N° 175
Septembre

http://piednoir.fr
    carte de M. Bartolini J.P.
     Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Septembre 2017
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
http://www.seybouse.info/
Création de M. Bonemaint
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
Écusson de Bône généreusement offert au site de Bône par M. Bonemaint
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EDITO
C'est la Rentrée
         Chers Amis,

         Début septembre, cela ne vous a pas échappé, c'est la rentrée.
         La rentrée des classes pour tous les jeunes élèves heureux de se retrouver entre eux ; c'est la rentrée des collègues de travail ; celle des retrouvailles des familles, des amis, après les dispersions estivales ; celle aussi des retraités qui vont payer la facture pour ceux qui " ne veulent rien faire ou qui arrivent sans y être invités ", avec une nouvelle année sans augmentation mais avec des prélèvements supplémentaires.
         Mais c'est aussi surtout pour la Seybouse, l'occasion de souhaiter à tous, une bonne rentrée communautaire.
         A l'heure de la reprise on a forcément un peu de nostalgie en consultant l'album des vacances et en repensant aux bons moments estivaux que j'espère revivifiant pour tous avec des jours de repos à l'appui.
         Cet été a encore été l'occasion de se reposer, d'analyser, de se remettre en question pour certains et de s'amuser pour d'autres.
         Bien qu'étant absent sur Internet, j'ai quand même travaillé sur un P.C. afin d'être au Rendez-vous de septembre avec la Seybouse dont je vous invite à lire ses divers articles.
         Je ne peux m'empêcher de dire un Merci à notre ministre des Anciens Combattants et des " Expatriés ", à qui nous pouvons dire "Merci pour ce moment d'absence", hélas très remarqué à l'occasion de la commémoration des tragiques événements qui ont secoué la communauté des Pieds-Noirs en 1962. En espérant que la prochaine fois qu'elle manifestera son intérêt pour son image envers la communauté, le 5 décembre prochain, ou ailleurs, c'est avec soulagement que l'on pourra lui dire enfin "Merci pour ce moment d'attention".
         En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. (d'après G. Orwell)
         Oui, acte révolutionnaire, mais acte réprimé par les usurpateurs des lois contre les citoyens qui pensent être libres…. La Seybouse continuera à clamer nos vérités et notre mémoire.
Bonne lecture, JPB                   
         Diobône,
         A tchao.
       


PHOTOS DE BÔNE
Envoyé par M. Ciantar







Fables Bônoises
De M. Edmond Brua
Envoyé Par M. Carpy Dominique

.



LE KABYLE ET SON TRESOR
AVEC LE MAITRE D'UN CHAMP

        Je chante ce Colon parmi les plus prospères
         Et les plus sots concurremment,
         Dont Esope, j'en fais serment,
         Eût refusé d'être le père.
         L'un et l'autre pourtant avoient un commun nom.
         Nous voyons trop souvent de ces coïncidences.
         Combien d'évaporées on appelle Prudence
         Et de couards Napoléon !

        Il arriva qu'au temps qu'on laboure la terre,
         Esope le cultivateur
         Vit au bout d'un sillon, du haut de son tracteur,
         Un de ces importuns qu'on nomme spectateurs,
         Badauds, chandeliers, réverbères.
         C'étoit en l'espèce un Berbère.
         Encor qu'il ne fût point méchant,
         Mon Esope eût aimé l'écarter de son champ,

        Mais l'autre n'en étoit qu'à la stricte limite.
         Le Colon poursuit son chemin.
         Il feint l'indifférence et le fellah l'imite.
         A l'aurore du lendemain,
         La rencontre se renouvelle.
         Le laboureur, en sa cervelle,
         Sent un soupçon percer. Descendant prestement
         De sa rustique automobile,
         Il harangue ainsi le Kabyle :
         O la fugure-de-mouton !
         O le sarracqueur des poules !
         Tu t'en fous du qu'en-dira-t-on ?
         Ouach andek ? Hak Allah, personne i ' me le met,
         Pourquoi moi je suis pas laouère !
         Mâ du temps que ti es là, l'Arabe, a'c ta moukère,
         Assaoir un peu ça qu'i' fait ?
         Allez, balek, si ti as des cornes,
         La pantience elle a des bornes.

        Mat' femch ? Atso, je cause à toi !
         Il s'exprimoit ainsi car il étoit Maltois.
         L'Indigène, ayant du bagage,
         Lui tint à peu près ce langage :
         Esope ! Esope, mon ami,
         Ne vous mettez pas en colère.

        D'abord, je suis célibataire.
         Ensuite, écoutez mon récit.
         Je gage qu'il aura le bonheur de vous plaire.
         Qui pourroit supposer, examinant ce champ,
         Qu'un trésor est caché dedans ?

        C'est pourtant la vérité pure.
         Je la tiens de mon oncle, illustre marabout.
         Il y a là, je vous le jure,
         Des millions, ou rien du tout.
         Le Colon, de suprise, avoit la bouche ouverte.
         Esope, mon ami, ceci vous déconcerte ?
         Lui dit l'autre. Il vous faut reprendre sans tarder
         Ce beau travail à quoi mes mains sont inexpertes.
         Mais je saurai vous regarder.
         Prenez donc de la peine et sitôt apparue
         Sous le soc de votre charrue
         Certaine pierre que je sais,
         Je saisis certaine ficelle,
         Je la fixe au centre d'icelle.

        Et... mais j'en ai trop dit. Sufficit. Je me tais.
         Je n'ajoute qu'un mot : Je tiendrai ma fortune
         A la première nuit sans lune.
         Ce propos met le trouble en l'esprit du Maltois.
         Il exige aussitôt sa part de la marmite,
         Sinon, plus de labour et partant plus de choix
         Pour celui qui déjà croit tenir dans ses doigts
         Les richesses d'un Mozabite.
         Ce Kabyle étoit un matois.
         De matois à Maltois la nuance est petite.
         Il feint donc d'hésiter d'abord,
         Puis il accepte. Son complice
         Saute sur le tracteur, embraye et rentre en lice,
         Escomptant son demi-trésor.

        Le soc eut bientôt fait d'exhumer quelque pierre.
         C'est elle, lui dit l'autre. Arrête et saute à bas.
         A l'horizon ne vois-tu pas
         Comme un nuage de poussière ?
         Oui, répond le pauvre Colon.
         C'est le but convenu. Saisis-moi ce cordon
         Et t'éloigne à toute vitesse.
         Tu ne t'arrêteras qu'il ne se soit tendu.
         Esope dit : C'est entendu.
         Il s'en va. L'autre le laisse
         Aller son train d'arpenteur,
         Laisse aller aussi la laisse,
         Attend que l'agriculteur
         A l'horizon disparaisse,
         Pour emmener le tracteur.

        Ce Colon, direz-vous, n'étoit qu'un Nicodème ?
         J'en sais de non-colons qu'on eût grugés de même.
Edmond Brua





LE MUTILE N° 43, du 6 janvier 1918 (Gallica)
La Fourragère de la Légion Etrangère
                 La Légion Etrangère après avoir successivement gagné sur les champs de bataille la première fourragère à la couleur de la Croix de guerre, la deuxième à la couleur de la Médaille militaire, vient d'obtenir comme suprême récompense de sa folle bravoure, une fourragère spécialement créée pour elle et qui a la couleur du ruban de la Légion d'honneur, ultime hommage accordé à ces héros qu'un Victor Hugo seul pouvait chanter.

        Les faits d'armes de ce corps d'élite ne se comptent plus aujourd'hui et il ajoute depuis plus de trois ans à ses superbes victoires d'Algérie, de Kabylie, de Grimée, d'Italie, d'Extrême-Orient, de Madagascar et du Dahomey, les Dardanelles, Salonique, la Belgique et la campagne de France, préludant à l'inévitable campagne d'Allemagne.
        Qu'est-ce donc que la Légion Etrangère, dont les hauts faits éblouissent le monde. C'est une immense famille de gens de nationalités différentes, de langues diverses qui, ne se connaissant pas hier, sont aujourd'hui des frères dévoués l'un à l'autre jusqu'au sacrifice. Ce sont des êtres appartenant à tous les degrés de l'échelle sociale, depuis l'homme du monde aux mains effilées et blanches jusqu'à l'homme au front bas et buté dont le regard équivoque décèle les bas instincts.
        C'est l'ensemble de ceux qu'une défaillance, une rancœur, un amour déçu, une perle d'argent au jeu, une vie ratée a fait fuir le monde pour rechercher l'oubli dans ce grand tout qu'est la Légion, pour y vivre cette vie d'aventures dont le légionnaire raffole, quand ce ne sera pas la balle libératrice qui mettra lin à une existence de tourments.

        C'est le terrible hospice où l'on soigne l'impuissance par l'aventure, la révolte par le dévouement, la honte par l'héroïsme et le désespoir par la mort.
        C'est le réfugium de malades qui offrent leur chair et que l'on soigne à l'aide d'un remède souverain : l'action.

        Les légionnaires ignorent le patriotisme. Accourus de leurs patries vers la nôtre, ils ne peuvent être patriotes. Mais d'avoir choisi la Légion, cela n'implique-t-il pas un farouche élan vers la France ?
        En venant à nous, ce ne sont ni des avantages ni des honneurs qu'ils recherchent mais le droit d'épouser nos querelles et nos luttes.
        Le sentiment national qui exalte nos soldats est remplacé chez eux par "l'esprit de corps ".

        A la veille d'une attaque un peu dure, il suffit de dire à ces hommes étranges : " Souvenez-vous que vous êtes légionnaires !" En leur montrant le drapeau étranger où le mot Patrie est remplacé par le mot Valeur pour qu'instantanément ils se redressent, fiers, résolus, avec des yeux de fièvre et un superbe air de défi.
        Voilà les hommes qui composent cette phalange héroïque dont la création remonte à la première République.
        Les Légionnaires savent se battre et mourir en beauté au son de leur musique dont ils sont fiers, aussi fiers que de leur légendaire refrain :

        "Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin ! " etc., qu'ils ont fait retentir un peu dans toutes les lointaines colonies.

        La force de la Légion est son esprit d'aventures, car ses enfants ne sont pas autre chose que de nobles aventuriers qui ont soif de voir, faim d'agir ; ce sont nos plus belles et nos plus touchantes victimes, car chaque fois qu'une d'entre elles succombe, elle épargne un deuil aux mères françaises.
        La masse de ces hommes, d'autant plus honnêtes qu'ils connurent d'abord, pour la plupart, des fautes et vinrent librement les expier dans ce temple de l'énergie où la musique la plus céleste est le claquement sec des Lebel augmenté de la voix grave du canon, ces géants qui font des miracles et les ignorent, n'étaient pas assez connus.

        Les trois fourragères gagnées successivement et accordées par des chefs qui s'y connaissent en beau courage, viennent de consacrer leur gloire immortelle.
        Ces superbes régiments dont le sang a coulé en Algérie, sur les montagnes de la Kabylie et dans les steppes de sable, en Crimée, au Mexique, sur les champs de bataille de l'Italie du Nord, arrosent maintenant de ce même sang vermeil la terre bénie de France où nombre d'entre eux dorment déjà leur dernier sommeil.

        Au moment où sur la proposition du généralissime, la Légion Etrangère étrenne la nouvelle fourragère, Le Mutilé de l'Algérie se devait comme un devoir de signaler à l'admiration de tous, ceux qui n'ont pas d'autre morale que la beauté de souffrir, et pour qui la douleur est un flambeau auquel s'allume leur énergie.
        Il salue bien bas ces preux modernes et leur envoie l'hommage de son admiration.
Le Mutilé de l'Algérie.         


LES NAUFRAGES
ECHO D'ORANIE - N°265


        Vos aïeux sont partis vers les terres lointaines,
         Confiants, y planter leur nouvel avenir,
         Et dans le sol sanglant des perles africaines,
         D'avance y déposer le feu du souvenir.

      Dans ce pays nouveau, souriant de promesses,
         Ils ont porté leur foi comme on porte un drapeau.
         Ils ont semé, construit, implanté nos richesses,
         Un trop rude labeur pour un faible radeau!

      Et vous avez cueilli ces biens que vos ancêtres
         Avaient su vous léguer si généreusement.
         Comment imaginer qu'un jour lointain, peut-être,
         Ce pays connaîtrait un grand déferlement.

      Vous avez tout perdu, c'était une défaite,
         Et le sang à nouveau s'est remis à couler.
         Démunis, rejetés, vous battiez en retraite,
         Et la rage en vos cœurs est venue s'installer.

      Vous être arrivés, ainsi que des fantômes
         Au pays ancestral, comme des étrangers.
         Pitoyables, meurtris par la folie des hommes,
         Vous resterez toujours d'éternels naufragés.
Micheline SANGLAR                    





Aperçu Historique
Envoyé par M. Charles Ciantar, Août 2017
D'après le Guide de la ville de Bône édité au profit des Œuvres sociales de la Mutuelle Générale de la Sûreté Nationale de bône.
Quelques distances
Bône se trouve à:
101 kms de Philippeville
355 km de Bougie
592 Kms d'Alger
68 kms d'Herbillon
16 km de la Calle
235 km de Bizerte
161 km de Constantine




           Bône, humble comptoir Phénicien, née il y a plus de deux mille ans, est devenue, après bien des vicissitudes, une cité moderne de près de 120.000 habitants. Elle présente un ensemble séduisant et harmonieux où viennent s'associer toutes les beautés du littoral algérien :: une baie admirable, une ligne de plages au sable fin, les falaises d'une corniche escarpée, le magnifique massif de l'Edough.


La Béarnaise devant Bône

           Son histoire est marquée par une succession d'épanouissements en temps de paix et d'effondrements en périodes d'insécurité.

           Entreprenante cité commerçante depuis sa fondation par les phéniciens, jusqu'à sa destruction par les Vandales en 430, après un long siège où mourut son évêque Saint Augustin l'antique Hyppo-Regius retrouve une partie de sa splendeur à l'époque Byzantine.

           Au VIIème siècle, les arabes Hilaliens la mettent à feu et à sang.


           Bientôt renaît à l'écart des ruines, l'actuelle Bône qui connaît un nouvel essor avec les Espagnols de 1535 à 1540, puis retombe en sommeil pendant trois longs Siècles, jusqu'au débarquement de la « Béarnaise » le 27 mars 1832.

           C'est alors une ère de prospérité ininterrompue qui fera de Bône l'une des villes les plus dynamiques du bassin méditerranéen et l'un des ports les plus importants de l'Algérie.

SITUATION GEOGRAPHIQUE

           Bône, préfecture d'un arrondissement de 290.000 habitants, siège d'une subdivision militaire, est située près de L'embouchure de la Seybouse, entre La montagne de L'Edough, adossée à des monts touffus.


           Etendue le long de la rive ouest du golfe qui porte son non depuis cette rive jusqu'à la base des contreforts de la Seybouse.

           Bône est entourée d'une corniche de 11kms qui mène au cap de garde, haut de 117 mètres.

           De tous les points de la route qui compte bon nombre de rampes et tournants, un paysage exceptionnel s'offre aux touristes.

           Le phare du cap de garde permet une large vue sur le golfe de Bône jusqu'au cap rosa, sur le massif de l'Edough, sur la côte tourmentée et les plages de sable fin, de Djenan-El-Bey et parfois même par temps clair sur Aïn-Barbar, siège des sociétés d'exploitation des mines voisines.

           Bône, grâce à la situation géographique privilégiée qui fit d'elle l'antique capitale Hippone, est actuellement un gros centre industriel et commercial.

           Son port bien qu'agrandi, reste insuffisant, tant les richesses de Bône et de sa région, sont importantes.

DESCRIPTION DE LA VILLE

           Promenades à faire
           Route de Béni-Ramassès jusqu'à 'actuel hôpital Militaire.


           Route de Sidi-Aïssa jusqu'aux carrières Mariage. Arrivée à la crête qui descend de 'Edough jusqu'au cap de Garde. Vue sur la côte déchiquetée et les 2 rochers visibLes de loin : « voile Noir » et «Pain de sucre ». Cimetière de Sidi-Aïssa. Retour par la plage Toche ..


           Chemin des fontainiers ; vestiges romains de canalisation. Aqueduc turc à deux arches bien conservé. Chemin des trois cents escaliers. Cimetière de Sidi-M'Barek. Au cœur de la montagne, deux ravissantes Koubbas bleues. Marabout de Sidi ben Otmane et celui de Sidi ben Mançour. Marabout de Sidi Abed également.

           Aqueducs romains (vestiges) près du Ruisseau d'Or. Dans la vallée de l'Ouenda marabout et cimetière de Sidi-bou-Hadid.
           Promenade de la Corniche jusqu'au Cap de Garde 117 m.

           Retour par la route des plages, plage St-Cloud, plage du lever de l'Aurore, arrivée à l'ancienne porte des Caroubiers, actuellement démolie et qui s'ouvrait sur I'ancienne promenade des Caroubiers, en face de laquelle se trouve le Boulevard de la 1ère Armée Française.

           Monuments
           Au sud de la ville. La Basilique de Saint Augustin et statues du Saint qu'elle contient. Cette Basilique est un reflet de la Carthage dont elle a le style byzantin.


           Les marabouts nommés plus haut, lieux par excellence de calme et de sérénité.

           Les ruines d'Hippone .
           a) Les thèmes dédiés à Septime Sévère.
           b) Le Forum et les villas aux mosaïques colorées.
           c) Le forum complètement dégagé, long de 75 mètres et large de 36 mètres..
           d) Le théâtre pas tout à fait à jour encore.

L'ACTIVITE ET SON PORT





           Bône doit sa fortune à son port dont le trafic se développe davantage chaque année. Quelques chiffres donneront une idée précise de ce développement.

           Au cours de l'année 1957 : 2.829.812 tonnes de marchandises ont été exportées par le port de Bône. Ces exportations ont porté principalement sur les minerais de fer (2.020.000 tonnes), les phosphates de chaux (550.000 tonnes), les vins (4O.500 tonnes), les primeurs et agrumes (20.000 tonnes) ; les produits de minoterie (12.00 tonnes ) et les lièges (5.500 tonnes)
           Durant cette même année, BONE a importé par son port :
           696.917 tonnes de marchandises, parmi lesquelles des combustibles minéraux liquides (132.000 tonnes), des matériaux de construction (28.000 tonnes), des automobiles (27.000 Tonnes)
           Son trafic portuaire s'est donc élevé pendant l'année 1957 à 3.526.729 Tonnes.

           Ces chiffres montrent que BONE est le premier port minier de l’Afrique du Nord, grâce au fer de l'Ouenza et au phosphate de chaux du Kouif.
           BONE est également un grand Port pétrolier qui possède une situation privilégiée en ce qui concerne l'importation des combustibles minéraux liquides comprenant l'essence, le gas-oil, le fuel-oil et le Pétrole.
           Grâce à des installation modernes et puissantes à des pipe-lines qui répondent à tous les besoins, à un outillage qui a fait les preuves depuis longtemps, les pétroliers du plus fort tonnage ont à BONE leur précieuse cargaison déchargée dans un minimum de temps.
           C'est le principal établissement maritime de l'Est Algérien.
           Bône ville touristique par son site enchanteur, son climat Méditerranéen tempéré. Ville Commerçante grâce aux richesses agricoles et minérales de son Hinterland, deviendra bientôt un centre industriel de première importance ;
           Elle pourra alors espérer en un avenir très brillant, digne d'une grande capitale.

PRINCIPALES RELATIONS

           MER
           BONE est en relation avec les ports français de la Métropole ainsi qu'avec les principaux pays suivants : Angleterre, Allemagne, Belgique, Italie, Pays Scandinaves, pays bas, Pologne, Roumanie, Yougoslavie.
           AIR
           BONE est en relation avec les principales villes de l'AFN et de la Métropole par les voies desservies par l'Aérodrome (Classe B) de BONE les Salines situé à 11 kilomètres de la ville.

PRINCIPALES ACTIVITES DU PAYS

           Terre d'élection pour ses habitants, Bône a le privilège d'un remarquable potentiel agricole, industriel et commercial, grâce aux ressources d'un hinterland dont elle est l'ouverture naturelle vers l'extérieur. Ressources agricoles de la culture, de l'élevage, ressources forestières et ressources de la région la plus minéralisée de l'Algérie et du port dont elle est leur exutoire naturel.
           Les Richesses agricoles :
           Les vins, les céréales, les agrumes, les olives, les fourrages, les lièges, l'alfa, les tabacs, les moutons, auxquelles viendront s'ajouter bien d'autres produits comme les laines, les cuirs, les étoffes, les tapis.
           Les richesses minérales :
           Les phosphates du Kouif, les minerais de fer, de l'Ouenza et du Boukadra, sont les plus importantes. A côté des minerais, on peut citer les minerais de plomb de Mesloula et de tungstène des Karezas.
           Bône, capitale industrielle de la région la plus minéralisée de l'Afrique du Nord, se doit de développer son industrialisation nécessaire à son expansion économique.
           Cet impératif ne lui a d'ailleurs pas échappé puisqu'elle possède déjà quelques industries : usines d'enrichissement de minerai de tungstène, atelier de construction de moteurs et de matériel de chemin de fer, usine de transformation d'aluminium, entreprise de produits chimiques et d'engrais, sans compter de nombreuses installations de transformation de produits agricoles de la région.
           Mais ce développement industriel reste conditionné par l'implantation d'une sidérurgie qui permettrait de traiter sur place les minerais de fer de la région.
           Le problème vient d'être résolu puisque les instances Gouvernementales agissant sur le plan de l'industrialisation de Algérie, viennent de décider, la création à Bône, d'une sidérurgie capable dans ses débuts de produire 400 à 500.000 tonnes par an de fonte.
           Cette réalisation tant attendue a pu se faire grâce à la présence des minerais de fer de l'Ouenza et à l'acheminement des gaz de pétrole par le port de Bône.
           Bône va donc posséder tous les éléments qui vont lui permettre de jouer bientôt le rôle dune grande cité industrielle.

           Travaux entrepris à Bône au cours des dernières années, au titre de l'Urbanisme.
          Au cours des années 1951 à 1957, les pouvoirs publics ont entrepris de moderniser la ville de Bône sur le plan de l'urbanisme. C'est ainsi qu'ont été élargies et reconstruites entièrement toutes les sorties de la ville en direction de TUNIS, PHILIPPEVILLE et GUELMA-SOUK-AHRAS.
          Les passages à niveau ont été supprimés et remplacés par des passages supérieurs (routes aériennes de Joannonville). Les barrages ont été remplacés par des revêtements modernes. Les voies touristiques ont également été développées : route de la Corniche, et route des Plages. Un nouvel axe de 30 mètres est en cours de réalisation.

           L'habitat s'est développé suivant le même rythme, de nouvelles cités sont nées : les Lauriers-Roses, Ruisseau d'Or, Ménadia. Les bidonvilles ont été supprimés et transférés dans la nouvelle cité de Sidi-Salem, comprenant 20.000 habitants. Les immeubles des grands Services Publics ont été construits : Hôtel des Finances, cité administrative, Centre d'Hospitalisation pour tuberculeux, hôpital Civil. Les bâtiments de la Chambre de Commerce et de l'EGA ont complété cet équipement.
           Les années à venir sont consacrées à l'aménagement de la zone sidérurgique qui transformera Bône en une grande cité industrielle. En même temps et de front seront menés les développements du port, du réseau routier et du réseau ferroviaire.

           FUTURES CITES

           Cité du Bd Clemenceau : 3.500 logements.
           Cité de St Cloud les plages, 3500 logements.
           Caserne de CRS.
           Nouveau Lycée de Filles
           Ecole Normale de Garçons.

           SQUARES ET JARDINS
           Square Randon.
           Square de la Liberté - Prolongement Cours Bertagna.
           Square du Stade. Avenue Capitaine Dauphin.

           Jardin public dans le prolongement du stade.
           Jardin public en bas du Cours Bertagna.

Square de la Pépinière

                       Charles CIANTAR, Août 2017


 Bulletin - Oeuvre de saint Augustin et de sainte Monique, patronne des mères chrétiennes  
1875 - Brochure trouvée à la BNF


L'ARMEE D'AFRIQUE
ET LA MISSION DE LA FRANCE EN AFRIQUE
               
UNE FÊTE ARABE ET CHRÉTIENNE
EN ALGÉRIE


Inauguration de l'hôpital indigène de Sainte-Elisabeth,
à Saint-Cyprien des Attafs. (Fin.)


IV


La fantasia. La diffa. Les bardes.

                Du haut des terrasses le panorama est magnifique.
                 On a devant soi un vaste hémicycle formé par des montagnes dépouillées d'arbres, mais déjà couvertes en partie de la verdure des blés. Le Chélif coule dans la plaine, et, à nos pieds, s'étend le parc de l'hôpital, rempli d'Arabes serrés les uns contre les autres pour voir de plus près tant de choses nouvelles. A notre gauche, rangés en ordre, les mille à douze cents cavaliers qui vont s'élancer dans l'arène. A leur tête; des hommes à fière mine, le regard brillant, le front haut, comme à la veille d'une bataillé. C'est le bach-agha Bou-Alem qui règle et commande les mouvements de cette troupe ardente, où les chevaux se lèvent et bondissent à la voix et sous l'éperon de leurs cavaliers. Bou-Alem est le vieux compagnon de guerre d'Abd-el-Kader. Il a fait avec lui les premières campagnes, puis il s'est rallié à la France H laquelle il est resté toujours fidèle. Son mâle visage, sa barbe encore noire, son œil ferme,' son corps de fer, sa majestueuse stature semblent annoncer un homme dans toute la vigueur de l'âge, et l'on s'étonne d'apprendre qu'il a plus de soixante et quinze ans. Le premier en selle, avec sa croix de commandeur de la Légion d'honneur qui brille sur sa gandoura blanche, et son burnous splendide rouge et or, il en descendra le dernier.

                 Le signal est donné. Nous avons sous les yeux le spectacle du combat, tel que le décrivait, il y a quelques mois, Mgr Lavigerie, dans un discours sur l'armée et la mission de la France en Afrique.

                 " Ces cavaliers arabes, aux longs vêtements blancs soulevés par la course, semblent voler au-dessus des obstacles rapides comme l'aigle, brandissant leurs longs fusils, ils se précipitent, arrivent à notre portée, s'arrêtent soudain, tirent et s'enfuient, pour recharger et revenir encore. C'est un immense tourbillon, où hommes et chevaux partagent la même furie et se communiquent leurs passions.

                 " Il s'élance, disait Job en parlant du cheval de l'Arabie, il s'élance dévorant l'espace, dès que retentit le bruit des armes. Il entend le signal du combat, et il dit Vah ! De loin il sent l'odeur des batailles, il comprend les excitations des chefs, les clameurs, de l'armée. Tel le peignait, il y a cinq mille ans, l'écrivain sacré, tel nos soldats le voient sous leurs yeux, comme une apparition de cet Orient, immobile jusque dans ses ardeurs. "

                 C'est bien là ce que nous voyons nous-mêmes du haut des galeries de Sainte-Elisabeth. Les cavaliers passent rapides, par groupes nombreux ou par couples isolés, poussant leur cri de guerre, cri guttural et rauque comme celui du tigre dont leur course rappelle les bonds, brandissant leurs fusils qu'ils lancent dans les airs après les avoir tirés et qu'ils reprennent au vol.

                 Les Arabes ouvrent des yeux d'admiration et d'orgueil. Les plus beaux chevaux, les meilleurs cavaliers, les plus adroits tireurs sont l'objet des cris d'enthousiasme de la foule. Les fifres jouent tous ensemble leur assourdissante musique qui enivre les spectateurs. Certes, si quelqu'un jetait là un vrai cri de guerre, la foule suivrait transportée sans se rendre compte de ses actes. C'est ainsi que se déclare la guerre sainte. Lorsque les esprits sont préparés, la voix d'un marabout, le chant guerrier d'un barde suffit pour précipiter la multitude.

                 Mais des cris d'effroi s'élèvent des galeries. C'est un cheval qui vient de s'abattre sur son cavalier. La course furieuse de ceux qui le suivent n'en est pas arrêtée. Voilà, pour nos spectateurs étrangers, un homme mort. Mais déjà, à travers le tourbillon de la fantasia, dix Arabes, ont relevé le cheval qui s'enfuit et emporté l'homme qui ne tarde pas à remonter sur son coursier qu'on lui ramène.

                 Dix fois, durant la fantasia, le même accident se renouvelle dix fois, il se termine avec le même bonheur. - C'est la baraka (la bénédiction), disent les Arabes, c'est Dieu qui protège le grand marabout et ne veut pas de mort chez lui. Il y a, en effet, des morts dans toutes ces fêtes. Ce jour-là, il n'y a pas même eu un blessé.

                 De longs éclats de rires succèdent aux cris d'effroi. C'est un vieux cavalier qui s'est élancé dans la carrière. Homme, vêtement, cheval, tout est à l'unisson. C'est le cheik Ben-Moussa, homme à l'antique et sans prétention, qui a voulu fournir aussi sa course. Il passe comme enveloppé d'un nuage de fine poussière qui sort de son burnous noir.
                 Ohé crie la foule indigène, ô Ben-Moussa, est-ce pour secouer la poussière de ton burnous que tu es monté à cheval?

                 Le vieux Moussa laisse dire; il passe fièrement sur sa rossinante et paraît insensible aux quolibets. Il est aussi simple dans ses discours que dans sa monture. Il aime beaucoup le village et surtout Mgr Lavigerie. Il lui disait un jour devant nous " La première fois que je t'ai vu, je te prenais pour un marabout comme les autres, mais, à présent, je vois que tu pourrais à toi seul faire tourner la moitié du monde. "

                 Voilà deux heures et demie que les chevaux courent, que les hommes tirent, que les fifres jouent, que la foule regarde, et que personne, parmi les Arabes, ne paraît las.
                 "Encore! encore! disent les cavaliers. Nos chevaux sont échauffés c'est maintenant que la fête sera la plus belle. Montrons ce que nous pouvons faire. Allons! allons!"
                 Mais l'appétit parle plus haut dans les estomacs européens que l'enthousiasme dans le cœur des Arabes. Mgr l'archevêque emmène les invités dans la salle du festin. C'est la salle des festins d'Homère car l'archevêque a, ce jour-là, plusieurs milliers d'hôtes français et arabes à nourrir.
                 Sur le plateau de la colline qui s'étend derrière l'hôpital, sont dressés des tentes sans nombre. Au milieu, dans un vaste espace laissé libre, la cuisine est installée.
                 Quatre-vingt-six moutons, des bœufs tout entiers, cuisent passés dans de longues perches. Ce sont des cadeaux faits à l'archevêque par des amis de son OEuvre. La flamme sort en pétillant des monceaux de bois entassés sous chaque fourneau improvisé, et enveloppe les immenses rôtis, que des Arabes ouvrent de temps en temps par lanières, avec leurs couteaux pour y mieux faire pénétrer le feu.

                 Autour de nous, des femmes indigènes préparent sous la tente et portent çà et là d'immenses plats de couscous.
                 Chacun prend le chemin des tentes où la diffa est servie. On s'assied par terre sur des tapis, et on entame avec ses doigts les plats indigènes.
                 Pendant que les Français s'installent paisiblement, les Arabes prennent à l'assaut les cuisines ambulantes ; en un clin d'œil, bœufs et moutons sont enlevés, dépecés, emportés. Du couscous pour deux mille personnes, du riz pour quatre mille, dix mille oranges, douze quintaux de figues, complètent ce repas pantagruélique, dont les invités de l'archevêque faisaient, généreusement tous les frais.
                 Bientôt cependant le calme se fait. Les musiciens arabes se répandent au milieu des tentes. Les uns marquent avec leurs instruments la mesure de la danse des nègres. D'autres, plus habiles, suivent les bardes indigènes et accompagnent leur chant.

                 Sous le portique de l'hôpital, j'aperçois Mgr l'archevêque, qui écoute un de ces trouvères. Je m'approche. Deux indigènes battent en cadence une espèce de tambour de basque; deux autres, armés de longues flûtes de roseau, jouent, sur un mode plaintif, une mélodie toute primitive. C'est l'air de la ballade improvisée par le trouvère, qui lui-même, tenant à la main un long et étroit tambour, dirige cet orchestre.
                 Le barde, qui chantait devant Mgr Lavigerie, avait choisi un sujet tout de circonstance la famine de 1867, où brilla d'un éclat si pur, aux yeux des indigènes, la charité catholique.

                 Voici cette pièce de poésie arabe. Elle n'est pas d'une littérature parfaite, mais elle a un parfum biblique qui nous a, charmés et qui charmera sans doute nos lecteurs. Encore leur manquera-t-il le cadre incomparable de cette scène les Arabes qui écoutaient, plusieurs en pleurant, l'archevêque qui recevait là, de la part des indigènes, le plus touchant et le plus délicat témoignage de reconnaissance, et cet hôpital et ce paysage et ces souvenirs et ces espérances et ce vieux barde enfin, la tête blanche, à l'œil de feu, qui cherchait en haut ses inspirations.

REFRAIN.
Toi seul peux nous sauver, ô Dieu !
La famine est venue ;
Toi seul peux nous sauver, ô Dieu !
Nos champs sont nus comme le désert.

Année de malheurs, année de désespoir ;
Pas de blé pour les hommes, pas d'herbe pour les troupeaux
Plus de bestiaux près de nos tentes.. ,
Heureux les morts, ils ont trouvé la paix!
Toi seul peux nous sauver, ô Dieu! etc.

                 Pendant que le barde chantait, le soleil baissait vers l'horizon. Il fallait songer au départ.
                 Mme de Lamoricière avait témoigné le désir d'aller visiter le campement des cavaliers arabes et surtout la tente du vieux Bou-Alem, qui avait autrefois servi sous l'illustre général dont elle pleure la perte. Mgr l'archevêque voulut l'y accompagner, avec le prince royal de, Hollande, et les autres étrangers d'élite. Bou-Alem, entouré de tous les siens, fils, petits-fils, frères et neveux, presque tous décorés de la Légion d'honneur, les reçut avec la majesté douce et grave qui est ordinaire aux grands chefs arabes, il offrit le café, qu'on accepta par politesse, et lorsque Mmc de Lamoricière et Mgr Lavigerie se levèrent pour sortir, Bou-Alem, s'avançant vers eux, leur dit en arabe ces paroles, qu'il pria M. Féraud, interprète en chef de l'armée d'Afrique, de leur traduire.

                 "Lorsque j'ai fait parler la poudre dans cette plaine pour la première fois, je l'ai fait, Madame, sous les ordres du général de Lamoricière, pour soumettre le pays aujourd'hui devenu vieux, je le fais encore, et c'est pour célébrer la conquête de Monseigneur qui a conquis, ici, tous les cœurs par ses bienfaits."
                 On ne pouvait mieux clôturer cette fête. On ne pouvait Non plus trouver un compliment plus délicat sur les lèvres d'un vieil Arabe.

                 Du campement indigène on se Rendit au village de Saint-Cyprien, où tous admirèrent l'air de bonheur et de santé des pères, des mères et des petits enfants, l'ordre et la propreté des ménagés.
                 Enfin, avant de monter en wagon, on se rendit dans l'humble église du village, où un prêtre, doué d'une voix ravissante, chanta le cantique de l'Ave Maria africain, composé en l'honneur de Notre-Dame d'Afrique.
                 Le peuple entier commence, sur un air suppliant, le chant de l'Ave Maria. Le prêtre reprend seul :
Chanté par l'Afrique
Qui sort du tombeau,
Que l'hymne angélique
Te semble plus beau !
Ave Maria.

                 On se figure aisément de quel cœur, après une telle journée, les missionnaires, présents au nombre de plus de quarante, chantaient le pieux refrain.
                 Ils priaient encore, lorsque la vapeur nous emportait vers Alger.
                 La nuit tombait. Nous apercevions, à l'horizon, l'hôpital de Sainte-Elisabeth étincelant des feux d'une illumination improvisée, et, au-dessus de lui, la croix tout enflammée qui semblait sortir triomphante des ténèbres.
                 C'était le résumé et le symbole de la fête à laquelle nous venions d'assister.

A SUIVRE



ANNALES AFRICAINES
N° 33 - 14 août 1909
 Lettre de Bône

Le Conseil d'Etat annule les Elections Municipales
- Le " Championnat de la Mer " - La Chorale
- Gaston Thomson

         Le Conseil d'Etat vient d'annuler les élections municipales du 10 mai 1908 (scrutin de ballottage).
        Cette nouvelle a produit en ville une impression énorme. Nous avons essayé de l'analyser. Elle semble faite surtout de satisfaction.
        Précisons (Il reste entendu que nous ne faisons que noter les impressions recueillies).
        Ceux qui sont les victimes de l'annulation affectent l'indifférence ou la confiance.

        Les adversaires de la municipalité, eux, triomphent bruyamment ; cela se conçoit. Leurs efforts depuis quinze mois tendaient vers ce but: l'annulation. Le Conseil de Préfecture avait fait l'oreille sourde. Mais il restait Paris et Paris a invalidé. Aussitôt les salles de rédaction se sont fleuries de drapeaux et des articles virulents ont commenté cet arrêt qui ne laisse que dix conseillers municipaux à la tête de notre ville.
        Quant à nos concitoyens qui se tiennent au-dessus des partis politiques, ils ne sont pas les derniers à se réjouir.

        En annulant nos élections, les membres du Conseil d'Etat ont tenu à déclarer qu'une consultation électorale n'est pas toujours une vaine parodie, et qu'on a encore en France le sentiment de la légalité.
        " Les conseillers municipaux qu'il conviendra de remplacer ou de réélire sont les suivants: MM. Bulliod, Boisnard, Quintard, Mellini, Marbot, Orsoni, Warin, Cornet, Fabri, Debono, Salfati, Demeure, Eggert, Arnaud et Tanti.
        A quels groupements nouveaux va donner lieu l'arrêt du Conseil d'État ? C'est ce que nous, examinerons dans une prochaine lettre."
xxxxxx

        Pour ne point clore celle-ci sur un ton trop sévère, disons ce que fut le Championnat de la Méditerranée.
        Comme les, années précédentes, de nombreux nageurs avaient répondu à l'appel du Comité.. De, Nice, de Marseille, d'Alger, ils vinrent, précédés de réputations éclatantes. Comme au dernier Championnat, la course se disputa, sur un parcours de huit kilomètres et attira des milliers de curieux sur les hauteurs qui surplombent le Golfe. Tout le bas de la jetée du Lion avait été mis à la disposition dès invités, le haut fut livré au Peuple moyennant une entrée payante.
        Voici, les résultats : 1. Artuso ; 2. Chabert (un jeune Bônois que nous félicitons tout spécialement) ; 3. Cresta ; 4. Vieilledent.

        La Musique l'Harmonie Bônoise prêtait son concours à cette réunion sportive dont nous félicitons les organisateurs.
        La journée se termina par une fête de nuit au square Randon, organisée par les membres de la Chorale, qui vont prendre part au concours de Vienne.
        Le nombre des attractions avait attiré une foule nombreuse au faubourg, et jusqu'à trois heures du matin, sous les feux de lanternes vénitiennes, les couples tourbillonnèrent, entraînés par un excellent orchestre.
Alfred KLEPPING.         
xxxxxx

        Le beau magazine illustré, Fantasio, fait à notre illustration algérienne, M. Thompson les honneurs de son dernier numéro. On ne peut pas dire que le portrait qu'il nous présente de l'ex-ministre de la marine soit extrêmement bienveillant mais personne ne contestera sa parfaite exactitude :
Gaston Thomson

        Il est, avec Pelletan, le grand coupable. Mais Pelletan est un homme d'esprit. Il fut même un remarquable journaliste. Thomson, au contraire, est le type du politicien de la 3e République qui n'est manifestement bon à rien, qui ne connaît rien el qui, pourtant, est arrivé aux plus hautes destinées.
        La rouerie tient lieu de talent quelquefois.
        Celui-ci en eut et à revendre. Il était né avec une tête et une âme de pirate. Si pirate vous semble excessif, disons corsaire.
        Le "mufle" brutal, le torse épais, le poing prêt à se lever, Viviani et Francis- Laur en savent quelque chose, il eût fait belle figure à l'avant-pont d'une sombre frégate, allumant une gargousse, sous le noir étendard semés de tête de mort. Mais la vie que voilà est sotte. Les hommes d'aventures ne sauraient s'y tailler une place qu'au prix de mille dangers. Au lieu de voguer sur les flots redoutables de la Méditerranée, le petit Gaston Thomson, à 20 ans, était journaliste. Le journalisme est quelquefois un bon moyen d'apprendre le métier de corsaire.
        Peu après, il épousait la petite-fille de Crémieux qui avait affranchi les juifs ; Il pensa alors qu'il pouvait être grand aussi parmi les juifs en les flattant. Et il se présenta à Constantine où les Israélites cherchaient un candidat.
        Ce fût sa fortune.

        Une autre habileté ce, fut de se proclamer l'ami de Gambetta. Franchement, dit Fantasia on ne pouvait refuser un ministère à l'ami du tribun.
        On lui en trouva un, au petit bonheur. Il prit la Marine comme il aurait pris l'Agriculture ou les Postes, ou peut-être justement parce qu'il connaissait cette partie-là moins que toutes les autres.
        Faut-il rappeler les scandales fameux ? La Commission d'enquête a dévoilé l'incurie de ce Ministre improvisé. On sait quelles catastrophes marquèrent son passage à l'hôtel de la rue Royale. Les millions coulèrent avec les bateaux, pas toujours au même endroit.
        On n'a pas compris encore à quoi avaient servi les crédits formidables consentis par le pays.

        Mais la table de M. Thomson était, bonne. Et il était pour cela populaire. Certaines notes de fleurs - que les contribuables payèrent d'ailleurs - firent sensation. M. Thomson était le ministre boulevardier, empressé auprès des actrices, portant haut la tète, méprisant la valetaille. Et les courtisans affluèrent.
        Il tomba un jour sous les huées. En quelques années il avait gaspillé le budget de la marine.

        Ainsi que vous le voyez, M. Thomson est traité impartialement mais sans aménité par l'indépendant Fantasio. Mais bast ! Il va dans quelques jours mettre sur son échine endolorie par cette vigoureuse frottée, l'huile douce des ovations que lui préparent ses partisans de Philippeville, de Guelma et de Bône.



Père de Foucauld
L'Effort Algérien N°23 du 8 septembre 1927.
L'exhumation Du Père de Foucauld
         
              Mgr Nouet et le P. Joyeux, des Pères Blancs d'Afrique, sont allés, à travers le Sahara, jusqu'à Tamanrasset, où se trouve la tombe du P. de Foucauld " prêtre du diocèse de Viviers" dont on connaît l'extraordinaire héroïque et sainte vie. Quelques officiers, pionniers du Sahara, pilotaient les voyageurs.

           Ils étaient chargés officiellement de reconnaître les restes du " grand marabout du désert ".
           Et voici le récit qu'ils ont fait de l'exhumation du P. de Foucauld :
           Enfin, après neuf jours d'étapes, par Ghardaïa, El-Goléa, In-Salah, nous atteignîmes, le jour de Pâques, Tamanrasset, et entrâmes, émus et contents dans le fort Laperrine.
           Il faudrait dire aussi les rochers lunaires du plateau du Hoggar, les Touaregs voilés, qui vinrent nous accueillir avec des gestes graves du haut de leur méhara ; mais de cela, on vous a parlé, on vous reparlera, peut-être même irez-vous les voir.

           Alors, à cent mètres du fort, vous verrez une petite pyramide de pierre, sous laquelle repose le général Laperrine, le pacificateur du Sahara, mort pour la France, dans le domaine qu'il avait conquis pour sa patrie ; à côté, une tombe de terre et une croix de bois, une plaque de cuivre dit : " Vicomte Charles de Foucauld". Il est mort là, où il avait choisi de vivre, dans le pays le plus désolé, le plus lointain, assassiné par un rezzou de pillards, en 1916.
           La route que nous avons faite, il la faisait seul, et à pied, chaussé de sandales de cuir, confiant en Dieu et en sa pauvreté. Les Touaregs que nous voyons l'ont connu, il les a conquis à nous par l'exemple de sa vie ; ce sera bientôt un saint, c'est aussi un grand Français.
           Le lundi de Pâques, à 1 h. 30, nous sommes tous autour de la tombe ; un noir enlève lentement la terre : c'est Paul, ancien " Boy " du P. de Foucauld. Mgr Nouet et le P. Joyeux sont venus à Tamanrasset pour reconnaître la tombe et les restes du P. de Foucauld, afin qu'un jour les pieux pèlerins puissent prier avec certitude sur la sépulture d'un Saint.
           On a enlevé à peine un peu de terre et quelques pierres, la pelle heurte une planche. Mgr Nouet descend dans l'excavation et, doucement, retire le pauvre bois, qui semble presque pourri. Encore un peu de terre repoussé, et l'on voit apparaître le blanc d'un burnous. Tout le monde est tête nue: les mains du noir Paul tremblent un peu. Un Targui, impassible, sous ses voiles, regarde les restes du " Grand Marabout ", ainsi qu'ils l'appellent.

           Mgr Nouet découpe le " cheich" qui enveloppe la tête, l'écarte pieusement, et l'on peut voir l'oreille, intacte, le trou par où est sortie la balle meurtrière. Sur les bras qui, comme à l'heure du crime, sont encore liés l'un à l'autre, la peau parcheminée est intacte aussi ; le P. de Foucauld est momifié.
           Le capitaine Augieras, Mgr Nouet, Paul, le "Boy", reconnaissant le P. de Foucauld, les pèlerins pourront prier sans crainte sur sa tombe. Le P. Joyeux garde un morceau du "cheich" comme relique ; sur l'humble planche, la terre retombe, personne encore n'ose parler ; peut-être déjà adressons-nous tous une grande prière à celui dont nous venons de voir que ses restes avaient échappé aux lois de la nature. Le lendemain, pour la première fois, si loin dans la montagne saharienne, un pontife, sur les deux tombes proches de ces deux hommes si grands, disait des prières. Il commençait de pleuvoir, et, au loin, les Touaregs invoquaient le " Grand Marabout", dont l'exhumation leur valait ce nouveau miracle.
           Et puis nous avons pris le chemin du retour, étape par étape. Nous avons revu Tajmoudt, In-Salah, Aïn, Guerrera, El-Goléa; tandis que, pour oublier l'heure proche des séparations, nous parlions d'un prochain voyage.            


LES ŒUVRES DE MUSETTE
LE MARIAGE DE CAGAYOUS

               
CHAPITRE II
Le bar Barthélemy

              Tous ceuss-là de la cantéra on se connaît le café. Barthélemy, que c'est là que les anciens antifout on se fait le rendez-vous quand y a pas l'embauche.
              Quand la lune elle est cassée et que la mer elle est goulfe, Caldicione y remise le grand crochet et la corbeille et y s'assit dessur la chaise pour fumer un morceau du cigare maltais que toujours y s'en mange un bout. Y a des maçons, vec le couffin et la gamate, des carriers qui sont empoigne le gaz dedans le foie, des charretiers qui z'ont la fleme, que toujours y en a un qui pionce dessur la table, vec les mains en dessous sa tête, des chiqueurs sans travail, vec la casquette à la mode que le chose d'en devant c'est blanc, le panetot anglais que ça fait les épaules pointues et le foulard en soie que ça fait le col. Pimiento, le marchand de tabac aussi y vient pour jouer à les cartes vec Coïmbra, çiulà qui fait les trous à le cimitière et que tout le temps y se tient la tasse. Zéro-franc, abonné il est. Des fois, vient un qui fait les mèches de fouet vec la planche qu'elle se tient le grand clou, le bâton qu'on frotte l'aloues, et le morceau du cuir qui s'attache dessur la jambe et pis sa femme qui passe le temps rien qu'à rouspéter après lui. Cette femme là elle s'envoye des purées de l'absinthe qu'avec une on s'étend trois zouaves.

               A cause de ça, Barthélemy, le patron, jamais y laisse la bouteille dessur la table.
              Comme à les arabes que des fois y s'assient dehiors vec les mauvaises femmes pour boire ; si on s'y laisse la bouteille de l'absinthe en coté, y se la chessent dans dimi-heure, en chantant comme un qui va dégueuler.

               Comme ça c'est les arabes : çuilà qui boit rien que de l'eau, y touche rien à les cafés ; çuilà qui commence de boire l'absinthe, faut qu'on s'y en donne un autre aussinon il est pas content. A la cantère y a des petits arabes qui s'envoyent plus de trois litres du vin chaque, par jour. Ceuss-là qui travaillent en bas la marine y se gobent pluss à le vin qu'à tout. Quand moi je travaille vec le camion dessur le quai, je m'en ai choppé vec le petit truc en fer que par en haut ça fait comme le bilberquin pour faire le trou à les bordelaise. Quand on s'a bien pompé comme y veut et qu'y s'a rempli la pantcha, on se bouche le trou vec un bout du bois pointu et, après on s'en va coucher dessur les bâches. Challah !

               A dix heures chaque matin et à quatre heures chaque soir, Mecieu Hoc y s'annonce à le café pour boire une suissesse et lire le journal vec les lunettes.

               Y avait trois quate jours, comme ça, que l'histoire que j'a dit elle avait arrivée, que dedans chaque maison de la cantère on s'en parle en se mélangeant un tas des tchalifes, qu'on comprend plus rien. Mecieu Hoc, pareil à tous les vieux qui z'ont rien à faire, il aime boucoup parler dessur les autes, vec les femmes qu'elles passent le temps rien que de cafarder à chez le monde pour faire sortir la dispute et la misère.

               Mecieu Hoc c'est un bon type, je dis pas, mais il est pluss curieux qu'un de la poulice secrète. Quand y se voit un petit qui porte le couffin, tout de suite y faut qu'on li dit pour qui c'est et ça que c'est, et comment qu'elle s`appelle sa mère et ça qui fait son père. Même y parle vec une femme aveugue, vieille, qu'on li dit Maria-Pépa et qu'elle travaille le matin à la porte de l'église de Bablouette et en dessur la route qu'elle monte à note-dame d'Afrique, chaque après midi.

               Cette femme là quand même elle voit pas, elle connaît tout ça qu'on fait. A cause de ça, le facteur en retraite il aime blaguer vec elle chaque coup qui s'amène de le marché vec le couffin, pourquoi Mecieu Hoc, lui y fait sa cuisine tout seul.
              Cuilà qu'il a besoin le renseignement pour tout ça qu'on veut, il a rien qu'à y demander à Mecieu Hoc : bon poids on li sert.
              Oilà quand je m'annonce à le café Barthélemy, Mecieu Hoc y me regarre par en dessur les lunettes et y me dit comme ça :
              Parait que tu t'en vas passer à la poulice correctionnelle, alorss ?
              Moi, j'y dis,
              Si ti as le remplaçant, mieux pour toi et pour ta famille, la pôvre, qu'elle a pas besoin qu'on li fait abaisser sa tête vec l'escandale.
              Entention, Mecieu Hoc, que si vous êtes plein, on s'en va vous coucher tout habillé, ho !
              - c'est sérieux ça que je dis moi, Cagayous.
              - moi aussi ; pluss !
              Et qu'est ce qui t'a passe par la tête pour faire un coup comme ça ; ti es venu fou ou quoi ,

              En tendant ça qui dit Mecieu Hoc, je me pense que peut-être il a tombé dans l'enfance ou qui me monte le bateau pour que je fais l'escale à le café vec lui.
              - allez, j'y dis, pisque vous vous tenez l'envie de me compter le linge sale ici, vous poudrez commencer ; moi je marque.
              Comme le facteur en retraite y porte toujours juste la monnaie qui faut pour son champoreau a lui, j'a commande à le patron qui m'apporte une mauresque d'Espagne et je m'ai assis en coté le vieux.

              Voila mes oreilles elles sont à vote desposition.
              Ça que ti as fait Cagayous, y dit Mecieu Hoc, y me fait boucoup de la peine, pourquoi ti as la réputation comme ça depis que je te connais. A tous ceuss qui parlent dessur toi, toujours je réponds : c'est pas possible que Cagayous soye capabe de venir salaud et canaille tout de suite pour rien. S'a fallu qui soye tchispoun ou qui aye été piqué par la mouche toucouque. "
              Probabe ! Je fais, sans rigoler.
              Mais à force qu'on blague, y dit Mecieu Hoc, à la fin la vérité elle sort. A cause de ça j'a venu triste pour toi et ton père qu'il est aveugue et qui peut pas voir la figure que le monde y fait. Cagayous faut que tu te prends l'avocat, aussinon ti as perdu le nom.
              Vous faisez pas le noir pour ça ; je mets l'annonce dedans le journal vec la récompense, et tout de suite on me le porte à la maison.
              Et après tous on te tourne le dos.
              Pour que j'y pose le pied en bas ? Qu'ça f..., qu'on on aye le nom ou qu'on l'aye pas. A quoi ça sert ? Pour payer le chemin vecinal, pas pluss. Ca qu'on l'appelle le respéque, le monde y vous le porte dedans sa poche. Vec la caillasse, le flouss. La galette et tout, vous avez le droit porter le nom qui soye sale ; tous les hommes on vous lève le chapeau et les femmes sa chimise.

               Je parle de la chose qu'on l'appelle l'honneur, spece de junhomme que ti es !
              Que l'honneur, ho ! L'honneur c'est une chose que les hommes y se la portent à sa boutonnière et les femmes à sa pantcha. Vec l'argent on s'achète tout ça qu'on veut.

               Alorss c'est temps que tu fais les économies.
              A cause ?
              A cause qu'on va te lever le nom, l'honneur et l'argent que ti as dessur toi.
              Atso ! Qui c'est çuilà là ?
              Le tribunal.
              Qui c'est que j'ai ensassiné, volé et ensulté : le mécago de le Japon ou vote soeur ?
              Ti as fait le viol dessur deux femmes, malheureux que ti es !
              Aouat ? Disez ma parole !
              Tous on parle. Tous on t'a vu. Y a les témoins ; que même si des arabes y s'amènent pas pour te taper, tu t'étrangles à la vieille vec le foulard.
              C'est la vieille qu'elle a dit ça ?
              C'est les témoins.
              Aousqu'y sont pour que j'y vois son portrait. Sortez-en un, pas pluss, en devant de moi. Apres nous marchons à le tribunal.
              Moi je t'a dit ça qu'on parle. Demandez'y à çuilà que tu veux ici, dedans le café, et tu vas voir si tous on connaît pas l'histoire que je dis moi.
              Ho ! Barthélemy, j'y dis à le patron, amène toi ici pour le renseignement.
              Quand Barthélemy y s'approche de nous autes, j'y dis comme ça t
              Alorss c'est vrai que si moi je te sors la main, toi ti fais dimi-tour.

               Qui c'est qu'il a dit ça ? y fait Barthélemy vec les oeils gros.
              Mecieu Hoc, qu'il est ici et en devant de toi.
              C'est pas comme.. ça que j'a dit, y dit l'ancien facteur en rétraite. J'a parlé que tout Ie monde de la Carrière on se connaît l'histoire qu'iI a arrivée l'aute jour vec les deux femmes.
              Quelle histoire il y a arrivé ? Y dit Barthélemy en s'assiant.
              Comment, vous que vous êtes patron de le café, vous avez pas entendu tout ça qu'on raconte dessur Cagayous ?
              Y s'a gagné le niméro à la loterie ? Vive lui ! Y Paye une tournée à la compagnie.
              Ça m'étonne, y dit Mecieu Hoc, que vous que vous êtes père de famille, vous avez pas entendu rien. Enfin, ça va bien ! Ça que c'est sûr, c'est que le tribunal y va marcher.
              Dessur qui y va marcher le tribunal ? Y demande Barthélemy.
              Dessur Cagayous.
              Amane ! Quel motif ?
              Demandez à Coïmbra, sûr que lui le sait.
              Ho ! Coïmbra j'y dis à çuilà qui fait les trous à le cimitière, avance par ici que nous faisons l'enquête dessur l'honneur de un homme naturel. Comme Coïmbra jouait les cartes spagnoles vec Pimiento y s'a fallu qu'on s'attend qu'il aye fini la partie.. Après y vient.

               Saloute ! Quoi y a ? Qui c'est qui m'appelle ?
              Fais pas des ousquinfes, personne il est mort ici, j'y dis. Ho ! Coïmbra ?
              Ho ! Cagayous.
              Arrégarre moi bien pour voir si je semble un qu'il a perdu quéque chose.
              Coïmbra que ses surcils gros, tout plein de la broussaille c'est pareil un singe, y me regarre et y se fout à rigoler pourquoi c'est un bon type, mais qu'il est un peu c.. Appelle-z-y à Pimiento. Pimiento ! Ecoute ici si ti as plus soif, nous faisons la réunion des hommes entelligents. Une fois que Pimiento il a été en côté de moi, j'y fais comme ça :
              Aote-toi le bôtifarrô que ti as à ça que ça te sert de bouche, et parle ici de tout ça que tu connais dessur ma réputation. Allez !

               Pimiento il a aoté son cigare de la bouche et il a dit, en se fermant l'œil :
              Pour qu'on me le met à moi, faut qu'on s'y voye pluss clair que vous autes ! Alorss, si je te touche la main, tu viens tout rouge ? Dis la vérité, Pimiento.
              Voire moi ce c... là. Pourquoi faut que je sange la peau pour que je te touche la main. Je suis une crape moi. En oilà encore un ?
              Ça va bien. A présent raconte-z-y à Mecieu Hoc comment c'est arrivé l'histoire qu'on parIe dessur moi, pour voir si c'est pareil. Parait que le tribunal y va marcher.
              Qu'ça me f... à moi que le tribunal y marche ou qui s'assit. Allez Coïmbra foutons le camp d'ici. Tu vois pas que tous ces monteurs de coups y se paye note kilo.

              Pimiento et Coïmbra y z'ont partis à sa table jouer à les cartes un aute f'ois, et après Barthélemy il a rentré darrière son comptoir pour servir à les clients qu'y a.
              Et alorss ? J'y dis à Mecieu Hoc, ousque y sont les témoins que vous parlez ?

              On fait en semblant qu'on connaît rien, pourquoi la politesse elle veut comme ça ; mais tous on sait bien l'histoire, va.
              Vous voyez pas qu'on vous a monté une sorte pluss grosse qu'une maison, à cause que vous aimez de blaguer, de moucharder et tout.
              C'est faux ! Moi jamais je parle à aucun et ça qu'on fait les autes, ça me régarre pas. Moi vec tout ça que je sais dessur le monde qu'y a ici, si je voudrais blaguer y reste pas une maison oùsqu'y a pas une baroufa. Je t'a dit à toi ça qu'on m'a dit à moi, pourquoi que ti es pareil mon fils et que ça me met du verre dedans le cœur chaque coup que tu marches pas droit. Au lieur de laisser que la pouIice elle fait I'enquête, mieux tu viens me parler à moi comment c'est arrivé tout, et après moi que je connais des mecieux à le gouvernement, je demande qu'on s'arrange l'affaire.

              Attendez, j'y dis, juste y s'amène Beau-Soleil le marchand du poisson, qu'il a fini la vente. Nous allons y parler à lui aussi, pourquoi c'est un ancien de la Cantère qui se connaît boucoup du inonde.

               Ho ! Beau-Soleil ?
              Adieu, Cagayous, y dit Beau-Soleil en se posant le casier en bois qu'on met le poisson et que ça sent la peste, la digexion elle marche bien ? Ti arroses la rue du pain ?
              Ça va bien, Assis-toi ici et touche pas les effets pour pas que les chats qu'y a Bablouette marchent à ma remorque.
              Quès ti as peur ! Mes mains elles sont propes, va !
              Je dis pas. Seulement à force à force que tu vends le poisson, ressembe que ti es venu une estatue en broumitche. Vec un morceau du tricot à toi et un peu du safran on se fait la bouillabaisse taïba. Allez qu'est-ce tu bois ?
              Anis orgeat.

              Du temps que Barthélemy y sert son verre à Beau-Soleil, j'y dis comme ça:
              Tu connais pas à Mecieu Hoc, facteur en rétraite, qu'il est ici ?
              Jamais j'y a vendu rien.
              Ça fait rien. C'est cuilà qu'il est là en devant de toi. Sors-y la calotte et régarre ça que je dis moi. Mecieu Hoc y m'a dit que tu te connais l'histoire.
              Qué l'histoire ? L'histoire de France ? Clovis ? Napolion ?
              On sait que ti as été à l'école des Frères, va ! L'histoire que je te parle moi, c'est arrivé ici. Tout le monde on le sait.
              - Splique.

               Deux femmes elles ont été ensassinées vec l'attentat à la pudeur par un homme que tu li touche la main.
              Aoùsque ?
              Dedans la montagne. Après on s'a coupé les femmes en morceaux et on se les a jetées dedans l'Oued-M'Kacel.
              J'a pas dit ça ! y dit Mecieu Hoc.
              Ça fait rien, Mecieu Hoc il a trouvé un bout de la viande, et il a connu tout de suite que c'est ton camarade à toi qui se l'a coupée vec le rasoir.
              C'est des blagues, encore y dit Mecieu Hoc.
              Aspéra ! Ca fait que le tribunal y va marcher pourquoi y a les témoins : ai capiste ?

              En tendant ça, Beau-Soleil y vient baba. Y s'ouvre une bouche qu'on li voit son gigier.
              Des fois que tu te f… de moi ? Dis la vérité ! y répond.
              Oilà Mecieu qu'il a tout vu. Jamais ti as entendu rien dessur ça, toi que tu rentres dedans tous les maisons qui y a ici ?
              Je te jure.
              Eh bien, quand même faut que tu fais témoin. Et si jamais tu dis .pas la vérité, au bloc on te met. Entention !

               - La mort des coqs ! je marche pas moi. Y dis Beau-soleil qui commence s'attraper la sousto. Ca que j'a vu je dis, pas pluss..

               Soi soi. Comme ça on te demande, pas besoin qui tu inventes des autes choses.
              Quelles choses, quelles ?
              Ça que tu sais dessur le crime.
              Et si je sais rien, moi. C'est rigolo ça !
              Mais pisque ti es témoin, bougue de naps. On va y envoyer le papier.
              A moi ?
              - Et alorss !
              - Manque pluss qu'on lève ma corbeille à présent que je me tiens un petit.
              - Ça me régarre pas, à moi. Fallait pas que tu soyes été par là bas quand on s'a ensassiné les deux femmes.
              Qu'ça me f.. à moi qu'on s'aye ensassiné à des femmes ! Alorss chaque coup qu'on se tue un mec ou une fumelle, faut qu'on me porte témoin à moi ?
              La loi elle commande, ho !
              Qué la loi ! Qui c'est qui connaît que je suis témoin, qui ?
              - Mecieu Hoc.

              Aïe ! quand Beau-Soleil y s'entend ça, qué rabia il y vient dessur Mecieu Hoc. Si je le tiens pas, y me le mange.
              - A moi que vous avez vu, spèce, de vieux soulot ! Qui c'est qui vous demande quelle heure qu'il est, bougue de fourachaux ! Vous voulez que je vous casse quéque chose ? Parlez ici !
              Comme Mecieu Hoc y veut pas qu'on li casse rien, y s'avait ensauvé à le fond de le café en criant : C'est pas vrai ! C'est des mensonges ! Jamais j'a dit comme ça !

              Barthélemy il a venu vec Coïmbra, Pimiento et les autes clients pour faire un roglé, pourquoi on se pense que Beau-Soleil y va se jongler à le facteur en rétraite.
              Pas la peine que tu cries comme ça, j'y dis à Beau-Soleil. C'est moi que j'a coupé à deux femmes, allez !

              Du coup Beau-Soleil il a tombé assis dessur la chaise sans bouger. Comme Mecieu Hoc il y avait venu un peu le courage, je parle comme ça:
              Comme la vieille elle est plus dure qu'un chien de mer, j'y a dit à Mecieu Hoc qui me donne un coup de main pour que nous faisons huit morcer à les nasses…

               Les types y commencent de rigoler et Beau-Soleil aussi de ça que je dis, et à peu à peu lui il a venu tranquille. Barthélemy il a fait son service et Coïmbra et Pimiento y s'ont recommencé de jouer à les cartes.
              Pas pour blaguer, y dit Beau-Soleil du temps qui s'en va, vec tes tchalèfes y m'a venu le bœuf que d'un peu je m'estropie à le vieux qu'il est là.

               Après que Beau-Soleil il a parti, j'a dit à le facteur en rétraite qui s'assit à sa place pour parler dessur I'ensassinat.
              Vous voulez que je vous dis comment c'est arrivé tout, hein ?

              En tendant ça, le facteur en rétraite y se tombe les lunettes et y rouvre tous ses trous comme un poupre qui va s'attaquer à une langouste.
              Après j'y a raconté juste comme c'est venu l'histoire qu'elle est arrivée par là haut les fours à chaux.
              Mecieu Hoc y bavait du goût qui faisait, et après une fois que c'est fini, y dit comme ça :
              Pas pour dire, va, mais le monde il est mauvaise langue. Au lieur qu'on t'envoye à le tribunal, vaut mieux qu'on te sort la médaille.
(A suivre......)                


- Les campagnards et le bus
Envoyé Par Eliane

          Un vieux couple de gentils campagnards monte à Paris pour faire un peu de tourisme.

          À la Porte Maillot, il prend un bus pour aller au Musée du Louvre. Arrivé à la place de L'étoile, le chauffeur lance :
          - Charles de Gaulle !
          Un grand monsieur descend du bus.

          Le bus prend alors la direction des Champs-ELysées et à l'arrêt du rond-point, le conducteur crie :
          - Franklin Roosevelt !
          Un Etudiant se lève et descend.

          À la nouvelle halte au niveau du Grand Palais :
          - Georges Clémenceau !
          Un vieux monsieur quitte le bus.

          Alors, la campagnarde dit à son mari :
          - on ne saura jamais où descendre, on n'a pas donné notre nom au chauffeur.




Histoire de Bône
Envoyé par M. Graille


Par René Bouyac
Contrôleur civil suppléant
Interprète militaire hors cadre
Membre correspondant
de l’Académie d’Hippone.

Edition 1891

Première partie

Hippone et Bône depuis
leurs fondations jusqu’en 1830.


(Extraits)

Les Phéniciens. – Leurs colonies. – Fondation d’Hippone.
Origine de ce nom. – Domination carthaginoise.
Hippone résidence des princes numides.
Domination romaine - Saint Augustin.
Prise et destruction d’Hippone par les Vandales.
Leur domination. – Période gréco-byzantine.

                Sur les rives occidentales de l'Asie, que baignent les flots de la Méditerranée, vint s'établir, dès la plus haute antiquité, une tribu chananéenne (Territoire de Canaan, partie de la Palestine située à l'ouest du Jourdain.) chassée des steppes de l'intérieur par une invasion étrangère.
                Entourée de puissants voisins, acculée à la mer par les chaînes du Liban et de l'Anti-Liban, cette peuplade qui ne pouvait demander à un sol aride l'existence de ses habitants, dut chercher une issue à son activité. La mer lui offrait un vaste champ d'exploitation. Les premiers essais furent timides mais bientôt de hardis navigateurs osèrent perdre de vue le rivage et s'élancer à l'inconnu.
                L'antiquité nous a conservé l'histoire merveilleuse du petit peuple qui, sous le nom de Phéniciens, a su conquérir et conserver pendant plusieurs siècles l'empire de la méditerranée et monopoliser à son profit le commerce du monde entier. Les Phéniciens ne pouvaient et ne voulaient pas faire de conquêtes militaires. De simples comptoirs où venaient s'entasser les produits des régions qu'ils découvraient suffisaient à leur ambition de marchands. C'est ainsi qu'ils s'étendirent progressivement sur les rives de la Méditerranée et arrivèrent en Afrique où ils firent leur apparition vers le milieu du XIe siècle avant notre ère.
                C'est à cette époque qu'on peut, sans témérité, faire remonter la fondation d'Hippo, devenue plus tard Hippo-Regius et Bône.
                Les uns ont vu dans la situation géographique de l'établissement phénicien l'explication du mot Hippo, altération du mot phénicien Ubbon, golfe. M. Melix fait remonter l'origine du mot Hippo au mot phénicien Ipo, en hébreu Ipa qui signifie beau, joli et qui aurait été donné à ce point du littoral par les Phéniciens émerveillés par la beauté du site. D'autres, enfin, s'appuient sur le passage suivant de Ptolémée pour le faire venir du mot grec : cheval.
                Hippo, dit Ptolémée, était une colonie de Tyr. Son nom est d'origine phénicienne.

                Il est possible que cette ville ait été fondée par les habitants d'Hippo-Zaritus (Bizerte) ce qui lui aurait fait donner par les Grecs le nom d'Hippou-Akra que portait chez eux cette dernière place.
                Que fut le comptoir d'Hippone pendant la période phénicienne ? L'histoire a laissé des documents qui, bien que communs à tous les établissements de ce genre, permettent d'en appliquer à chacun des détails. Hippone d'abord simple escale reçut bientôt de la métropole des agents chargés de veiller aux échanges et à l'emmagasinement des produits qu'apportaient les caravanes de l'intérieur et que les galères phéniciennes venaient enlever à époque fixe. Ces employés, en abandonnant la mère-patrie, s'embarquèrent avec leurs familles et formèrent le noyau d'une population rapidement accrue de quelques naturels du pays qui vinrent s'établir auprès d'elle pour lui fournir les denrées nécessaires à son alimentation.

                Vers 888 avant J-C à la suite de dissensions politiques une foule de mécontents abandonnèrent la Phénicie et, sous la conduite d'Elissa (Princesse de Tyr, fondatrice de Carthage.) débarquèrent à Byrsa, bourgade fondée à l'époque de l'établissement des Phéniciens en Afrique. L'arrivée des émigrants qui avaient, pour la plupart, emporté leur fortune, transforma rapidement la bourgade primitive en une opulente cité qui reçut le nom de son fondateur Karkedon (Carthage). L'autorité de la nouvelle colonie s'étendit en peu d'années à tous les comptoirs phéniciens. Un empire commençait. Mais pas plus que Tyr, Carthage ne voulut être une puissance militaire. Elle reprit l'œuvre de ses prédécesseurs en la développant et substitua ses flottes aux leurs. Bientôt le monopole du commerce passa entre ses mains.

                Carthage soumit donc les comptoirs phéniciens établis en Afrique. Elle leur appliqua le régime des villes situées sur son territoire et dont les affaires intérieures étaient administrées par un conseil de notables ; mais en raison même de cette organisation municipale, son autorité fut plus fictive que réelle car les villes phéniciennes ne se courbèrent jamais que devant les lois sanctionnées par leurs magistrats. Hippone devint une petite République indépendante, s'administrant elle-même, et, de cette époque date le commencement de sa prospérité.
                Des siècles s'écoulent. Carthage est à l'apogée de la puissance et de la gloire ; ses relations commerciales s'étendent à tout le monde connu ; ses immenses palais regorgent de richesses, ses flottes innombrables sillonnent les mers. Mais en face d'elle naît un peuple qui, sans bruit, étend sa domination sur l'Italie et lorsqu'il en a fait un empire déjà puissant songe à courber le monde sous sa loi. Rome va disputer à Carthage la souveraineté universelle.

                Cette lutte gigantesque qui dura trois siècles ébranla le monde. Carthage tomba et de cette immense cité les ruines même disparurent.
                Dès la première guerre punique, Carthage, humiliée, vaincue, dut courber la tête sous la lourde tutelle de Rome. Ce fut le signal de la curée ; toutes les ambitions, toutes les convoitises allumées par tant de richesses se firent jour à la fois. Le faisceau des villes soumises, au moins de nom, se rompit. Chacun chercha à acquérir un débris de l'édifice qui croulait.

                Hippone, depuis longtemps, excitait le désir de Gala roi des Massyliens (La Numidie qui comprenait le territoire actuel de la province de Constantine était divisée entre les Massyliens à l'Est et les Massessyliens à l'Ouest.) ou Numides orientaux. La position de la cité, la richesse et la beauté de ses environs, la douceur de son climat avaient attiré l'attention du roi barbare. Il jugea Hippone digne d'être sa capitale. Il n'eut pas de peine à s'en emparer car ses habitants l'accueillirent à bras ouverts après en avoir chassé les Carthaginois. (Le premier chef héréditaire dont l'histoire fasse mention chez les Massyliens est Gala. Il conquit une portion de terrain sur les Carthaginois aux environs d'Hippo, probablement dans le cours de la première guerre punique. Voilà pourquoi cette ville, lors du débarquement de l'armée romaine dans la deuxième guerre punique, fut appelée Hippo-Regius.)
                Masinissa, successeur de Gala, s'était jeté dans le parti romain, tandis que Syphax, roi des Massessyliens, prenait fait et cause pour Carthage. Battu dans différentes rencontres, Massinissa rentra à Hippone pour reformer ses troupes. Il en sorti en apprenant que Bocchor, lieutenant de Syphax, s'avançait. La rencontre eut lieu non loin de Cirta (Constantine.), et Masinissa, vaincu de nouveau dut se réfugier dans les montagnes abandonnant sa capitale aux hordes de Syphax qui en prirent possession au nom de Carthage.

                Au début de la troisième guerre punique une armée romaine débarqua en Afrique. Les premières opérations furent molles ; un consul qui s'était présenté devant Hippone dans l'intention d'y remplacer Masinissa dut se retirer devant l'énergique défense des habitants. Scipion vint prendre le commandement suprême et appela à lui le prince numide dépossédé qu'il considérait comme un précieux auxiliaire.
                Lorsque Carthage disparut de la surface du monde, Rome ne prit sous son autorité directe que les villes puniques et le territoire qui appartenait en propre à Carthage dont elle fit une province romaine.

                Puis, tout en se réservant l'autorité absolue, elle abandonna la Numidie au prince qui lui avait prêté l'appui de ses armes contre Carthage, c'est-à-dire Masinissa. Celui-ci mourut et le trône échut à Micipsa, seul de ses trois fils qui eût survécu. Bien que Cirta fût la capitale officielle de la Numidie, Micipsa n'en venait pas moins passer une partie de l'année à Hippone. A sa mort il divisa son royaume entre ses deux fils Hiempsal et Adherbal et son fils adoptif Jugurtha. L'ambition de ce dernier n'admettait pas de partage. Hiempsal mourut assassiné. Une nouvelle division de la Numidie fut faîte par des commissaires romains, entièrement gagnés à la cause de Jugurtha. La partie est de la Numidie fut adjugée à Adherbal, qui, négligeant Cirta, fit d'Hippone sa résidence et sa capitale (Dans le partage de la Numidie entre les deux princes, les provinces les plus fertiles et les plus peuplées dans le voisinage de la Maurétanie furent adjugées à Jugurtha. Celles qui, par la quantité des ports et des beaux édifices avaient plus d'apparence que de ressources réelles échurent à Adherbal.) Il ne tarda pas à subir le sort de son frère. Assiégé dans Cirta où il s'était réfugié, se croyant plus en sécurité, il fut pris et assassiné. Jugurtha restait ainsi le seul maître de la Numidie et Hippone devint la proie du vainqueur.

                Rome s'alarma et voulut imposer son autorité au roi numide ; la guerre éclata et ne se termina qu'au bout de sept ans par la capture de Jugurtha. La Numidie orientale fut annexée à la province romaine et le reste donné à Juba, fils d'Hiempsal. A Rome la guerre civile éclate entre César et Pompée. Ce dernier tué, ses compagnons se réfugient en Afrique auprès de Juba qui s'est déclaré contre César. Celui-ci accourt et écrase, à Thapsus les rebelles. Juba désespéré se tue. Quintus, Metellus Scipion, un des plus fidèles partisans de Pompée, après avoir lutté comme un lion, gagne le rivage et s'embarque. Les quelques galères qui l'accompagnent rencontrent la flotte césarienne commandée par Publius Sittitus ; elles se réfugient à Hippone mais, vivement poursuivies, elles sont obligées d'accepter une lutte inégale. Un combat acharné eut lieu dans le port même et Scipion y trouva une mort volontaire, dit-on. Le royaume de Juba, réduit en province romaine, sous le nom d'Africa-Nova fut placé sous l'autorité d'un proconsul qui fut Sallustre.

                Depuis longtemps, Rome avait préparé l'établissement de sa puissance en Numidie. Attirés par le renom de fertilité du sol africain, les colons romains étaient venus s'établir en foule, les uns dans la vallée de la Medjerda, les autres dans celle de la Seybouse, aux environs d'Hippone. Sous les efforts de cette race ardente au travail, le pays se transforma et mérita bientôt le nom de Grenier de Rome. Malgré les troubles, les insurrections et les guerres dont la Numidie avait été le théâtre, Hippone n'avait cessé de s'accroître.
                Eloignée des champs de batailles où se débattait le sort de la province, elle se contentait d'admettre dans ses murs le vainqueur ou le vaincu et n'en continuait pas moins ses affaires commerciales. C'est à cette époque que des palais superbes sont construits ; des bains aux riches mosaïques et aux marbres les plus rares reçoivent chaque année les étrangers venus en foule de tous côtés. Des aqueducs énormes amènent dans de gigantesques citernes l'eau nécessaire à la ville et aux jardins magnifiques qui lui font une ceinture de fleurs odorantes et de fruits délicieux. Tant d'avantages ne pouvaient échapper à l'œil exercé des Romains qui érigèrent la cité royale en " Colonia " et y nommèrent un préteur (magistrat).

                Par sa position même, Hippone se trouva le centre principal d'où rayonnaient le long du littoral et dans l'intérieur du pays, ces admirables voies dont nous retrouvons les vestiges à chaque pas. Nous allons indiquer rapidement les routes dont elle fut, sous la domination de Rome, le point de départ. Une première voie courant le long du littoral reliait la cité romaine, du côté de l'Ouest à Rusicade (Philippeville) située à une distance de 115 milles, et du côté de l'Est à Carthage distante de 193.
                Deux autres routes, dans l'intérieur, aboutissaient également à Carthage. La première qui mesurait 216 milles ne comptait pas moins de 16 stations intermédiaires. La seconde, longue de 226, passait par Tagaste. Enfin deux voies mettaient en communication Hippone avec Cirta longues de 96 et 243 milles.

                Vers le IIe siècle de notre ère, le christianisme faisait son apparition en Afrique et jetait un nouvel éclat sur Hippone, qui, première ville de la Numidie par ses richesses et sa splendeur était devenue, en outre, un foyer de lumière et de civilisation. Le christianisme y fit de rapides progrès et dès l'an 240 nous voyons l'histoire faire mention d'un évêque d'Hippone, Théogènes. Quand éclata la persécution des chrétiens, elle fit de nombreux martyrs dans la cité royale dont Théogènes et 36 de ses frères de religion.
                Le deuxième évêque fut Fidentius mis à mort comme son prédécesseur, sous le règne de Dioclétien vers l'an 304. Léontius lui succéda. Mais les théories de Donat donnent naissance à une nouvelle secte, celle des Donatistes qui ne tarde pas à se répandre sur l'Afrique. Un de ses apôtres les plus fervents, Faustinius remplaça sur le siège épiscopal l'évêque Léontius. Saint Augustin le dépeint comme un fanatique ardent, se laissant aller à de furieux et étranges débordements.

                Valerius lui succéda en 388. Possidius, le biographe de Saint Augustin, fait l'éloge de cet évêque comme prêtre et comme homme.
                Nous arrivons maintenant à celui dont les vertus et la sagesse jetèrent un si vif éclat sur la " cité de Dieu ". Sacré prêtre par l'évêque Valerius, malgré une certaine résistance, Saint Augustin fit bientôt retentir le monde chrétien de sa religieuse éloquence et l'étonna par la grandeur de ses idées philosophiques.
                A cette époque d'exaltation religieuse, les conciles se suivaient fréquemment. Le premier qui fut tenu à Hippone eut lieu en 393 et fut présidé par Aurélius, évêque de Carthage. Saint Augustin y assista comme simple prêtre et y prononça un discours sur la foi et le symbole. Le second y lieu en 395. C'est au sein de cette assemblée qu'il fut désigné comme successeur de Valerius et investi de sa nouvelle dignité par Megalius, primat de Numidie. Les persécutions religieuses avaient perdu leur caractère de violence, elles se bornaient à de simples joutes oratoires que soutenaient les évêques d'Afrique chrétienne dans les assemblées, dont Saint Augustin était l'âme. C'est alors qu'il enseignait à ses disciples la charité chrétienne, qu'il en encourageait l'application par la fondation de ces établissements dont l'idée généreuse a servi d'exemple de nos jours à un de nos prélats les plus illustres.

                Le dernier concile auquel assista Saint Augustin fut celui de 426. Pouvait-il alors prévoir que l'heure de la ruine et de la désolation allaient sonner sur l'opulente cité ? Ce philosophe chrétien, cet esprit sublime ne voulait laisser l'œuvre grandiose à laquelle il avait consacré sa vie qu'entre les mains d'un homme digne de la comprendre et de la continuer. Aussi le vit-on, contrairement à tous les principes de l'Eglise, désigner un de ses plus fervents disciples pour lui succéder à l'heure où Dieu le rappellerait à lui. Ce fut le moine Héraclius.
                Mais les Vandales débarquèrent en Afrique. Semant la ruine et la mort sur leur passage, laissant un sillage de sang derrière eux, ils se dirigent vers les provinces romaines où les appelle la trahison du comte Boniface, Gouverneur de l'Afrique. Hippone était une trop riche proie pour qu'ils passassent en la dédaignant et les bandes de barbares en prirent la direction. Cependant le comte Boniface, comprenant trop tard l'immensité de sa faute, essaya du moins de la racheter en défendant ceux qu'il avait livrés. En apprenant la marche des Vandales sur Hippone, il y accourut et y organisa la résistance. Les Vandales avaient cru entrer dans la cité sans coup férir, mais lorsqu'ils se présentèrent devant la place, ils trouvèrent les remparts garnis de défenseurs.

                La colère des envahisseurs déçus dans leur espoir ne connut plus de bornes, ils se répandirent autour d'Hippone, détruisant tout ce qu'ils rencontraient ; ils interceptèrent ses communications avec la mer afin de l'affamer et entassèrent dans la Boudjima, qui coulait sous ses remparts, des cadavres d'animaux et d'hommes pour que l'air vicié et corrompu alla porter la mort parmi les défenseurs. Le siège durait déjà depuis quelques mois. Comprenant que la ruse seule aurait raison de la courageuse cité, Genséric (Roi des Vandales.) simula une retraite et s'éloigna.
                Boniface, tombant dans le piège qui lui était tendu, s'élança à sa poursuite mais, surpris par des forces supérieures, fut complètement battu et les débris de ses troupes eurent à peine le temps de chercher un refuge derrière les remparts. Désespérant de sauver la ville, Boniface s'embarqua de nuit et s'enfuit à Carthage laissant les malheureux habitants livrés à la fureur des Vandales.
                Pendant les quatorze mois de siège, Saint Augustin n'avait cessé de prodiguer à ses concitoyens ses consolations et ses encouragements. Il n'eut pas la douleur de voir la cité tomber au pouvoir de ses ennemis. Il mourut le 5e jour des calendes de Septembre. Ses restes furent déposés dans la basilique de la Paix (elles y restèrent 37 ans.). Hippone, abandonnée à elle-même, succomba. Ses habitants s'embarquèrent à la faveur des ténèbres de la nuit et allèrent cacher leur désespoir dans les anfractuosités de la côte. Les vainqueurs se vengèrent en barbares. Tout fut réduit en cendres ; seule la basilique où était enseveli Saint Augustin fut respectée. Sa bibliothèque que, par un hasard providentiel il avait, quelques jours avant sa mort, fait transporter dans le sanctuaire de l'église échappa aux flammes. Ceux des habitants qui n'avaient pas voulu abandonner leur foyer furent massacrés ou emmenés en esclavage.

                Nous allons maintenant tenter, non de décrire Hippone, à l'époque de sa destruction, mais d'en énumérer les principales constructions.
                L'enceinte murée dont on n'a pu retrouver les vestiges recouvrait un espace de soixante hectares. La ville antique, bâtie entre la Seybouse et la Boudjima était adossée aux deux mamelons d'Hippone qu'elle recouvrait de ses édifices.
                La plus élevée de ces collines était couronnée d'un établissement fortifié, renfermant des piscines épuratoires et faisait partie du système hydraulique que complétaient des citernes gigantesques creusées dans ses flancs. Sur les ruines de cet établissement disparu, se dresse aujourd'hui le magnifique hospice des Vieillards, fondé par Mgr Lavigerie. Les citernes d'Hippone recevaient l'eau de l'Edough par un aqueduc dont il ne reste plus que quelques rares arcades principalement au lieu-dit Fontaine-des-Princes, sur le sommet de l'Edough et dans la vallée du ruisseau d'or, sur le bord du jardin de l'Orphelinat des sœurs.
                Un des principaux monuments dont nous ait entretenu Saint Augustin est le temple de la paix, transformé en église chrétienne, probablement sous Constantin. En 424, Saint Augustin y ayant fait transporter une partie des restes de Saint Etienne, elle prit le nom de ce martyr.

                On a cru voir dans un énorme tronçon de maçonnerie antique, situé à gauche de la route si délicieusement ombragée d'Hippone et que tous les Bônois connaissent, un débris de la célèbre basilique.
                Sous cette ruine existe un véritable labyrinthe de couloirs qui s'étendent jusque sous la propriété de l'ancien maire, M. Dubourg, et qui seraient, dit-on, les cryptes souterraines de l'antique église. Deux sanctuaires dédiés, l'un à Théogènes, premier évêque d'Hippone, l'autre à Léontius, s'élevaient également dans l'enceinte fortifiée. Saint Augustin, quelque temps avant l'invasion des Vandales, avait conçu l'idée généreuse de créer un hôpital ; l'affection des habitants d'Hippone pour leur pasteur fit pleinement réussir ce projet. Infatigable quand il s'agissait de sa ville chérie, sa cité de Dieu, il fit bientôt construire un monastère où il vivait avec ses disciples, les instruisant et les préparant au sacerdoce. Ce fut l'origine des séminaires. Il y ajouta, quelques temps après, un couvent de femmes, dont il confia la direction à sa sœur qui, devenue veuve, avait consacré sa vie à Dieu.

                Hippone renfermait de nombreux thermes dont les plus célèbres étaient ceux de Socius dont il a été impossible de déterminer l'emplacement. En dehors de l'enceinte et dans un des faubourgs de la ville se trouvaient deux églises, l'une dite " Advigiuti Martyres ", aux vingt Martyres, édifiée, nous dit Saint Augustin, en souvenir du martyr de Fidentius, deuxième évêque d'Hippone. Monseigneur Dupuch, évêque d'Alger, a prétendu qu'elle devait se trouver sur le lieu occupé actuellement par les marabouts de Sidi-Brahim. Cette opinion, motivée seulement par la découverte, à cette place, d'une mosaïque, ne peut être admise que comme une supposition. L'autre église avait été consacrée aux martyrs Gervais et Protais. Un pont qui n'a plus de romain que ses piles traversait la Boudjema et mettait en communication la ville avec une de ses principaux faubourgs. Le port se trouvait dans l'embouchure des deux rivières. On voyait, récemment encore, des traces de quais, dans lesquels étaient scellés d'énormes anneaux de fer.

                De tous ces édifices grandioses, de ces basiliques monumentales, de ces bains délicieux, il ne reste plus que le souvenir. Seules les citernes, bien qu'elles aient subi les rudes assauts du temps, sont un témoin encore debout de la splendeur de la célèbre cité.
                Des ruines qui devaient couvrir un espace considérable, il ne reste plus rien. Cette disparition doit être attribué à deux causes : la première est l'enlèvement par les Arabes de l'invasion Hilalienne, un peu après l'époque de la fondation de la Bône actuelle, de tous les débris et matériaux qui pouvaient entrer dans l'embellissement et l'agrandissement de la nouvelle cité ; la seconde est la tendance de la Seybouse à se déplacer dans la direction de l'Ouest, ainsi que cela a été constaté par plusieurs voyageurs, à différentes époques.
                La présence de certaines constructions, complètement ensevelies aujourd'hui dans les terrains bourbeux qui avoisinent la Seybouse, les nombreuses mosaïques que vient de découvrir la pioche inconsciente des ouvriers, démontrent qu'une partie des ruines de la ville antique ont été recouvertes par les couches successives de terre et de débris roulés par les eaux.

                Reprenons le cours de notre récit.
                Genséric, après la prise d'Hippone, avait marché sur Carthage dont il s'était emparé et où il avait fixé le siège de son empire. Il mourut en 477 et on peut dire que l'histoire des Vandales commence et finit avec la vie de ce prince. Ceux qui lui succédèrent, amollis par une vie d'oisiveté et de délices n'eurent plus l'énergie nécessaire pour maintenir l'intégrité de leur territoire et réprimer les attaques audacieuses des Maures. Sous ces princes les persécutions catholiques firent de nombreuses victimes. L'avènement au trône d'Hildéric, ami de Justinien ( Empereur byzantin), les fit cesser, et le premier édit de ce prince ordonna la réouverture des églises catholiques. Il fit, en partie reconstruire Hippone et y ramena les habitants qui s'étaient dispersés.

                A la suite d'une guerre contre les Maures, Gélimer, vainqueur, profita de l'enthousiasme des Vandales pour détrôner son frère, et malgré l'intervention de Justinien le fît enfermer dans un cloître. Justinien ne pouvait laisser impunie la révolte du roi barbare et la guerre fut décidée.

                Bélisaire (Général byzantin) investi du commandement suprême de l'armée byzantine débarqua avec 45.000 hommes à Caput-Vada (Ville côtière du Sahel tunisien). A la déclaration de guerre, Gélimer répondit en faisant égorger Hildéric. Mais la marche de Bélisaire ne fut qu'une succession de victoires, dont la dernière, celle de Tricaméron (ville située à 30 kilomètres de Carthage), ruina à tout jamais les espérances du roi vandale. Gélimer dut s'enfuir presque seul en Numidie.

                Lorsqu'il avait senti s'amonceler sur sa tête l'orage que sa cruauté avait provoqué, il avait en prévision d'un désastre confié tous ses trésors à son secrétaire Boniface, en lui ordonnant de se rendre à Hippone et d'y attendre la fin des évènements, lui enjoignant, au cas où le sort des armes lui serait contraire de faire voile sur l'Espagne où il ne tarderait pas à le rejoindre.
                Après la bataille de Tricaméron, il s'était donc dirigé en toute hâte vers Hippone mais, vivement poursuivi par la cavalerie de Bélisaire, il dut s'enfermer dans la ville de Medenos située à l'extrémité Sud-Ouest de la chaîne de montagnes qui borde la Seybouse depuis les environs d'Hippone.

                Bélisaire, lancé à la poursuite de Gélimer arriva à Hippone. Beaucoup de nobles Vandales avaient préféré tomber entre les mains du général grec, dont l'humanité était connue, que de suivre leur roi détrôné et soutenir une lutte qu'ils considéraient désormais comme impossible.
                Bélisaire les accueillit avec bonté et les envoya à Carthage avec leurs familles.

                Boniface, à la nouvelle du désastre du Tricaméron s'était embarqué et avait fait voile pour l'Espagne, mais, rejeté par la tempête dans le port d'Hippone, prit la résolution de livrer les trésors dont il était le dépositaire au général victorieux.
                On voit donc que le séjour de Bélisaire à Hippone ne fut pas tout à fait inutile. Il reprit le chemin de Carthage en laissant le soin au chef des Hérules (peuple germain originaire de Scandinavie) Pharas de bloquer étroitement Gélimer et de s'en emparer.
                L'empire vandale redevint une province de l'empire d'Orient. Gélimer, pendant quatre mois, resta enfermé dans Médenos, mais manquant de tout, menacé par la famine, il dut se rendre et alla orner le triomphe de Bélisaire à Constantinople.

                Dans le chaos des troubles, des révoltes et des guerres civiles dont l'Afrique fut le théâtre sous la domination gréco-byzantine, Hippone passa tour à tour et sans résistance aux mains du vainqueur ; elle ne se releva du reste jamais complètement des ruines entassées par les Vandales.

                

Premières invasions arabes en Afrique
la domination berbère
Hippone et ses différentes dénominations
fondation de Bône.

                Le Coran d'une main et le sabre de l'autre, les Arabes, à la voix des représentants du Prophète, s'étaient élancés à la conquête du monde. Cependant, leurs premières expéditions furent plutôt des incursions que des invasions, ayant pour conséquence l'occupation définitive du pays. Ils ne furent préoccupés, au début, que de rapporter et mettre à l'abri le riche butin que leur procuraient les dépouilles des vaincus.
                En 640, ils s'emparent de l'Egypte, alors province romaine. Six ans après une armée traversa la Cyrénaïque (province romaine aujourd'hui partie de la Lybie) et la Byzacène (Turquie actuelle).

                Ils se heurtèrent dans les environs de l'antique Sufetula (ville du centre de la Tunisie ) aux cohortes romaines et à la cavalerie berbère de Patrice Grégoire, accouru pour s'opposer aux progrès des envahisseurs. Les Arabes furent vainqueurs mais néanmoins revinrent en Egypte quinze mois après. Ils n'en sortirent qu'en 665 après la fondation des Omeyyades (dynastie de califes arabes). Une deuxième expédition atteignit la province romaine et les quelques troupes byzantines furent battues. La domination romaine en Afrique, si le vainqueur l'eût voulu, était dès ce moment anéantie.
                Les débris de la domination romaine, réduits à la possession de Carthage et de quelques villes du littoral, ne pouvaient être un obstacle à l'envahissement des Arabes. Mais la population autochtone, les Berbères, comme les appelèrent les nouveaux venus, ne purent voir d'un œil indifférent les signes précurseurs d'une occupation définitive. Jaloux de leur indépendance ils organisent la défense. Kairouan, prise d'assaut, devient le siège du gouvernement d'un prince berbère, Koceïla, qui avait été l'âme de la défense. Comprenant que le gouvernement sans force des patrices romains ne pouvait plus être un danger pour les libertés et l'indépendance de son peuple, il conclut une alliance avec Carthage contre l'ennemi commun.

                L'expédition de 688 commencée sous d'heureux hospices se termina par un désastre. Ayant complètement défait les Berbères mais ne recevant pas de renforts les Arabes durent se résoudre à rentrer en Egypte.
                Hassan Ben Noumen, envoyé en toute hâte pour réparer cet échec fut battu par les Berbères qui s'étaient de nouveau soulevés. Il dut rentrer dans la province de Barka où il attendit jusqu'en 697 l'envoi de renforts pour ouvrir une nouvelle campagne. Dès qu'il y fut parvenu, il s'empara définitivement de Carthage qu'il ruina ainsi que les autres villes romaines à l'exception toutefois d'Hippone qui conserva quelque temps sa garde byzantine. De Carthage, Hassan se dirigea vers l'Aurès, centre de la résistance des Berbères, qui, vaincus durent momentanément courber la tête sous le joug du vainqueur.

                De sourds tressaillements, des révoltes dans lesquelles des armées arabes sont détruites, viennent démontrer aux envahisseurs que l'esprit d'indépendance reste toujours vivace au fond du cœur des Indigènes. Pendant plus de trois siècles nous voyons cette race énergique lutter avec rage contre l'étranger. Exactions des gouverneurs, établissement d'impôts nouveaux, schisme des Kharidjites (secte musulmane intransigeante et rigoriste) dans lequel ils se jetèrent par esprit d'opposition, tout sert de prétexte aux Berbères pour essayer de secouer le joug des Arabes.

                Ils y réussirent en 909 en chassant le dernier Gouverneur arabe et en plaçant sur le trône un prince berbère qui fonda la dynastie des Obeïdites ou Fatimides (dynastie chiite qui régna en Afrique du Nord et en Egypte de 999 à 1071).
                Pendant ce long espace de temps, c'est-à-dire depuis la première apparition des Arabes en Afrique jusqu'au commencement du XIe siècle, l'histoire d'Hippone est plongée dans la nuit. Il n'en faut cependant pas conclure que la cité de Saint Augustin ait été complètement ruinée par les Arabes, ainsi qu'on l'a prétendu, au moment de la ruine de Carthage, car nous voyons Ibu Haukal (qui écrivit sa géographie vers 950) ne nous parler que d'une seule ville de Bône. Certes, s'il se fût agi d'une ville de création récente il n'eût pas manqué de dire et de signaler les ruines de l'ancienne. El Bekri, qui décrit Bône un siècle plus tard, signale la présence d'une ville qu'il appelle Medinat-Seybous (la ville de la Seybouse), au-dessus de la ville de Saint Augustin. " La ville de Bonna "), dit-il, fondée à une époque très reculée était la demeure d'Augochtin (Augustin), grand docteur de la religion chrétienne. Elle est située près de la mer, sur une colline d'accès difficile qui domine la ville de Seybous. De nos jours elle porte le nom de Medinat-Zaouïa, ville de Zaouï ; elle est à trois milles de la ville neuve et renferme des mosquées, des bazars et un bain. Les environs sont très riches en fruits et en céréales.

                Il résulte de cette description qu'Hippone, en 1050, non seulement n'avait pas disparu, mais qu'elle conservait encore une certaine activité. " Bône la neuve, Bonna el Haditsa " fut entourée de murs un peu plus tard que l'an 1058. Elle possède près de la mer un puits taillé dans le roc et qui fournit à presque toute la population l'eau dont elle a besoin : A l'occident de la ville est un ruisseau qui sert à l'arrosage des jardins et qui fait de cette localité un lieu de plaisance : Le ruisseau d'or

                L'Edough, montagne qui domine Bône est souvent couverte de neige, le froid y est très intense et, chose extraordinaire, on y voit une mosquée sur laquelle la neige ne tombe jamais bien que toute la montagne en soit couverte. Bône jouit à la fois des avantages d'une ville de l'intérieur des terres et d'une ville maritime. La viande, le lait, le poisson et le miel s'y trouvent en grande abondance. La viande de bœuf est celle dont on fait la plus grande consommation. Nous devons toutefois faire observer que les hommes blancs tombent malades dans cette ville et que les noirs s'y portent très bien.
                On trouve dans les environs de Bône plusieurs peuplades berbères appartenant à diverses tribus. Cette ville est fréquentée par des négociants dont la plupart sont des Andalous. il s'agit ici de Catalans qui avaient, avant cette époque, des relations commerciales avec Bône

                Le revenu que Bône fournit à la caisse particulière du sultan, abstraction faite des sommes perçues pour le compte du Trésor s'élèvent à 20.000 dinars, 200.000 francs
                L'invasion arabe hilalienne (tribu originaire d'Arabie ayant émigré en Egypte) en venant donner un essor à la jeune cité, dont on peut dire qu'elle a été construite dès le commencement du XIe siècle, porta un coup funeste à Hippone. Les bazars, maisons, bains construits eux-mêmes avec les débris de la ville romaine furent démolis et les matériaux transportés dans la nouvelle ville servirent à son embellissement.

                Les Arabes, de nouveau maîtres de l'Afrique et de ses villes maritimes ne tardèrent pas à aller porter la ruine et la désolation sur les rives du midi de l'Europe. " C'est de Bône, dit Bekri, dans sa description de l'Afrique, que partent souvent des galères pour faire la course contre les pays chrétiens ".
                Les nations marchandes, qui avaient le plus à souffrir de la piraterie, se réunirent et, en 1034, une flotte composée de navires Pisans, Génois et provençaux vinrent attaquer Bône, qui était le repaire d'où s'élançaient tous les forbans. Elles s'en emparèrent après une courte résistance, car elle n'était pas encore entourée de murs.

                Bien qu'elle fût au pouvoir des Arabes, Bône n'en avait pas moins conservé un fond de population chrétienne d'une certaine importance, puisqu'en 1076 le pape Grégoire VII, dans une lettre adressée au clergé et aux habitants de Bône annonçait qu'il avait consacré, sur leur demande, comme évêque de cette ville, le prêtre Servand. Il leur recommandait la vénération pour leur prélat et la pratique de la religion, afin d'en imposer le respect aux Arabes au milieu desquels ils vivaient.
                Grégoire VII écrivait en même temps à El Naceur, roi de la Maurétanie, pour lui annoncer cette nomination et le remercier de ses bons procédés à l'égard des chrétiens de ses Etats.
                Quelques années après, Roger II, roi de Sicile, ayant eu à se plaindre des procédés du roi de Tunis, rompit le traité de paix qui existait entre eux depuis cinq ans et envoya une flotte sous les ordres de Philippe de Mehedia, un Arabe renégat, sur les côtes d'Afrique.
                L'expédition arriva devant Bône, qui dut accueillir le vainqueur sans résistance. Elle reçut un gouverneur et une garnison au nom du roi de Sicile.
                Les Normands étaient donc établis en Afrique ; leur autorité fut douce et juste et se serait maintenue très longtemps si, en 1159, Abd el Moumen, roi du Maroc, n'avait eu l'ambition de soumettre toute l'Afrique. Il y réussit et les Normands durent abandonner leur conquête. Pour mettre Bône à l'abri d'une nouvelle tentative des Européens, il la fit entourer de remparts.

                Bien qu'il fût peu favorable aux chrétiens, Abd el Moumen, prince intelligent, avait compris que les relations commerciales de l'Europe avec ses Etats étaient une source de richesse pour ses sujets et de profits pour son Trésor. Dès 1155, alors que Bône était encore au pouvoir de Roger, il avait accordé des privilèges de pêche et de négoce à des commerçants Génois. Ces privilèges furent maintenus et développés par le traité de 1160 qui ouvrait tous les ports du royaume, c'est-à-dire l'Afrique septentrionale, à l'importation des produits génois, moyennant un droit d'entrée. De son vivant, Abd el Moumen favorisa ces derniers au détriment des autres villes maritimes de la Méditerranée ; mais, à sa mort, les Pisans conclurent un traité analogue à celui des Génois avec son fils (1166). En 1180, ce fut le tour des Siciliens. Enfin, à partir du commencement du XIIIe siècle, les traités se succédèrent avec toutes les nations riveraines de la Méditerranée, et leurs pavillons flottent librement dans tous les ports des Etats musulmans en Afrique.

                Dans presque tous les traités des fondouks ou habitations spéciales étaient accordés aux commerçants des différents Etats en relation avec l'Afrique. Bône en possédait quelques-uns.
                Le fondouk est un groupe d'habitations renfermant les gens de même nationalité. Les différents fondouks, séparés entre eux par une simple muraille de pierres sèches constituaient un quartier spécial de la ville arabe. Ayant sa police particulière, sa juridiction spéciale, ses coutumes et surtout son inviolabilité. Chaque fondouk était placé sous la haute surveillance du consul de sa nation qui devait y résider ou tout au moins y avoir un délégué ; un four commun était affecté au service des habitants, et lorsqu'il n'existait pas d'établissement de bain, il était stipulé, dans les conventions, qu'un bain de la ville serait mis une fois par semaine à la disposition des habitants.

                Toutes les fois qu'un traité accordait l'autorisation d'établir un fondouk dans une ville arabe, il était suivi d'une clause autorisant la construction d'une chapelle pour la célébration du culte chrétien et la création d'un cimetière spécial.
                Telles étaient à grands traits les conditions d'existence des Européens qui venaient se fixer soit dans le royaume de Tunis, soit dans celui de Bougie ou du Maroc. Malgré tous les traités et les garanties dont cherchaient à s'entourer les commerçants des différents Etats européens, le brigandage maritime n'en avait pas moins pris, surtout vers le milieu du XVe siècle, une assez grande extension.
                On doit attribuer cet amour du pillage qui, pendant de longues années, paralysa la navigation de la Méditerranée, à la décadence générale de la civilisation arabe et à l'établissement des Turcs en Europe.
                Néanmoins, malgré le danger qu'il y avait à venir commercer sur les côtes d'Afrique, les relations ne furent pas complètement interrompues. A l'époque où Louis XI, dans l'intérêt de la Provence, essayait de nouer des relations avec les princes arabes, l'Afrique se débattait dans une profonde anarchie. La dynastie Hafside, qui régnait depuis le XIIIe siècle en Tunisie et étendait son autorité sur les royaumes tributaires de Bône, Bougie et Constantine, se défendait avec peine contre les attaques des Berbères qui n'avaient jamais perdu l'espoir de reconquérir leur indépendance première. Les Espagnols, profitant de ces embarras intérieurs, s'emparèrent de Bougie, installent uns garnison dans le Penon d'Alger et s'établissent sur la côte d'Afrique.

                Enfin les deux redoutables corsaires, dont le nom seul est devenu un objet d'épouvante pour les navigateurs, Baba-Aroudj et Kheir Eddin font de Djidjelli le centre de leur champ de rapines et de vols. Leur ambition s'augmentant de leurs succès, ils voulurent bientôt établir, sur des bases plus larges, leur système d'exploitation par la terreur. Ils rêvèrent de la domination de l'Afrique septentrionale et ils réalisèrent complètement cet audacieux projet.

Baba-Aroudj s'empare d'Alger.
Développement de la piraterie. - Bône au pouvoir des Turcs.
Expédition de Charles-Quint à Tunis
et occupation de Bône par les Espagnols de 1535 à 1540.
Abandon de Bône que les Turcs occupent de nouveau.

                A la mort de Ferdinand le Catholique les habitants d'Alger, qui, depuis 1510, n'avaient accepté qu'en frémissant le voisinage gênant des Espagnols, maîtres du Penon, pensèrent que le moment était venu de reconquérir leur liberté et de chasser les étrangers. Ils firent appel à Baba-Aroudj, (célèbre corsaire plus connu sous le nom de Barberousse) qui n'en continuait pas moins de semer la terreur sur la Méditerranée et le supplièrent de venir les délivrer de la présence des infidèles. Lui qui, depuis longtemps rêvait d'établir son autorité sur l'Afrique septentrionale accourut par mer. Sa première préoccupation fut de chasser les Espagnols des divers points qu'ils occupaient. Il se rendit dans la province d'Oran, mais, surpris entre cette place et Tlemcen il fut tué et son frère Kheir Eddin resta seul maître d'Alger.

                Assiégé par les bandes arabes soulevées à la mort du gouverneur d'Alger, bloqué par les Espagnols du Penon (en espagnol signifie gros rocher ; cette roche appelée par les Arabes île de Beni-Kesranna fut occupée par Diégo de Vera qui y fit construire une forteresse.), menacé par le roi de Tunis, celui-ci comprit qu'il ne pourrait échapper à tant d'ennemis en se plaçant sous la protection d'une puissance plus forte. Il se déclara donc vassal de la Porte Ottomane et lui fit hommage d'Alger.
                Il prit le titre de pacha en 1518 et avec le renfort qu'il avait reçu des Turcs, il s'empressa d'attaquer les Espagnols et de les expulser du Penon.
                A partir de ce moment, la piraterie prend une redoutable extension. La navigation de la Méditerranée est presque interrompue. Les navires marchands restent dans les ports, eux-mêmes exposés à la visite des terribles corsaires.

                Sur les côtes de la Provence s'élèvent des bastides où des veilleurs guettent jour et nuit et jettent, aux populations terrifiées, le cri d'alarme. Les rivages de l'Europe méridionale se dépeuplent et le monde chrétien, impuissant courbe honteusement la tête devant cette poignée de pirates.
                Le 4 Août 1534, les habitants de Bône se révoltent et appellent Kheir Eddin. Mais en apprenant cette rébellion le roi de Tunis, Moulay Hassan, fit partir en toute hâte 250 arquebusiers et 400 cavaliers mais il était trop tard. Bône était au pouvoir des Turcs. Kheir Eddin fit voile vers Tunis dont il s'empara le 18 du même mois. Moulay Hassan s'enfuit.
                Les Espagnols ne pouvaient voir sans inquiétude le développement rapide du nouvel empire ; aussi Charles-Quint se prépara-t-il à aller reprendre Tunis pour y placer son allié détrôné.

                A cette époque François 1er, en antagonisme avec Charles-Quint, concluait avec la Porte Ottomane, en Janvier 1535, un traité d'amitié et de commerce, au terme duquel tous les Français et chrétiens qui iraient sur les côtes d'Afrique seraient sous la protection du consul de France. Ce traité renfermait aussi les clauses d'une alliance offensive et défensive.

                Charles-Quint, malgré cette menace n'en continua pas moins ses préparatifs et le 31 Mai 1535 il quittait, avec une flotte puissante les côtes d'Espagne. Il arriva bientôt devant Tunis dont il entreprit le siège et où il fit son entrée le 21 Juillet 1535. Moulay Hassan était rétabli sur le trône et Kheir Eddin s'enfuit dans la direction d'Alger avec les débris de ses troupes.
                Charles Quint donna l'ordre à André Doria de se rendre à Bône avec trente galères et deux mille hommes et de s'en emparer. Mais la flotte avait été signalée longtemps à l'avance. Les habitants terrifiés avaient pris la fuite et avaient suivi Kheir Eddin qui, dans sa retraite, était venu s'embarquer à Bône.

                Doria trouva donc la ville absolument déserte ; il se contenta de capturer quelques galères qui se trouvaient dans la rade et qui avaient encore à leur bord un certain nombre d'habitants. Il se retira sans occuper ni la place ni la citadelle et rentra à Tunis.
                Charles Quint fut peu satisfait d'une expédition sans résultat ; mais comme la flotte devait retourner directement en Espagne, il en donna le commandement au marquis de Mondéjar, capitaine-général du royaume de Grenade, en même temps qu'il lui confiait le soin de s'emparer de Bône en passant.
                Quelques jours plus tard le marquis s'empara de la ville sans coup férir.
                Mais au fil du temps, la situation ne fut pas facile à gérer. Les vivres étaient avariés pour la plus grande partie ; on s'en apercevait à la mine des soldats : pas un n'avait la figure d'un homme sain. Certains mourraient et un grand nombre d'autres étaient souffrants. Les maladies semaient de nombreux vides dans les rangs. Les approvisionnements étaient avariés et le ravitaillement devenu presque impossible car les Indigènes refusaient tout commerce avec les Espagnols. Cette situation ne pouvait qu'empirer. Dans la Casbah les murs étaient faibles et tellement ruinés qu'ils s'écroulaient lorsqu'on les poussait avec la main. Le château renfermait cinquante ou soixante loges ou cellules ; quelques-unes avaient des citernes très petites mais toutes étaient à sec.

                On était obligé de descendre chaque jour à la ville pour s'approvisionner en eau. Ce n'était pas une petite besogne ; Tout le travail des soldats se passait à transporter les munitions et provisions de bouche qu'ils avaient dû laisser auprès de la porte de la mer et à monter l'eau de la ville à la forteresse. Il leur était impossible de s'occuper d'autre chose. Non seulement la garnison manquait de vivres, d'artillerie et de munitions mais le petit nombre d'hommes était à peine en état de servir.
                Les soldats étaient dénués de tout, sans chaussures et sans vêtements, affaiblis par les fatigues et la faim qu'ils avaient endurées, et démoralisés complètement. Ce fut pendant cinq ans durant lesquels flotta le drapeau espagnol sur la Casbah, l'histoire de l'occupation.
                Abandonnés à eux-mêmes, privés de tout, sans nouvelle de la mère-patrie, continuellement harcelés par les Arabes, les soldats espagnols, aussi bien que leurs officiers, se laissèrent aller à un profond découragement ; ils voulurent se faire musulmans. Du découragement à l'indiscipline, il n'y avait qu'un pas, il fut bientôt franchi.
                Avec 600 hommes, dont les rangs étaient chaque jour éclaircis par les maladies et les escarmouches, il était difficile de se maintenir à Bône. Pour compléter ce tableau de misère, les approvisionnements annoncés ne vinrent pas. Il fallut entretenir les troupes du produit des razzias qui ne se faisaient qu'au détriment de la discipline et diminuaient chaque fois de quelques unités le nombre des Espagnols. Bien plus profondément affecté de l'abandon dans lequel on la laissait, privée des secours de sa religion, la garnison voulut un moment se faire musulmane. Les razzias furent la cause de violents dissentiments entre le gouverneur du roi de Tunis et le gouvernement espagnol.
                Si l'on avait voulu garder Bône, il aurait fallu non seulement changer toute une garnison affaiblie par cinq ans d'exil et démoralisée par les exemples qu'elle avait eu sous les yeux, mais encore la remplacer par un effectif bien supérieur à l'ancien. Quoiqu'il en soit Charles Quint ordonna l'évacuation. On fit sauter les remparts, on ruina les tours de la Casbah et de la ville et la garnison se rembarqua. Cette nouvelle fut aussi promptement connue de Tunis que d'Alger.
                Les Turcs accoururent, relevèrent les fortifications démolies et s'installèrent à Bône qu'ils devaient garder jusqu'à notre arrivée en Algérie.

Etablissement des Français sur la côte d'Afrique.
Fondation du bastion et du comptoir de Bône.
Création de la Compagnie d'Afrique.
Résumé de son histoire jusqu'à sa suppression en 1794.
Création d'une agence d'Afrique.
Son histoire jusqu'en 1827.

                En 1520, des Français fondèrent un comptoir au Cap Nègre pour la pêche du corail et le commerce des cuirs, laines etc.
                En 1524 deux Marseillais achetèrent aux tribus arabes, campées entre Bône et Mersa el Kharaz qu'ils baptisèrent du nom de La Calle, le privilège de pêcher le corail et de pratiquer le commerce. Ils firent construire, dans une crique de la côte pour abriter leurs marchandises, une maison qui prit le nom de Bastion de France.
                Ce bâtiment fut détruit une première fois par les Turcs en 1551. Reconstruit presque aussitôt, il changea de propriétaire, car les fondateurs, ruinés par la concurrence des Génois, durent en faire la cession. En 1604, le commerce de l'établissement du Bastion avait pris une grande extension mais des contestations ayant éclaté vers cette époque entre les Turcs d'Alger et notre ambassadeur, malgré les représentations de la Turquie, le Divan (gouvernement central) déclara une guerre acharnée aux Français. Nos navires ne furent pas plus respectés que ceux des autres nationalités ; leurs équipages furent réduits en esclavage. Les Janissaires (soldats d'élite de l'infanterie turque) de la garnison de Bône attaquèrent le Bastion à l'improviste et le détruisirent de fond en comble. Devant cette nouvelle explosion de la fureur barbaresque, les navigateurs n'osèrent plus s'aventurer au large, les bâtiments de commerce se refermèrent dans les ports et de nouveau une profonde terreur régna sur la Méditerranée.

                Le grand-duc de Toscane et quelques esprits généreux résolurent de châtier les pirates jusque dans un de leurs repaires.
                On choisit Bône comme objet " à cause qu'estant la plus proche de chrestienté, elle estoit plus propre à estre pillée qu'à estre tenuë et gardée : mesme aussi parce qu'on y espérait faire force esclaves, etc if. ".
                L'armée navale comptait dans ses rangs cinq navires français. On arriva ainsi en vue de Bône et l'armée débarqua au lieu-dit l'Espaloir, ce qui n'est autre que la plage Fabre actuelle.
                Bône, après quelques jours fut enlevée de vive force ; la plupart des habitants passés au fil de l'épée et le reste emmené en esclavage.
                Le 1er Janvier 1694, Pierre Hély, Directeur de la nouvelle compagnie d'Afrique, organisée par des négociants de Marseille, conclut avec Alger un traité par lequel il était autorisé à relever nos établissements.
                En 1707, la fusion de l'établissement du Cap Nègre, fondé en 1520, avec la compagnie Hély, sut donner un nouvel essor à la prospérité de nos comptoirs mais en 1713, cette compagnie fut dissoute et remplacée d'abord par la Compagnie d'Afrique, puis par la Compagnie des Indes, et enfin le 1er Janvier 1741, par la Compagnie royale d'Afrique.

                En 1744, sous un faux rapport, le dey d'Alger avait livré au pillage La Calle et ses dépendances. Les Anglais voulurent même profiter de ce conflit pour obtenir l'autorisation de s'implanter à La Calle mais n'y réussirent pas. En 1763, nouvelles tensions avec les Turcs. Les habitants des comptoirs français sont jetés en prison. Mais nos nationaux ne se laissèrent pas décourager, et après chaque vexation, la Compagnie semblait reprendre de nouvelles forces.
                La République fut solennellement reconnue à Alger vers la fin de 1792 et le bruit de nos victoires ayant pénétré jusque chez les forbans algériens, nos relations avec eux s'en ressentirent aussitôt. Nos provinces du Midi de la France, privées de récoltes offraient le spectacle de la plus lamentable misère. Profitant des bonnes dispositions des Algériens à notre égard, de nombreux convois chargés de blé furent expédiés en France, mais les troubles qui éclatèrent dans les tribus de La Calle, révoltées contre l'autorité du bey, la peste qui faisaient de nouveaux ravages à Constantine, interrompirent les expéditions.
                Non seulement nous avions à lutter contre la mauvaise volonté du bey de Constantine et des Juifs qui accaparaient les céréales, mais encore contre les intrigues de la politique anglaise qui s'efforçait d'obtenir du dey d'Alger un décret de prohibition pour l'exportation des céréales. Malgré toutes ces difficultés et grâce surtout aux sommes envoyées par le gouvernement, Guibert, agent de la Compagnie d'Afrique à Bône, put expédier, au mois d'Avril 1794, du blé. Malgré les énormes services rendus par la Compagnie d'Afrique, le comité de salut public l'abolit quelques mois après et le remplaça par une agence au compte de l'Etat.

                Les Anglais n'avaient pas cessé d'intriguer auprès du Divan d'Alger pour nous remplacer sur les côtes d'Afrique, mais ils n'avaient pas pu vaincre la sympathie réelle que nous portait Baba Hassan. Furieux de leur insuccès, ils cherchèrent à ruiner notre marine en courant sus à tous nos petits bâtiments.
                Bonaparte inspira une véritable terreur au dey d'Alger. Les préparatifs de l'expédition d'Egypte étaient, à ses yeux, dirigés contre lui, aussi quelle ne fut sa stupéfaction en apprenant, coup sur coup, la prise de Malte par les troupes françaises, suivie de la délivrance de tous les esclaves musulmans et la déclaration de guerre de la Turquie à la France. Le dey était très disposé à laisser les ordres de la Porte à l'état de lettre morte mais ses ordres mal compris occasionnèrent un redoublement de misère pour nos nationaux.
                Les ordres de la Sublime devinrent impérieux et le dey se décida à jeter au bagne d'Alger tous nos concitoyens. A Bône, Guibert fut arrêté. La Calle fut prise par trahison, et le bey de Constantine qui avait dirigé l'expédition, fit tout piller et détruire. Les pertes furent immenses et le commerce de comptoir définitivement ruiné. La paix ne fut rétablie qu'en 1800, à la grande joie du dey. La concession des comptoirs fut restituée à la France aux même conditions dont elle jouissait avant la rupture de la paix, sauf toutefois que, pour indemniser sa Compagnie d'Afrique des pertes subies, le dey lui faisait la remise des redevances d'une année. Un conflit s'éleva entre la Compagnie et l'Etat qui voulait se réserver le monopole de la pêche au corail. Personne n'ayant voulu céder, la Compagnie fut dissoute le 6 Mai 1802.

                En 1807, les Anglais voulurent s'établir à La Calle, mais leur intention était moins d'en faire une place forte qu'un entrepôt de céréales et de vivres à l'usage de leur flotte de la Méditerranée. C'était ce que redoutait le plus le Divan d'Alger, aussi ne voulut-il jamais consentir à cette création.
                A Bône ils s'étaient emparés de l'établissement de l'ancien comptoir français. Sur la plainte portée par Raimbert, ancien agent à Collo, le tribunal musulman de Bône, en présence de la garnison turque et des notables de la ville, rendit une sentence : " qui reconnaissait que la maison de la Compagnie appartenait en propriété aux Français et ordonnait au consul anglais de la restituer immédiatement aux Français ".
                Néanmoins, les Anglais s'obstinèrent à rester à Bône malgré la répugnance manifeste des habitants et malgré la décroissance du commerce et des pertes qui en résultaient pour eux. Cela dura jusqu'en 1815. Epoque à laquelle Lord Exmouth (amiral anglais) parut devant Alger pour y demander l'abolition de l'esclavage. Il fut insulté et tous les Anglais des concessions jetés aux fers.
                Les Français entrèrent immédiatement en pourparlers pour reprendre leurs anciens privilèges, mais le dey, ne voulut pas leur laisser la jouissance des avantages qu'ils possédaient antérieurement.
                Pendant quelques années, la Compagnie concessionnaire végéta, et au moment où elle espérait une reprise du commerce, l'injure faîte au consul Duval vint rompre les relations de la France avec Alger. Ordre fut donné à nos agents d'évacuer les Comptoirs. Cet ordre fut si brusque que les employés de la maison de Bône abandonnèrent leurs effets et s'embarquèrent le 20 Juin au nombre de 28 personnes, sur une gabare. Il était temps car le dey, à la notification de la rupture avait donné l'ordre de détruire nos établissements et d'en arrêter tous les employés.

  A SUIVRE     
    

   
Une casserole toute cabossée.
Par Mme Jocelyne Mas
Chez ma grand-mère tout au fond du grenier
           Un jour j'ai trouvé

          une vieille valise un peu usée
          dedans il y avait
          un objet étrange entortillé
          d'un drapeau tricolore français
          aux couleurs fanées.
          Intriguée, j'ai déroulé
          ce tissu pâle et déchiré.
          Il recouvrait
          une casserole toute cabossée.
                     aussitôt
                     je me suis revue, le soir
                     d'une cuillère en bois armée
                     sur cette casserole scandant
                     les cinq syllabes
                     - - - - -
                                         Al gé rie Fran çaise
                    qui montrait
                    ma colère, mon désespoir, mon amour pour mon pays bien aimé.
                                         Que de souvenirs ont ressurgi
                                         sautant allégrement le présent
                                         pour se replonger dans le passé
          et ces cinq syllabes résonnent dans mon cœur.
          Elles ont emporté
          ma colère, mon désespoir, mon amour pour mon pays bien-aimé.
         
Jocelyne MAS
Membre de la Société
des Poètes Français
http://www.jocelynemas.com

         Extrait de « Poèmes nostalgiques »
          suivi de « Au gré des flots »
          Médaille d'Argent des Arts
               et Lettres de France.        


ANECDOTE
Mrs. Mottet et Barisain
Bis repetita face au terrorisme ...
       Le 26 mai 1951 à Oran devant 8.000 personnes qui l'acclament, place d'Armes, tandis que les Communistes locaux manifestent, De Gaulle qui vient piper les voix des Jobards PNs " à cervelle de colibri" pour les élections législatives à venir, en approuvant les 2 collèges et en glorifiant l'Algérie française, déclare, car ça ne mange pas de pain:

      «il est lamentable pour la France, au nom du passé et de la réconciliation nationale indispensable, qu’on laisse mourir en prison le dernier Maréchal», prison de la Pierre levée de l'Ile d'Yeu, où il l'a fait incarcérer et où il lui est interdit de voir la mer tant il est dangereux. Le dit Maréchal Pétain expire en résidence surveillée le 23 juillet 1951 à 95 ans.

      Sans négliger la responsabilité des chefs militaires de 1936 à 1940, Pétain n’avait cependant pas manqué non plus de regretter que les politiques n'aient pas tenu compte des demandes de crédit émanant de l'armée. Depuis plusieurs années, il annonçait comme perdue d’avance une nouvelle guerre contre l’Allemagne, si la France n’effectuait pas le même effort de réarmement militaire et moral que son voisin et si certains politiques continuaient d'alimenter l'antimilitarisme.

      En 2017 Bis repetita face au terrorisme ...



LES FRANÇAIS EN ALGERIE (1845)
Source Gallica : Louis Veuillot N°12

Souvenirs d'un voyage
fait en 1841, par Louis Veuillot,


 XX -
ABD-EL-KADER

          Un homme résume en lui toutes les forces que l'Algérie nous oppose; il centuple les difficultés du sol et du climat, l'énergie des individus, la force agonisante du fanatisme religieux, s'élève enfin tellement au-dessus de ses compatriotes, que nous ne pourrons rien tant que ce seul homme ne sera pas abattu, et que, lui abattu et les autres soumis, nous ne serons sûrs de rien, s'il n'est mort. Cet homme est Abd-el-Kader-Oulid-si-Mahhi-ed-Din (Abd-el-Kader signifie serviteur du Tout-Puissant; Oulid, fils; Mahhi-ed-Din, celui qui vivifie la religion), marabout et petit gentilhomme de la puissante tribu des Hachems, dans la province d'Oran. On dit que la France, qui rencontre en lui un digne adversaire, l'a créé. Sans doute, tout envahisseur crée dans le pays qu'il veut conquérir un homme en qui se personnifie, pour ainsi dire, le sol envahi. Mais on ne crée de cette façon que ce qui est déjà susceptible d'être, et d'être très-grand. Abd-el-Kader ne nous a laissé qu'une faible part dans l'œuvre de sa grandeur. Lorsque nous avons pour la première fois traité avec lui, il avait mérité cet honneur par des preuves de courage et d'habileté. Vingt chefs orgueilleux, vingt tribus remuantes s'étaient de gré ou de force soumises à l'autorité de celui qui deux années auparavant n'était, pour nous servir de son expression, qu'un des fils de son père. Le fils de Mahhi-ed-Din, à peine âgé de vingt-trois ans, reçut à la tète d'une petite armée les plénipotentiaires que lui envoya en 1833 le général Desmichels ; ainsi nous ne l'avons pas pris dans la poussière pour le couronner, il vint à nous comme le principal, on pourrait dire comme l'unique représentant de la nationalité arabe.

          Dans le court exposé que je vais tracer de l'origine et des développements du pouvoir d'Abd-el-Kader, reconnu par nous émir ou prince des Arabes, et salué par les Arabes eux-mêmes sultan, c'est-à-dire empereur, je me servirai de renseignements puisés dans les documents officiels, inédits ou publiés, que j'ai pu compléter, pour le temps où il n'y avait pas de relations entre Abd-el-Kader et nous, en questionnant plusieurs personnages qui l'ont approché, particulièrement Hadj-Mohammed-ben-Schà, imam de la mosquée d'Oran. Cet Arabe, de la tribu des Douairs, un peu marabout, a toujours connu Abd-el-Kader : il a fait avec lui, lorsque ce dernier était encore enfant, le pèlerinage de la Mecque, et plus tard, avant de se soumettre à nous, il a combattu sous les drapeaux de l'émir, qui voulut enfin le faire tuer comme traître à la patrie et à la religion.

          L'établissement des Français à Oran, dont leur autorité ne dépassait pas les murs, fut dans toute la province le signal d'une effroyable anarchie. Chaque tribu un peu puissante, aspirant pour son compte à la domination, se mit en hostilité contre ses rivales, et entreprit de contraindre les tribus plus faibles à embrasser son parti. De là des guerres intestines, amèrement déplorées par quelques hommes clairvoyants, sincèrement attachés à la cause de la religion et de la patrie, et qui devinèrent que cette désunion finirait par tourner au profit des chrétiens. Mahhi-ed-Din, déjà avancé en âge, mais encore vigoureux de corps et d'esprit, conjura les Arabes de faire trêve à leurs inimitiés et de tourner leurs forces contre l'ennemi commun.

          Chasser les chrétiens d'Oran ne devait pas paraître alors une œuvre impossible. Les belliqueuses populations de cette contrée n'avaient pas encore senti le poids de nos armes ; ils se souvenaient d'avoir affamé les Espagnols ; enfin il existait dans ce conflit d'ambition, surtout parmi le menu peuple, beaucoup de sentiments religieux et patriotiques. Mahhi-ed-Din était d'ailleurs un marabout considéré, un homme de cœur et de ressource, qui avait longuement réfléchi sur la situation de ses compatriotes, et étudié, durant son voyage à la Mecque, l'organisation donnée à l'Egypte par Méhémet Ali. Son appel fut entendu; les Arabes accoururent par milliers de toutes les parties de la province, et se ruèrent sur les remparts d'Oran, après avoir sommé le général Boyer de leur en ouvrir les portes. Repoussés, ils ne comprirent que mieux la nécessité de se réunir et d'avoir un chef. Ils offrirent à Mahhi-ed-Din de prendre d'une manière définitive l'autorité qu'il exerçait temporairement. Soit qu'il se sentît trop vieux et trop fatigué pour un pareil rôle, soit qu'il voulût assurer une plus longue durée à son oeuvre en la remettant à de plus jeunes mains, Mahhi-ed-Din refusa le pouvoir, et désigna, comme plus capable de l'exercer, son jeune fils, Abd-el-Kader; déjà signalé par sa science et sa piété, orateur éloquent, cavalier parfait, et qui venait de montrer une bravoure audacieuse.

          Trois tribus consentirent à recevoir les ordres de ce jeune homme : les Hachems, voisins de Mascara, parmi lesquels il était né, les Gharabas et les Beni-Ammer. Rien entendu qu'il n'était pas question de se donner un dey, encore moins un sultan; c'était un chef militaire qui devait conduire les croyants à la guerre sainte, et dont le pouvoir, essentiellement temporaire, finirait avec la nécessité.
          Même ainsi limitée, l'autorité naissante d'Abd-el-Kader rencontra des rebelles. Plusieurs tribus protestèrent, entre autres celles des Douairs et des Smélas, dont le territoire touchait aux murs d'Oran, et qui, aussi haïe que puissante, avait été, en toute occasion, sous le gouvernement turc, l'auxiliaire des beys, qu'elle accompagnait dans les expéditions entreprises pour lever l'impôt, presque toujours acquitté de mauvaise grâce. La situation des Douairs et des Smélas était difficile : ils voulaient bien entrer dans une coalition dont ils auraient eu la conduite ; mais, outre que leur orgueil répugnait à obéir à l'un de ces scheiks qu'ils avaient si longtemps fait trembler, ils ne se dissimulaient pas que les propriétés qu'ils possédaient dans Oran seraient perdues, et que leur territoire, placé sous la portée du canon chrétien, deviendrait inhabitable. Nul moyen pour eux de se porter plus loin dans l'intérieur. Ces vastes espaces, incultes, arides, dépouillés, ne contiennent pas un pouce de terrain qui n'ait un maître, disposé à le défendre avec toute l'énergie du besoin.

          La plupart des guerres que se font les tribus, sont des guerres de territoire : elles se battent pour se ravir un pâturage, un champ de blé ou d'orge: chacune d'elles se trouve à l'étroit dans le cercle où elle promène ses troupeaux et ses tentes. Les Douairs, sous le coup de ces intérêts qui étaient vraiment pour eux l'intérêt de la vie, ne pouvaient faire la guerre que pour arriver à la paix, si les premiers efforts des Arabes ne parvenaient pas à chasser les Français. Cette seule considération aurait suffi pour empêcher les autres tribus de leur donner la conduite des affaires, malgré les avantages que pouvaient d'ailleurs procurer leurs armes, leur courage, et l'expérience militaire de leur agha Mustapha-ben-Ismaël (devenu depuis notre allié). A cette occasion, de vives inimitiés se réveillèrent entre les Douairs et les Gharabas, pillards, insoumis, souvent châtiés par les Douairs. Abd-el-Kader, élevé par les Gharabas, prit naturellement parti contre les Douairs ; mais il temporisa, et n'étant pas encore en mesure de s'attaquer à de tels ennemis, il entreprit d'établir son autorité par d'autres moyens. Sur ces entrefaites, Mahhi-ed-Din, s'étant retiré à Tlemcen, y mourut. On accusa le kaïd de cette ville, Ben-Nouna, de l'avoir empoisonné. Le fait est douteux, car Abd-el-Kader, qui chérissait son père, a toujours traité Ben-Nouna avec considération et faveur, et ce ne peut être par crainte : il s'est défait d'ennemis plus puissants.

          Le jeune chef, à peine élevé sur le pavois, forma, dans les trois tribus qui l'avaient élu, une assez forte troupe de cavaliers, à la tête de laquelle il se rendit à Mascara.
          Il se présenta devant cette ville en ami, et sa première demande fut humble ; il ne réclama qu'un logement, qui fut donné de bonne grâce au vaillant soldat de la guerre sainte. Il se mit immédiatement à prêcher l'union entre les musulmans, la haine aux chrétiens, la fidélité aux préceptes et aux pratiques de la religion, toutes choses qui devaient être et qui furent écoutées avec plaisir. Au bout de quelques jours, il fit comprendre qu'il convenait que son logement fût meublé. Il avait déjà des partisans : on lui apporta donc nattes et tapis, et le peu d'objets qu'il faut pour composer un mobilier arabe. Il convoqua ensuite les chefs et les marabouts, afin de s'occuper avec eux des affaires du pays. Mus par le patriotisme, par la curiosité, quelques-uns, peut-être, déjà poussés par la jalousie, ces notables se rendirent en grand nombre à sa demeure.
          Il les reçût, son chapelet à la main, modestement accroupi sur une des nattes qu'on lui avait données, sans aucun insigne de commandement, de richesse ou de puissance, et leur parla longuement de la nécessité de faire la guerre aux chrétiens, appuyant, selon l'usage, son discours par de nombreuses citations du Coran. Touchant ensuite à sa position personnelle, il déclara que, puisqu'on l'avait élu chef, il ne le serait que pour se montrer le plus dévoué des défenseurs de la religion ; qu'il ne voulait rien pour lui, se défendant d'imiter les Turcs, dont Dieu les avait délivrés ; qu'il ne prétendait enfin commander que pour faire la guerre, la finir et assurer la liberté du pays.

          Cette harangue fut bien accueillie. Cependant, pour s'assurer plus particulièrement le concours désirable des personnages saints, Miloud-ben-Arrach et quelques autres affidés prirent à part les marabouts. " Voyez-vous, leur dirent-ils, tout ceci est fort heureux pour la religion. Laissez faire Abd-el-Kader; les marabouts règleront tout avec lui, et feront refleurir parmi le peuple la sainte loi de notre seigneur Mahomet." Les marabouts entendirent par-là, selon la pente de leur esprit et la vivacité de leur foi, tout ce qu'ils voulurent; les uns, qu'en effet ils verraient, par leurs soins, la religion refleurir ; les autres, et ce fut le plus grand nombre, qu'Abd-el-Kader se proposait d'établir une sorte de gouvernement théocratique, et qu'ils allaient agir en maîtres absolus. Ce qu'il y a de bien certain, c'est qu'ils y furent tous pris. Mohammed-ben-Scha lui-même, personnage d'une grande finesse, de qui je tiens ces détails et qui faisait partie de l'assemblée, en crut bonnement Ben-Arrach et me l'avoua.
          Abd-el-Kader, d'ailleurs, outre l'importance réelle que lui donnait l'élection des trois tribus, outre la protection des souvenirs et des travaux de son père, et l'estime que l'éclat de son courage inspirait aux guerriers, était accrédité auprès des marabouts, par son intelligence qui plaisait aux ambitieux, par son savoir qui charmait les savants, par son zèle musulman et par l'irréprochable pureté de ses mœurs qui exaltaient les plus pieux, lesquels étaient aussi les plus influents. Sur ce chapitre des moeurs, Mohammed-ben-Scha m'a dit encore qu'avant ces événements, lorsque l'émir n'était qu'un jeune et joli cavalier, à qui rien ne présageait la hauteur de ses destinées prochaines, lui ayant "quelquefois parlé de choses dont, à la vérité, il aurait mieux fait de ne pas l'entretenir ", ce dernier, baissant les yeux, avait toujours répondu qu'il convenait de laisser de pareils discours, et que Dieu leur offrait d'autres sujets de conversation. "Était-ce, ajoutait Ben-Scha, Assez incrédule aux vertus des marabouts, quoique marabout lui-même, était-ce pour me tromper dès lors; Ne se donnait-il pas carrière en secret ? C'est ce que je ne puis vous apprendre. On sait bien ce que dit Abd-el-Kader ; Mais (posant le doigt sur son front et secouant la tète) ce qu'il pense,... macache! Personne que lui ne le sait. "

          Le jour même de l'entrevue, lorsque les chefs se dispersaient , les uns dans la plaine, les autres dans la montagne, pour en porter partout la grande nouvelle, des crieurs se répandirent par la ville, répétant partout à haute voix: "Dieu est grand! Dieu est grand! Arabes, sachez que le hadj Abd-el-Kader, fils du seigneur Mahhi-ed-Din, est notre imam pour la guerre sainte (Djihad) contre les chrétiens maudits. Il n'imitera point les Turcs, il ne lèvera point de contributions pour lui ; il est votre frère, Arabe comme vous. C'est notre imam pour la guerre sainte. Dieu est grand! Dieu est grand! Amen! Amen!"
          Et tous les Arabes, tant ceux de la ville qui entendaient les crieurs, que ceux de la campagne, à qui les cavaliers portaient des lettres conçues dans les mêmes termes, connaissant déjà, pour la plupart, le jeune marabout, répondaient : "Louange à Dieu! Amen! "
          C'est ainsi qu'Abd-el-Kader fut proclamé.
          Chez les Arabes la légende pousse vite sur l'histoire. C'était une chose merveilleuse et qui flattait singulièrement l'amour-propre du menu peuple de voir un Arabe à la tète des Arabes et par l'élection des Arabes. Rien de pareil n'avait eu lieu depuis l'avènement des Turcs. Abd-el-Kader et ses familiers virent combien ces sentiments favorisaient le nouveau pouvoir, et ils ne négligèrent aucun moyen de les fortifier. On se mit donc à publier mille histoires étranges, mille prophéties, mille récits de personnages saints qui avaient entouré le berceau et l'adolescence du jeune chef, et prédit ses hautes destinées. Ces fables, accueillies et répétées avec une crédulité parfaite, contribuèrent puissamment au prestige qui entoura presque aussitôt l'émir, et qui lui permit d'étendre ses entreprises.

          Rien que les Douairs et les Smelas se tinssent éloignés, Abd-el-Kader avait aussi parmi eux ses partisans; les Smelas surtout étaient assez disposés à le suivre, et quelques-uns de leurs chefs obéirent presque immédiatement à son appel; le reste hésitait entre les avantages que leur offrait l'alliance des Français et l'horreur que leur inspirait le nom chrétien ; tantôt voulant traiter avec le gouverneur d'Oran pour conserver leurs propriétés et les profits du commerce, tantôt voulant tout sacrifier, tout abandonner pour obéir aux préceptes de la religion ; mais d'une part Abd-el-Kader était bien faible et bien nouveau, de l'autre le pouvoir des chrétiens était bien précaire; tout était incertitude et danger. Sur ces entrefaites, Abd-el-Kader, comme chef de la guerre sainte, ayant une autorité de droit sur tous les musulmans, leur intima de ne plus envoyer ni hommes, ni chevaux , ni vivres aux marchés des chrétiens. C'était le point délicat de la question. On délibéra, mais, au milieu de ce conseil agité de doutes si graves, un cri se fit entendre : " Voici les mécréants! En effet, le général Desmichels, qui avait succédé au général Boyer, averti, Dieu sait par qui et comment, qu'une tribu se trouvait à sa portée, était sorti d'Oran et investissait les Arabes avec une force imposante. "On se battit, me dit Mohammed, et j'étais là. Les Français tuèrent des Arabes, les Arabes tuèrent des Français, et, quand ce fut fini, il n'y avait plus à délibérer ; il y avait la guerre et des morts à venger. Les Smelas grossirent donc les forces d'Abd-el-Kader. Cependant celui-ci ne crut point à la sincérité de leur concours, et jugeant d'un ferme coup d'œil l'avenir par le passé, craignant aussi d'avoir en eux des alliés peu dociles, il les tint en suspicion, ne cessant de dire que les Smelas et les Douairs finiraient par aller aux Français.

          Depuis le jour où il était entré à Mascara, y sollicitant un logement comme par charité, Abd-el-Kader n'avait pas laissé passer une heure sans s'occuper d'augmenter son pouvoir, et, à force d'accroissements imperceptibles, ce pouvoir était devenu très-grand. Il travaillait surtout à s'attacher le peuple ; nous avons vu comment il avait su s'y faire aider par les grands et par les marabouts ; comment ses familiers lui attiraient les hommages d'une vénération superstitieuse.

          Connaissant mieux que personne la fibre populaire, il la caressa avec autant d'assiduité que de succès et d'adresse. Ne perdant aucune occasion de prêcher, soit à la mosquée, soit en public, il rappelait les musulmans à la sévère observation de la doctrine, et ne manquait jamais, surtout, de commenter les nombreux passages du Coran qui recommandent de faire la guerre aux infidèles ; il écrivait aux tribus, il allait les visiter, toujours environné de livres et ne quittant les livres que pour dire son chapelet; particulièrement exact à prier en public aux heures consacrées. Séduits par cet extérieur de dévotion, les Arabes venaient de tous côtés baiser sa main, et l'on ne savait déjà plus si l'honneur était rendu au marabout ou au sultan. Peu à peu Abd-el-Kader s'entendit donner ce dernier titre, il n'en a jamais eu d'autre. En effet, c'étaient les califes du sultan des chrétiens qui venaient gouverner la côte ; le défenseur du pays pouvait-il être moins que le sultan des Arabes ? Dans ses prédications, si Abd-el-Kader faisait intervenir le nom et l'autorité de l'empereur du Maroc, Muley-Abd-er-Ahman, chef spirituel des musulmans malékis ; s'il faisait la prière en son nom, il avait soin de dire pourtant, hors de la mosquée, qu'en ce qui concernait le gouvernement du pays il n'y avait point d'autre empereur que le fils de Mahhi-ed-Din.

          Ce titre flattait plus la vanité nationale qu'il ne blessait le goût de l'indépendance. Le sultan ne négligeait pas d'ailleurs de répéter aux moindres paysans qu'il était leur frère, pauvre comme eux et le plus pauvre d'entre eux, n'acceptant rien pour lui-même que leurs aumônes, dont le modique secours suffirait à ses modestes besoins, faisant tout le reste pour la chose publique. Son costume restait celui des pauvres, jamais il ne portait de burnous brodé; on savait qu'il avait repris un de ses proches parents sur un manteau orné de franges d'or, et que ces futilités, dont on pouvait faire des ressources pour la guerre sainte, étaient sévèrement condamnées par lui. Il se montrait accessible à tout le monde, se prêtait de bonne grâce à juger les différends qui lui étaient soumis. Ceux qui le voyaient tirer du livre précieux ses équitables sentences, émerveillés de sa sagesse, de sa piété, de son zèle, se disaient : "Certes, celui-là est bien un envoyé de Dieu, " et tous les cœurs étaient à lui.

          Cependant il avait levé des contributions ; les marabouts s'apercevaient qu'ils n'étaient pas tous du conseil ; les grands remarquaient que ce sultan des pauvres, qui proscrivait le luxe et se contentait d'avoir un bon cheval et de bonnes armes, ne rendait pas toujours compte de sa pensée lorsqu'il commandait, mais voulait toujours être obéi, même des plus puissants et des plus fiers. Réflexions dangereuses, car déjà personne n'était plus assez fort pour désobéir. Il y eut néanmoins quelques murmures, quelques pourparlers de gens qui cherchaient à s'entendre et à se liguer. Abd-el-Kader le sut; il jeta au milieu de ces trames ébauchées le yatagan de son bourreau Les hautes tètes qui tombèrent apprirent à tous qu'il y avait un maître. Ceux des grands qui s'étaient trop compromis cherchèrent leur salut dans la fuite; les autres acceptèrent le joug. Abd-el-Kader avait bien été proclamé chef, mais en usant du bourreau il semblait qu'il se fût sacré.
          Nous allons le voir maintenant marcher en prince, châtier les tribus, exiger les impôts, faire la paix, faire la guerre, organiser ses réguliers à pied et à cheval, et s'agrandir par tous les moyens. Les préparatifs de cette puissance, aujourd'hui certaine, lui avaient coûté un an de soins et de dissimulation.

          Les tribus avaient fait le vide autour d'Oran, et la garnison française, mal approvisionnée, y languissait, trop faible pour aller à vingt ou trente lieues détruire la puissance naissante qui déjà l'affamait, et en tout cas paralysait son action. Nos sorties n'avaient d'autre résultat que de faire tuer quelques hommes et de fatiguer les autres, qui venaient au retour encombrer les salles, les corridors et jusqu'aux cours des hôpitaux. On commençait à parler d'Abd-el-Kader comme du maître du pays. Le général Desmichels, tenté par des Juifs qui espéraient de grands profits, et désirant surtout se faire rendre quelques prisonniers français, résolut de traiter avec le jeune chef, qu'on appelait alors chez nous le bey de Mascara.

          Il fit les premiers pas. Une lettre, où il n'était question que du rachat des prisonniers, fut écrite à Abd-el-Kader, qui se montra tout d'abord fin politique en recevant mal une ouverture si flatteuse pour lui. Il répondit, mais pour nous reprocher le sang répandu, les femmes, les enfants victimes de nos surprises, et tous les malheurs de la guerre. Sa lettre ne satisfit pas le général Desmichels, mais elle le séduisit; nous n'étions pas alors familiarisés avec les grands sentiments de la diplomatie arabe. Une seconde dépêche, plus explicite que la première, partit d'Oran : elle commençait à disserter sur les avantages et les douceurs de la paix. Abd-el-Kader ne se montra pas plus empressé. Sans s'expliquer catégoriquement au sujet des prisonniers, il laissa percer dans sa réponse, longtemps attendue, l'intention de les rendre. Le général crut avoir affaire à Malek-Adhel; il poussa la négociation avec une ardeur visible. La paix était certainement désirable, et nous ne nous trouvions guère en état de faire autre chose ; néanmoins les Juifs qui entouraient le général français, profitant d'une inexpérience trop naturelle pour qu'on ait besoin de l'excuser, lui firent commettre quelques fautes de conduite assez graves, en exagérant à ses yeux et la force d'Abd-el-Kader, qu'ils avaient fini par mettre à la tète de dix-sept cent mille hommes, et la difficulté de traiter avec un pareil potentat.

          Abd-el-Kader, encore mal assis, sans autorité sur les riches tribus du Chélif, inquiété par Mustapha et ses Douairs, avait grand besoin d'une trêve; les Juifs en savaient là-dessus plus long qu'ils n'en dirent au général Desmichels, homme intègre et brave officier, mais diplomate novice. Enfin l'Arabe voulut bien s'expliquer en termes plus clairs. Il demanda qu'on lui soumît les termes d'une convention, et chargea de ses pouvoirs ce même Miloud-ben-Arrach, dont nous avons déjà parlé, que nos généraux et nos ministres ont depuis vu plus d'une fois à l'oeuvre, et qui cache sous des dehors ordinaires beaucoup de ruse et de sagacité. Comme les Arabes naissent cavaliers, on dirait qu'ils naissent diplomates.
          Quelques articles furent rédigés en hâte, et cinq Français allèrent sans escorte les porter à Miloud, qui était resté à deux lieues de la ville avec cent cavaliers gharabas. Nos Français se fiaient complètement à la loyauté des Arabes ; à force de bravoure leur démarche avait de la dignité.
          Deux Juifs influents se joignirent en qualité d'interprètes à ces coureurs d'aventures. Ils flairaient des bénéfices ; la paix leur en procura véritablement d'assez gros, sans compter ceux qu'ils tirèrent de la négociation.
          Deux jours après, Miloud se rendit lui-même à Oran. Il éleva très-haut les prétentions de son maître, demandant qu'on lui remit Arzew d'abord, et ensuite Mostaganem. Le général Desmichels ne pouvait pas et ne voulait pas y consentir; cette demande fut écartée. On sait quels autres avantages il fit à l'émir : l'alliance de la France contre ses ennemis, les fournitures d'armes et de munitions de guerre, le monopole de l'exportation des grains par le port d'Arzew, etc. Abd-el-Kader reçut ce traité sur le bord de l'Habra, où il s'était tenu pendant la négociation.

          La première entrevue du général Desmichels avec Miloud fut signalée par une conversation qui fit voir que les Arabes connaissaient dès lors parfaitement la limite de nos efforts. "Ma résolution était bien arrêtée, dit le général ; je demandais des renforts pour avoir dix mille hommes ; avec ces forces je serais sorti et j'aurais tenu la campagne pendant un mois. N'êtes-vous pas convaincu, Miloud, qu'Abd-el-Kader devait être alors nécessairement anéanti?" Miloud hocha la tête; et, après quelques instants de silence, il répondit avec une certaine dignité : "Je conviens que nous n'étions pas en état de vous tenir tête; aussi n'aurions-nous pas engagé une lutte inégale.
          Nous aurions reculé, s'il l'avait fallu, jusqu'au désert, en y poussant nos femmes et nos troupeaux. Sans cesse nous vous aurions harcelés sans vous combattre ; et ensuite, quand le mois se serait écoulé, quand vous n'auriez plus eu de vivres, qu'auriez-vous fait à votre tour, général? C'est alors que nous vous eussions attaqués de tous côtés." L'exécution du traité, particulièrement dans sa partie commerciale, devint la source de difficultés inextricables.
          Elle lésait les intérêts des négociants français et ceux des Arabes. Quand les Arabes se plaignaient, les gens d'Abd-el-Kader leur donnaient des coups de bâton ; quand les plaintes venaient des Français, il fallait bien les entendre, mais on ne pouvait y faire droit sans se brouiller avec l'émir; de là un malaise et des réclamations continuelles. On put dès lors prévoir que la paix ne serait pas de longue durée. On eut recours à quelques ruses pour détruire le monopole imprudemment créé en faveur de l'émir; il fut plus rusé et plus hardi pour le maintenir en effet.

          Aux termes du traité, Abd-el-Kader pouvait envoyer et envoya un consul à Oran. Lorsqu'il lui a fallu des agents pour traiter directement avec l'autorité française, il a choisi des Arabes civilisés, des diplomates capables de se conduire habilement et poliment, comme Miloud ; lorsqu'il a dû se faire représenter parmi les populations, dans nos villes, il a pris des fanatiques, qui, sans jamais vouloir rien concéder à nos usages, se sont appliqués à manifester au contraire leur haine et leur mépris pour nous. Le consul d'Oran fut un marabout d'ordre secondaire, ignorant, emporté, mais pèlerin de la Mecque et zélé pour l'islamisme, Hadj-Habib. Les Juifs le circonvinrent et firent son éducation consulaire. Dans les mains d'un Juif, un Arabe, si grossier qu'il soit, fait toujours des progrès rapides. Habib s'empara de plusieurs attributions dont il pouvait abuser, et ses prétentions n'eurent plus de limites. Abd-el-Kader lui avait enjoint, ainsi qu'à ses autres agents, d'empêcher le retour à Oran et à Mostaganem des musulmans émigrés, dont le nombre, pour Oran seulement, s'élevait à plus de dix mille.

          Hadj-Habib ne négligea pas ce devoir; non content de s'opposer à la rentrée des émigrés, il travailla fort activement à faire partir le peu d'ouvriers maures qui s'étaient fixés chez nous. Abd-el-Kader projetait de grands travaux pour lesquels il avait besoin d'eux. La mairie d'Oran refusant de prêter son concours aux vexations qu'imaginait le consul, on vit alors une chose bien étrange. Cet homme, contrairement à nos lois de police, mais surtout contrairement à la loi de notre honneur, reçut directement de l'autorité militaire le pouvoir de faire écrouer les Arabes à la prison civile, sans autre forme que le bâton de quatre nègres à son service, qui allaient par les rues et les maisons arrêter ceux qu'il leur avait désignés. Ainsi Abd-el-Kader n'était pas sultan uniquement dans les tribus, il l'était bel et bien chez nous. On conçoit quelles idées les indigènes, qui voyaient tous ces événements, devaient se faire du pouvoir de l'émir et de la faiblesse de la France.
          Pendant que ces choses se passaient à Oran, une petite légation française, à la tête de laquelle se trouvait un chrétien de Syrie nommé Abdallah, ancien mameluk, devenu chef de bataillon, arrivait à Mascara sous le titre un peu trop pompeux d'ambassade. Le rapport des faits et gestes de cette ambassade, rédigé en forme de journal avec une extrême naïveté, fait voir que l'engouement du général Desmichels pour Abd-el-Kader était généralement partagé. Aussitôt qu'elle eut mis pied à terre, l'ambassade alla visiter l'émir, qui la reçut dans la salle du trône, où se trouvaient rangés les fusils français dont on avait fait présent à Abd-el-Kader lors de la conclusion du traité. Assurément le fils de Mahhi-ed-Din lui-même ne se doutait pas du nom dont on baptisait la chambre blanchie à la chaux où, accroupi sur une natte, il daignait accueillir poliment l'hommage de ses vainqueurs.

          Les fonctions du commandant Abdallah étaient loin d'être aussi étendues que celles de Hadj-Habib. On lui faisait des visites, on lui en rendait, et il était témoin de l'activité d'Abd-el-Kader sans en prendre le moindre ombrage ; au contraire, il y applaudissait; c'était le vœu de ceux qui l'avaient envoyé de voir toutes les tribus françaises soumises à l'autorité du sultan. On croyait encore avoir fait une paix avantageuse, tant l'homme s'abuse aisément sur la portée de ses oeuvres et répugne à connaître qu'il s'est trompé.
          Un mouvement extraordinaire régnait à Mascara. Tous les jours quelques grands personnages arrivaient ou partaient pour divers points de la province. Les uns allaient surveiller, prêcher, combattre des tribus encore insoumises, les autres apaiser les discussions qui s'élevaient entre celles qui s'étaient attachées au parti de l'émir. Les envoyés de l'empereur du Maroc apportèrent des présents (30 mars 1834), et en remportèrent d'autres, probablement ceux qu'Abd-el-Kader avait reçus de nous, objets de luxe peu nécessaires sous la tente. Ils emmenèrent aussi des déserteurs espagnols de la légion étrangère, dont Abd-el-Kader fit cadeau à son auguste allié, sans se mettre en peine de la présence de notre ambassadeur, qui était justement là pour faire rendre les déserteurs, et qui ferma les yeux.

          Au milieu des soins de la politique et du gouvernement, la justice de l'émir fonctionnait avec régularité. Le journal de l'ambassade note, à la date du 6 avril, l'exécution d'un Arabe pendu à la porte du marché pour avoir volé. Lorsque la corde, attachée à une pièce de canon qui dépassait le mur, fut attachée au cou du condamné, les bourreaux lui firent faire la prière, puis le poussèrent au bas du rempart. Le cadavre resta exposé pendant trois jours.
          C'était surtout dans l'accomplissement des devoirs religieux qu'Abd-el-Kader se montrait exact. Tous les vendredis, il sortait du palais pour se rendre solennellement à la mosquée. Huit chaouchs l'escortaient, un kaïd marchait devant lui. Le peuple ne manquait jamais de l'attendre à sa porte, et de le suivre respectueusement jusqu'au temple, où, après avoir prié comme fidèle, il enseignait comme prêtre, traitant des affaires publiques dans le sens qui convenait aux nécessités du moment.

          Aucun cri n'était jeté sur son passage; mais la dignité de son maintien, la simplicité de son costume charmaient toute cette foule. Un jour, comme la sécheresse désolait les champs, il sortit tête et pieds nus pour aller faire des prières, afin d'obtenir qu'il tombât de l'eau; et il ordonna que les Juifs, précédés de leur rabbin, joignissent leurs supplications à celles des musulmans. Au retour de la mosquée, ayant reçu la visite de l'ambassade, il se montra plus familier qu'il ne l'était d'ordinaire. Il interrogea le commandant Abdallah sur la religion chrétienne, se faisant expliquer, dit le journal, dans le moindre détail et ses bases et ses coutumes. Dieu sait comment le digne commandant se tira de l'entretien.
          "Abd-el-Kader lui demanda s'il avait vu Dieu et de quelle couleur il était ; comment il se pouvait qu'il fût partout et qu'il vît tout.
          Le commandant le lui expliqua, et il parut fort étonné, ajoutant une foule de questions auxquelles le commandant ne put répondre, autant pour conserver sa dignité que par respect pour l'autorité du sultan."Je croirais volontiers, d'après ce passage, qu'Abd-el-Kader a tout simplement voulu se moquer de l'ignorance de l'ambassadeur. Il est probable que le vendredi suivant les réponses de ce dernier auront servi de thème, en pleine mosquée, aux railleries et aux imprécations du marabout contre l'idolâtrie et l'impiété des chrétiens.

          Mais le commandant avait d'autres connaissances dont l'émir tirait meilleur parti. Il l'employait à la formation et à l'instruction du premier noyau de ses troupes régulières, composées alors de quelques centaines d'hommes, infanterie et cavalerie. L'idée même de posséder une force permanente lui venait de nous : c'étaient des déserteurs de la légion étrangère qui apprenaient aux Arabes le maniement du fusil, et l'ambassadeur les faisait manœuvrer pour occuper ses loisirs. Le général Desmichels, à qui l'on rendait compte de tout, écrivait à Abd-el-Kader pour le féliciter des heureuses dispositions de ses sujets, et lui promettait de lui donner, lorsqu'il le verrait, et qu'il aurait pu apprécier les dispositions de ses troupes, des conseils qui pourraient leur convenir, et qui seraient dictés par une longue expérience de la guerre. Cette incomparable bonne foi décourage le blâme. Abd-el-Kader en riait sans doute, et ne négligeait pas d'en profiter. Le commandant Abdallah trouvait en lui un élève remarquablement apte à profiter de ses leçons.
          Deux ennemis sérieux luttaient encore contre Abd-el-Kader dans l'intérieur du pays : les Douairs avec une fraction des Smélas, commandés par Mustapha, et les tribus du Chélif, ayant à leur tète Sidi-Lareby, personnage influent, jaloux de la puissance nouvelle, et résolu à la renverser. Le 10 avril, Abd-el-Kader partit de Mascara pour détruire ces rebelles. Sa sortie fut brillante. Il montait un superbe cheval ; à sa gauche un officier portait le parasol, emblème de la dignité souveraine ; à sa droite se tenait l'agha ou généralissime, Abi-Boualem. Plusieurs étendards de diverses couleurs, au milieu desquels se déployait l'étendard vert de l'islamisme, l'entouraient; il était, accompagné de sa musique, autre attribut de commandement ; à sa suite marchait une cavalerie nombreuse.

          Il rencontra d'abord les Douairs, les mit en fuite, et se dirigea sur Tlemcen, dont il voulait enlever la forteresse occupée par des Turcs et des Coulouglis; mais, enflé de sa victoire, il campa sans précaution sur un terrain peu susceptible de défense; il s'y endormit vainqueur et se réveilla vaincu. Au milieu de la nuit, Mustapha, qui avait eu le temps de réunir tous ses alliés, tomba sur le camp sans défense et le mit en déroute. Il s'en fallut de peu que cette nuit ne terminât les destins de l'émir. Malgré le courage héroïque avec lequel il combattit, il ne put rallier son monde, et tous les cavaliers d'une tribu importante l'abandonnèrent. Ceux qui étaient restés à côté de lui, voyant le danger, le pressaient de se retirer : il les traita de lâches, et continua de se battre. On crut un moment que, désespéré, il voulait mourir sur-le-champ de bataille.

          Enfin, son cheval ayant été tué, il prit la fuite, abandonnant ses bagages, ses trésors, ses armes et une pièce d'artillerie. Le lendemain, il revint à Mascara, et, bravant la fortune contraire, il voulut que son entrée fût aussi brillante que l'avait été sa sortie. Le canon du fort le salua comme s'il avait triomphé. En effet, déjà Mustapha, n'espérant rien du côté des Français, qui avaient naguère repoussé toutes ses avances, et attendant moins de secours encore des tribus, avait demandé pardon de sa victoire. Il offrait à l'émir de lui rendre tout ce qu'il lui avait enlevé, et d'y ajouter un cadeau de trente mille boudjoux. Abd-el-Kader ne daigna pas même entendre les envoyés qui venaient, protégés par le drapeau d'un marabout, le solliciter d'agréer les excuses et d'accepter les offrandes du rebelle ; mais il poussa avec activité les préparatifs d'une nouvelle expédition.

          Au bout d'un mois il reprit la campagne, à la tête d'une nombreuse cavalerie que de nouveaux contingents ne cessèrent d'accroître pendant sa marche ; s'attaquant d'abord au parti de Sidy-Lareby, il prit la petite forteresse d'El-Bordj, s'empara de la ville de Kalaah, et ruina, par plusieurs autres avantages et par la mort de plusieurs chefs, les espérances de son compétiteur. Toutes ses mesures furent bien prises et hardies, toutes ses marches rapides ; des tribus importantes, restées neutres jusque-là, se réunirent sous son commandement et lui jurèrent fidélité. De son camp, devenu si nombreux qu'il était obligé de le diviser en cinq parties, il envoyait à la légation française, restée, à Mascara, le bulletin de ses succès. De nouveaux ambassadeurs de Muley-Abd-er-Ahman étaient venus le rejoindre et l'accompagnaient partout. Ils admiraient son courage, ses talents, sa piété, et peut-être que les dépêches où ils racontaient tant de triomphes étaient commentées avec plus de soucis clans les murs du Maroc que dans ceux d'Alger et d'Oran, où l'on se réjouissait naïvement de voir Abd-el-Kader " consolider son pouvoir, étendre son influence et affermir une paix qui nous permettrait de multiplier nos relations avec les Arabes et de les amener graduellement à la civilisation."

          Certainement le moindre chef-d'œuvre de la diplomatie du jeune émir n'est pas d'avoir fait concourir à la formation et à l'accroissement de sa puissance deux empires qui devaient également la redouter, et entre lesquels, à ne considérer que le caractère des peuples et la marche naturelle des choses, il occasionnera un jour des querelles que l'un et l'autre ont le plus grand intérêt à éviter.
          Mustapha n'était pas encore vaincu, mais il était seul ; l'empereur du Maroc lui ordonnait, comme pontife, de se soumettre, et il reculait devant Abd-el-Kader, en renouvelant chaque jour la demande d'un pardon que celui-ci ne voulait pas accorder. Enfin l'émir l'atteignit, le mit en déroute, et lui pardonna alors. Néanmoins Mustapha ne se fia pas à cette clémence. Battu, blessé, pillé après sa défaite par le plus grand nombre des siens qui l'abandonnèrent aussitôt et passèrent à l'ennemi, il se jeta eu toute hâte dans la citadelle de Tlemcen, et fit bien.
          Vingt et un coups de canon annoncèrent à Mascara ce dernier succès. Le peuple, convoqué par les crieurs publics, se rassembla sur la place, où vingt têtes de Douairs étaient exposées. Hommes, femmes, enfants, vieillards se pressaient pour considérer de plus près, pour toucher ces dégoûtants trophées qu'ils chargeaient d'imprécations, maudissant à la fois les instruments de la tyrannie ancienne et les adversaires du maître nouveau. Le cadi vint ensuite, et lut à haute voix une lettre d'Abd-el-Kader, qui rendait compte lui-même du triomphe de ses armes. La foule écouta dans un silence profond; mais, chaque fois que le lecteur faisait une pose, toutes les voix, s'élevant ensemble, répétaient avec enthousiasme le même cri, le même vœu : Amdullah! Que Dieu lui donne la victoire !

          Tels furent les commencements d'Abd-el-Kader. Ce serait faire une histoire de la domination française en Algérie que de le suivre plus longtemps dans le détail de ses continuelles entreprises. Nous en avons dit assez pour montrer qu'il n'est pas un ennemi vulgaire. Son système à l'égard des tribus fut de réduire par la force celles qui hésitaient à le reconnaître, et plus tard à le servir ; et de les punir, après les avoir vaincues, par de lourds impôts.
          Il employa contre elles, il emploie toujours les armes et la ruse ; mais la persuasion et le sentiment religieux l'ont encore mieux aidé. Qui forçait tant de Maures, tant d'Arabes, à l'abri de ses coups dans nos villes (j'en excepte celle d'Oran, où tout pouvoir semblait être laissé à son consul), d'abandonner leurs familles, leurs biens, à quoi ils sont si attachés, pour aller le retrouver, soit pendant la paix, soit pendant la guerre? Lorsqu'en 1834 le choléra eut dépeuplé Mascara, Abd-el-Kader enjoignit aux habitants de Mazagran de venir s'établir dans sa capitale. Tous obéirent.
          On l'a regardé comme un saint ; là fut, et sera tant qu'il aura vie, le principal élément de son pouvoir. Aucun de ses chefs ne l'a trahi; parmi ces populations, dont beaucoup sont lasses de la guerre et qu'il oblige à combattre toujours, il y a des révoltes, il ne s'est pas trouvé un assassin. Abd-el-Kader, au milieu de ces Barbares pour lesquels sa gloire est devenue un fléau, et dont il a fait périr sur-le-champ de bataille, ou par la main de ses bourreaux, les amis, les frères et les enfants, est plus en sûreté que le roi des Français dans les rues de Paris. Il est vraiment sacré.

          Aussi ce levier de la foi religieuse, dont il connaît la puissance, est-il sans cesse entre ses mains. On peut dire que chez lui tout se fait au nom de Dieu. Le règlement qu'il a donné à ses troupes régulières est presque un catéchisme, tant le Coran y est invoqué. Chaque chapitre est précédé d'un préambule théologique ou terminé par une prière ; une profession de foi est gravée sur sa monnaie ; chaque jour il prêche dans son camp ; ses lettres aux tribus ne parlent, n'avertissent, ne commandent qu'en s'appuyant sur un texte sacré. Dans les traités qu'il a faits avec nous, jamais il n'a manqué de stipuler pour la religion. Abd-el-Kader a fait faire une misérable monnaie de cuivre, grossièrement frappée, dont la valeur est nulle. Sur les fels on lit : La religion aimée de Dieu est l'islamisme ; sur les mouzounas : Je remets tout à Dieu, car il est le meilleur des oukils (chargés d'affaires).

          Ses moeurs sont conformes à sa croyance, ou, pour mieux dire, meilleures que sa croyance. Il est fidèle époux, exact observateur de toutes les pratiques ; il a su même se montrer ennemi généreux. La plupart des Français qui ont été ses prisonniers se sont loués de lui. Peu à peu il a renoncé à les convertir par la force, et, chose étrange, on l'a vu contraindre ses agents à leur laisser observer le repos du dimanche, qui est violé chez nous.
          Ces qualités réelles ont fait de l'émir le prophète, on pourrait dire l'idole de tous les musulmans. La vénération qu'il leur inspire ne va pas chez tous jusqu'à se sacrifier pour lui, mais elle a jusqu'à présent suffi à nous tenir en échec. Si nous parvenons à détruire Abd-el-Kader, on pourra dire non-seulement que nos armes ont fait un grand prodige, mais aussi que la foi musulmane s'est immensément affaiblie, et que ce peuple, fanatique encore, ne l'est plus assez pour fermer ses yeux et son oreille aux lumières et aux accents de la vérité. Puissions-nous le comprendre et ne pas laisser retourner de nouveau ces populations à leur faux culte, moins par estime pour lui que par besoin de croire et par mépris de notre incrédulité.


APRÈS UNE LONGUE ENQUÊTE,
ILS ONT ENFIN TROUVÉ LES COUPABLES....
Envoyé Par M. Rémy

Seniors et saignés !

L'enquête a été longue et difficile.
Mais on a enfin réussi à identifier les odieux profiteurs suspectés
de maintenir à peu près leur niveau de vie en période de crise
On les appelle des retraités.

En fait, ce sont des paresseux qui, après 42 années
d'activité, donnent un mauvais exemple aux jeunes sans emploi en
jouant aux boules ou en réchauffant leurs rhumatismes au soleil.
Il était donc grand temps d'imposer davantage leurs pensions.

Ce rabotage de niche fiscale est d'autant plus urgent que,
grâce au progrès de la médecine et de la chirurgie,
ces séniors prétendent vivre de plus en plus longtemps
sans se préoccuper de la santé de leurs caisses de retraites.

Et puis, au moins est-on certain que, contrairement
à d'autres contribuables plus valides et plus fortunés,
ils ne battront pas en retraite pour fuir un pays
où les technocrates de Bercy seront un jour les derniers actifs!...

C'est vrai que la rumeur enfle de toute part :
Ces salauds de retraités qui ont travaillé pendant les trente glorieuses,
voilà de nouveaux bons boucs émissaires pour cracher au bassinet.
Voilà une belle réforme pour la « France juste »
que les guignols au pouvoir nous concoctent !...

Bien fait pour leur pomme, d'avoir travaillé, cotisé et payé des impôts toute leur vie !
Diminuer leur "soi-disant" train de vie servira au moins à payer
tous ces pauvres gens venus de l'extérieur pour faire valoir leurs
"soi-disant" droits au pays des "droits de l'homme" !
Quel bonheur de vivre en France .....

Philippe BOUVARD




Chantiers nords-africains
           Trouvé à la BNF            01-1929   N°7
Sculpture





L'Eglise Saint-Pierre, M Hamma
A. BIZET, Architecte


                          Jusqu'en 1922, les cérémonies du culte catholique étaient célébrées, pour les quartiers du. Hamma et du Ruisseau, dans une chapelle aménagée au rez-de-chaussée d'un immeuble de la rue Caussemille.

                          A cette, époque, le bail du local affecté à la chapelle venant à expiration, et le propriétaire exigeant, pour son renouvellement, un prix trop élevé, l'autorité ecclésiastique décidait, pour le quartier du Ruisseau, l'aménagement d'une chapelle dans un immeuble lié la rue de Polignac, et pour le Hamma, la construction d'une église provisoire dans un terrain sis en face du groupe scolaire de la rue Caussemille, entre la rue de Lyon et l'avenue de l'Orangerie.

                          Cette église fut édifiée en 1922, en même temps qu'un presbytère et une école libre y attenant.
                          Bien que mesurant quinze mètres de longueur et dix de largeur, cette construction, d'un aspect extérieur par trop fruste, devint rapidement insuffisante en raison du développement considérable du quartier et de l'augmentation de la population.

                          En 1926, Monseigneur Leynaud, archevêque d'Alger, confia à M. Bizet, architecte, le soin d'établir un projet d'église d'une capacité suffisante pour les besoins du quartier englobant l'agglomération -nouvelle du lotissement de l'Orangerie. L'architecte devait cependant réserver un espace de terrain suffisant pour les ébats des enfants de l'école libre et les besoins du presbytère.
                          Le projet dressé, tout en ayant recours aux nouveaux procédés de construction, et notamment à l'emploi du ciment armé, conservait au monument de style ogival à édifier les aspects extérieur et intérieur des-églises -du Moyen Age.

                          Il fut mis à exécution dès le 1er juin 1927 et les travaux étaient terminés le 1er juin 1928. L'église avait cependant été livrée au culte dès le mois de décembre 1927 et, entre cette date et celle du commencement des travaux, les exercices du culte avaient été transférés dans l'école libre, spécialement aménagée à ces tins, pendant qu'une école de plein air avait été installée dans un immeuble de la rue de Lyon pour y continuer l'instruction des élèves momentanément éloignés de leurs classes.
                          Les fonds nécessaires à la construction du nouveau monument furent recueillies par souscription publique.

                          L'église, dont nous donnons aujourd'hui une vue d'ensemble et quelques détails décoratifs, a très belle allure, et, tout en. rappelant l'aspect de nos vieilles églises gothiques, conserve un cachet bien particulier.
                          Elle se compose d'un seul vaisseau de dix mètres de largeur, flanqué de bas-côtés abritant une série de chapelles latérales. La longueur totale du monument de la première marche du perron à l'extrémité de l'abside, est de trente-deux mètres. Le clocher mesure trente et un mètres de hauteur à son axe, du sol de la rue à la pointe de sa flèche dont la base est garnie de quatre clochetons et repose sur une plate-forme protégée par une balustrade.

                          Le chœur, surélevé de trois marches sur le sol de l'église, et surmonté d'une coupole se raccordant aux ogives de la voûte régnant sur la nef, est tapissé de " Lincrusta " figurant des lambris en vieux chêne sculpté, assortis aux confessionnaux et à la chaire à prêcher de style ogival.
                          Seuls les gros murs et leurs contreforts sont en maçonnerie de moellons ; les voûtes, la tribune faisant face au chœur, l'escalier y accédant, les planchers des terrasses sur les bas-côtés et les sacristies, la charpente du clocher, sa plate-forme, ses flèche et clochetons sont en ciment armé.

                          La décoration intérieure est sobre. Elle se compose d'un faux appareil de pierres de taille pour les piédroits et les voûtes, sauf pour la coupole traitée en bleu ciel. Les nervures des voûtes et les arcs doubleaux ont leurs retombées reposant sur des corbeaux ornés de feuillages, dont les motifs sont répétés dans la frise du chœur et la console supportant la statue de Saint-Pierre, auquel a été dédié le monument.

                          La table de communion, en fer forgé d'une exécution difficultueuse, rappelle le dessin d'un balcon en pierre d'une maison de Reims, datant du quatorzième siècle.
                          La grosse poutre armée soutenant la tribune dont elle forme le parapet, est ornée d'une dentelle ogivale du plus bel effet.
                          On accède à la nef par un porche à colonnades que surmonte le clocher et par un perron de quinze marches en granité rouge, dont le palier est orné d'une rosace en mosaïque clans le style de l'église.


                          La décoration extérieure de celle-ci est aussi sobre que celle de l'intérieur. Elle se compose essentiellement de corniches moulurées régnant autour de la plate-forme du clocher, de la toiture de la nef, et servant de socle aux balustrades des bas-côtés de I'église. Sur la Façade rue de Lyon, les contreforts rampants sont évidés en arceaux.

                          Tous les travaux ont été exécutés en régie directe, sous la surveillance de l'architecte :
                          Le ciment armé, par M. René Brachet, ingénieur constructeur, 7, rue du Docteur-Trolard.
                          Les moulures intérieures, les plafonds des bas-cotés et sous tribune, le faux-appareil du porche, par MM. Orts et Lillo, plâtriers, 7, avenue Gandillot ;
                          Les moulages décoratifs, frontons de croisée, appuis de balcons de la tribune, à l'intérieur ; à l'extérieur, les colonnes gothiques, les marches d'escalier en mosaïque, les revêtements et enduits en pierres artificielles, par M. Quatroccolo, 166, rue de Lyon ;
                          La mosaïque, par la maison Tossut, rue Denfert-Rochereau ;
                          La charpente et la menuiserie, par la maison Paquelet père et fils, de L'arrière-port de l'Agha ;
                          Le ferronnerie d'art, par M. Molinari, serrurier, 8, rue de l'Orangerie, au Hamma ;
                          Les plomberie, zinguerie et tuyaux de descente, par la maison Esposito (Alphonse), 54, rue de Lyon ;
                          Les travaux de peinture, vitrerie, pose de " Lincrusta et des Vitraux, par la maison Ange Chelpi, 4, rue Charras.
                          Les carrelages ont été fournis par la maison Louis Meley, Cimenterie Atlas, 7, rue Alfred-de-Musset et 12, rue Rigodit.
                          C'est la maison Boyoud et Vaills qui a construit les confessionnaux en chêne de style gothique et transformé dans ce style la chaire à prêcher Romane provenant de la chapelle de l'ancien Couvent des Carmélites de Notre-Dame-d'Afrique.
                          Enfin, la maison Charles Champigneulles, de Paris, 96 rue Notre-Dame-des-Champs, a confectionné les vitraux ornant les chapelles latérales et la coupole de l'abside de l'église, tous offert, par divers donateurs.

MINES Les vieilles affaires

             Nous entendons par " vieilles affaires " les concessions de mines existant dans les trois départements et qui demeurent inexploitées en dépit de leur situation extrêmement favorable tant au point de vue des voies d'accès que des possibilités de ravitaillement.
             Presque toutes furent accordées sur des rapports de l'ingénieur en chef Ville, qui laissa une bibliographie importante à laquelle nombre de chercheurs se réfèrent encore aujourd'hui avec fruit.
             Certes, certaines descriptions de Ville peuvent paraître enthousiastes ; d'aucuns estiment que ses conclusions ne doivent être acceptées que sous réserves, mais nous devons dire que chaque fois que nous avons été amené personnellement à contrôler les assertions de ce grand ingénieur, nous nous sommes aperçu qu'il n'avait rien formulé que d'exact et que nul ne pouvait lui reprocher d'avoir cédé à son imagination.
             Il y a quelques années, une tentative d'exploitation de la concession de l'Oued-el-Kebir fut tentée dans l'Atlas blidéen ; elle fut conduite sur les indications de Ville par l'ingénieur Lombardi.

             Tandis que la prospection du périmètre total, d'une étendue de 1.780 hectares, était confiée à M. Robert Migot, ancien élève de l'Ecole spéciale des Travaux Publics de Paris, spécialisé dans les prospections minières, les travaux d'exploitation étaient amorcés dans l'Oued-Taberkatchent sur une tête de filon signalée par Ville et affleurant non loin de la maison forestière d'Hakou-Féraoune, dans le lit même de la rivière.
             Après la chute de quelques blocs superficiels de carbonate de cuivre - azurite et malachite - la galerie fut entamée le long d'une valbande très nette bordant un filon de chalcopyrite d'une teneur de 25 % de métal pur.
             Les produits se délitaient facilement car la gangue était nettement schisteuse : on ne rencontrait pas là ces filons d'ankérite d'une dureté extraordinaire qui se trouvent dans les concessions de l'Oued-Merdja ou de Mouzaïa.
             A la déclaration de guerre, cent tonnes de minerai très riche étaient entreposées sur le carreau de la mine ; les ingénieurs ayant été mobilisés, l'exploitation fut interrompue ; les pluies torrentielles des 31 mai et 1er juin 1916 emportèrent à la rivière la totalité du dépôt.

             Par suite de litiges, les travaux d'exploitation ne furent jamais repris et les propriétaires de la mine renoncèrent même à la concession.
             Cependant de nombreux affleurements sont visibles sur tout le périmètre, notamment au contact des schistes siluriens et des calcaires liasiques, sur le petit plateau qui surplombe les carrières Pellenc ; nous y avons vu de très beaux échantillons de malachite analogues à ceux qui constituaient le chapeau du filon de Taberkatchent.
             Plus loin, en gagnant vers Tefraout, des " mouches" nombreuses de cuivre jaune ou noir imprègnent les roches ; sous une mince couche d'humus, on peut suivre un filon d'oligiste cuivreux qui certainement contient beaucoup de métal dans ses profondeurs.
             M. Robert Migot n'a pas eu le temps de se rendre compte si les filons traversaient le néocomien des crêtes pour se montrer sur le versant sud de la montagne, vers l'Oued-Harrach ; mais il y a découvert des roches imprégnées de cuivre et des permis de recherchés ont été demandés et accordés sur ces indices.

             Quand on songe aux facilités d'exploitation que présenterait ce gisement d'un métal riche, situé à quelques kilomètres à peine d'une voie ferrée, on ne peut qu'être surpris de l'indifférence que montrent les spécialistes à son égard, d'autant plus qu'avant la guerre un ingénieur, M. Tissier, a tiré d'importantes quantités de minerai d'un petit siège d'exploitation situé à l'Est des Deux-Cèdres où il lui fut délivré, à juste titre d'ailleurs, plusieurs permis de disposer.
             Il serait intéressant à notre avis d'étudier non seulement le périmètre de l'ancienne concession de l'Oued-el-Kebir, mais encore les versants sud, de la montagne du col de Talakat aux monts de Soumah dont les hostilités ont, en 1914, suspendu la prospection méthodique.

             La situation est la même en ce qui concerne l'Oued-Merdja dont les richesses furent exploitées voici une soixantaine d'années ; les ruines d'assez importantes constructions attestent que le siège des travaux était fort développé.
             Les galeries sont envahies par l'eau, notamment une grande baie d'aération et de remontée qui s'ouvre à deux ou trois mètres à peine au-dessus des basses eaux de la rivière.
             Les indigènes racontent que les exploitants furent chassés non par l'épuisement du gîte mais au contraire par soulèvement général des tribus avoisinantes appartenant aux populations belliqueuses des Beni-Salah.
             Nous avons pu retrouver, enfouis sous les broussailles, quelques tas de minerais que les exploitants, surpris par les insurgés, n'eurent pas le temps d'évacuer.

             Ce minerai, non trié, offrait une teneur de 15 à 20 % de métal pur à l'analyse ; mais son exploitation serait plus malaisée que celle du filon de Taberkatchent, car le cuivre est contenu dans une gangue d'ankérite d'une dureté exceptionnelle.
             Néanmoins ceci n'est pas un obstacle, étant donné les facilités que donnent aujourd'hui les appareils perfectionnés d'extraction et de concassage.
             Au surplus il serait très facile, vu la forte déclivité de la rivière et son parcours encaissé, de construire un barrage pour l'électrification de la mine et même le chauffage de fours en vue de la confection de " mine ".
             Quelles richesses recèlent encore la concession de l'Oued-Merdja ? Peut-on, sans se livrer à des travaux par trop dispendieux, être fixé sur le tonnage utile de la mine ?
             C'est ce qu'en l'absence de tout document officiel nous ne pouvons indiquer ici. Toutefois, les affleurements signalés par Ville ont été facilement retrouvés et révèlent des têtes de filons utilement exploitables. Le siège de la concession, si l'exploitation en était reprise, se trouve à moins de trois kilomètres de la gare du Camp-des-Chênes, desservie, on le sait, par le chemin de fer P.-L.-M.
             Nous permettra-t-on de citer encore un exemple ?
             La concession de Mouzaïa couvre près de 5.000 hectares ; elle fit partie du domaine de la maison d'Orléans. Le chemin de fer de Blida à Djelfa la traverse et une station en porte le nom.
             Nous y avons constaté l'existence d'une minéralisation intense ; un de nos bons amis, M. R..., nous a montré des échantillons de minerai recueillis au fond d'une galerie abandonnée et qui titrent près de 40 % de métal pur.

             Des constructions très importantes attestent que les extractions revêtirent jadis un caractère d'intensité indiscutable. Sur les raisons qui déterminèrent l'abandon des travaux plane un mystère encore plus épais que sur la cessation de l'exploitation de l'Oued-Merdja. Les galeries sont nombreuses et profondes, mais souvent en; mauvais état ; certaines sont envahies par des gaz délétères ; d'autres menacent d'ensevelissement ceux qui s'y risqueraient faute de boisement suffisant. On n'ose plus y pénétrer et personne ne se soucie d'engager des dépenses considérables pour se rendre compte de la valeur de cette mine.
             Comme le gisement de cuivre est recouvert là d'un formidable chapeau de fer, un ingénieur fut chargé, avant la guerre, d'étudier les moyens de l'exploiter. On ne saurait contester que la prospection fut méthodique, mais les conclusions du technicien ne furent point connues car la guerre interrompit les recherches qui semblent ne pas avoir été reprises.

             Vu les cours actuels des métaux, on pourrait reprendre l'étude de ces vieilles affaires ; la documentation laissée par Ville est toujours d'actualité ; nous le répétons, elle n'a rien laissé au hasard et ce qu'affirme le célèbre ingénieur est bien conforma à la réalité. Remarquons qu'elles sont grevées, ces concessions, de redevances insignifiantes et que, attribuées sous le régime de la loi de 1810, elles laisseraient une large marge de bénéfices en cas d'exploitation normale.
             Dans le même ordre d'idées nous pourrions citer la concession de l'Oued-Allelah, à Ténès, les gisements des Ouled-Abed, les affleurements de l'Oued-Bouman, à quarante kilomètres d'Alger.
             Il y a quelques années, le regretté inspecteur général des Mines, M. Dussert, avait instauré l'heureuse tradition de favoriser les recherches en accordant facilement, lorsqu'il se trouvait en présence de gens sérieux, des permis de disposer qui permettaient de consacrer à de nouvelles recherches le montant de la vente du minerai.

             Cette méthode excellente non seulement entretenait une réelle ferveur chez les prospecteurs que passionnent les recherches de gisements métallifères, mais elle présentait l'inappréciable avantage de fixer les techniciens sur la valeur des gîtes. Lorsque ceux-ci n étaient que superficiels, les seuls travaux de reconnaissance les épuisaient et on n'avait plus qu'à les rayer de la liste des concessions possibles ; dans le cas contraire, on arrivait sans avances trop onéreuses à démontrer l'exploitabilité du gisement ; la concession pouvait alors être attribuée en" toute connaissance de cause.

             Puisse cette saine tradition survivre à l'éminent ingénieur qui l'a créée.
             Reprendra-t-on quelque jour l'étude, puis l'exploitation des" vieilles affaires " ?
             Nous ne saurions trop vivement le souhaiter.

             Nous avons personnellement une certitude qu'aucun des capitalistes avisés qui investiraient dans cette résurrection les sommes nécessaires ne le regretterait. Le minerai en affleurement sur de nombreux points des périmètres concédés à une valeur suffisante pour couvrir et au-delà les dépenses d'une prospection faite convenablement.
             Dans les archives officielles existent encore des documents assez explicites, assez clairs pour éviter toute perte de temps dispendieuse. En les consultant attentivement, aucun tâtonnement n'est possible.

             Il serait d'ailleurs bien extraordinaire que des gisements qui ont été exploités avec fruit au moment où il n'y avait pour assurer l'évacuation du minerai, aucune route solide et encore moins de chemin de fer, ne puissent aujourd'hui rémunérer les capitaux consacrés à la résurrection des centres d'exploitation actuellement abandonnés !
             Nous allons chercher à l'étranger des fournitures qui nous coûtent très cher, et que cependant, avec un peu d'audace et de clairvoyance, on pourrait se procurer ici.
             Pour nous fournir du cuivre, l'étranger prélève sur nous une véritable dîme. Pendant ce temps, à deux pas d'Alger, dans les flancs des montagnes de l'Atlas blidéen, dorment peut-être des richesses incalculables. Verrons-nous un jour quelque prospecteur avisé conquérir, sur l'indifférence et la distraction de trop nombreux de nos concitoyens, cette nouvelle Toison d'Or ?
             Nous nous refusons pour notre part à abandonner cette espérance.          
ANDRÉ DORIA.              
A SUIVRE


Le gars qui a perdu sa femme
Envoyé Par Eliane

          C'est un gars qui va au poste de police rapporter que sa femme a disparu.

          Le gars : Ma femme est partie faire les boutiques et elle n'est pas revenue depuis deux jours.
          Policier : Combien mesure-t-elle ?
          Le gars : Je ne lui ai jamais demandé.
          Policier : Maigre ou grosse ?
          Le gars : Pas maigre ; elle est peut-être un peu grosse, mais j’suis pas certain.
          Policier : Couleur des yeux ?
          Le gars : Je ne saurais pas dire.
          Policier : Couleur des cheveux ?
          Le gars : Je ne sais plus, elle change chaque mois.
          Policier : Qu'est-ce qu'elle portait ?
          Le gars : Une robe ou un pantalon - me rappelle plus exactement.
          Policier : Était-elle en voiture ?
          Le gars : Oui
          Policier : Description de la voiture, s'il vous plaît.
          Le gars : Une Audi, gris anthracite, V6 super turbo 3.0 litre avec une transmission tiptronic semi-automatique à 6 rapports, phares LED à diodes, GPS intégré, sièges en cuir couleur chamois. En options : toit ouvrant, sièges chauffants et réglables en hauteur, petit bar entre les sièges arrières dans l’accoudoir rabattable, attache-remorque, N° Immatriculation LH 123 MK, N° de série du châssis ARTt125698 7/ 456 / 258, N° série du Moteur BBM 687123 546/ 89478 /25647 et une légère mais vraiment très légère égratignure sur la porte du conducteur. Et là, le gars se met à pleurer....

          Policier : On se calme, on va la retrouver, votre voiture ?!



PHOTOS D'ALGER
Envoi de M. H. Jolivet

       A travers ces photochromes découvrez la ville d’Alger en 1899, à la toute fin du XIXème siècle. Les clichés ont visiblement été pris entre 1890 et 1899.
       Le photochrome est une image obtenue à partir d’une technique de coloration de négatifs en noir et blanc. Ce procédé a été inventé en Suisse à Zurich dans les années 1880.
       Les photochromes présentés ici sont issus de la collection de la Detroit Photographic Company, ils sont conservés à la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis (Library of Congress). Ces images montrent Alger à une autre époque et malgré le fait qu’elles soient statiques, le dynamisme de la vie transparait dans ces images hautes en couleurs.

Danseuses Arabes


Un café Arabe


Arabes devant un café

Intérieur d'un café Maure


Dispute Arabe

Ecole de broderie


Ecole de broderie Luce Ben-Aben

Famille Maure au cimetière


Femmes Mauresques

Groupe d'hommes


Hommes jouant aux échecs

Jongleur Arabe


Mauresque enfant


Mauresque enfant sur terrasse


Mendiants devant la mosquée Abder Raman



Débarquement d'un navire


Préparation couscous     -      Mauresques et leur intérieur
 


Femmes fabriquant des tapis Arabes





Les 5 et 6 juillet 1962
De Monsieur Alain ALGUDO et José CASTANO
       J'ai recueilli ce témoignage d'un appelé corse qui n'a pas internet, sur le 5 Juillet 1962.
       Récemment muté de St Denis du sig au 4ème Zouave, il est cantonné à Oran, Promenade de l'Etang. Ce régiment est commandé un officier gaulliste anti algérie française: Coudurier.qui ce jour-là est au Casino Bastrana avec ses officiers.
       Une section derrière des sacs de sable est retranchée devant l'Opéra place d'Armes.
       Vers 11h30, on entend des coups de feu. Des émeutiers encadrés par des hommes munis de brassards tuent le patron du Martinez.
       Il est midi, Les Européens fuient.
       Des Jeunes filles poursuivies courent vers l'Opéra en criant: " Sauvez nous !".
       Un appelé breton, nommé Chef, sort puis rerentre dans son blockaus, prend son mas 36 et tire sur les poursuivants, stoppés net. Les Jeunes filles peuvent se réfugier dans un immeuble.
       Le Sergent -chef Bochlakoff qui commande la section de l'Opera demande ce qui se passe , retourne prendre un FM 24-29 et vide un chargeur sur les émeutiers menaçants.
       Leur capitaine étouffe l'affaire en raison du comportement du Colonel.

       Chef et Bochlakof 2 noms à retenir parmi les justes. (M. Pierre Barisain)


       En photos la cérémonie du 5 juillet. Le discours de Robert MENARD est sur le site de la Mairie de BEZIERS
       Le 6 juillet, pour Roger DEGUELDRE, comme tous les ans, recueillement de quelques anonymes devant notre stèle rénovée par nos soins et la générosité de nos compatriotes qui n'oublient pas. Une de nos compatriote et adhérente Madame Vincente LOPEZ s'occupe régulièrement de la surveillance et de l'entretien de notre monument bénévolement.
A. ALGUDO
Président CDFA - Vice Président de VERITAS     








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Lieutenant Roger DEGUELDRE,
Martyr de l’Algérie française


Roger DEGUELDRE, lieutenant au 1er régiment étranger de parachutistes, créateur des commandos Delta en 1961, assassiné le 6 juillet 1962...
au 6ème coup de grâce...

       « Le jour où les « fells » entreront à Alger, j’espère trouver trois compagnons pour garder les faces du Monument aux morts et tomber en tirant une dernière salve de PM »
       (Roger Degueldre)


       Né le 19 mai 1925 à Louvroil, dans le Nord, Roger Degueldre, dissimulant son jeune âge derrière un physique impressionnant, entre en Résistance dans le maquis FTP de Roger Pannequin, surnommé « Commandant Marc ».
       Avide de combattre au plus près l’envahisseur allemand, il s’engage dans la 10ème Division d’Infanterie Motorisée qui participe à la réduction de la poche de Colmar, en janvier 1945.
       La guerre terminée, c’est à titre étranger qu’il s’engage dans la Légion Étrangère. Il servira, en Indochine, au 1er Régiment Etranger de Cavalerie et fera très vite parler de lui…

       Le 21 janvier 1950, à Tra-Vinh, dans le delta du Mékong, au péril de sa vie, il sauve d’une mort certaine sous le feu ennemi, le Capitaine de Blignières… plus tard, colonel, commandant le 1er REC. Cette action héroïque lui vaut d’obtenir la Médaille Militaire.
       La guerre d’Indochine se terminant, déçu, frustré et amer par l’issue des combats, l’adjudant Degueldre -Croix de Guerre des Théâtres d'Opérations Extérieures avec sept citations, (une Palme, deux Étoiles de Vermeil, deux Étoiles d'Argent et deux Étoiles de Bronze)- volontaire pour les parachutistes, rejoint le 1er Bataillon Etranger de Parachutistes qui prendra l’appellation de 1er Régiment Etranger de Parachutistes, dès 1955, durant la guerre d’Algérie.

       Il participe avec son régiment, en 1956, à l’opération de Suez puis, dès son retour, à la Bataille d’Alger dans le but d’éradiquer les bandes terroristes qui sèment la mort et la désolation dans la ville.

       En janvier 1958, il gagne ses galons d’officier, au feu, à Guelma, et participe à la bataille des frontières dans l’Est-Constantinois. Son ardeur au combat, son exemplarité et le dynamisme qu’il insuffle à ses hommes lui valent d’être décoré de la Croix de la Valeur Militaire avec Palme. Le 26 septembre, il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur.
       Le temps passant, les atermoiements, les palinodies, les revirements et les reniements de De Gaulle sur le maintien de l’Algérie française sèment le doute puis la colère et l’amertume auprès de bon nombre d’officiers… Degueldre en fait partie. Il assiste, impuissant et rageur à la destruction d’une armée victorieuse et à la livraison de l’Algérie au FLN, rendant vains les sacrifices consentis.
       Après la révolte des officiers du 1er REP, le 8 janvier 1961, il est muté disciplinairement au 4ème Régiment Etranger d’Infanterie mais il refuse de rejoindre son nouveau corps. Le 25 janvier 1961, il entre dans la clandestinité et effectue des missions secrètes pour le compte des services spéciaux commandés par le Colonel Jacquin.

       Le 21 avril 1961, il réintègre son unité lors du putsch des généraux. La révolte avortée, il retrouve la clandestinité et rejoint les rangs de l’Organisation Armée Secrète (OAS) où il est nommé par le Colonel Godard, chef du Bureau d’Action Opérationnel (BAO).
       Fidèle à son engagement « La mort plutôt que le déshonneur ! », il retrouve, dans la résistance à l’abandon, une raison de poursuivre le combat et une justification au serment qu’il a prêté sur le cercueil de son chef, le Colonel Jeanpierre :
       « Plutôt mourir, Mon Colonel, que de laisser l’Algérie aux mains du FLN, je vous le jure ! »

       Au sein de l’Organisation, il s’emploie à forger une arme redoutable et redoutée de tous, tant de l’Elysée, des barbouzes, que du FLN : Les Commandos Delta qui, ayant pour slogan :
       « L’OAS frappe où elle veut, quand elle veut ! », mènent un combat de tous les instants, rude, chaotique, désespéré, mortel, mais si efficace qu’il sème l’angoisse et la crainte dans les plus hautes sphères… et que la fatalité des circonstances précipitera vers un dénouement tragique.

       Le 7 avril 1962, Degueldre est arrêté à l’issue d’une réunion réunissant plusieurs responsables de l’Organisation. Reconnu, il est aussitôt transféré en métropole et écroué à la prison de la Santé.

       Le 28 juin s’ouvre son procès qui n’est autre qu’une parodie. A cet effet, une juridiction d’exception, la Cour Militaire de Justice, est créée afin qu’il ne puisse, contrairement au général Salan, obtenir les « circonstances atténuantes » et sauver sa tête.
       Le général Larminat doit la présider. Ancien de l'armée coloniale, il refuse de juger le condamné et déclare : « Je ne serai pas le Fouquier-Tinville de la Ve République. Je me tuerai ce soir » Dans la soirée, il met fin à ses jours.
       Qu'importe ! Il est remplacé par le général Gardet. La justice expéditive gaulliste ne va pas s'arrêter sur un cas de conscience… En un minimum de temps, après une absence d’instruction et de témoins à décharge, l’officier parachutiste est condamné à la peine de mort.
       Refusant dédaigneusement le recours en grâce présenté par la défense, c’est quelques heures seulement après le génocide du 5 juillet 1962 d’Oran qui fit plus de trois mille victimes parmi la population civile européenne, (lequel aurait dû pourtant l’inciter à la clémence), que De Gaulle prend la décision de faire fusiller le Lieutenant Roger Degueldre.

       Le 6 juillet 1962, à 02h30, les deux défenseurs du condamné, Jean-Louis Tixier-Vignancour et Denise Macaigne arrivent à la prison de Fresnes en même temps que l'avocat général Gerthoffer qui a requis la peine capitale et l'aumônier de la prison. Avant de quitter sa cellule, il prononce, en guise d'adieu, ses dernières paroles :
       « Je suis fier de mourir pour tenir le serment qu'a fait tout officier ayant servi en Algérie. Dites aux Algériens que, si je ne suis pas de leur race, n'étant pas né sur leur sol, je les ai beaucoup aimés et je les aime toujours. »

       Se tournant vers le procureur Gerthoffer, il déclare :
       « Je ne vous garde pas rancune, mais je vous plains. »

       Puis, c’est le départ vers le fort d’Ivry où doit avoir lieu l’exécution. Á 03h45, l’Officier se présente devant les douze soldats du peloton d’exécution, en tenue de parachutiste, le drapeau tricolore sur la poitrine, drapeau auquel il a tout sacrifié et qu’il a choisi comme linceul.

       Autour de son cou, il a noué un foulard de la légion. Dans la poche intérieure de sa vareuse, il y a la photo d’un bébé, son fils qu’il n’a jamais vu. Il a conçu cet enfant dans la clandestinité. Le bébé est venu au monde alors que le père se trouvait dans sa cellule de condamné à mort.
       « Dites que je suis mort pour la France ! » s’écrie-t-il à l’adresse de son défenseur. Puis il refuse qu’on lui bande les yeux et, au poteau crie : « Messieurs, Vive la France ! » avant d’entonner la Marseillaise.

       Les trois premiers officiers désignés pour commander le peloton d'exécution ayant refusé d’accomplir cette sinistre besogne, les Capitaines Jean de Balby de Vernon, Michel Cabanes et Michel Martet, du 501ème régiment de cavalerie de Rambouillet, sont sanctionnés, rayés des cadres et mis aux arrêts. Les officiers suivants qui ont refusé l'ordre, ont été également sanctionnés.

       Il est 03h56. Le sous-officier remplaçant, chef de peloton, abaisse le bras. Les soldats qui doivent exécuter le Lieutenant Degueldre, émus par son courage, hésitent à tirer. Douze coups retentissent cependant dans la nuit… mais une seule balle l’atteint : au ventre diront certains.

       L’adjudant chargé de donner le coup de grâce se précipite, l’arme à la main, pour accomplir sa « mission » et se rend compte que le condamné est toujours en vie.
       Sa tâche ne consiste désormais plus à achever un quasi-mort, censé avoir reçu douze bouts de métal… mais bel et bien de tuer un vivant. Et ce sont là deux choses bien différentes...
       Il en a si terriblement conscience, que sa main pourtant préparée à cette macabre mission tremble, et que le revolver se décharge dans le vide. Livide, désemparé, l’adjudant tire une deuxième fois et rate encore sa cible.

       Les défenseurs, voyant que Roger Degueldre souffre atrocement, réclament l’intervention d’un médecin. Celui-ci, arrivé sept minutes plus tard, atteste que le supplicié vit toujours. Il faut donc l’achever au plus vite. Et pendant ce temps, Degueldre, à demi recroquevillé continue de gémir…
       L’adjudant, toujours tremblant, pointe une nouvelle fois son arme sur la tête de l’officier parachutiste, ferme les yeux et appuie sur la détente. Stupeur ! Rien ne se produit. L’arme s’est enrayée. Exaspéré par cette situation –unique dans les annales de l’exécution- le procureur Gerthoffer ordonne qu’une nouvelle arme soit apportée. Mais personne parmi les militaires présents n’en possède. Il faut courir en chercher une… Et pendant ce temps, Degueldre est toujours vivant et son calvaire interminable.

       A partir de ce moment là, tous les juristes s’accordent à dire que la sentence ayant été exécutée, puisque le condamné étant encore en vie, il fallait le détacher du poteau et lui donner les soins nécessaires. Autrement dit, on n’avait pas le droit d’achever le blessé. Mais les ordres étaient formels ; il fallait que Degueldre soit tué ! Il incarnait à lui seul, l’OAS, cette puissance qui avait fait trembler les Etats Majors, le FLN et l’Elysée… Il fallait exorciser jusqu’à son souvenir.
       Et pendant que l’on s’affairait à se procurer une arme, celui qui, à cet instant, aurait pu (peut-être) changer le cours des événements ne réagit point. Pétrifié par la scène, glacé d’effroi, le défenseur du condamné demeurait inerte. Pourtant, il lui appartenait de tenter quelque chose, de courir jusqu’au supplicié, de le prendre dans ses bras et de le couvrir de son corps en invoquant la justice, en appelant à l’amour, en exigeant au nom de toutes les traditions humaines et chrétiennes qu’on fît grâce au condamné… Cela s’était déjà produit dans l’Histoire quand la corde du pendu avait cassé et que la grâce lui avait été accordée…
       Enfin on remet un pistolet à l’adjudant qui, blanc comme un linge, dans un état second… mais obéissant servilement au commandement de tuer, doit en finir puisque tels sont les ordres. Un nouveau coup de feu claque. Stupeur ! Celui-ci est tiré, non pas au-dessus de l’oreille comme l’exige le règlement, mais dans l’omoplate… Une douleur atroce irradie le corps du supplicié. Il regarde vers le ciel et ouvre grands ses yeux. Peut-être perçoit-il à cet instant que son calvaire prend fin.
       Il est tout illuminé des illusions radieuses de ceux qui vont mourir et il lui semble entendre, là haut, les voix des martyrs du 5 juillet lui murmurer : « Roger… Roger… dès aujourd’hui tu seras avec nous dans le Paradis ».

       Á 04h08, une nouvelle détonation retentit… et c’est la fin.
       La boucherie a duré 12 minutes… 12 atroces minutes..

       C’est ainsi qu’après Claude PIEGTS et Albert DOVECAR, Sergent au 1er Régiment Etranger de Parachutistes, mourut, assassiné, le lieutenant Roger DEGUELDRE, également du 1er R.E.P, Chevalier de la Légion d’honneur…
       Et les salves du peloton couvrirent un instant les plaintes et les râles qui montaient d’Oran, tandis que la France, en vacances, n’entendit rien.

       Huit mois plus tard, le 11 mars 1963, le Colonel Jean BASTIEN-THIRY, Polytechnicien, tombait à son tour à 35 ans, sous les salves du peloton. Décidément, le crime était profondément enraciné !…
       Le Lieutenant Roger Degueldre aura respecté jusqu’à la fin son serment « la mort plutôt que le déshonneur ! ». Après avoir été enterré au carré des suppliciés dans le cimetière de Thiais, il repose aujourd’hui au cimetière des Gonards, à Versailles.
José CASTANO      


       Le Lieutenant Degueldre s’était adressé à ses camarades officiers en ces termes :
       « Faites bien attention. Vous affirmez que rien ne vous empêchera de garder l’Algérie à la France. J’ai prêté ce serment avec vous. Mais sachez bien qu’en ce qui me concerne, il sera respecté. J’irai jusqu’au bout ! »

       "Le Soldat n’est pas un homme de violence.
       Il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes.
       Son mérite est d’aller sans faillir au bout de sa parole tout en sachant qu’il est voué à l’oubli......"
Antoine de Saint-Exupéry       


              « Mon pays m’a fait mal par ses fosses creusées
              Par ses fusils levés à l’épaule des frères,
              Et par ceux qui comptaient dans leurs mains méprisées
              Le prix des reniements au plus juste salaire… »
Robert BRASILLACH       


MASSACRE DU 5 JUILLET 1962
A ORAN - ALGÉRIE.

Envoyé par plusieurs correspondants
ENQUÊTES ET DÉVELOPPEMENTS

           Mis en page et publié par popodoran d’articles transmis par Jean-François Paya.

            Jean-François PAYA, Né à Ain-Temouchent le 4 août 1933, École de l’Air de cap Matifou, licencié de Sociologie et d’Économie politique. Bien qu’il ait poursuivi une carrière dans la Marine nationale et non dans l’Université, J-F Paya est ici classé historien pour avoir tiré au clair les tenants et aboutissants politiques du massacre des Européens le 5 juillet 1962 à Oran.
            Il a montré comment ce crime de guerre (ainsi que d’autres enlèvements et massacres perpétrés durant la même période dans d’autres départements algériens) s’est clairement inscrit dans la stratégie du groupe d’Oujda (Ben Bella-Boumediene) pour s’emparer du pouvoir détenu à Alger, suite aux « accords d’Évian », par le GPRA (Ben Khedda, Mostefaï et le peu qui restait des forces de l’intérieur).

            Il en a déduit la responsabilité, peut-être la complicité du pouvoir gaulliste qui, informé des évènements et disposant de 18.000 hommes à Oran même, a laissé se dérouler les massacres, s’exécuter le coup d’État et s’installer pour longtemps à Alger un pouvoir militaro-affairiste.
            PAYA JEAN-FRANCOIS



Logique et légal !!!
Envoyé par Eliane
   
       Un jeune étudiant en droit vient d'échouer à son examen.
       Il vient donc voir le correcteur, vieux professeur connu pour sa mauvaise humeur et son esprit très alerte.
       - Monsieur, je me demande si vous connaissez la réponse à un problème de droit qui me préoccupe.

       - En effet jeune homme, sinon je ne serais pas professeur, n'est-ce pas ?
       - Très bien. Alors j'aimerais vous poser une question.
       - Convenons, si vous le voulez bien, que si vous répondez correctement, j'accepterai le mauvais résultat que vous m'avez mis à mon examen, mais que dans le cas contraire, vous me donnerez un " A ".

       - D'accord ... quelle est la question ?
       - La question est la suivante: qu'est-ce qui est légal mais pas logique, logique mais pas légal et finalement ni logique ni légal ?
       Le professeur réfléchit longuement, tourne et retourne en tous sens ses immenses connaissances juridiques, mais ne trouve pas de réponse satisfaisante. Beau joueur, il accorde un A à l'étudiant, transformant ainsi son échec en réussite à l'examen...

       Dans l'après-midi, frustré et encore troublé par la question, le professeur réunit ses assistants et les plus brillants de ses élèves afin de leur soumettre la question et de l'aider à trouver la solution.
       - Jeunes gens, sauriez vous dire ce qui est légal mais pas logique; logique mais pas légal et finalement ni logique ni légal ?
       À son immense stupéfaction, tous les étudiants levèrent la main.
       Le prof demande alors à son plus brillant étudiant : quelle est la réponse ?

       - C'est très facile Monsieur, vous avez 75 ans et vous avez épousé une femme âgée de 30 ans, ce qui est légal mais pas logique.
       Votre épouse, elle, a un amant âgé de 17 ans ce qui est logique mais pas légal.
       Enfin, l'amant de votre femme a échoué à son examen et vous lui avez quand même donné un " A "

       - Ce qui, vous en conviendrez, n'est ni logique ni légal.


« LA KAHENA »
« Jeanne d’Arc berbère »
Par M.José CASTANO,

       “Un des caractères particuliers de nos romans, écrivaient les Goncourt en janvier 1861, ce sera d’être les romans les plus historiques de ce temps-ci, les romans qui fourniront le plus de faits et de vérité vraies à l’histoire morale du siècle ».

       Ils ont affirmé, à maintes reprises, que leur roman était une œuvre d’observation et que « l’idéal du roman, c’est de donner avec l’art la plus vive impression du vrai humain quel qu’il soit ».

       C’est cette conception du roman qui m’a incité en 1982 avec « Les larmes de la passion » puis, en 1990 avec « Afin que nul n’oublie » à écrire, sous cette forme, l’Histoire de l’Algérie française en incorporant aux faits et aux événements, rigoureusement réels, des personnages de fiction.

       En 1984, j’avais également fait paraître un roman historique « La Princesse berbère » (La Kahéna) qui contait à travers des faits réels la fabuleuse épopée de cette reine berbère qui s’opposa avec grandeur, au VIIème siècle, à l’invasion arabe de l’Afrique du Nord. Cet ouvrage obtint le prix « Mare Nostrum » et connut un vif succès auprès de la communauté berbère de France et celle des Français originaires d’AFN, passionnés qu’ils sont par l’histoire de ce pays qu’ils ont aimé au-delà de la raison…

       Vite épuisé puis réédité à trois reprises, de nouvelles réalisations ne permirent pas de tirages supplémentaires… jusqu’en 2017.

       De nos jours, ce personnage hors du commun occulté par les livres d’histoire, vagabonde toujours dans les esprits rêveurs…

       Le sectarisme et l’exclusion à l’égard de la culture berbère dès l’indépendance des pays du Maghreb (les chaires universitaires ont disparu en 1956 à Rabat et en 1962 à Alger), la désinformation des livres scolaires, les atteintes perpétuelles au patrimoine et à la mémoire, la mise sous séquestre du potentiel culturel, artistique et intellectuel n’ont jamais permis aux Berbères de se réaliser… d’où certaines similitudes avec la diaspora des Français d’AFN toujours en quête de reconnaissance…

       Aujourd’hui, ils revendiquent leur appartenance à cette race fière, noble et libre « Imochagh » qui caractérisait leurs ancêtres et, en quête permanente de leurs racines, se penchent avec nostalgie sur leur histoire.

       Cet ouvrage consacré à la kahéna : « La Princesse berbère » est venu les réconforter. C’est un plaidoyer, une œuvre de mémoire qui répond à l’attente des uns et des autres... Et à travers ces lignes imprégnées de poésie, de couleur, de vérité et de vie, ensemble, ils s’imaginent participer à la fabuleuse aventure de cette reine qui marqua d’une empreinte indélébile la résistance berbère en AFN.

       Concernant la Kahéna, il ne s’agit pas là d’un personnage « virtuel » mais ayant bel et bien existé au VIIe siècle (époque de l’invasion arabe) et qu’Ibn-Khaldoun, grand historien arabe, a fait revivre dans ses prolégomènes : « Histoire des Berbères ».

       … Quinze ans après la mort du Prophète Mahomet, les armées arabes abordaient l’Afrique du Nord. Ce pays, jadis transformé par la civilisation romaine, conquis à la foi judéo-chrétienne, va entrer dans l’ensemble, de jour en jour agrandi du monde musulman. C’est alors, que pour faire face à l’envahisseur, une femme va organiser la résistance berbère, réaliser la difficile unité du Maghreb et infliger aux cavaliers arabes de cuisantes défaites. Celle-ci, connue dans l’histoire sous le nom de la Kahéna, avait un caractère sacré. Il signifiait, la sorcière, la prêtresse, la devineresse. Dihia –c’était elle- possédait en effet un don prophétique et était vénérée de son peuple. Mais ses succès mêmes causeront sa chute…

       Durcie par ses victoires dans une orgueilleuse intransigeance, ne vivant plus que pour son clan, cette femme, si longtemps écoutée et obéie, ne pourra maintenir l’unité berbère et juguler les séculaires rivalités entre tribus. Dès lors, elle prédira son propre destin et, cernée par la trahison, verra dans un ultime baroud d’honneur tomber les meilleurs de ses compagnons.

       L’islamisation de l’Afrique du Nord était en marche…

       C’est à travers des faits réels rapportés par les éminents historiens que furent Ibn-Khaldoun, Gautier, Gsell, Marçais, que l’épopée de cette reine berbère est contée dans cet ouvrage selon la vision d’Ibn-Khaldoun : « Le but poursuivi est d’établir une règle sûre pour distinguer dans les récits la vérité de l’erreur… un instrument qui permette d’apprécier les faits avec exactitude ». Tel est, en effet, le but que je me suis proposé d’atteindre en respectant les faits, la chronologie des événements et jusqu’aux paysages de cette époque qui servent d’écrin à l’extraordinaire épopée de cette « Jeanne d’Arc berbère » qui incarna avec tant de grandeur la folie d’indépendance et la fierté passionnée d’un peuple.

       Aujourd’hui, l’épopée de la Kahéna est encore fréquemment le sujet des poèmes que psalmodient les rhapsodes indigènes dans les villages berbères. Une gloire, un vague nimbe, une auréole à peine esquissée flottent au-dessus de sa tête et les Aurésiens gardent au cœur son souvenir parce qu’elle est leur passé, parce qu’elle est et demeurera pour des siècles encore leur kahéna et qu’elle cesserait d’exister s’ils cessaient d’y penser et de l’aimer.

José CASTANO, - juin 2017       
e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

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- Roman historique -
Commande auprès des Publications José CASTANO
BP 67 - 34250 PALAVAS LES FLOTS



Ordre de mobilisation générale
du 2 août 1914


Envoyé par M. Pierre Barisain

Musée de l'Armée (Dist. RMN-Grand Palais)

             Le 1er août 1914, en milieu d'après-midi, le tocsin alerte les populations qui découvrent cette affiche : le président de la République, par décret, ordonne la mobilisation générale, que mettent en œuvre les ministres de la Guerre et de la Marine (l'armée de l'air n’existe pas encore). L’affiche, d’un type imprimé en 1904, est complétée de la date effective, puis placardée par la gendarmerie. Chaque réserviste sait, en consultant son livret individuel de mobilisation, le lieu et le jour auxquels il doit répondre à l'appel.

             On appelle mobilisation l'ensemble des opérations qui permettent à l'armée de passer de son organisation et de ses effectifs de temps de paix, à ceux du temps de guerre. Il faut rappeler les réservistes, rassembler le matériel nécessaire à l'entrée en campagne et disposer d'une logistique performante afin d'acheminer, en bon ordre, troupes et équipements vers les lieux de concentration selon les plans prévus.
             En 1914, l'armée française compte 880 000 hommes. La mobilisation, en comptant les réservistes, doit porter ce nombre à 3 580 000. Mise à part la Grande-Bretagne, les grands États européens disposent tous d'une armée nationale numériquement très imposante, recrutée et formée par l'intermédiaire du service militaire obligatoire pour les hommes.
             L'exercice est très complexe et doit être minutieusement préparé, notamment sur le plan des transports, avec l'organisation des chemins de fer. En 1870, la France, mal préparée, a raté sa mobilisation. Celle de 1914, d'une ampleur bien plus importante, a été réussie

             Qui dirige le gouvernement de l'époque et sa diplomatie ( affaires étrangères) ? Un PNs de Bel Abbés: René Viviani ...

             Le premier gouvernement René Viviani est le gouvernement de la Troisième République en France du 13 juin au 26 août 1914.

             Il est amené à gérer la Crise de juillet qui fait suite à l'attentat de Sarajevo (28 juin), avant de recevoir la déclaration de guerre de l'Allemagne qui fait entrer la France dans la Première Guerre mondiale (1 août). Cet évènement nécessite le jour même un remaniement ministériel qui décharge notamment le Président du conseil de ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères au profit de Gaston Doumergue.

             Qui était Viviani ?

             René Jean, Raphaël, Adrien Viviani, né à Sidi-Bel-Abbès en Algérie le 8 novembre 1863 et mort au Plessis-Robinson le 6 septembre 1925, est un homme politique français[1], député de la Seine de 1893 à 1902 et de 1906 à 1910, puis de la Creuse de 1910 à 1922, cofondateur du journal L'Humanité avec Jean Jaurès, ancien ministre du Travail, président du Conseil au moment de la déclaration de la guerre de 1914 – 1918.

             Son père, Édouard Viviani (1833-1910), avocat sous le second Empire, était conseiller général d'Oran. Né en 1863 à Sidi-Bel-Abbès, René Viviani, lycéen à Oran, puis au lycée d'Alger, obtient une licence de droit à Paris et devient avocat en Algérie, puis à Paris où il est secrétaire de la conférence des avocats.

             Nous avons là le type même de "criminel contre l'Humanité" tel que le définit Mr Emmanuel Macron en parlant de l'Algérie française...

             


Le Parc Galland à Alger
Envoyé par plusieurs lecteurs
Entretien de l'héritage !
L'évolution d'avant 1962 à 2012





           C'était un parc magnifique que tous les Algérois ont bien connu avec sa belle entrée.
           La première photo date de l'Algérie Française, la deuxième juste à l'indépendance et la troisième en 2012.
           Les colonialistes-esclavagistes ont laissé de telles belles oeuvres pour qu'ils deviennent des ruines-poubelles.
           Si tu vous voulez voir des vidéos de ce parc?
           2010 : https://www.youtube.com/watch?v=XMlTbnWfW5o

           2012 : https://www.youtube.com/watch?v=xkwXkep16F4

           2014 : https://www.youtube.com/watch?v=KPFVVLiqZeo


Patience, ça vient !!!
De Hugues



      C'est un mec qui se rend aux urgences de l'hosto de Lille.
      Et là, il voit une file d'attente vachement serrée, d'un kilomètre sur deux rangs ! !
      Des hommes, des femmes, des vieux, des jeunes ... Tous saignent des doigts .
      Alors le mec va voir le médecin urgentiste :
      - Salut docteur , c'est quoi tout ce monde ? C'est une épidémie ?
      - C'est pire !
      - Une pandémie ?
      - Non, pire encore !
      - Et je peux attraper ça, moi aussi ?
      - Bin, ça dépend ce que vous avez fait en mai !
      - Ah bon ? Et qu'est ce qu'ils ont fait eux, en mai ? ?

      - Et bien en mai, ils ont voté Jupiter. Et depuis ils s'en mordent les doigts.
      Mais ça, c'est pas grave encore, parce que dans pas longtemps ils vont carrément s'en bouffer les valseuses !




Le devoir et la mission
de l'Association MRAF
Par M. Guy Rolland

 LA MISSION HISTORIQUE ET POLITIQUE DE
L'ASSOCIATION : MRAF


Ce n'est ni Pierre ni Paul qui porte la responsabilité d'une accusation aussi générale que celle de "Crime Contre L'Humanité". La pendaison des dirigeants nazis après Nuremberg a eu pour but de faire réfléchir sur la responsabilité individuelle face à des ordres reçus mais consciencieusement inacceptables à accomplir. C'est l'Allemagne nazie qui est jugée et condamnée. Ses chefs disparaissent par pendaison, certes, mais c'est l'Allemagne qui paie, ensuite, avec des marks, les victimes, et par une entreprise de dénazification totale, le crime contre l'Humanité.

Mais alors, qui pourra dire par avance qui sera pendu à Spandau et qui sera honoré à Yad Vashem, au Panthéon ou au Paradis chrétien ?

Les Policiers de Paris qui opèrent au bon moment le virage à 180°, (à l'arrivée de la 2ème DB) ? L'Amiral Canaris ? Oskar Schindler ? Le PCF qui entre en Résistance seulement après Barbarossa ? Le Colonel Von Stauffenberg ? Qui ?

L'accusation de MACRON ne vise pas nommément Guy Mollet, le Général Massu, le peuple des Français d'Algérie, Charles X, Jules Ferry, le Général Bugeaud, Charles de Foucauld, Lavigerie, Duval ou la Croix Rouge mais elle vise tout le monde. C'est-à-dire la France. En sa Monarchie et en ses républiques.

Mais elle vise aussi les colonisations des Arabes chez les nations berbère, kabyle, chaouia, mozabite, juive, numide, vandale, carthaginoise, ottomane, romaine et chrétienne puisque les Arabes ont arabisé, décimé et islamisé ces populations citées, toutes antérieures en Algérie à l'Hégire.

Si notre colonisation a été un crime contre l'Humanité il faut se souvenir qu'Hitler prononce un discours en 1933 par lequel il accuse lui aussi la France, mais aussi l'Angleterre, de faire flotter leur drapeau dans maintes colonies lointaines tout en voulant interdire à l'Allemagne la récupération d'un espace vital où tout le monde parle allemand ...

Quand Macron se met à hurler dans les oreilles de quelques millions de ses électeurs, il y a certes à se poser des questions sur son talent de séduction politique mais quand il se rend en Février 2017 jusqu'au palais de la présidence algérienne pour accuser SON PAYS de crime contre l'Humanité, il pose sur ses propres épaules une responsabilité qui est susceptible de donner dans un an, dans cinq ans ou dans cinquante ans des armes françaises entre les mains des Mohamed Merah d'alors contre la France.

L'accusation de Crime contre l'Humanité
est intemporelle et rémanente.


Judiciairement et financièrement la spécificité de ce crime est d'être imprescriptible. Des anciens Français d'Algérie ont cru être exclusivement concernés par cette accusation tandis qu'elle risque d'être très lourde de conséquences pour l'entité France en tout ce qu'elle est, sauf à traduire un jour son auteur - Monsieur MACRON - devant ses Juges pour lui en faire rendre gorge.

L'Association MRAF est la mémoire que Monsieur MACRON n'a pas. Elle est aussi sa conscience. Elle est aussi le staff politique qui siège en état-major avec les combattants européens qui ont compris que le Général SALAN et que le Lieutenant DEGUELDRE n'appartiennent pas à une Histoire révolue mais résolument à l'Histoire qui s'écrit aujourd'hui. Salan n'est pas Louvois, Ney, Mac Mahon, Foch, Joffre, Catroux ni Delestraint. Tous ceux-là sont bel et bien morts. Ils appartiennent à l'Histoire passée qui ne reviendra pas. Tandis que le Général Salan est le continuateur exemplaire d'une Résistance millénaire contre la marée de l'Occultisme. L'islam qui offre des filles avant les règles à ses guerriers méritants est ce que l'Abbé HAMEL a déclaré qu'il est au moment d'être égorgé, en France, pendant la messe, il y a un an. Monsieur MACRON, ni aucun des présents à l'anniversaire de ce meurtre rituel, n'a voulu rappeler cette ultime accusation de la victime à son assassin. Dans un monde qui ne croit plus que fanatiquement à l'intégrisme de la religion humaniste, comment discuter avec des sceptiques qui n'en arrivent même plus à pouvoir être sceptiques de leur scepticisme ? L'Abbé HAMEL qui n'était pas une victime du hasard a nommément accusé cette main assassine d'être le Diable. Nous pensons à cette réflexion du Nouveau Testament qui pourrait en éclairer beaucoup, de ceux qui daignent encore créditer la Parole de Dieu. Car c'est elle qui a fondé la France depuis Tolbiac, 496: "Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang mais contre les puissances mauvaises qui sont au-dessus de nous, dans le ciel". Lettre aux Ephésiens: Chapitre 6.

Nous avons tous rencontré de ces imbéciles majeurs qui nous traitent d'anciens combattants. Quand MACRON rend visite deux fois à Oradour pour donner un autre nom au Général LAMMERDING qui commandait les Alsaciens de la Division DAS REICH ils se gardent bien de lui reprocher quelque nostalgie. Idem quand il se rend au Mémorial. Idem quand il se rend à Alger pour accuser sa Patrie d'être coupable d'un crime contre l'Humanité. Où sont-ils alors ceux qui nous accusent de pleurer sur le passé ? Accusent-ils un arbre d'avoir des racines qui sont invisibles mais rigoureusement proportionnelles pourtant à sa dimension visible ? Accusent-ils un médecin de demander au patient son carnet de santé qui est son passé médical personnel ?

L'Association MRAF a pour mission unique d'être un laboratoire de réflexion. Et pas de réflexions ! Un laboratoire de réflexion politique à partir de son travail d'analyse historique. En 1962 le Général De Gaulle trahit la partie du peuple français vivant en Algérie, européens et musulmans francophiles - à commencer par les plus humbles - ainsi que les militaires qui ont donné leur parole pour rien et qui sont encouragés à se déshonorer. Comme deux hommes trahis par la même femme deviennent un peu parents, le Commandant Hélie Denoix de Saint-Marc devient solidaire du militant communiste de Bab El Oued, l'un et l'autre traités comme des "chiens kabyles" par le même bourgeois mondain de Colombey se piquant de mondialisme politicien.

Oui, le combat de l'OAS fut un combat très ancien qui a commencé en 721 à Toulouse avec EUDES. Puis à Poitiers avec ce grand rendez-vous donné aux musulmans par Charles Martel en 732. Et c'est là qu'est né le mot EUROPE ! Ce combat s'est perpétué au Maroc, en Algérie qui donna plus de 200 évêques dont Augustin de Thagaste, en Tunisie qui donna 3 Papes... Tout cela avant la colonisation arabe et avant l'Hégire. La lourde charge de l'Association MRAF n'est évidemment que de perpétuer ce combat qui a commencé avec l'Hégire quand l'occultisme mahométan occupait l'Espagne pour des siècles et colonisait toute l'Afrique du Nord. MRAF puise à pleines mains sa légitimité dans la Résistance de Vienne, de Sofia, de Budapest, de Constantinople, de Lépante, de Mossoul, de Beyrouth, de Zagreb, de Bagdad, de Kaboul, de Damas, d'Alger ... Un million de Français en Algérie ont créé l'Algérie de toutes pièces, selon Ferhat Abbas en personne et Aït Ahmed prophétisait "qu'une Algérie avec les Pieds-Noirs - et il précisait : "avec les Pieds-Noirs, pas avec les Français de métropole", serait aujourd'hui la première puissance de l'Afrique." .

Mais ces adversaires à tout crin de la colonisation française qui trouvaient à redire contre la venue de ces quelques centaines de milliers de Français dans une Algérie de 1848 sans représentation nationale, que disent-ils désormais contre la venue de ces 18 à 20 millions de musulmans en France, données fournies par Jean-Pierre Chévènement et Azouz Begag, que disent-ils ces obsédés de la haine identitaire ? Ils disent qu'il en faut encore et encore comme disaient avant eux les Collabos héréditaires de ce peuple qui, dans la petite ville du Touquet, ne craignent pas de montrer au milieu des thébaïdes du plus grand luxe, un déploiement militaire et policier unique en France avec aucune femme voilée ni aucune chéchia nulle part !

Le devoir et la mission de l'Association MRAF, autour de son Président, dédaigneux des dénigrements cafardeux et pitoyables d'éternels inconscients qui n'agiraient pas mieux si l'ayatollah de Colombey les encourageait, le devoir et la mission de cette noble et grande Association combattante, c'est de se réunir et de se concerter, c'est de réfléchir et de se soutenir, la main dans la main, au coeur d'un combat qui est celui de la mémoire, c'est-à-dire le combat d'aujourd'hui et celui de demain.
Avec mes sentiments français les meilleurs.

Guy ROLLAND


Algérie, France, Repentance : Et vous, M. Bouteflika, qui vous pardonnera ?
Envoyé par Mme Bouhier le 11/07/2017.
Le Matin ; 09 Juillet 2017
http://www.lematindz.net/news/24858-algerie-france-repentance-et-vous-m-bouteflika-qui-vous-pardonnera.html


         Nous devînmes pauvres, par inadvertance, un jour d'été particulièrement chaud où l'on commémorait le cinquante-cinquième anniversaire de l'indépendance, la fin d'une guerre dont personne ne se rappelait plus si elle avait été gagnée ou perdue et que le président nous apprit que les caisses de l'État étaient vides.

         Ce jour-là, on revint sur terre : nous voilà pauvres pour longtemps ! Au 55è anniversaire de l'indépendance, nous apprîmes que notre pain, nous l'achetions auprès de l'ancienne puissance colonisatrice ! Celle-là à qui le président algérien, expert en matière de diversion, vient d'exiger la repentance pour les crimes coloniaux.

         C'est toujours utile de sortir la carte de la mémoire et du patriotisme, quand on veut noyer le poisson dans l'eau. Bouteflika sait que les peuples sont incorrigibles : il succombent au premier serment venu. Il suffit de poser la main sur le Livre ou de parler d'une voix étranglée par l'émotion. C'est gagné ! Ça marche à tous les coups. Ainsi se gouvernent les hommes.

         «Il convient de savoir faire semblant. Simuler est le seul lien qui unit la base et le sommet. Simuler le bonheur, la démocratie, la sérénité, l'amour de la patrie, la piété...Ou, comme sait si bien le faire le président, invoquer Dieu, le Coran, les martyrs, la nation en danger...»

         Ce 55è anniversaire de l'indépendance, Bouteflika a préféré parler de "crise économique grave", d'appeler le peuple à la "résistance" et d'exiger des dirigeants français qu'il se repentent de leurs actes de colonisateurs. Oui, mais cela ne résout pas la question, la seule question qui n'a jamais rencontré de réponse : comment est-on passé d'exportateur de céréales à importateur de pain ?

         En 1962, la part des hydrocarbures dans les ventes à l'étranger n'était que de 53 pour cent ! Cela veut dire ce que cela veut dire : 47 pour cent de nos recettes provenaient de produits hors-hydrocarbures. Aujourd'hui, ce taux est passé à 3 pour cent ! L'Algérie ne produit plus rien, n'exporte plus rien. Et ce n'est ni la faute de Bigeard ni celle de Massu ! C'est la responsabilité des "libérateurs" qui ont pris le pouvoir en 1962, et dont notre président est un échantillon fort représentatif.

         Aucune vision, aucune stratégie, rien que l'exercice absolu du pouvoir. La gouvernance ? Plus tard !En près de 19 ans de règne, Bouteflika n'aura pas diminué d'un seul dinar la facture alimentaire du pays, bien que les caisses de l'Etat n'ont cessé de déborder de dollars. Huit mille milliards de dollars plus exactement, de quoi devenir un pays quasi-développé, capable, en tout cas, de se passer de pétrole.

         «A l'échelle des crimes historiques, condamner 40 millions d'Algériens à la précarité est-il plus pardonnable que le crime de les avoir colonisés ?»
         Aucun président n'a bénéficié d'une si généreuse manne financière. Ce 5 juillet, un président digne de ce nom aurait annoncé à son peuple la fin de la dépendance pétrolière, la fin du chômage et des incertitudes. Au lieu de cela, il leur apprend qu'ils seront plus pauvres et sans aucune politique de rechange.
         Parce qu'il n'a pas diversifié l'économie nationale malgré un afflux financier sans précédent, Bouteflika laisse une Algérie à l'agonie : dès cet automne, les subventions seront supprimées, nous connaîtrons le temps des licenciements de fonctionnaires, des produits de première nécessité inaccessibles de même que l'électricité, le temps du retour à la bougie et au charbon de bois, de la réduction des budgets santé et de l'éducation. mais aussi de l'incertitude sur les versements des retraites et des prestations sociales.

         Vous attendez repentance des dirigeants français pour les crimes du passé.
         Et vous, M. Bouteflika, qui vous pardonnera les crimes d'aujourd'hui et de demain ?
         La rédaction

Lettre ouverte d’Hélios d’Alexandrie au Pape François
Envoyé par Mme E. Saurel
Publié par Hélios d'Alexandrie le 25 août 2017

Monsieur Bergoglio,

         Il m’arrive souvent de me demander ce que l’Europe a fait au Bon Dieu pour que vous soyez élu Pape. Bien sûr l’Europe a commis de grands péchés, elle s’est détournée de sa foi et de son héritage chrétien, mais est-ce une faute à ce point grave pour que le Très Haut la punisse aussi sévèrement?

         Je vous ai déjà écrit pour vous rappeler que Notre Seigneur Jésus-Christ après sa résurrection a dit par trois fois à Saint Pierre: « Pais mes brebis ». Il lui a à cette occasion confié la tâche la plus noble et la plus difficile qui soit, celle qu’il a assumée lui-même durant son passage sur terre, être le Bon Pasteur. Permettez-moi de vous rappeler ses paroles: » Je suis le Bon Pasteur; le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n’est pas le Pasteur et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s’enfuit, et le loup s’en empare et les disperse. C’est qu’il est mercenaire et ne se soucie pas des brebis. (Évangile selon Saint Jean, 10 11-13)

         Il fut un temps où je vous accordais de bon cœur le bénéfice du doute. Face à vos prises de position je me demandais si, en devenant Pape, vous n’aviez pas, selon le fameux principe de Peter, atteint et dépassé votre seuil d’incompétence. Mais aujourd’hui je me pose des questions autrement plus sérieuses à votre sujet: de quel bord penchez-vous? Celui du Bon Pasteur ou du mercenaire? Celui de Jésus ou de la gauche immigrationiste? Celui de la foi chrétienne ou de l’islam conquérant?

         Le sang des victimes du terrorisme musulman n’a pas le temps de sécher, que vous prenez un malin plaisir à inciter les fidèles à davantage de masochisme. L’an dernier après le massacre de Nice et l’assassinat du Père Hamel en pleine messe, vous intimiez l’ordre aux catholiques polonais, d’ouvrir les frontières de la Pologne à l’invasion musulmane. Lundi dernier le 21 août, à peine quatre jours après le carnage de Barcelone, vous y alliez de votre message sur l’accueil des migrants en Europe. Le bon sens, la décence et un minimum de sensibilité auraient dû tempérer, du moins pour une semaine, l’enthousiasme que vous démontrez pour la conquête islamique. Pourquoi étiez-vous si pressé d’annoncer aux européens que leur sécurité et leur civilisation ne devraient en aucun cas constituer un frein à l’invasion?

         Certes vous citez force versets de l’Évangile en appui à votre politique, comme si Jésus s’adressaient aux gouvernements européens et non aux croyants dans l’intimité de leur cœur. « J’étais étranger et vous m’avez accueilli. » (Évangile selon Saint-Mathieu 25 35) En utilisant cette parole de Jésus-Christ pour justifier et promouvoir l’ouverture des frontières à l’immigration de masse, vous commettez une fraude intellectuelle et induisez délibérément les chrétiens en erreur. Dieu respecte notre liberté individuelle de choisir, parce qu’il n’y a pas d’amour possible et de don de soi sans liberté. En utilisant le pouvoir moral que vous procure votre position, vous faites fi de la liberté de choisir des chrétiens et leur imposez, non seulement un fardeau écrasant, mais mettez également leurs vies en danger. En cela vous ressemblez aux scribes et aux pharisiens que Jésus a dénoncés quand il a dit: « Ils lient de pesants fardeaux et les imposent aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du doigt. » (Évangile selon Saint-Mathieu 23 4)

         L’Évangile n’est pas un manuel de politique et encore moins un manifeste marxiste, il ne justifie aucunement votre parti-pris idéologique. Vous vous entêtez à ne pas prendre en considération la haine et l’hostilité de l’islam envers l’Occident et le christianisme. Vous vous montrez imperméable aux dures leçons de l’Histoire et des évènements récents, comme si les trois cent millions de morts, victimes innocentes de l’islam depuis quatorze siècles, comptaient pour rien, et comme si les massacres perpétrés quotidiennement par l’islam ricochaient sur votre carapace idéologique sans la pénétrer.

         Il y a quatre mois vous étiez en Égypte où on vous a informé dans le détail, des souffrances et des humiliations subies par les chrétiens là-bas. Malgré cela vous semblez avoir gobé toutes les couleuvres que le grand imam d’el Azhar vous a gracieusement servies. Vos étreintes et embrassades nous en ont appris beaucoup sur son hypocrisie et votre crédulité volontaire; on ne vous a pas seulement roulé dans la farine, vous vous y êtes vautré avec délectation. Qu’avez-vous obtenu en retour pour les chrétiens d’Égypte? Pas plus tard que cette semaine la police, armée de gourdins et de boucliers, empêchaient des milliers de chrétiens de se réunir pour prier. En Égypte le droit de prier des chrétiens est assujetti à l’arbitraire des autorités, c’est la loi islamique qui le prescrit; la liberté religieuse des chrétiens est malmenée dans les pays musulmans et vous choisissez de garder le silence. Plus je vous observe et plus je réalise que vous vous moquez éperdument des minorités chrétiennes en Égypte et au Moyen-Orient, en effet lever le petit doigt en leur faveur pourrait troubler votre idylle avec le grand imam. Vous faites vraiment un drôle de Pape, le berceau du christianisme est islamisé à plus de 95%, les chrétiens du Moyen-Orient sont en voie d’extinction, et vous rêvez d’islamiser l’Europe!

         Inexpérience, ignorance, naïveté, angélisme, voilà ce à quoi vous faisiez penser aux début de votre pontificat. C’était mal juger de votre opiniâtreté et des œillères qui font de vous un danger pour tous les chrétiens. Je me demande ce que faisait le Saint-Esprit durant le conclave qui vous a fait pape; sans doute s’est-il abstenu d’inspirer des électeurs, plus préoccupés de politique que de foi en Jésus-Christ. Il était alors plus important de présenter aux médias et aux ennemis de l’Église un pape qui leur serait acceptable, un pape à leur image, antithèse de son prédécesseur, la culture et le jugement en moins.

         La foi chrétienne a besoin de bon sens, là où le bon sens manque, la foi manque aussi. Aimer son prochain n’implique pas de mettre sa propre vie en danger, qui plus est ce « prochain » que vous nous forcez à recevoir, rêve de nous asservir et n’hésitera pas à nous tuer si nous résistons. Commander aux brebis charitables d’accueillir le loup dans la bergerie, c’est ce que vous ordonnez du haut de votre chaire, vous l’ordonnez non par charité chrétienne mais par acharnement idéologique.

         Un peu d’humilité et d’introspection ne vous feraient certainement pas du tort, mais il est vain d’espérer qu’un esprit pétri d’idéologie comme le vôtre, en vienne à remettre en question les dogmes qui le coupent de la réalité. Là où le dogme idéologique règne en maître, la sagesse a peu de chances de se frayer un chemin. L’Église catholique a commis nombre de péchés durant son existence, mais celui de vous avoir mis à sa tête n’est pas un simple péché, par bien des aspects il s’apparente à un désastre.

         Cette lettre aurait très bien pu s'adapter pour le Jupiter élu par les 12,5% de "François" !!!


LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS

Par J.C. Stella et J.P. Bartolini

                            Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.

             Jean Claude a effectué toutes les recherches et il continu. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous et je viens d'ajouter Petit, Clauzel, Guelât Bou Sba, Héliopolis, des pages qui seront complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir.

             Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.
             De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.

             Ce travail fait pour Bône, Aïn-Mokra, Bugeaud, Duvivier, Duzerville, Herbillon, Kellermann, Milesimo, Mondovi, Morris, Nechmeya, Penthièvre, Randon, Kellermann et Millesimo, va être fait pour d'autres communes de la région de Bône.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et ceux des villages alentours :

CLIQUER sur ces adresses : Pour Bône:
http://www.livredor-bonois.net
             Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
                         J.C. Stella et J.P.Bartolini.
 


SOUVENIRS
Pour nos chers Amis Décédés
Nos Sincères condoléances à leur Familles et Amis


Envoyé par Mlle Isabelle GRECH

Décés de Monsieur Henri GRECH

   Décès de Mon Père survenu le samedi 29 juillet A 13H30 à la maison de retraite où il était admis depuis le 14/06/2017.
   Né le 10/07/1928 (89 ans) à Bône (Algérie), fils de Auguste GRECH (décédé le 31/12/1948) et de Joséphine FARRUGIA, Commerçants Céréaliers à Bône (Algérie), rue Bugeaud
   Auguste est inhumé avec 2 de ses Filles et Son Frère dans le Tombeau qui est en faite une capelle de la famille Jean GRECH.
   Henri GRECH abitait rue de Jérusalem à Bône.
   Ses Obsèques Religieuses ont lieu le mercredi 2 août à la chapelle du funerarium municipal de Saint-Pierre à Marseille.
    Mlle Isabelle GRECH

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Envoyé par M. Jean Louis Ventura

Décés de Roland RIBOUD

   Le samedi 15 juillet 2017, à l'aube de ses 100 ans, est décédé Monsieur Roland Riboud, instituteur à Bône qui a écrit plusieurs articles pour la Seybouse.
   Il enseignait en classe de 7ème, en CM2, à l'école Victor Hugo, « école Matera », non loin des casernes Yusuf, d’Orléans et Damrémont
   Il était devenu professeur au Lycée Mercier où il a eu de nombreuses élèves qui ne manquaient pas de lui témoigner de la reconnaissance à l'occasion de rencontres associatives où sa verve faisait merveille.
   Les obsèques de Roland Riboud ont eu lieu le mardi 18 juillet à 14 h 30 en l’Eglise Notre Dame d’Espérance à Montpellier et l’inhumation a eu lieu à 16 h au cimetière Saint Lazare.
   Reposez en paix M. Riboud

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Envoyé par Mme N. Marquet

Décés de M. Jean Jacques SUSINI

   Jean-Jacques Susini, né le 30 juillet 1933 à Alger est décedé le 3 juillet 2017. Il était un homme politique français.
   Il est le cofondateur de l’Organisation armée secrète avec Pierre Lagaillarde.
   Pour plus d'information
   http://www.lepoint.fr/societe/jean-jacques-susini-dernier-nostalgique-de-l-algerie-francaise-16-07-2017-2143521_23.php
   

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Envoyé par M. J.C. Perez

Décés du capitaine Serge JOURDES.

    JOURDES Serge né à Meknès (05.08.1927 - 06.08.2017) décédé à 10h50, ses cendres sont dispersées en pleine mer

   Le capitaine Serge JOURDES vient de nous quitter.
   Il a dirigé, sous mon commandement, la vie combattante de l’Ouest-Mitidja.
   SALUT AU FRERE D’ARME qui a su affronter le combat qui s’imposait pour la liberté et la survie de la France et de l’Occident.
   Encore une fois, Serge JOURDES,
   PRESENT !
   De la part de Jean-Claude PEREZ

   En savoir plus sur
http://notrejournal.info/CAPITAINE-SERGE-JOURDES#o47MqszEqMqwflRH.99
   

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NOUVELLES de LÁ-BAS
Envois divers

Laïcitophobie, une maladie purement islamique

Envoyé par Pierre
http://www.liberte-algerie.com/chronique/laicitophobie-une-maladie-purement-islamique-391

Par Liberté Algérie, 27 mai 2017   l Par M. Amine Zaoui

Ce mot “laïcité” lui fait peur

           Le musulman, tout musulman à travers le monde, est allergique au concept de “laïcité”. Ce mot “laïcité” lui fait peur ! Le rend malade. L’angoisse. À ses yeux, “laïc” est équivalent à communiste. Similaire au “athée”. Égal au “irreligieux”. Synonyme d’immoral. Ou encore un laïc est un juif. Un juif est un laïc. Un laïc est un chrétien. Un chrétien est un laïc. Tout laïc est un non-musulman. Et tout musulman est un non-laïc, un laïcitophobe. Un musulman ne peut pas imaginer un autre musulman laïc. En l’absence de laïcité comme mode de vie social, comme moyen de penser, comme culture politique, le monde musulman est devenu un monde islamiste. Rongé par l’intégrisme. Même la laïcité en Turquie est menacée par l’islamisme fanatique porté par le projet politique des Frères musulmans. La “laïcité” fait peur aux musulmans, de La Mecque jusqu’à Nouakchott. elle fait peur au politique musulman de droite comme de gauche, elle fait peur aux “doctours” des universités, elle fait peur au citoyen normal. La laïcité est un monstre ! Mais pourquoi cette “laïcitophobie” chez le musulman ? L’école est la source fondamentale de cette maladie appelée laïcitophobie. L’école, toute école dans le Maghreb et dans le monde arabo-musulman, depuis la maternelle jusqu’à l’université, apprend à ses élèves que la laïcité est un danger qui menace la religion islamique. Que “la laïcité” est l’ennemi numéro un de l’islam. Elle est le piège juif tendu aux musulmans ! Elle est l’appât à l’hameçon colonial. Puis, parce que le citoyen se noie dans un grand vide intellectuel dont l’histoire des idées philosophiques universelles est bannie. Les musulmans vivent hors sans Histoire et hors l’Histoire. Ou ils font l’Histoire à leur guise vantardise ! Parce qu’il n’y a pas de pensée critique. Parce que le fanatisme prend le dessus dans les écoles et les universités, le musulman est attrapé par la laïcitophobie. Parce que le religieux est un destin communautaire imposé. Parce qu’il n’y a pas de débats intellectuels libres et rationnels, le musulman a peur de la laïcité. Parce qu’il n’y a pas de vrais partis politiques avec des programmes de société, ils sont tous élevés ou engendrés par les courants nationalistes aux épices islamiques ou par les idées des Frères musulmans.

           La phobie islamique envers la laïcité a engendré une culture de la haine dans toute société musulmane. Cette phobie islamique généralisée envers la laïcité a renforcé la mentalité du troupeau, a vidé le musulman de pouvoir cultiver une liberté individuelle. Cette laïcitophobie a créé le sentiment de la peur de l’autre, le refus de vivre avec autrui. Cette laïcitophobie a élevé des barrières devant celui qui n’est pas similaire, en religion ou en mode de penser. Cette maladie qui est la laïcitophobie est la conséquence de tout ce que les peuples du Maghreb et du monde arabo-musulman ont vécu en déception politique, sociale et culturelle, cela dure depuis les indépendances nationales de ces pays. Si le musulman ne se libère pas de cette maladie psycho-intellectuelle qui est la laïcitophobie, il demeurera condamné à vivre dans la peur, la haine et la violence envers lui-même et envers l’autre. On n’a jamais expliqué au simple croyant musulman, avec clarté et courage intellectuel et politique, la signification de la laïcité. On n’a jamais appris aux enfants des écoles musulmanes que la laïcité est le seul chemin qui garantit le respect des religions, toutes religions confondues. Que seule la laïcité assure le respect de l’être humain avec ses convictions religieuses, philosophiques et politiques. Que le chemin de la laïcité est le garant de la possibilité de vivre ensemble, entre le musulman et les autres gens appartenant à d’autres religions ou à d’autres non-religions. Que la laïcité permettra l’épanouissement en tout respect des différentes cultures et langues qui vivent au Maghreb ou dans ce monde arabo-musulman. Toutes les guerres déclarées, dans l’espace musulman ou ailleurs, au nom de l’islam contre les autres religions, contre les autres cultures, contre les autres langues sont le résultat de cette laïcitophobie, cette maladie qui ronge le musulman là où il se trouve. Sans le respect de la laïcité comme culture, pensée et comme mode de vie sociale et politique, l’existence même de l’islam restera menacée dans le monde. Et la Laïcitophobie engendre l’islamophobie.
A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr           


Pénurie d’eau potable

Envoyé par Maurice
http://www.algerie-focus.com/2017/07/penurie-deau-potable-14-millions-dalgeriens-ont-soif/


Algerie-focus   l Par Rania Aghiles - 11 juillet 2017

14 millions d’Algériens ont soif

         De l’aveu même du ministre des Ressources en eau, 14 millions d’Algériens «ont soif». Selon lui, une grave crise de raccordement à l’eau potable touche au moins 10 wilayas de l’Est. Un chiffre très important qui révèle que malgré les annonces, la crise de l’eau persiste. L’arrivée de l’été ne fait que la révéler au grand jour.

         La preuve de cette pénurie d’eau est donnée par ces manifestations quotidiennes de citoyens au quatre coins du pays. Des habitants des villes, mais surtout de villages, bloquent les routent et crient leur désarroi. C’est le cas ces derniers jours à Bordj-Bou Arréridj, M’sila, Tiaret, Boumerdès, Béjaïa, Tizi-Ouzou et Relizane.

         Ne pouvant éluder cette réalité, le ministère des Ressources s’est soumis au rude exercice de vérité. Un responsable du département des ressources en eau, Smaïl Amirouche en l’occurrence, a reconnu, sur un plateau de télévision, que beaucoup d’Algériens ne bénéficient pas de raccordement à l’eau potable. Il explique cet état de fait par le stress hydrique qui touche notre pays. « Certaines wilayas de l’Est vivent en effet une situation de sécheresse », a-t-il indiqué.

         Il cite une multitude d’autres raisons pour justifier cette pénurie. Il évoque notamment les raccordements illicites ou sauvages qui privent des milliers de citoyens du précieux liquide.

         Plus, les autorités ont mis en place une politique de rationnement dans certaines régions. «Dans certaines wilayas, les citoyens sont approvisionnés une fois tous les quatre, voire sept à dix jours», admet le représentant de l’Etat.

         En guise de solution, les autorités veulent accélérer la répression des raccordements illicites. Il s’agit parfois de petits industriels, d’entrepreneurs ou d’agriculteurs. Tout comme elles comptent réparer certaines conduites vétustes et accélérer la réalisation des réseaux en construction. Entre temps, des millions d’Algériens doivent se débrouiller pour étancher leur soif !

Rania Aghiles           


Gratuité des plages
l

Envoyé par Roger
http://www.algerie-focus.com/2017/07/gratuite-plages-bedoui-exaspere-non-application-de-directives/

Algerie-focus  Par Rachid Ikhen - 11 juillet 2017

Bedoui exaspéré par la non-application de ses directives

           Le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, Noureddine Bedoui, a demandé aux cadres de son ministère plus de célérité et d’efficacité dans l’application des directives sur la gratuité et la salubrité des plages. Les instructions, formulées à l’endroit des walis en juin, peinent à être appliquées sur le terrain puisque la plupart des plages du pays demeure soumise au bon vouloir d’une véritable mafia qui rackette impunément les citoyens.

           C’est un Noureddine Bedoui irrité qui s’est adressé aux cadres de son département lors d’une réunion de préparation des élections locales. La raison: la non-application des mesures qu’il a lui-même formulées aux walis des 14 wilayas côtières, il y a de cela un mois. Une colère justifiée puisque la plupart des plages demeure payante.

           Constatant que rien, ou presque, n’a été fait pour garantir la gratuité et la salubrité des plages durant la saison estivale 2017, le ministre a appelé les cadres de son département à «plus de célérité et de rigueur dans l’application de ses directives», insistant sur l’usage des moyens nécessaires pour faire appliquer la loi et punir les auteurs de dépassements.

           M. Bedoui a déploré le fait que ces instructions n’aient été appliquées qu’au niveau de certaines plages qui se comptent sur les doits d’une main, alors que les autres sont toujours contrôlées par une véritable mafia. Pour y remédier, le ministre a invité les cadres du ministère à «garantir un contrôle total sur ces espaces publics pour instaurer l’ordre et appliquer les consigne de la tutelle».

           Le ministre a également appelé les walis à tenir leurs engagements les invitant, eux aussi, à «utiliser les moyens nécessaires pour éradiquer cette mafia des plages et ce, en effectuant des opérations de contrôle programmées et inopinées» pour mettre fin à cet état d’impunité.

Massi M.           



Annaba/ Des femmes organisent une « baignade républicaine »

Envoyé par Jean Louis
http://www.algerie-focus.com/2017/07/annaba-femmes-organisent-baignade-republicaine/


Algerie-focus   Par La rédaction - 11 juillet 2017


           En réponse à certaines pages Facebook, administrées par des activistes islamistes, invitant leurs sympathisants à prendre des photos de femmes se baignant en bikini et à les publier sur le réseau social, des militantes féministes d’Annaba appellent à une baignade républicaine.

           Ainsi, selon le journal local Le Provincial, un groupe de militantes féministes, soutenu par plus de 3000 femmes d’Annaba, organise la réplique aux activistes islamistes en appelant, sur le même réseau social, à une «baignade républicaine» rassemblant le plus de femmes et de jeunes filles possible.

           Cette initiative, une réponse au voyeurisme islamiste, est déjà largement relayée sur les réseaux sociaux.

L.R.           


Annaba, bière, canettes, éboueurs

Envoyé par Albert
http://www.tamurt.info/annaba-eboueurs-refusent-de-ramasser-canettes-de-biere-raisons-religieuses/


Tamurt  Par Ravah Amokrane ; 13 juillet 2017

Annaba: Des éboueurs refusent de ramasser des canettes de bière pour des raisons religieuses

           ALGÉRIE (Tamurt) ; La mairie d'Annaba est confrontée à un véritable problème. Il s’agit des éboueurs de cette ville, située à l’Est d’Algérie, qui refusent de ramasser les canettes de bière et les autres bouteilles d’alcool. La raison de ce refus n’est autre que religieux.

           Les éboueurs, presque à l'unanimité, selon la presse locale, soulignent qu’ils sont musulmans et leur religion leur interdit tout contact avec l’alcool. De ce fait, des tas de bouteilles de bière jonchent les rues et les artères de la ville depuis plusieurs jours. A la question de savoir pourquoi, par le passé, ces mêmes éboueurs ramassaient les bouteilles d’alcool et plus maintenant, un des représentants des agents d’entretien affirme que c’est imam d’une des mosquées de la ville d’Annaba qui a développé récemment un prêche pour les exhorter de ne plus toucher aux canettes jetées par les consommateurs d’alcool.

           Un prêche qui semble trouver un écho favorable auprès des agents d’entretien à Annaba. Par contre, et selon toujours la presse locale, la plupart de ces agents sont des consommateurs de Kif et même d’alcool en cachette ! Qui va alors ramasser les canettes de bière à Annaba ? La mairie est dans l’embarras. L’initiative des éboueurs de cette ville risque même de faire tâche d’huile et de se propager vers les autres régions d’Algérie.

Ravah Amokrane           

MESSAGES
S.V.P., Lorsqu'une réponse aux messages ci-dessous peut, être susceptible de profiter à la Communauté, n'hésitez pas à informer le site. Merci d'avance, J.P. Bartolini

Notre Ami Jean Louis Ventura créateur d'un autre site de Bône a créé une rubrique d'ANNONCES et d'AVIS de RECHERCHE qui est liée avec les numéros de la Seybouse.
Pour prendre connaissance de cette rubrique,

cliquez ICI pour d'autres messages.
sur le site de notre Ami Jean Louis Ventura


De M. Gabriel Romani

         Recherchons un descendant de M; Daniel Bories, assureur et commerçant, ami de notre famille, qui a vécu à Bône entre les années 1920 et 1960.
         SVP, Merci de nous contacter si vous en avez connaissance.
         Encore merci
         Bien à vous, G. Romani
         Mon adresse est :
--------------------
De M. Pierre Jarrige

Chers Amis
Voici les derniers Diaporamas sur les Aéronefs d'Algérie. A vous de les faire connaître.
    Diaporama 108                                          Lieutenant Bleuberet 9
    Diaporama 109                                          Lieutenant Bleuberet 10
    Diaporama 110                                          Lieutenant Bleuberet 11
    Diaporama 111                                          Diaporama 112
    Diaporama 113                                          Aéro-club-algerie
    Diaporama 114
Pierre Jarrige
Site Web:http://www.aviation-algerie.com/
Mon adresse : jarrige31@orange.fr


DIVERS LIENS VERS LES SITES

M. Gilles Martinez et son site de GUELMA vous annoncent la mise à jour du site au 1er Septembre 2017
Nous vous invitons à visiter la mise à jour.
http://piednoir.fr/guelma

CLIQUEZ ICI pour d'autres messages.

Le
Envoyé par Eliane
     LE CURÉ et LE VIEUX CHIEN       
       Dans un petit village d'Alsace, Jules vit seul avec son vieux chien.
       Un jour, le chien vient à décéder et Jules va voir le curé et lui demande :
       - Monsieur le curé, mon vieux chien est mort et je voudrais que vous disiez une messe pour lui.
       Le curé répond :
       - On ne peut pas faire des funérailles pour un animal dans l'église, mais il y a les baptistes à l'autre bout de la paroisse.

       Peut-être qu'ils pourraient faire quelque chose pour cette créature. Jules lui dit :
       - Je vais y aller tout de suite, et pensez-vous que si je leur donne 5000 euros, ce sera suffisant pour ce service ?
       Le curé s'exclame :
       - Doux Jésus, pourquoi ne m'avez-vous pas dit que votre chien était catholique ?


Si vous avez des documents ou photos à partager,
n'hésitez-pas à nous les envoyer. D'avance, Merci.

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Notre liberté de penser, de diffuser et d’informer est grandement menacée, et c’est pourquoi je suis obligé de suivre l’exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d’information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d’expression, tel qu’il est reconnu par la Résolution 59 de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d’expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».
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