon il avait mis un morceau de viande attaché avec une ficelle dont l'autre extrémité était fixée aux détentes du fusil.
                  Dans le courant de la nuit, ainsi qu'il l'avait prévu, la panthère vint pour manger le morceau de viande ; mais en le tirant, elle fit partir le fusil dont les balles lui labourèrent la poitrine.
                  Dès le matin de bonne heure, Areski se rendit à l'endroit où il avait tendu le piège pour voir ce qui était arrivé ; il aperçut la panthère étendue ; ne lui voyant faire aucun mouvement, il la crut morte et se dirigea vers elle sans prendre la moindre précaution ; Mais la panthère quoique mortellement blessée sauta d'un bond sur et lui déchira l'épaule et le bras droit. Il réussit pourtant à se dégager et à aller chez lui pour chercher secours.

                 Après avoir prévenu ses parents et amis dont quelques-uns se décidèrent à l'accompagner, Areski revint armé d'un énorme flissa (hache) qu'il tenait de la main gauche, ne pouvant plus se servir de son bras droit. Mais arrivé sur le lieu de la lutte, ils ne virent plus la panthère ; ils pensèrent que grièvement blessée comme elle l'était, elle ne pouvait être allée bien loin ; en effet ils se mirent à sa recherche et la découvrirent dans un fourré.
                  Préjugeant trop de ses forces Areski se rua sur elle et lui assena sur la tête un formidable coup de flissa. La panthère le saisit à nouveau et de sa gueule et de ses griffes lui laboura le corps et la figure.
                  Un jeune berger armé d'un fusil vint à son secours ; il appliqua le bout du canon du fusil sur le ventre de la panthère et fit feu ; la panthère fut tuée, mais malheureusement le fusil ayant éclaté Areski fut tué aussi.

                  Voilà, certes, de quoi exciter les convoitises des chasseurs en quête d'aventures émouvantes. On nous annonce qu'une autre panthère a été aperçue dans les environs. Avis aux Nemrod (chasseurs.) ; il y a un riche coup de fusil à tirer et le gibier vaut bien une cartouche !

L'Indépendant de Mascara (14-06-1888)



Les cris d'Alger
Envoyé par M. Christian Graille
                
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                 Dans une rue d'Alger sous le soleil les maisons étincellent. Les murs violemment blanchis à la chaux avec dans le bas des boutiques et des Moutchous.
                 La foule : - grouille, - se heurte, - se dispute à grand fracas.

                 On ne distingue rien. Il semble que l'on se trouve dans un grand marché où le tumulte général absorbe tous les incidents particuliers.
                 Cependant tout d'un coup, dans un coin, des cris farouches s'élèvent près d'une fontaine. L'agent qui, débonnaire attend que tout se calme car il sait fort bien qu'on fait beaucoup de bruit et peu de mal, s'approche lentement, ventre en avant : Ce sont deux petits arabes, deux porteurs d'eau qui discutent à perdre haleine l'honneur de passer le premier et ce sont de grandes explications.
                 - Ci moi, M'siou l'agent qu'j'y rivi brimi !
                 L'autre ne lui cède en rien. Et naturellement dans la foule il s'est trouvé des âmes compatissantes pour prendre fait et cause pour l'un et l'autre des antagonistes.

                 Il y a même là une vieille mégère cheveux épars sur le front, drapée dans un caraco (vêtement) vert qui supplie m'sieu l'agent d'amener çaloui-là au poste parce y prend la place à tous les autres que c'est une miséria.
                 L'agent en philosophe et rappelant en cela certain juge dont parla La Fontaine, met les plaideurs d'accord (en croquant l'un et l'autre), je veux dire en les menant tous les deux vers le Commissariat de Police.

                 Aussitôt changement de décor, les deux adversaires de tout à l'heure sont réconciliés, ils parlent, - pleurent, - gémissent, - supplient, en un mot ne veulent rien savoir d'une autorité moins débonnaire que leur agent de quartier qui se laisse si vite persuader et attendrir.
                 - Allez ouste, circulez qu'on vous voit plus. "

                 La foule un instant intéressée s'écoule à nouveau. On est bousculé par un arabe chargé comme un âne, deux paniers devant et deux paniers derrière, suant et hurlant : " Lis haricots blancs, li belles tomates " auxquels cris le concurrent répond d'une voix non moins harmonieuse en roulant des yeux dépourvus d'aménité pour son rival : " Liz aranges, li belles z'aranges. "
                 Des têtes de ménagères apparaissent dans l'embrasure de fenêtres à travers les bas et les chemises étendus sur un bâton comme de bizarres drapeaux. Les psstt ! Psstt ! Retentissent…

                 - Hamed ! (Il semble que toutes les ménagères d'Alger, que tous les marchands de tomates et autres condiments s'appellent invariablement Hamed.)
                 - Combien les tomates ? ? Hamed ? ?
                 En bon commerçant l'indigène répond d'un ton qui n'admet pas de réplique :
                 - Trente sous la livre ! …
                 - Comme c'est cher ; tu nous prends pour des Anglais.
                 L'arabe ne répond pas et quoiqu'il se trouve sur la chaussée et que la cliente soit au premier étage, il la regarde dédaigneusement de haut en bas, puis hausse les épaules et s'en va ; certes ses belles tomates ne sont pas pour cette mégère… Elle est bien heureuse encore si elle ne s'est pas entendue dire des sottises et gratifiée d'un : " Tiens madame voilà dix sous vas-t'en boire au café " et la mégère qui parlemente et qui se plaint à qui veut l'entendre de la rigueur des temps d'aujourd'hui où l'on ne peut même plus marchander.

                 Voilà qu'arrive le marchand de poissons, grand type rouquin piqueté de taches de rousseur, les manches relevées, pieds nus.
                 En grand seigneur tenant juste la balance dans ses mains il précède son commis petit être amorphe, atone que courbe en deux le poids trop lourd d'un plateau de bois où s'étale la marée. La main en cornet autour de sa bouche, les yeux exorbités, les veines du cou gonflées, il hurle : " La sardine, la sardine, la bouillabeiiisss ! "

                 Dès qu'un appel descend d'une fenêtre vers lui il se tourne vers son commis d'un geste impérieux lui ordonne de déposer le plateau à terre et retire lui-même le sac humide qui recouvre ses poissons.
                 Il vante, aux ménagères accourues, la fraîcheur d'un rouget. De son pouce il écarte lui-même l'ouïe et montre les branchies sanglantes.
                 Quand on lui propose un prix, il invite à regarder plus longtemps.
                 D'un air connaisseur il soupèse un merlan qui le fixe de ses yeux de " merlan " et qui n'y comprend rien.
                 Grossier par profession, c'est le plus respecté de ces dames ; on lui prodigue des " messieurs " respectueux qu'il accepte comme chose due.

                 Mais voilà qu'arrive derrière sa petite voiture qu'il pousse, le marchand de gaufrettes. C'est un vieil espagnol ruiné par la déloyale concurrence des marchands de cacahouètes arabes qui, a adopté cette nouvelle situation.
                 - " Dis m'sieu tu m'en donnes pour deux sous de la crème ?
                 - Pour quatre sols.
                 - Allez va, pour deux sous ! !
                 - Va, va de là, casse pas la tête ! !

                 Tout s'arrange d'ailleurs en fin de compte ; il lui donne un peu de crème dans un petit cornet rose et tend la main pour avoir les deux sous.
                 - C'est pour rien dis, c'est cadeau ! !
                 Sans discuter parce qu'il vient d'apercevoir qu'un client plus sérieux l'invite à venir, il va poussant sa voiture pendant qu'une nouvelle horde d'enfants jaloux d'une telle somptuosité l'assaille réclament comme un dû la même libéralité pour eux-mêmes.

                 Brusquement des hurlements à croire qu'une horde de papous vient d'envahir la rue de Chartres, ce sont les petits marchands de journaux.
                 - L'Algirie douzième édition, terrible assassinat ! !

                 Seulement comme il y en a à Alger par semaine au moins crimes sensationnels et trois maisons qui glissent, les amateurs d'émotions fortes ne se laissent plus prendre aux refrains prometteurs.

                 Dans une ruelle obscure, un vieux juif courbé, minable, psalmodie sa litanie : " Y en a diz'abits, y en a l'marchand d'zzzhabits " monotone comme une chaude après-midi d'été à l'heure de la sieste.
                 Dépenaillé, miteux, l'air las il lève la tête et de ses gros yeux blancs il guette les fenêtres…. Un sac sur l'épaule, à tout petits pas il va poussant sa plainte à intervalles réguliers….
                 Il récupère quelques vieilles nippes immettables qu'il retapera à force de térébenthine et d'astucieux raccommodages.

                 Au fait a-t-il dans sa poche les quelques sous nécessaires à l'achat de ces débris qu'il brocante ? Au moins deux sous qu'il portera tout à l'heure au café maure pour avoir le droit de s'asseoir au milieu des joueurs de dominos, pour boire philosophiquement la petite tasse de thé, croisant les jambes et interrompant sa longue rêverie de jet de salive.
                 Devant lui défilent, flânant, pressés, pittoresques ou vulgaires tous les multiples éléments du grouillement de la rue. Que lui importe, il rêve ! !
                 A grandes enjambées, tel un faucheur, le nez en avant ; et quel nez ! !

                 Une silhouette tout de blanc vêtue, jurant et vociférant, subitement entonnant l'air " dans mes voyages !…! ! " des cloches de Corneville.
                 Il arrive, une nuée de gosses mal mouchés l'entoure et lui font une cour. Soudain furieux il se retourne et menace, une fuite éperdue, les gosses ont filé.

                 Seul maintenant, fier de lui, le dos voûté il continue sa promenade solitaire et va rejoindre le jardin Marengo, son royaume incontesté. Dans le grand silence des allées il se remémore sans doute ses voyages car il prélude " dans mes voyages…. Combien d'orages… ! ! ! ".

Marc Klein.
Alger Étudiants (22-05-1925)



Les Enfers !
Envoyé par Mme Eliane

         Un gars meurt sur la frontière franco-allemande.

         Quand il arrive au ciel, Saint-Pierre lui dit :
         Bon, votre vie sur terre, pas terrible... des adultères, pas souvent à la messe, des blasphèmes et j'en passe... Je ne peux pas vous faire entrer au paradis, mais comme vous êtes mort sur la frontière, je vous laisse tout de même le choix

         entre l'enfer allemand et l'enfer français.
         Saint-Pierre, c'est quoi la différence ?

         Dans l'enfer allemand, on vous met dans une grande marmite pleine de purin, des petits gnomes très méchants qui sentent très mauvais mettent des bûches sous la marmite, un dragon féroce vient allumer les bûches et vous cuisez toute la journée. Et c'est tous les jours pareil !

         Et l'enfer Français... ?

         Dans l'enfer français, on vous met dans une grande marmite pleine de purin, des petits gnomes très méchants qui sentent très mauvais mettent des bûches sous la marmite, un dragon féroce vient allumer les bûches et vous cuisez toute la journée.
         Et c'est tous les jours pareil !
         Mais, si vous voulez un conseil, choisissez l'enfer français.

         Mais, Saint-Pierre, c'est exactement la même chose !

         Mais non, pas du tout ! Dans l'enfer français :
         un jour les gnomes sont en grève,
         un jour on n'a pas livré les bûches,
         un jour le dragon est en RTT,
         un jour il est en congé maladie,
         un jour ils ne trouvent plus la marmite,
         un jour on n'a pas commandé le purin...
         Et quand la CGT s’en mêle, je ne vous dis pas la Merde!



HISTOIRE DE BÔNE
PAR RENE BOUYAC
Contrôleur civil suppléant Interprète militaire hors cadre
Source Gallica
PREMIÈRE PARTIE
HIPPONE ET BONE
DEPUIS LEUR FONDATION
Jusqu'en 1830

        CHAPITRE II
Premières invasions des Arabes en Afrique. - La domination berbère. - Hippone et ses différentes dénominations. - Fondation de Bône. - Destruction complète d'Hippone à l'époque de l'invasion Hilalienne. - Relations de Bône avec l'Europe, de 1100 à 1515. - Différents traités conclus entre les Etats européens riverains de la Méditerranée et les princes d'Afrique.

        Le Koran d'une main et le sabre de l'autre, les Arabes, à la voix des représentants du Prophète, s'étaient élancés à la conquête du monde. Cependant, leurs premières expéditions furent plutôt des incursions que des invasions, ayant pour conséquence l'occupation définitive du pays. Ils ne furent préoccupés, au début, que de rapporter et mettre à l'abri le riche butin que leur procuraient les dépouilles des vaincus.

        En 640, Amrou ben el Aci s'empara de l'Egypte, alors province romaine, et en fut nommé gouverneur. Six ans après, son successeur, Abdallah ben Saâd, frère utérin du Kalife, régnant Otsman, traversa à la tête d'une armée arabe, la Cyrénaïque et la Byzacène.
        Il se heurta dans les environs de l'antique Sufetula aux cohortes romaines et à la cavalerie berbère du patrice Grégoire, accouru pour s'opposer aux progrès des envahisseurs. Les Arabes furent vainqueurs, mais, néanmoins, revinrent en Egypte quinze mois après. Ils n'en sortirent qu'en 665, c'est-à-dire après que Moaouïa eut fondé la dynastie des Oméïades et mit ainsi fin aux dissensions intestines qui agitaient le monde musulman. Cette deuxième expédition était dirigée par Moaouïa ben Hodeidj, qui atteignit la province romaine et culbuta les quelques troupes byzantines commandées par le patrice Nicéphore.
        La domination romaine en Afrique, si le vainqueur l'eût voulu, était dès ce moment anéantie. Il se contenta d'organiser le territoire conquis en province arabe. Okba ben Nafa en fut nommé Gouverneur et jeta, à huit jours de marche de Carthage, les fondations de Kairouan, nouvelle capitale de l'Islamisme en Afrique.

        Les débris de la domination romaine, réduits à la possession de Carthage et de quelques villes du littoral, ne pouvaient être un obstacle à l'envahissement des Arabes. Mais la population autochtone, les Berbères, comme les appelèrent les nouveaux venus ne purent voir d'un oeil indifférent les signes précurseurs d'une occupation définitive. Jaloux de leur indépendance, ils organisent la défense. Dans cette lutte acharnée, Okba succombe ; Kairouan, prise d'assaut, devient le siège du gouvernement d'un prince berbère, Koceïla, qui avait été l'âme de la défense. Comprenant que le gouvernement sans force des patrices romains ne pouvait plus être un danger pour les libertés et l'indépendance de son peuple, Koceïla conclut une alliance avec Carthage, contre l'ennemi commun.
        L'expédition de 688, conduite par Zoheir ben Kaïs, commencée sous d'heureux auspices, se termina par un désastre.
        Zoheir, qui avait complètement défait les Berbères en une seule bataille, ne recevant pas de renforts, dut se résoudre à rentrer en Egypte. Il fut attaqué, battu et tué près de Barka par des troupes byzantines.

        Hassan ben Noumen, envoyé en toute hâte pour réparer cet échec, fut battu par les Berbères, qui s'étaient de nouveau soulevés à la nouvelle de la mort de Zoheir. Il dut rentrer dans la province de Barka, où il attendit, jusqu'en 697, l'envoi des renforts nécessaires pour ouvrir une nouvelle campagne. Dès qu'ils lui furent parvenus, il s'avança dans l'Ouest, s'empara définitivement de Carthage, qu'il ruina ainsi que les autres villes romaines, à l'exception toutefois d'Hippone, qui conserva quelque temps sa garnison byzantine. De Carthage, Hassan se dirigea vers l'Aurès, centre de la résistance des Berbères, qui, vaincus encore une fois, durent momentanément courber la tête sous le joug du Vainqueur.
        De sourds tressaillements, des révoltes dans lesquelles des armées arabes sont détruites, viennent démontrer aux envahisseurs que l'esprit d'indépendance reste toujours vivace au fond du cœur des indigènes. Pendant près de trois siècles, nous voyons cette race énergique lutter avec rage contre l'étranger.
        Exactions des gouverneurs, établissement d'impôts nouveaux, l'introduction du nouveau schisme, des Kharedjites dans lequel ils se jettent par esprit d'opposition, tout sert de prétexte aux Berbères pour essayer de secouer le joug des Arabes. Ils y réussirent en 909. Abou abd Allah chasse le dernier gouverneur arabe et place sur le trône le prince berbère Obeïd Allah, qui fonde la dynastie des Obeïdites ou des Fatimides. Fatimides ou descendants de Fatima.
        Deux schismes vinrent après la mort de Mohamed, diviser le monde musulman. Celui des chiaïtes ou Alides qui n'acceptaient pour Kalife qu'un descendant direct du prophète, et les Kharedjites qui voulaient le prendre indistinctement parmi tous les musulmans. Ce dernier fit d'énormes progrès chez les Berbères.

        Pendant ce long espace de temps, c'est-à-dire depuis la première apparition des Arabes en Afrique jusqu'au commencement du Xie siècle, l'histoire d'Hippone est plongée dans la nuit. Il n'en faut cependant pas conclure que la cité de saint Augustin ait été complètement ruinée par les Arabes, ainsi qu'on l'a prétendu, au moment de la ruine de Carthage, car nous voyons Ibu Haukal (qui écrivait sa géographie vers 950), ne nous parler que d'une seule ville de Bône. Certes, s'il se fût agi d'une ville de création récente il n'eût pas manqué de le dire et de signaler les ruines de l'ancienne.
        El Bekri, qui décrit Bône un siècle plus tard, signale la présence d'une ville qu'il appelle Medinat-Seybous (la ville de la Seybouse), au-dessous de la ville de saint Augustin. " La ville de Bonna (Altération du mot Hippone), dit-il, " fondée à une époque très reculée, était la demeure d'Augochtin (Augustin), grand docteur de la religion chrétienne. Elle est. Située près de la mer, sur une colline d'accès difficile, qui domine la ville de Seybous. De nos jours elle porte le nom de Medinat Zaouï, ville de Zaouï; elle est à trois milles de la ville neuve et renferme des mosquées, des bazars et un bain. Les environs sont très riches en fruits et en céréales. "

        Il résulte de cette description qu'Hippone, en 1050, non seulement n'avait pas disparu, mais qu'elle conservait encore une certaine activité. Quant au nom de ville de Zaouï, il est dû à la présence du prince Zaouï ben Ziri, auquel elle fut donnée en apanage par Mouaz ben Badis, prince de la dynastie berbère Ziride, qui, nous allons le voir, va remplacer la dynastie Fatimides en Afrique, " Bône la Neuve, Bonna el Haditsa, ajoute El Bekri, fut entourée de murs un peu plus tard que l'an 450 (1058). Elle possède près de la mer un puits taillé dans le roc et nommé Bir-en-Netsra, qui fournit à presque toute la population l'eau dont elle a besoin :
        A l'occident de la ville est un ruisseau qui sert à l'arrosage des jardins et qui fait de cette localité un lieu de plaisance ( Le Ruisseau d'Or). L'Edough, montagne qui domine Bône, est souvent couverte de neige, le froid y est très intense et, chose extraordinaire, on y voit une mosquée sur laquelle la neige ne tombe jamais, bien que toute la montagne en soit couverte. Bône jouit à la fois des avantages d'une ville de l'intérieur des terres et d'une ville maritime. La viande, le lait, le poisson et le miel s'y trouvent en grande abondance., La viande de bœuf est celle dont on fait la plus grande consommation.

        Nous devons toutefois faire observer que les hommes blancs tombent malades dans cette ville et que les noirs s'y portent très bien. On trouve, dans les environs de Bône, plusieurs peuplades berbères appartenant à diverses tribus telles que les Masmouda et les Aureba. Cette ville est fréquentée par des négociants dont la plupart sont des Andalous. Il s'agit ici des Catalans qui avaient, avant cette époque, des relations commerciales avec Bône.
        Le revenu que Bône fournit à la caisse particulière du sultan, abstraction faite des sommes perçues pour le compte du Trésor, s'élève à 20,000 dinars (200,000 francs)" Traduction de Mac-Slane, interprète militaire.

        De ce qu'Ibu Haukal ne signale pas, vers 950, la présence de deux villes sur ce point du littoral et que, Cent ans environ plus tard El Bekri les décrit d'une façon précise, on peut conclure que la ville actuelle de Bône a été construite dès le commencement du Xie siècle.
        L'invasion arabe Hilalienne, dont nous allons parler, en venant donner un nouvel essor à la jeune cité, porta un coup funeste à Hippone. Les bazars, maisons, bains dont parle El Bekri, construits eux-mêmes avec les débris de la ville romaine, furent démolis et les matériaux transportés dans la nouvelle ville servirent à son embellissement. Que Bône, dit Monseigneur Dupuch, soit en partie construite des débris d'Hippone, je le crois. Ainsi les soixante et quelques colonnes qui soutiennent la grande salle de l'hôpital, ancienne mosquée, et autrefois, dit-on, temple de Vénus, me semblent avoir été tirées de ces ruines vénérables.

        Nous avons vu que les Arabes, en 909, avaient abandonné l'Afrique aux Berbères qui y avaient fondé la dynastie Fatimides Après une assez longue période de troubles et de dissensions intestines, El Kaïm, prince berbère, alors au pouvoir, transporta le siège de son gouvernement en Egypte et laissa à un prince Ziride l'administration de la province d'Afrique.
        Les nouveaux gouverneurs ne tardèrent pas à se lasser des exigences des Kalifes Fatimides, et El Mouaz, trahissant ses anciens maîtres, se déclara vassal des Abbacides, dynastie régnante de Bagdad.

        Cet acte devait avoir de graves conséquences pour l'Afrique septentrionale. Le Kalife El Mostamer, qui gouvernait alors en Egypte, furieux de la rébellion de son vassal, trouva l'occasion favorable pour débarrasser l'Egypte des tribus arabes de Soleïm et de Hilal, dont la présence était une cause de troubles et d'embarras.
        Il lança cette horde avide et turbulente, qui ne comptait pas moins de 200,000 personnes, sur les riches provinces d'Afrique. La domination berbère disparut, après avoir essayé de lutter, dans ce tourbillon.
        Les Arabes, de nouveau maîtres de l'Afrique et de ses villes maritimes, ne tardèrent pas à aller porter la ruine et la désolation sur les rives du midi de l'Europe.
        " C'est de Bône, dit El Bekri, dans sa description de l'Afrique, que partent souvent des galères pour faire la course contre les pays chrétiens.

        Les nations marchandes, qui avaient le plus à souffrir de la piraterie, se réunirent et, en 1034, une flotte, composée de navires pisans, génois et provençaux, vinrent attaquer Bône, qui était le repaire d'où s'élançaient tous les forbans. Ils s'en emparèrent après une courte résistance, car elle n'était pas encore entourée de murs.
        Les commerçants de Barcelone s'empressèrent de renouer des relations, momentanément interrompues.
        Bien qu'elle fût au pouvoir des Arabes, Bône n'en avait pas moins conservé un fond de population chrétienne d'une certaine importance, puisqu'en 1076 le pape Grégoire VII, dans une lettre adressée au clergé et aux habitants de Bône, annonçait qu'il avait consacré, sur leur demande, comme évêque de cette ville, le prêtre Servand. Il leur recommandait la vénération pour leur prélat et la pratique de la religion, afin d'en imposer le respect aux Arabes, au milieu desquels ils vivaient.

        Grégoire VII écrivait en même temps à En Naceur, roi de la Mauritanie, pour lui annoncer cette nomination et le remercier de ses bons procédés à l'égard des chrétiens de ses Etats.
        Quelques années après, Roger II, roi de Sicile, ayant eu à se plaindre des procédés du roi de Tunis, rompit le traité de paix qui existait entre eux depuis cinq ans et envoya une flotte sous les ordres de Philippe de Mehedia, un Arabe renégat, sur les côtes d'Afrique.
        L'expédition arriva devant Bône, qui dut accueillir le vainqueur sans résistance. Elle reçut un gouverneur et une garnison au nom du roi de Sicile.
        Les Normands étaient donc établis en Afrique ; leur autorité fut douce et juste et se serait maintenue très longtemps si, en 1159, Abd el Moumen, roi du Maroc, n'avait eu l'ambition de soumettre toute l'Afrique. Il y réussit et les Normands durent abandonner leur conquête. Pour mettre Bône à l'abri d'une nouvelle tentative des Européens, il la fit entourer de remparts.

        Bien qu'il fût peu favorable aux chrétiens, Abd el Moumen, prince intelligent, avait compris que les relations commerciales de l'Europe avec ses Etats étaient une source de richesses pour ses sujets et de profits pour son Trésor. Dès 1155, alors que Bône était encore au pouvoir de Roger, il avait accordé des privilèges de pêche et de négoce à des commerçants génois. Ces privilèges furent maintenus et développés par le traité de 1160, qui ouvrait tous les ports du royaume Almohade, c'est-à-dire l'Afrique septentrionale, à l'importation des produits génois, moyennant un droit d'entrée de 80/0.
        De son vivant, Abd el Moumen favorisa ces derniers au détriment des autres villes maritimes de la Méditerranée; mais, à sa mort, les Pisans conclurent un traité analogue à celui des Génois avec le fils d'Abd el Moumen (1166).

        En 1180, ce fut le tour des Siciliens.
        Enfin, à partir du commencement du XIIIe siècle, les traités se succèdent avec toutes les nations riveraines de la Méditerranée, et leurs pavillons flottent librement dans tous les ports des Etats musulmans, en Afrique.
        Nous allons citer quelques-unes des principales conventions qui ouvrirent le port de Bône au commerce européen.
        Le 11 août 1264, Pise renouvelait, pour vingt ans, son premier traité avec le roi de Tunis, Abou Abd Allah.

        Il y était dit à l'article 20 : 20, DE LO F0NDACII0 Dl BUONA
        Et che a Buona dobbiate avère fondacho, et non possa in quello stare, né albergare alchuna altra persona, set non culoro che voi vorrete.
        21, De lo uso come in Tunithi. Et che a Buona, si debbia tenere et fare a voi quello uso che este in Tunithi, et in quello medesmo modo.
20, DU FONDOUK DE BONE
        Il y aura également à Bône uu fondouk dans lequel ne devront être reçues ou hébergées que les personnes que vous voudrez recevoir.
        21, Des usages semblables à ceux de Tunis. On observera et on respectera à Bône les usages en vigueur à Tunis.

        Les relations des Marseillais avec l'Afrique remontent à 1138 ; mais le premier traité régulier fut conclu le 21 novembre 1270, pour une durée de quinze ans, entre Philippe III, roi de France, d'une part, et Abou Abd Allah el Mostamer, roi de Tunis, de l'autre.
        " Les sujets des deux Etats, y était-il dit, devaient recevoir réciproquement aide et protection.
        Néanmoins, nos navires ne semblent point avoir profité de la liberté qui leur était accordée de venir commercer sur les côtes d'Afrique.
        Ce ne fut que plus tard, vers 1400, que les relations devinrent régulières.
        Le 14 septembre 1313, une nouvelle convention est signée entre Pise et Abou Yayha Zakaria, roi de Tunis.

        Nous ne reproduisons que l'article qui concerne Bône : 20, Arranno essi in Bona, che dio la guardi ! un fondaco, particolarmente destinato a loro allogio, nel quale non dimoreranno insieme con essi altri cristiani. In questo fondaco varranno le medesime consuetudini che reggono in Tunis, cui Dio guardi ! e similmente in Cabes, Sfax e Tripoli. 20, Il y aura également à Bône, que Dieu la garde, un fondouk qui leur sera particulièrement affecté (Les Pisans) et dans lequel ne devra être reçu aucun autre chrétien. Les habitudes en usage à Tunis devront également y être en vigueur, comme à Gabès, Sfax et Tripoli.

        En 1366, Abou Abbas, ex-gouverneur de Constantine, s'était emparé de Bougie et y avait fondé un royaume.
        Il donna la ville de Bône à son neveu, Abou Abd Allah Mohamed, avec le titre de vice-roi.
        Nous avons vu que les Catalans avaient eu, depuis 1100,de nombreuses relations avec les rois de Tunis et gouverneurs de Bône.
        Leur dernier traité, signé le 1er mai 1323, n'avait pas été renouvelé, mais ils n'en continuaient pas moins à venir pêcher et faire du commerce sur les côtes africaines.
        Nous retrouvons, en effet, une lettre du 8 janvier 1639, adressée au roi de Tunis, dans laquelle " les magistrats municipaux de Barcelone, en le remerciant des ordres qu'il a donnés dans l'intérêt d'un patron de Barcelone, échoué près de Bône, lui signalent les vexations et les dommages que les naufragés ont eu à subir, nonobstant ses instructions, du caïd de Bône et lui demandent justice ( Mas-Latrie).

        Un autre document nous apprend qu'en 1446 le droit de pêche était affermé à un Catalan sur toutes les côtes de la Tunisie, à l'Ouest, jusqu'à Bougie.
        Ce document est une lettre des conseillers et prud'hommes de Cagliari, priant les magistrats municipaux de Barcelone de vouloir inviter leur compatriote fermier de la pêche, de ne pas exiger des pêcheurs sardes le tiers du corail récolté, mais seulement le dixième.
        Nous avons vu plus haut qu'il était question, dans presque tous les traités, de fondouks ou habitations spéciales destinées aux commerçants des différents Etats, en relation avec l'Afrique.
        Bône en possédait quelques-uns ; il n'est donc pas inutile de dire quelques mots de cette institution.
        Le fondouk était un groupe d'habitations renfermant les gens de même nationalité. Les différents fondouks, séparés entre eux par une simple muraille de pierres sèches, constituaient un quartier spécial de la ville arabe, ayant sa police particulière, sa juridiction spéciale, ses coutumes et surtout son inviolabilité.

        Chaque fondouk était placé sous la haute surveillance du consul de sa nation qui devait y résider ou tout au moins y avoir un délégué ; un four commun était affecté au service des habitants, et lorsqu'il n'existait pas d'établissement de bains, il était stipulé, dans les conventions, qu'un bain de la ville serait mis une fois par semaine à la disposition des habitants.
        Toutes les fois qu'un traité accordait l'autorisation d'établir un fondouk dans une ville arabe, il était suivi d'une clause autorisant la construction d'une chapelle, pour la célébration du culte chrétien, et la création d'un cimetière spécial.
        Telles étaient à grands traits les conditions d'existence des Européens qui venaient se fixer soit dans le royaume de Tunis, soit dans celui de Bougie ou du Maroc.

        Malgré tous les traités et les garanties dont cherchaient à s'entourer les commerçants des différents Etats européens, le brigandage maritime n'en avait pas moins pris, surtout vers le milieu du Xve siècle, une assez grande extension.
        On doit attribuer cet amour de pillage qui, pendant de longues années, paralysa la navigation de la Méditerranée à la décadence générale de la civilisation arabe et à l'établissement des Turcs en Europe.
        Néanmoins, comme nous l'avons dit plus haut, malgré le danger qu'il y avait à venir commercer sur les côtes d'Afrique, les relations ne furent pas complètement interrompues.
        Parmi les nations qui venaient échanger leurs produits dans les ports des royaumes de Tunis et du Moghreb, les Français avaient toujours occupé le dernier rang. Louis XI fut le premier roi de France qui voulut donner au commerce national un plus grand essor ; lorsque la mort de Charles III d'Anjou lui eut donné la Provence, il écrivit au roi de Bône, Abd Allah Mohamed Messaoud, fils d'Abou Omar Otsman, roi de Tunis, pour lui annoncer cet événement.

        Cette lettre, datée de Tours, 1482, était rédigée en ces termes :
        " Loys, par la grâce de Dieu, roy de France, conte de Prouvence et Seigneur de Marceille, à le illustrissime roy de Bonne, nostre chier ami, salut et cognoissance de nostre fay catholique. Pour ce que nous avons délibéré, o l'aide de Dieu omnipotent, eslever en nostre païz de Prouvence, la navigacion et fréquenter la marchandise de nos subgectz avecques les vostres, par manière qui s'en ensuive utilité et proffit d'une partie et d'autre ; et la bénivolence accoustumée entre la majesté du roy de Thunys, vostre père, auquel présentement escrivons, et la vostre, et celle de Bône, mémoire du roy de Sicille, nostre oncle, non pas seullement soit conservée, maiz accroissée ; dont vous avons bien voulu advertir en vous priant bien affectueusement qu'il vous plaise à noz subgectz, lesquelz viendront pratiquer et troquer de par de là, les traicter favorablement tout ainsi que fesiez par le temps que notre dit oncle vivoit, car aussi ferons nous aux vostres subgectz, quand le cas adviendra.

        " Et pour ce que nostre féal conseiller et trésorier en nostre païz du Daulphiné, Jehan de Vaulx, lequel nous avons retenu à nostre service pour ses vertus, cougnoist mieulx la manière de traffiquer les ungs avec les autres, depuis le temps qu'il estoit général dudit païz de Prouvence, nous avons esté par lui advertiz que sa navire, de laquelle estoit patron Glaude Martinet, par fortune de mer, est tumbée à naufrage ; dont et de tout autre inconvénient que advenir luy porroit avons esté desplaisans et serions, pour les mérites et services fait par lui envers nous ; pour laquelle chose ou envoyé par-devers vous, avec toutes puissances de recouvrer tous et chaque biens et marchandises, lesquels étaient des mains de Pierre Blondet, facteur dudit Martinet, lesquelles depuis par vous ont étés princes avec quelles promesse par vous faite de les rendre.
        Cette lettre fut également envoyée au roi de Tunis, après les mots : on envoie par-devers vous, on avait ajouté "tout expressément l'un des familiers et serviteurs de notre maison, " ce qui démontre que de tous les Etats, la France n'avait pas d'agent accrédité en Afrique.

        Si nous prions très chèrement que tant pour satisfaire à l'office de vrai prince, que aussi pour contemplation de nous, vous plaise faire rendre, aux-dits messagers, et tous ceux biens et marchandises par vous princes ou leur juste valeur et estimation, par manière qu'il ne demeure endommagé; et je sois que la requete soit juste, néanmoins nous ferez-vous un singulier plaisir.
        Et si par-deçà avoit aucune chose qui vous feust à plaisir, en le nous signifiant, nous efforcerons très-volontiers de vous en complaire, saulve l'offense de nostre foy " (Mas-Latrie.).
        A l'époque où Louis XI, dans l'intérêt de la Provence, essayait de nouer des relations avec les princes arabes, l'Afrique se débattait dans une profonde anarchie. La dynastie Hafside, qui régnait depuis le XIIIe siècle en Tunisie et étendait son autorité sur les royaumes tributaires de Bône, Bougie et Constantine, se défendait avec peine contre les attaques des Berbères, qui n'avaient jamais perdu l'espoir de reconquérir leur indépendance première.
        Les Espagnols, profitant de ces embarras intérieurs, s'emparent de Bougie, installent une garnison dans le Penon d'Alger et s'établissent ainsi sur la côte d'Afrique. Penon signifie en espagnol gros rocher. Cette roche, appelée par les Arabes île des Beni-Mesranna, fut occupée, en 1512, par Diego de Vera, qui y fit construire une forteresse.

        Enfin les deux redoutables corsaires, dont le nom seul est devenu un objet d'épouvante pour les navigateurs, Baba-Aroudj et Kheir Eddin font de Djidjelli le centre de leur champ de rapines et de vols. Leur ambition s'augmentant de leurs succès, ils voulurent bientôt établir, sur des bases plus larges, leur système d'exploitation par la terreur. Ils rêvèrent la domination de l'Afrique septentrionale et nous allons voir qu'ils réalisèrent complètement cet audacieux projet..
A SUIVRE
        

ALGER FEVRIER 1960
Par M. Bernard Donville

            
            Ce mois ci je m'abstiens de commentaires vous êtes bien assez grands pour farfouiller.
            Juste une remarque : nous avions bien essayé de retaper la Casbah mais... Heureusement que la présidente de la région Ile de France est aujourd'hui à même d'offrir 400 millions d'euros pour y arriver ?!
            Bonnes lectures
            Bernard

Voir la suite du dossier sur :
donville-fevrier1960.pdf




Henri Laroque, pilote de la SRAT.
Envoyé Par M. P. Jarrige
ALGER- BISKRA
L'UNE DES PREMIÈRES LIGNE du MONDE

          Alger l'une des plus importantes escales du réseau aérien mondial peut aussi se prévaloir d'avoir abrité l'une des plus anciennes lignes aériennes civiles du monde.
          Un beau matin de 1921, au coin de la rue Dumont-d'Urville et de la rue du Parc, les Algérois pouvaient voir une pancarte : " Société du Réseau Aérien Transafricain ". Son titre indiquait clairement son programme.
           A la fin de la guerre 14-18, Nungesser avait acheté à la liquidation des stocks une dizaine de " DORAND " ou AR 170, 190 CV Renault. Il les avait revendus à la S.R A.T, qui les avait amenés à Alger. Grâce au concours de M. Harrisson, Directeur des Etablissements d'Abrantés, on parvint à les monter : 1er miracle. L'aviation militaire nous donna un hangar à Hussein-Dey : 2° miracle, puis on les fit voler : 3° miracle.
          Une équipe menée par Ducas réunissait Givon, Sayaret, Codos, Perrier et moi-même. On commença par exploiter Alger-Biskra avec du fret de la poste et des passager,. 4° miracle on ne tua personne. Ces appareils issus de la guerre et à peine transformés étaient découverts et bi-place. Avec Tunis, avec le regretté Berlureaux. Nous avons fait mieux encore puisque nous sommes allés au devant de la mission Citroën qui traversait le Sahara.
          M. Pourché, Directeur du S.N.A.E.., nous soutenait tant qu'il pouvait et pourtant nous avions une manière bien personnelle de faire de la propagande aérienne. Un jour avec Givon, à court d'essence, noua décidons d'atterrir à Bordj Bou Arréridj, dont la place du marché était considérée comme terrain de secours. Au moment de nous poser un troupeau de moutons reflua en désordre sur la piste. Le temps de remettre les gaz et fauchant poteaux, fils électriques et téléphoniques nous faisions " sur le ventre " une entrée un peu vigoureuse chez M. Couard, le père de Roger et Raymond, les deux footballeurs du R.U.A.
          Il nous reçut si bien que nous n'avons retrouvé nos esprits qu'à Alger le lendemain matin.
          Puis un beau jour, ayant fait son petit effort aéronautique, faute de crédits, la S.R.A.T. mourut de sa belle mort.
          Henri LAROQUE.
          Paru dans Air France Revue

          Vous pouvez voir tout le PDF à cette adresse :
           Le SRAT : PDF 136A


PACIFIQUE ET PÔLE ARCTIQUE
De Hugues Jolivet



      
       Dans un monde soumis aux règles écologiques,
       Concoctées par des Verts aux visées despotiques,
       Censées nous prévenir des risques climatiques,
       Quand l'ours blanc dérive loin de son pôle arctique,
       Un grand nombre d'humains rêvent du Pacifique,
       Au bleu de l'Océan, aux îles idylliques !

       Que l'on refuse des lois, leur doctrine implacable,
       Votées par des élus, partisans réfutables
       D'une mondialisation inhumaine, intraitable,
       Faisant fi des valeurs d'une culture respectable,
       Propre à notre Patrie, aux effets profitables,
       Et dont le reniement serait fort regrettable !

       Chine et Amérique, Pollueurs Majuscules,
       Préparent pour demain un sombre crépuscule.
       La France impose aux siens, principe ridicule,
       De rouler électrique : Adieu les particules !
       Vive la marche à pied lorsque la canicule
       Impose, qu'au garage, stationnent nos véhicules !

       Que l'on cesse de tenir un prêche angélique,
       A tous ceux qui respectent la nature habitable,
       Alors que les jean-foutre, en nombreux groupuscules,
       Visent à instaurer un pouvoir diabolique !
       Est-ce la fin d'un cycle, d'une ère remarquable
       Etouffée par la pieuvre aux multiples tentacules ?

Hugues Jolivet         
11 février 2020          



LE PRÉSIDENT PERSÉVÈRE !
Par M. Robert Charles PUIG


       Après ses propos honteux sur l'Algérie de ma jeunesse en 2017, voilà qu'en quittant Jérusalem il compare la guerre d'Algérie à la Shoa ! Pour lui il n'y a pas de différence ! L'armée française c'était les nazis ! Aujourd'hui, les anciens combattants sont un " solde " des SS ! Voilà une façon originale de traiter cette province d'Outre-mer comme un bastion hitlérien ! Traitera-t-il la prison de Barberousse sur les hauteurs d'Alger, là où Camus a emprisonné son héros, de camp de concentration ?

       Une nouvelle provocation anti vérité ! Elle est digne du progressisme mondialiste et outrancier qu'il incarne. Celui qui ose rejeter la " Culture française " dont pourtant il se vante, ou fait-il semblant d'être un intellectuel, en présentant sur son bureau des livres de nos plus grands écrivains... Trop jeune, insouciant ou trop prétentieux, a-t-il eu d'autres raisons d'oublier cette guerre atroce où des civils européens et musulmans mouraient assassinés par des terroristes ! Il persévère dans cette haine de ce territoire de l'Algérie française et rejoint dans son délire un De Gaulle fier de la braderie de ce sol sorti du néant par un peuple de héros français, espagnols, italien ou allemands qui sont partis d'un vide pour en faire un pays, tout en devenant de vrais patriotes d'une Nation qu'ils défendirent deux fois ! Je n'en reviens pas d'avoir à l'Élysée un tel personnage !

       Bien entendu, il n'est pas le seul à jeter de l'huile sur le feu d'un déclin qui s'annonce, d'un pays qui perd ses marques, ses origines, son histoire. La ministre de la justice, Mme Belloubet, sortie du cercle " taubirien " porte le même jugement sur les propos haineux des salafistes... Il lui paraît normal qu'ils menacent de mort " au nom d'une liberté d'expression " dont le gouvernement et les réseaux sociaux privent les opposants au Larem, une jeune fille qui a osé porter un jugement sur un Islam salafiste, wahhabite, dangereux pour l'Occident.

       La tolérance et les propos venimeux pardonnés aux salafistes, la condamnation, l'inquisition pour les autres, comme cette accélération des poursuites judiciaires lorsque c'est un opposant au Larem qui est suspecté, à tord ou à raison... Nicolas Sarkozy toujours sur la sellette... Fillon si vite mis en accusation.... Aujourd'hui encore, Eric Zemmour est la dernière victime de la hargne destructive de ce qui n'est pas la loi macroniste !
       France, où vas-tu ? C'est triste ce pays qui se vend - combien de fois l'ai-je déjà écrit - à un Orient qui a assassiné et coupé en morceau un journaliste trop curieux ou trop sincère vis-à-vis de cette religion et des pays d'Orient.

       Je crains pour mes enfants cette tournure des événements où la France n'est plus la France fille de l'Église. Nous restons cependant droits dans nos bottes pied-noir et continuons notre rôle d'aiguillon pour que le peuple n'oublie pas que l'Algérie était française, ni ce 25 janvier où nous nous sommes réunis. Promenade des Anglais pour honorer une date importante de notre saga Pied-noir : les barricades du 24 janvier 1960 !

       LA FRANCE D'AUJOURD'HUI ? Elle vit toujours dans les mensonges et les contrevérités de ce temps d'Algérie française. En 2020, nous continuons à être les pestiférés, ceux qu'il faut abattre définitivement... Pourtant regardons cette France et ce pouvoir qui se dilue. Les élections municipales approchent et les Larem se mange les couilles. Le président a des difficultés à faire l'unité de ses troupes...
       A Paris c'est le schisme et l'exemple de la discorde des Larem sans unanimité pour une place de maire. Cédric Villani contre Benjamin Griveaux... De plus, Edouard Philippe prépare-t-il sa retraite ? Il postule un mandat au Havre. D'autres villes comme Biarritz voient l'intervention en propre de l'Élysée pour contrecarrer les combats fratricides... Est-cela les Larem ?

       Est-ce le seul tohu-bohu ? Non ! La droite LR se bouffe le nez en refusant l'unité attendue derrière Rachida Dati. Je suis sûr qu'elle devrait avoir une chance, mais les LR se montrent toujours égoïstes et ambitieux les uns contre les autres ! C'est le mal de la droite LR qui ne sait pas se souder, faire partie commune ! Pourtant elle reste majoritaire dans le cœur des français la " Droite ", mais ne sait pas ce qu'est le consensus, le pacte d'entente et une fois de plus elle fait le jeu de ses opposants, Larem et Anne Hidalgo. Où est-elle la " Droite " ? Toujours dans ses alléluias, avec ses haines et ses envies de jouer pour certains la carte Larem... Des traîtres au LR. Paris est l'exemple de cette discorde. Une droite au bord de l'implosion qui a des difficultés à faire l'unanimité ou jouer des ralliements. C'est dommage. Rachida Dati connaît bien le terrain et Paris. Elle mériterait l'aide de ses pairs... Avec un peu de bonne volonté, elle pourrait jouer la surprise.
       Sur le plan national, dans cette bataille des municipales, il semble que Marine Le Pen tienne la deuxième place, mais sera-t-elle véritablement prête pour l'autre échéance ?Fera-t-elle preuve d'un autre moral et d'un véritable programme pour aller plus loin ?
       Le pays tangue ! Si le chômage semble baisser... avec des emplois précaires, la croissance est en berne, le PIB idem et l'endettement augmente. Est-ce un bon point pour notre économie, notre futur si malmené par un gouvernement soumis à l'étranger d'Orient et incapable de maintenir une vraie sécurité sur notre sol ?

       En même temps, c'est le : " WE'RE OUT ! ", le Brexit d'une Angleterre qui a fait son choix ! Elle quitte une Europe sclérosée par trop de lois souvent contraires à l'intérêt des pays qui la composent. Une U.E. rétrograde, ouverte à l'Orient, ridicule dans ses actions, inconstante dans ce besoin d'unité et de solidité que réclament les peuples. Toujours en retard dans sa défense de l'Europe face à l'envahissement d'une migration inquiétante et d'une sécurité des frontières qui lui échappe.
       Boris Johnson jubile. Emmanuel Macron enrage ! Son plan d'une Europe mondialisée s'écroule. Plus de finances internationales ou de commerce mondial où quelques super sociétés feront la pluie et le beau temps sur tous les marchés et que les peuples subiront.

       En attendant de suivre l'Angleterre nouvelle, c'est le Coronavirus chinois qui se déploie sur le monde. Le gouvernement français a trouvé la parade pour récupérer ses ressortissants... Comme la Paca est anti macroniste, rien n'est plus facile que d'envoyer les rapatriés de Wuhan à Carry-le-Rouet, une ville estivale pas loin de Marseille... Il fallait la jouer cette carte " Coronavirusienne ! ". Elle rappelle le " cœur " du Marius de Pagnol... Un coup de Jarnac qui risque de perturber la retraite de Jean-Pierre Foucault et " l'Oursinade " de Carry-le-Rouet.

Robert Charles PUIG 01/02/2020       
      


26 MARS… « TEMOIGNAGE »
Envoyé par M. Etienne Muvien

Des clichés douloureux tapissent ma mémoire
D’une infâme tragédie enfantée par l’Histoire…
La France qui se veut compatissante, humaine,
Ne fut qu’infanticide, ivre de mépris, de haine…
Elle a osé écrire en lettres indélébiles
De sang couvert de honte, un ignoble codicille
En marge d’un « Passé » soucieux de maintenir
L’image de son honneur sans jamais la ternir…

Ce jour-là, le soleil et la douceur du temps
Avaient mis dans les cœurs des graines de Printemps.
Sur un vaste forum, dans le centre de la ville,
Une foule enthousiaste, animée, puérile,
Se rassemblait sereine, sans peur et sans menaces,
Pour aller secourir ceux tombés en disgrâce,
« Les gens de Bab-el-Oued », privés de liberté
Qu’une humeur militaire s’employait à dompter.

Un climat bon enfant, une ambiance de kermesse
Versaient dans l’assistance une certaine allégresse…
Pourtant un drame sournois couvait à son insu…
Les milices gaulliennes contrôlaient les issues
Des rues avoisinantes adjacentes au Forum,
Permettant cependant un accès maximum
A travers les barrages et les chevaux de frise,
A un peuple insouciant d’une telle entreprise
Et qui venait sans cesse alimenter la masse

D’un guet-apens conçu de meurtres prémédités
Par des soldats maudits, fiers de leur lâcheté…
Encore plus méprisable le Haut Commandement
Ordonnant, à quinze heures, la tuerie d’innocents…
Je porte témoignage de scènes de massacres
Sans préambule, provocations ou simulacres :
Une foule décimée soudain par la mitraille
Qui tente d’échapper à ses mortelles tenailles.

Des blessés achevés par des tueurs avides
Poursuivant leurs victimes terrorisées, livides,
Ecrasées sur le sol ou cherchant un refuge
Vers la Grande Poste close ou des halls de transfuges,
Tirées à bout portant par ces fous sanguinaires,
Exaltés d’assouvir un contrat exemplaire…
« Halte au feu, halte au feu » hurlait un impuissant
Sans doute épouvanté par l’affreux bain de sang…

Je porte témoignage que, malgré ces appels
Hurlés par « Haut-parleur », les spadassins rebelles
Ont poursuivi leurs crimes pendant un long moment…
Les secours retardés, et ce…volontairement !
Après la fusillade, une vision douloureuse
Alourdissait l’espace d’une tension silencieuse…
De larges flaques de sang, des vêtements, des chaussures
Répandus sur le sol ou dans les embrasures…

Des femmes hébétées et des hommes blafards
Allant de ci de là, les yeux vides ou hagards…
Somnambules pitoyables, victimes de l’épouvante
D’une tuerie programmée, coupable et infâmante…
Je porte témoignage, et en outre, j’accuse
De forfaiture tous ceux qui savent et qui récusent…
Ceux qui se taisent, complices, et qui vont, par ailleurs,
Défendre l’Humanité aux bruits de leurs clameurs !!!

Allez, soyez sans crainte, fourriers de déchéance !
Vous mourrez « Chevaliers du déshonneur de France »…

Etienne MUVIEN
Février 2008

N.B. : Texte déjà paru en 2008, mais il est bon de le rappeler au moment où un président français est encore dans l'outrance envers les P.N.


Hommage aux soldats français
qui ont sauvé des harkis
De M. Gomez, 6 février 2020
Envoyé par Mme Marquet.

               À l’attention du président de la République, Emmanuel Macron, au sujet des «crimes contre l’humanité » qu’il attribue à la période coloniale.
               Il fut une époque où l’armée française s’est déshonorée, c’était en Algérie en 1962. Une première fois le 26 mars 1962, et les jours précédents, en tirant sur ordre du chef de l’État et de leurs supérieurs hiérarchiques, sur des Français innocents, y compris femmes et enfants, qui défilaient sans armes, puis, une seconde fois, en juillet de cette même année 62 à Oran, en restant l’arme au pied, toujours sur ordre du chef de l’État et de leurs supérieurs hiérarchiques, alors que des centaines de Français innocents, y compris femmes et enfants, se faisaient massacrer par des assassins du FLN et de l’ALN.
               Il est nécessaire, à mon avis, de signaler tout de même qu’en dehors des officiers qui se sont dressés volontairement contre la trahison du chef de l’État de l’époque, et de son gouvernement : les généraux Salan, Jouhaux, Zeller, Gardy, Challe et d’autres officiers, colonels, commandants, capitaines, lieutenant et sous-officiers, il est d’autres officiers qui, malgré les ordres reçus en juillet 1962, ont fait passer leur honneur avant tout :

               * Lieutenant RABAH KHELIFF, commandant la 4 Cie du 30 BPC, a conduit, contre les ordres reçus, ses soldats en camion jusqu’à la préfecture d’Oran, le 5 juillet 1962 et libéré des centaines de civils européens prisonniers du FLN, promis à une mort certaine

               * Colonel LALLEMAND commandant le 22 RI à Ténès, en juin 1962 , a pris sous sa responsabilité de faire embarquer tous ses harkis (qui ne voulaient pas rester en Algérie) avec femmes et enfants, sur un navire affrété à ses frais. Un de ses fils, le lieutenant Lallemand, a fait mettre en joue, à l’aide des FM de sa troupe, les gendarmes mobiles qui voulaient empêcher ces harkis de monter sur le bateau.

               * Sous-Lieutenant Maurice de KERVONAËL, du 28 dragons, avait 108 hommes sous ses ordres, dont 78 musulmans. Il a réussi à en rapatrier 30, avec leurs familles, (tous volontaires). Transportés par taxis d’Affreville vers Alger (interdit de se servir de moyens militaires). Sa sœur et son beau-frère, propriétaires d’un domaine dans le Minervois, ont accueilli tous ces rescapés.

               * Lieutenant François MEYER, du 23 spahis, a rapatrié environ 350 harkis, familles comprises, en France et il s’est occupé de leur insertion.

               * Lieutenant Armand BENESSIS de ROTROU, ancien du Commando Georges, puis au 81 RIA à Djidjelli. Avec l’aide du capitaine Georges MARCE, a rapatrié 250 harkis et leurs familles par bateau, puis se sont occupés de leur hébergement dans l’Est de la France.

               * Capitaine Maurice FAIVRE, commandant l’escadron du 20 dragons. S’est chargé de rapatrier 53 familles de harkis, et fait les démarches en France pour faciliter leur insertion.

               * André WORMSER, banquier de profession, officier de réserve en poste à Saïda, a tout fait pour faire rapatrier une partie des harkis du commando Georges. Il s’est ensuite occupé de les recaser en France dans des propriétés familiales.

               * Général CASENAVE, commandant la 9 DI en 1960 à Orléansville. A fait tout ce qu’il a pu pour évacuer ses commandos de chasse, en liaison avec le colonel Lallemand, par bateau à partir de Ténès. « J’ai, suivant les ordres que je recevais, multiplié les efforts pour engager les éléments musulmans à nos côtés et leur donner les garanties touchant la protection que leur assurerait, en toute hypothèse, La France. Le 3 juillet, tout ce que j’avais ainsi dit s’est trouvé définitivement bafoué ou renié. Il m’en reste une blessure qui m’a enlevé le repos. »

               * Marine nationale : vice-amiral d’escadre Jean BARTHELEMY, commandant la base de Mers El Kébir. A mobilisé le porte-avions LAFAYETTE et les BDC « Cheliff, Trieux, Blavet et Argens » pour évacuer tous les harkis (qui le désiraient) de la DBFM, avec femmes, enfants et bagages. Plus un millier de personnes, également des civils européens et musulmans (19 300 personnes entre le 1 juin et le 31 juillet 62). Il a eu un entretien téléphonique orageux avec le général KATZ, commandant la place d’Oran le 5 juillet, ce dernier laissant faire les massacres de Français par le FLN, puis a envoyé des fusiliers-marins en camion à Oran afin de tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être. Tous ces officiers DBFM ont contribué à la protection, au transfert vers la base aéronavale de Mers El Kébir, à l’embarquement pour la France et à l’installation sur place, en particulier à Largentière.

               *Lieutenant Yves DURAND, chef de la SAS de Thiers près de Palestro. A créé par la suite 2 autres SAS à Maala El Isseri et Ouled Gassam. Au début de 1962, il rassemble tous ses harkis et leurs familles et les fait transporter par camions à la ferme Begenen, près d’Alger. Il fait partir par bateau plus de 2 500 personnes et attend que tout le monde soit embarqué pour en faire autant le 30 juin, avec sa femme et sa fille. De 1962 à 1968, il devient inspecteur du service des Français musulmans au sein du ministère des Rapatriés et reclasse tout son monde dans différents villages construits près d’Antibes, Cannes et Manosque, mais également à Onglet (Alpes-de-Haute-Provence) et à Sallerans (Hautes-Alpes).

               * Lieutenant Daniel ABOVILIER chef de SAS en Kabylie. Président national de l’Association des anciens SAS. « En mars 62, pour moi abandonner mes hommes, c’était impensable, il me fallait les sauver à tout prix, ma seule question c’était comment ? Avec l’aide de fonctionnaires, le sous-préfet d’Akbou a été très bien et m’a fourni de vrais faux papiers et mon ancienne entreprise des certificats de travail, j’ai donc pu rapatrier en métropole mes 50 moghzanis et leurs familles ». Il faut savoir qu’après le 19 mars, tous les harkis devaient être désarmés.

               *Capitaine Léopold AYGUEPARSE, commandant la SAS de Toudja. A désobéi aux ordres officiels pour obéir à l’impulsion de son cœur et rapatrié 196 personnes (harkis et leurs familles) en juin 62.

               *Lieutenant Bernard MOINET, commandant de SAS. Muté comme beaucoup d’entre eux, en métropole avant le 19 mars 1962. « Lorsque j’ai appris la liquidation de ma harka , j’étais furieux et écœuré par la lâcheté criminelle du gouvernement et des officiers disciplinés. Je ne voulais plus porter l’uniforme, j’ai donc renvoyé ma Légion d’honneur et démissionné de l’armée le même jour. » Depuis, il n’a cessé de se battre contre la falsification de l’histoire des harkis. Pour lui comme beaucoup d’autres, il était possible de faire respecter les accords d’Évian, de rapatrier les supplétifs menacés. Il aurait suffi de faire sortir des casernes des commandos et des blindés, l’ALN ne faisant pas le poids. Il a œuvré pour aider à l’installation des harkis en France.

               * Lieutenant SENAT, officier SAS près d’Affreville. A aidé le sous-lieutenant Kervonaël à évacuer ses harkis jusqu’au port d’Alger. En France, devenu capitaine, il œuvre pour recaser et loger les harkis en Auvergne (tout le monde ne pouvait être accueilli dans le domaine familial de la sœur de Kervonaël).

               * Lieutenant d’AGESCY, a aidé le lieutenant Meyer à évacuer ses harkis de Geryville à Oran le 9 juillet 62, par la route. Le colonel FRESSON, commandant le 23 spahis, a fourni une escorte blindée commandée par le chef d’escadron de Colstoun, avec consigne d’ouverture de feu sur l’ALN en cas de barrage routier ! Les commandos marine avaient dit à Meyer « on ne te laissera pas tomber », effectivement tout le monde a été hébergé puis embarqué à Mers El Kébir, le 13 juillet. *Sous-lieutenant Alain de la MORANDAIS , chef de la SAS de Bou Alam. A rapatrié ses hommes et s’est occupé de les recaser en France, il a aidé le lieutenant MEYER à recaser les siens.

               * Capitaine CROGUENNEC, commandant la 2 Cie du 2 zouaves à Oran. Le 5 juillet 62, il porte secours et fait libérer 400 civils retenus au commissariat central par le FLN. Il les accueille dans son cantonnement, sis à l’école Jules Ferry, les sauvant d’une mort certaine.

               * Capitaine Roger-Pierre MENARDAIS. Jusqu’en août 1961, son commando 292 relevait du 3 RIA (régiment d’infanterie alpine). Ce commando, qu’il a ramené en métropole, devait être rattaché au 93 régiment d’infanterie et correspondait au commando en charge de la zone Nord Oranie (ZNO). Ce commando a pu être ramené légalement, car en une nuit il a transformé illégalement les contrats de supplétifs en contrats d’engagés de l’armée régulière. La ventilation de ces faux et nouveaux soldats dans d’autres régiments dès leur arrivée en France a permis de limiter la supercherie à seulement quelques chefs traumatisés par le massacre en cours des harkis. De même, il a réussi à sauver quelques harkis du commando Georges abandonnés par son chef et à récupérer en France.

               * Colonel Guy LEBORGNE, commandant le 3 RPIMa (ex-3 RPC de Bigeard jusqu’en 58).
               C’est le seul régiment para de la 10 DP, resté légaliste pendant le putsch d’avril 61. Après le 19 mars 1962, le 3 RPIMa fait du maintien de l’ordre dans la plaine de la Mitidja et Alger. Rappel : selon les accords d’Évian, il était interdit à l’armée française de faire usage de ses armes, de fouiller les individus et les maisons. Le 15 juin 62, la Cie du sergent Alain SAICHE de passage à Daouda en convoi perçoit des voix plaintives, provenant d’une mechta au bord de la route ; les paras investissent le bâtiment et trouvent deux civils européens pieds et poings liés, prisonniers de l’ALN et promis à une mort certaine, ils sont libérés sans coups de feu. La Cie portée du capitaine LANGLOIS reçoit pour mission de voler au secours de civils européens, enlevés et maintenus prisonniers dans une villa proche de Staoueli, sous pression l’ALN libère les prisonniers. L’honneur du colonel Guy LEBORGNE et de son régiment, fut à l’heure du départ de la base de Sidi-Ferruch, le 20 juillet, de ramener en France sa « katiba » (tous les harkis de la 5 Cie). Harkis courageux qui avaient fait le choix de rester français (environ une centaine, pas de précision pour les familles).

               * Lieutenant-colonel Michel MANY, commandant le 159 BIA (1961-62) Bataillon d’infanterie alpine, issu du 159 RIA de Briançon et créé spécialement pour la guerre d’Algérie. Composé de 10 % d’Européens et de 90 % de musulmans, basé à Boghni en Grande Kabylie. Après le 19 mars 62, a rapatrié un certain nombre de ses supplétifs désirant partir en métropole.

               *Clara LANZI, présidente fondatrice de SECOURS de France, le 15.08.61.
               OBJECTIF : secourir toutes les victimes de leur foi en la patrie et particulièrement les harkis rescapés des massacres, parqués au début dans des camps insalubres ; Clara s’est occupée d’eux sans relâche avec l’aide et le soutien, entre autres, du Bachaga Boualam, des avocats Tixier-Vignancour et Isorni, de messieurs Georges Bidault et Jacques Soustelle, et des officiers supérieurs Château-Jobert et Hélie Denoix de Saint Marc, etc.

               Voici donc la liste de ces Français qui non seulement n’ont pas commis de crimes contre l’humanité mais ont sauvé quelques milliers d’Algériens musulmans des crimes contre l’humanité commis par l’État français en abandonnant, désarmés, des dizaines de milliers d’Algériens musulmans aux assassins du FLN et de l’ALN.
Manuel Gomez


Paris, les faux culs et les élections.
Par M. Robert Charles PUIG


       Voilà Macron, marron ! Son sujet est tombé dans le piège DSK, dont il était un affilié. Tout à coup un événement qui défrise la capitale et permettra de donner un autre visage à cette élection. Une fois de plus après Castaner, le macronisme tout dans sa verdeur prend un coup de pied aux fesses... fesses, dont c'est l'objet du tremblement de terre qui secoue les roubignoles des politiciens.
       L'un se fait épinglé, dans un jeu de rôle interdit aux enfants, mais tous de droite à gauche se sentent couillonnés par la verdeur du sujet et ce coup des réseaux sociaux en dessous de la ceinture.
       Trop prétentieux, voilà le résultat d'un instant d'égarement...
       C'est Emmanuel Macron qui en prend plein la vue de ce film ! Pourtant ?
       Je vois, j'entends, j'écoute et il me semble que toute la classe politicienne se sent concernée... Elle s'agite, s'émeut, s'attriste... et sans doute se demande de qui bientôt, ce sera le tour ?
       Tous présentent leurs condoléances attristées à Griveaux, en faux jetons d'une moliéresque aventure.

       Mais revenons à Paris.
       Voilà bien de la place pour les autres candidats... Il y a des voix à récupérer car Larem est " OUT ! "
       Bien que cela ne soit pas ma tasse de café, mon caoua, elle a les racines d'où je viens, alors je serai LR, je miserai sur Rachida Dati avec mes troupes de rameurs en eaux troubles. Elle a un boulevard si tous les ténors LR daignent se rassembler, faire front s'essorant des années de mensonges, de coups d'arnaques, de croche-pieds entre eux.

       Face à Hidalgo, c'est le moment de montrer messieurs et sans les réseaux sociaux, que vous en avez et qu'enfin elles vont servir à quelque chose !
       Cela me pèse de donner un conseil, mais faut-il laisser Paris au communautarisme et à l'ultragauche ?

       Sarkozy dont je me souviens avec honte, qu'il laissait ses ambassadeurs lécher les babouches de Bouteflika, pourrait faire un geste. Jacob ? Moins de mollesse dans les genoux et plus d'empathie plus sa candidate ! Baroin ? Il devra laisser son tablier au vestiaire et faire preuve de plus de confraternité avec sa consœur... Pourquoi pas quelques photos d'Estrosi dans " Nice-Matin " avec Rachida, pour montrer sa sympathie ?

       Bien entendu Rachida Dati n'est pas blanche-blanche... Elle a ses casseroles mais qui n'en a pas dans ce milieu interlope ?
       Alors j'attends de voir si les LR vont être intelligents... enfin !

       Si par leur engagement ils sauront attirer à eux d'autres droites, permettre enfin cette union que le peuple attend d'un grand mouvement qui ne soit pas sectaire en tendant les mains à tous.
       Paris vaut autant qu'une messe, non ?

Perse, poète du 1er siècle après J.C. disait :
L'argile est molle et humide, il faut nous hâter
Et que la roue agile, en tournant, la façonne.

Robert Charles PUIG 02 / 2020       
      


Rénovation des quartiers anciens :
l’Algérie fait appel aux Français

Envoyée par M. P. Barisain

        L’Agence française de développement (AFD) financera pendant deux ans une intervention opérationnelle de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine française (ANRU) en Algérie pour accompagner la rénovation des quartiers anciens dégradés, a annoncé l’AFD ce mardi, précisant qu’il s’agit d’« une première ».

        « L’Algérie a subi une urbanisation rapide, massive et disparate. S’y côtoient des constructions modernes et planifiées, des ensembles auto-construits, spontanés et des quartiers anciens, datant de la fin du XIXe siècle au début des années 1970. Le bâti de ces derniers est aujourd’hui lourdement dégradé. Un tiers du parc immobilier algérien est concerné et près de 20% des logements de la wilaya d’Alger (collectivité territoriale) », explique l’AFD dans un communiqué publié ce mardi soir.

        « Le gouvernement algérien souhaite enrayer cette dégradation et dévalorisation progressives du patrimoine urbain. Une convention de financement signée par l’AFD et l’ANRU le 21 janvier 2020 devrait accroître ses capacités à y parvenir », indique l’institution financière française.

        « L’AFD, l’ANRU, le ministère de l’Habitat, la wilaya d’Alger et l’Agence nationale algérienne de l’urbanisme (ANURB) ont construit ensemble un programme d’assistance technique à la hauteur des besoins identifiés », affirme l’AFD qui précise que ce programme d’une durée de deux ans « doit notamment accompagner la préparation d’une opération pilote dans un quartier d’Alger et le déploiement d’un programme national de renouvellement des tissus urbains anciens dégradés, décidé par le gouvernement algérien par un décret de 2016 », indique l’organe étatique français.


SÉLECTION ASAF -
ARTICLES PARUS EN JANVIER 2020

www.asafrance.fr
Envoyée Par l'ASAF
BRÈVES

       https://www.asafrance.fr/item/breves-extrait-de-la-selection-mensuelle-de-l-asaf-adressee-le-03-fevrier-2020.html

       1- Assemblée générale ordinaire 2019 : Elle s'est déroulée le 29 janvier 2020 à Paris. Malgré les grèves, 70 adhérents étaient présents et plus de 300 pouvoirs avaient été adressés au siège.

       2- Rejoindre l'ASAF : Le site et les lettres mensuelles de l'ASAF, qui sont accessibles et diffusées gratuitement, sont de plus en plus appréciés. Aussi, compte tenu des nombreuses actions à conduire dans les mois à venir, nous devons être encore plus nombreux pour préserver notre liberté d'expression et d'action (nous ne sollicitons aucune subvention de l'État), et multiplier nos capacités de sensibilisation, d'information et de soutien à nos armées.Vous connaissez un ou plusieurs de nos 250 000 soldats, marins et aviateurs et vous souhaitez leur marquer votre soutien. Alors, rejoignez l'ASAF. Ensemble nous serons plus forts et davantage entendus (à propos de l'empaquetage de l'Arc de Triomphe par exemple) !

       3- Fréquentation du site : 170 000 contacts ont été enregistrés sur le site en janvier 2020. Notre objectif est d'atteindre 200 000 en décembre 2020.

       4- Hors-série 2020 : Comme chaque année, l'ASAF prépare un hors-série d'environ 200 pages qui sera adressé au cours du 3e quadrimestre à tous les adhérents/abonnés (30 €) à jour de leur cotisation (avant le 30 juin 2020)Il sera consacré à la période 1920-2020 marquée par le déclin, après la victoire de la Grande Guerre, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, puis par le renouveau de la France dès 1945, illustré par l'aventure spatiale française et grâce à laquelle notre pays occupe aujourd'hui la place de leader européen dans ce domaine hautement stratégique.

       5- Offre hors-série : L'ASAF a édité depuis 2012, 8 numéros hors-séries. Une version enrichie du premier numéro consacré à " La France et son armée en Algérie (1830-1962) " vient d'être rééditée et tirée à 5 000 exemplaires. Le plus récent numéro hors-série qui a été publié en 2019 était consacré à " La France dans la Guerre froide ".

       6- Dossiers de l'ASAF : Un nouveau dossier regroupant les textes des auditions d'automne des chefs d'état-major devant les commissions de la Défense de l'Assemblée nationale et du Sénat est disponible sur le site www.asafrance.fr

       SÉLECTION DE 7 DOCUMENTS (sur les 42 mis en ligne en janvier).

       RETRAITES : Avis du Conseil Supérieur de la Fonction Militaire (CSFM) Dans un temps d'étude contraint de 48 heures, le CSFM s'est attaché, conformément à son champ de compétences, à centrer ses observations et son avis sur les articles de ce projet de loi ayant un impact sur la condition militaire.

       OPEX : Le général Bentégeat s'exprime devant l'Académie des sciences morales et politiquesAu Sahel, on est passé d'une opération " Serval " triomphante, où l'on allait chercher les terroristes jusqu'au fond de leurs trous, à une opération " Barkhane " aux conditions sécuritaires dégradées, selon les termes de la ministre des armées Florence Parly. Parler d'échec serait par trop provocateur, mais force est de constater …

       FRANCE 2 : film (1 heure) retraçant le portrait de 5 légionnaires d'aujourd'hui Un document d'une heure, de très grande qualité, tourné sur les légionnaires d'aujourd'hui. " Pudiques, graves, parfois drôles, six légionnaires du 2ème régiment étranger d'infanterie (Nîmes) reviennent sur leur histoire parfois cabossée. Ils racontent pourquoi …

       L'amiral Pierre Lacoste : un " Seigneur " au service de la France !Il y a des grands hommes, des grands chefs, des grands patrons... Mais pour les hommes du renseignement et des services secrets il y a surtout des " Seigneurs ". L'amiral Pierre Lacoste qui vient de tirer sa révérence à 96 ans fait partie de cette élite particulièrement honorée dans le monde anglo-saxon.

       LOGEMENTS MILITAIRES: " de véritables repoussoirs "Extraits du rapport d'information déposé par la Commission de la Défense nationale et des forces armées en conclusion des travaux d'une mission d'information sur la politique immobilière du ministère des Armées présenté par MM. les députés Laurent FURST (LR) et Fabien LAINÉ (mouvement démocrate) …

       Bernard Lugan : Dénoncer les mensonges et refuser la repentance.La chaîne Arte vient de se surpasser dans le commerce de l'insupportable escroquerie historique qu'est la " légende noire " de la colonisation. Or, le bilan colonial ne pourra jamais être fait avec des invectives, des raccourcis, des manipulations et des mensonges. Regardons la réalité bien en face …

       ARMEMENT : Renouvellement des pistolets semi-automatiques pour les forces françaises 74 596 pistolets semi-automatiques (PSA) ont été commandés par la Direction générale de l'armement. Ce marché a été confié à la société (NDLR autrichienne) Glock (pistolet et capacité d'aide à la visée nocturne) qui s'est alliée aux sociétés Sellier et Bellot (munitions) et UTM (kit d'entraînement). Ces pistolets de nouvelle génération ...
LA RÉDACTION de l’ASAF
Association de Soutien à l'Armée Française
18, rue Vézelay - 75008 ParisTél/Fax : 01 42 25 48 43
Site : www.asafrance.fr



ANNONCE



     Chers(es) compatriotes et amis(es)

     Monseigneur Jean-Paul Vesco, évêque d'Oran, devrait être des nôtres. Espérons que les évènements en Algérie le permettront cette année.

     Vendredi 5 juin : 20h15, accueil suivi d'un apéro dînatoire (13€)

     Torreluz Samedi 6 juin : 11h00 rdv sur le parvis de l'église de Dalias suivi d'une procession - 12h00, messe
     14h00 repas (apéro offert par Super Anis Galiana) 24 €

     Dimanche 7 juin :13h30 repas (apéro offert par Super Anis Galiana) 24 €.
     Les animations musicales et dansantes du samedi et dimanche seront assurées par nos compatriotes Tina Marty et Paco d'Almeria.

     L'hôtel Torreluz (plein centre d'Almeria) propose les tarifs suivants:
     4*  double avec petits déjeuners "buffet"          50,00 euros
     4*  triple avec petits déjeuners "buffet"             65,00 euros
     4*  1 personne avec petit déjeuner "buffet"       44,00 euros
     2*  double avec petits déjeuners "buffet"          44,00 euros
     2*  triple avec petits déjeuners "buffet"             56,00 euros
     2*  1 personne avec petit déjeuner "buffet"       38,00 euros
     Parking 11,90 euros/jour.

     Réservation par mail: comercial@torreluz.com en précisant "Santa Cruz" Tel. (34)950234399 ou bien auprès du soussigné (réservation hôtel/repas).

     Pour information, l'an dernier, nombre d'entre-vous se sont regroupés à Malaga au départ de Toulouse-Bordeaux-Nantes-Lyon-Paris (vols low-cost). Cette année ce regroupement est prévu pour le mercredi 3 juin.
     Isabelle Pietri en assurera la gestion.
     Contact tel. 0619912548 mail : beloupietri@gmail.com

     Pour toutes informations complémentaires, vous pouvez nous joindre par Mail: a.fr.ibanez@gmail.com
     Tel (34)950149021 - (34)686741007 ou 0607708113
     Merci de diffuser l'info, auprès de vos Parents, Amis, Associations

AMICALE DES PIEDS-NOIRS D'ANDALOUSIE ET LEURS AMIS



LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS

Par J.C. Stella et J.P. Bartolini


                            Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.

             Jean Claude a effectué toutes les recherches et il continu. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous et je viens d'ajouter Petit, Clauzel, Gelât Bou Sba, Héliopolis, des pages qui seront complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir.

             Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.

             De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.

             Ce travail fait pour Bône, Aïn-Mokra, Bugeaud, Duvivier, Duzerville, Herbillon, Kellermann, Millesimo, Mondovi, Morris, Nechmeya, Penthièvre, Randon, Kellermann et Millesimo, va être fait pour d'autres communes de la région de Bône.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et ceux des villages alentours :

CLIQUER sur ces adresses : Pour Bône:

http://www.livredor-bonois.net

             Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

                         J.C. Stella et J.P.Bartolini.
 


NOUVELLES de LÁ-BAS
Envois divers

RELANCE DE LA CULTURE SOUS SERRE DE LA BANANE À JIJEL

Envoyé par auguste
https://www.liberte-algerie.com/est/les-programmes-de-lansej-et-de-la-cnac-a-la-rescousse-333248

Par Liberté Algérie par Amor Z. le 04/02/2020

Les programmes de l’Ansej et de la Cnac à la rescousse

             Après avoir prospéré un certain temps avant les années 1990, lors desquelles la banane n’était pas encore importée en grande quantité, la culture de ce fruit exotique était l’apanage de plusieurs agriculteurs à Jijel. Mais face à une concurrence des plus rudes à la libéralisation du marché de l’importation, cette spécialité a disparu du monde agricole dans cette wilaya, laissant place à la banane importée.

             La disparition de cette culture n’a cependant pas dissuadé certains de ses adeptes de vouloir la ressusciter par d’autres moyens plus performants pour faire face au produit importé. C’est dans ce contexte que la Chambre d’agriculture de la wilaya de Jijel s’est lancé le défi de relancer cette culture, mais en s’appuyant sur le soutien des programmes de l’Ansej et de la Cnac.

             Pour la concrétisation de cette relance, une journée d’étude s’est tenue récemment à Jijel en vue vulgariser les moyens à mettre en œuvre pour se lancer dans la production de la banane sous serre. De prime abord, on rappelle que les premières expériences de la plantation de la banane ont eu lieu en 1985-1986 avec le lancement d’un plan national ayant permis de cultiver 220 ha dans plusieurs wilayas.

             À cette époque, l’Algérie, avance-t-on, produisait quatre variétés de banane, à savoir la “petite naine”, la “grande naine”, la “Williams” et la “Poyo”. La relance de cette culture exige cependant la modernisation des moyens de production et l’introduction de la serre multichapelle, dont le coût de l’investissement reste élevé, selon les organisateurs de cette journée.

             En toutes taxes comprises, une seule serre de 2 500 m2 coûtera 8 370 000 DA, soit 3 500 DA/m2. Les jeunes investisseurs dans ce secteur sont encouragés à solliciter le concours de l’Ansej et de la Cnac. C’est à cette condition que cette culture pourrait être relancée, soutiennent les initiateurs de la journée d’étude organisée pour faire de la plantation de la banane un projet à concrétiser à Jijel.
Amor Z.           


SITE ROMAIN À AÏN LARBI (GUELMA )

Envoyé par Nadine
https://www.liberte-algerie.com/est/decouverte-de-plusieurs-pieces-archeologiques-333005


Liberté Algérie   l Par M. APS - 01/02/2020

Découverte de plusieurs pièces archéologiques

        Une fouille de sauvetage et de protection d’un site archéologique, un ouvrage agricole de l’époque romaine, a été effectuée jeudi dans la mechta Aïn Fers (commune de Aïn Larbi, wilaya de Guelma) par une équipe d’experts du Centre national de recherche en archéologie (CNRA).

        Dans une déclaration à la presse sur les lieux, la responsable de l’équipe, Ouafia Adel, a indiqué que ce site a été découvert par hasard par des citoyens de la mechta, distante de 50 km de la ville de Guelma, suite à des travaux d’extension d’une mosquée, précisant que les citoyens ont dès lors suspendu les travaux et alerté les autorités concernées.

        Pour cette chercheuse du CNRA, l’opération de fouille, menée en coordination avec l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels classés et la direction de wilaya de la culture, a permis la découverte de plusieurs pièces archéologiques et éléments architecturaux qui montrent que le site était une sorte de grande exploitation agricole fortifiée.

        L'experte a ainsi cité la découverte de murs bâtis selon la technique dite africaine, des dalles de longueurs différentes, des chapiteaux et des colonnes de style corinthien utilisés dans la construction des palais, des temples, affirmant que la trouvaille la plus importante est une grande meule à grains et un pressoir d’huile d’olive.

        De gros pilons à blé, plus grands que ceux à usage domestique habituel, des poteries fabriquées à Rome et autres poteries à ornement local utilisées notamment pour la conservation du vin et de l’huile d’olive ont été également exhumés sur ce site, a-t-elle souligné.

        Ces découvertes ont été transférées au musée du théâtre romain et le jardin archéologique de la ville de Guelma. L’équipe en charge des fouilles a convenu avec le bureau d’études assurant le suivi de l’extension de la mosquée de protéger le site et le rendre accessible aux visiteurs sans pour autant entraver la réalisation de la mosquée dont l’essentiel de la structure a été parachevé.
APS           


Les quatorze actes racistes et haineux en Algérie

Envoyé par Marguerite
https://www.liberte-algerie.com/chronique/les-quatorze-actes-racistes-et-haineux-en-algerie-474

par liberté Algérie, par Amin ZAOUI 18/01/2020 ,

Stop au racisme. Stop à la haine aveugle.

           C’est quoi le racisme, loin de toute philosophie philosophée ? Le racisme est une maladie religieuse, ethnique, linguistique ou sexuelle. Un raciste est un malade mental, idéologique et culturel.

           La haine est l’âme vivante du racisme. Pour faire face au racisme et à la haine, il faut avoir le courage intellectuel, la clarté philosophique et la profondeur spirituelle humaniste. En Algérie pour stopper le racisme et la haine, il faut :
           • 1- Arrêter ces imams et ces prédicateurs, douate, qui continuent à insulter les juifs, les gens du Livre, dans leurs prières, dans leurs prêches du vendredi et même dans leurs causeries des morts dans les cimetières, à l’heure des enterrements.
           • 2- Arrêter ces imams et ces charlatans intellectuels ou religieux qui maudissent les chrétiens, les gens du Livre, en les qualifiant de mangeurs de cochon… de tous les noms d’oiseaux !
           • 3- Condamner les prédicateurs et leurs sbires, en costume ou en qamis, dans les médias et à l’école qui injurient les non-religieux, les laïcs, les hindouistes qui ont foi en Veda, ceux qui vénèrent la sacralité de la vache ou les autres qui ne croient en rien.
           • 4- Le raciste haineux est celui qui harcèle une femme traversant la rue, dans le travail, à midi ou à minuit, le vendredi ou le mardi !
           • 5- Le raciste machiste est celui qui menace la femme en réclamant son retour “à la cuisine” (blasatha fel kouzina). C’est un appel à l’esclavage domestique. La traite charnelle. La corvée. La domination.
           • 6- Le raciste est celui qui considère un homme ou une femme de couleur comme esclave. Cette culture existe toujours dans beaucoup de milieux sociaux !
           • 7- Le racisme est aussi le fait de refuser ou de défendre le mariage entre des êtres humains de couleurs différentes, de religions différentes ou d’ethnies différentes.
           • 8- Le racisme est le fait d’interdire ou d’attaquer le lieu de culte d’une religion pacifique, qu’importe la religion.
           • 9- Le racisme c’est un acte qui ne laisse pas les gens vivre sereinement leur conscience. Le racisme favorise le troupeau humain et déteste la liberté individuelle.
           • 10- Le racisme c’est interdire aux fidèles de traverser librement les frontières des religions, qu’importe la religion. Se rencontrer tranquillement dans une religion ou dans une autre.
           • 11- Le racisme c’est interdire aux citoyens de traverser librement les frontières géographiques des pays, qu’importe le pays. La phobie de l’autre. La peur du miroir !
           • 12- Le racisme c’est aussi le fait de ne pas laisser les hommes et les femmes pratiquer et apprendre librement leurs langues maternelles ou culturelles. La guerre contre la mémoire !
           • 13- Le racisme le plus pur et le plus dur, dans notre pays, c’est d’appeler au “zéro Kabyle”, dans un pays nord-africain. Cela s’appelle “le nettoyage ethnique”. Le racisme c’est la phobie de la diversité ethnique, religieuse et culturelle.
           • 14- Le racisme est le fait d’insulter ou d’attaquer ceux et celles qui ont des orientations sexuelles autres que les vôtres.

           Pour faire face au racisme et à la haine, dans notre société, apprenez à vos enfants la belle musique, la belle littérature, l’art de vivre, à poser des questions gênantes, aimer l’autre, respecter la nature, aimer les animaux et adorer Dieu.
          
A. Z.                      


L’opération de réhabilitation des plages lancée

Envoyé par Bernard
https://www.liberte-algerie.com/ouest/loperation-de-rehabilitation-des-plages-lancee-333001


 Liberté Algérie - Par M. LARADJ - 01/02/2020

EN PRÉVISION DE LA SAISON ESTIVALE À AÏN TÉMOUCHENT

           Les autorités locales de la wilaya de Aïn Témouchent comptent mettre le paquet pour garantir un meilleur accueil des estivants avec le lancement de plusieurs opérations d’aménagement, de réhabilitation et d’embellissement des plages, plus particulièrement au niveau des entrées qui devront refléter une meilleure image aux visiteurs.

           En effet, la direction de l’urbanisme et de la construction de la wilaya vient de bénéficier d’une enveloppe financière estimée à 8,4 milliards de centimes dans la cadre du fonds commun des collectivités locales.

           Ce montant est destiné à la réhabilitation des entrées de certaines plages du littoral témouchentois, à l’image des plages En Nedjma, El-Mordjane et Rachgoun, qui se sont taillé la part du lion avec 6,4 milliards, alors que deux parkings pour automobiles pour les plages de Sidi Djelloul, dans la commune de Sidi Safi, et de Madagh, rattachée à la commune de Bouzedjar, feront l’objet d’une opération d’aménagement pour un montant de deux milliards de centimes.

           C’est ce qu’a annoncé à la presse M. Belkadi Rachid, chef de service de la construction auprès de la direction de l’urbanisme et de la construction. Ce dernier a indiqué que les travaux seront lancés tout prochainement, du moment que le choix des entreprises chargées de leur réalisation a été effectué et que l’opération est dans sa dernière phase en termes de procédures réglementaires.

           À ce titre, et selon les prévisions de la direction de la construction, l’achèvement des travaux se fera bien avant le début de la prochaine saison estivale. Dans le même sillage, un projet d’éclairage public à l’énergie solaire vient de faire l’objet d’une inscription par la direction de l’énergie de la wilaya et sera réalisé à l’entrée de la plage de Sassel, dans la commune côtière de Ouled Boudjemâa, et ce, sur une distance de deux kilomètres.

           Le même projet prévoit aussi le renforcement de l’éclairage public à l’énergie solaire au niveau de l’intersection située à l’entrée est de la ville de Aïn Témouchent, où a été érigée la statue de Baba Arroudj, relevant de la commune de Chabat El-Leham. Les travaux seront lancés très prochainement, vu que la procédure administrative réglementaire a été achevée et l’entreprise réalisatrice désignée.
M. LARADJ                      


La localité a conservé sa vocation agricole

Envoyé par Xavier


 El Watan - Par A.B. - 12/02/2020

Mascara : Maoussa, une commune typiquement rurale

           De tous les villages de la wilaya créés à la même époque, seul celui-ci a été baptisé d’une appellation à résonance arabe. Selon les rares résidents centenaires, elle a pour signification ma (eau) oussa (et espaces).

           Si les melons de Maoussa, qui faisaient jadis la fierté et la réputation de la région eu égard à la qualité de ce fruit succulent, sont en voie de disparition, la localité a quant à elle conservé sa vocation première liée aux activités agricoles avec la diversité des produits cultivés mais caractérisés par l’émergence du raisin de table à variétés multiples. Village typiquement colonial, Maoussa, à l’instar des autres communes de la wilaya de Mascara, a enregistré un large développement de son tissu urbain, ponctué de la réalisation de centaines de nouveaux logements à usage d’habitation et autres infrastructures socioéducatives d’accompagnement. Cet agrandissement opéré dans tous les sens a été favorisé par la disponibilité des espaces ayant servi de terrains d’assiette à la concrétisation de ces projets.
           Eu égard à sa situation géographique idéale, car se trouvant à équidistance entre Mascara et Tighennif, la fertilité de ses terres, la richesse de ses sous-sols en matières hydrides et l’aspect de son foncier où le plat domine, la commune de Maoussa est très convoitée, un facteur qui a engendré le problème du logement qui est cruellement ressenti par les nouvelles générations. Toutefois, la localité a bénéficié de la position ferme affichée par les ruraux, lesquels restent très attachés à la terre de leurs ancêtres, à leur mode de vie sous forme de regroupement familial et à leurs habitations espacées construites dans les douars en fonction de leurs besoins et qui correspondent aux us et coutumes de leurs origines. Ces populations vivent essentiellement du travail de la terre et de l’élevage, mais leur fixation est subordonnée à l’existence des infrastructures socioéducatives, telles que les établissements scolaires et les centres de santé, et à l’amélioration des conditions de vie liées à l’électrification de leurs habitations, à l’éclairage public, aux voies d’accès, à l’alimentation en eau potable et à l’assainissement, des opérations qualifiées d’élémentaires.

           Dans ce contexte, le nombre élevé de 26 douars aussi peuplés les uns que les autres rattachés à la commune dénote le caractère qui anime ces campagnards, épargnés il est vrai par le harcèlement des terroristes tout au long de la décennie noire, leur évitant l’exode massif. Les douars les plus denses ont pour appellation Kerrach, Sidi Mohamed, Sidi Benyakhlef, Sidi Tami, Ouled Zemani, Sidi M’hamed, pour ne citer que ceux-là.
           Eu égard à la situation géographique de la commune et à l’éparpillement de ses districts, les élus locaux éprouvent des difficultés à respecter leurs promesses formulées lors des campagnes électorales et à répondre aux besoins exprimés par les populations, car les projets accordés par la tutelle à la commune sont très limités, ce qui soulève bien souvent la déception des chefs des douars et des électeurs.

           Si la situation à l’intérieur du tissu urbain du village est déplorable, les populations des douars souffrent beaucoup plus. En effet, hormis l’avenue principale qui présente un aspect commode pour les passagers, une dégradation totale de la chaussée, des rues et des ruelles adjacentes est enregistrée. Dans certains bourgs, les locataires vivent le calvaire avec le manque de transport, leurs douars étant mal desservis en l’absence de routes et de pistes adéquates.
           La réputation de la commune de Maoussa a largement dépassé les frontières de la wilaya et même de la région Ouest depuis que cette entité a été retenue pour abriter le marché hebdomadaire tenu chaque jeudi, au cours duquel s’effectuent toutes sortes de transactions commerciales liées aux véhicules, au cheptel, à la pièce de rechange, aux accessoires et autres petits outillages. C’est un rendez-vous où se brassent hebdomadairement des sommes considérables, et toutes ces opérations se répercutent positivement sur les activités commerciales de la population locale. Cédé aux enchères publiques, le marché constitue une source financière supplémentaire pour la commune, une manne dont s’acquitte l’adjudicateur. Telle une peau de chagrin, les aires et les superficies réservées au foncier bâti se rétrécissent au point où le tissu urbain de la commune s’est avéré saturé, et force est de constater que des centaines d’hectares de terres agricoles ont été sacrifiés pour la construction de nouveaux projets.
           C’est à ce prix seulement que la commune a assuré son développement pour faire face à une démographie galopante et répondre aux exigences de sa population mais, en dépit de tous ces efforts consentis, beaucoup d’insuffisances sont toujours recensées.
A. B.                      

MESSAGES
S.V.P., Lorsqu'une réponse aux messages ci-dessous peut, être susceptible de profiter à la Communauté, n'hésitez pas à informer le site. Merci d'avance, J.P. Bartolini

Notre Ami Jean Louis Ventura créateur d'un autre site de Bône a créé une rubrique d'ANNONCES et d'AVIS de RECHERCHE qui est liée avec les numéros de la Seybouse.
Pour prendre connaissance de cette rubrique,

cliquez ICI pour d'autres messages.
sur le site de notre Ami Jean Louis Ventura

« L’avenir de Bône à travers les rêveries du jeune étudiant Paul »

             Il y aura bientôt 60 ans, un jeune Bônois, Paul PIRO, 17 ans, glissait dans la boîte aux lettres du bureau de la Dépêche de Constantine, à Bône, ce que, naïvement, il considérait comme son premier article. Et il le signait de son seul prénom, Paul, sans le nom de famille, de crainte qu’on le prenne pour un illuminé. Quelque semaines plus tard, un dimanche - quel mois, quelle année, 1960 sans doute, Paul ne s’en souvient pas précisément ? - , l’ « article » paraissait sous le titre « L’avenir de Bône à travers les rêveries du jeune étudiant Paul ».

             Paul en était fier mais bien modestement, il pensait que Jean Péroni, responsable de « La Dépêche de Constantine à Bône », n’avait rien à se mettre sous la dent en ce dimanche. Paul est devenu le journaliste qu’il a toujours voulu être, a écrit plusieurs livres dont « De Bône à Annaba » et « L’Algérie entre ciel et terre » (Editions Alan Sutton) . Aujourd’hui, son amour pour sa ville natale qu’il revisite de temps en temps, est toujours vivace. Mais il a perdu la coupure de presse de sa jeunesse…

             Même si Paul PIRO qui a déjà effectué des recherches notamment à Verailles, aux archives-presse, il est conscient de la difficulté de la chose.

             Mektoub et merci
         Mon adresse est, (cliquez sur) : paul@piro-curtis.info
De M. Pierre Jarrige

Chers Amis
Voici les derniers Diaporamas sur les Aéronefs d'Algérie. A vous de les faire connaître.
    N° 132                                                       PDF 132A
    N° 133                                                       PDF 133
    N° 134                                                       PDF 134
    PDF 135                                                   N° 135
    PDF 135a                                                   N° 136
    PDF 136                                                       PDF 136A Pierre Jarrige
Site Web:http://www.aviation-algerie.com/
Mon adresse : jarrige31@orange.fr
136-aerodromes-bases-1945-1962-20
"Gouverner, c'est prévoir"
Envoyé Par Hugues

          Un Ministre accompagné de sa secrétaire, effectue une tournée de son arrondissement.
          Il visite en premier un complexe scolaire et écoute les doléances des élèves et des professeurs.
          "Monsieur le Ministre, le chauffage est vieillot et on s'attend à un hiver rigoureux, nos salles de cours sont exiguës et nécessiteraient une réfection, beaucoup de bancs et chaises sont plus que vétustes, toutes les fenêtres laissent passer l'air etc..., etc..., etc..."
          Après avoir entendu toutes leurs doléances, le Ministre répond : "Ne vous en faites pas, je m'en occupe, tout sera corrigé le plus tôt possible."
          Il monte alors dans sa flamboyante Citroën et continue sa tournée en s'arrêtant à une prison.
          Là aussi les doléances sont nombreuses notamment celles des détenus :
          "Monsieur le Ministre, on aimerait avoir une meilleure qualité de vie, une amélioration des repas serait la bienvenue, on souhaiterait avoir des nouveaux draps toutes les semaines, des TV grand écran, home cinéma, piscine, court de tennis, petites masseuses privées une fois par semaine, etc..., etc..., etc..."
          Après avoir une fois encore entendu toutes les doléances, le Ministre répond :
          "J'en prends bonne note, vous aurez satisfaction dans le plus bref délai."
          Il retrouve sa Citroën et, pendant le voyage de retour, donne des instructions à sa secrétaire :
          "Bon, Martine, faites envoyer au complexe scolaire une équipe de réparateurs pour remplacer quelques fenêtres et boucher quelques trous, mais rien d'autre.
          Ensuite, faites envoyer une entreprise à la prison pour installer une piscine, des bains jacuzzi, des bains turcs, un sauna, des courts de tennis, une salle de loisirs avec des téléviseurs 140 cm, etc..., etc... "
          La secrétaire, toute surprise, lui répond :
          "Mais, ce que vous me demandez, monsieur le Ministre, n'a pas de sens."
          Et celui-ci de lui répondre :
          "Voyons Martine, on est déjà allé à l'école, on n'y retournera plus.
          Mais pour ce qui est de la prison... On ne sait jamais !"
          Gouverner, c'est prévoir !



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Notre liberté de penser, de diffuser et d’informer est grandement menacée, et c’est pourquoi je suis obligé de suivre l’exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d’information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d’expression, tel qu’il est reconnu par la Résolution 59 de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d’expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».

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